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« Bling bling », ce logo wallon !

Wallonie

Wallonie

Article d’Eric Deffet, « Le Soir », 8 juillet 2013

En l’absence du ministre-président Rudy Demotte (PS), Eliane Tillieux (PS) a répondu à l’offensive du MR contre le nouveau logo wallon, lundi au parlement régional. Une occasion de rappeler que c’est l’Awex qui est aux commandes dans ce dossier.

Gaspillage», «erreur stratégique», «bling-bling», pour le chef de groupe MR au parlement wallon Willy Borsus, l’affaire s’apparente à un gigantesque et inutile gaspillage: «Pensez-vous un seul instant que ces visuels vont convaincre un investisseur de venir en Wallonie?»

La réponse aux critiques de l’opposition fut surtout l’occasion de rappeler que les véritables maîtres d’oeuvre dans ce dossier sont l’Awex et Wallonie-Bruxelles International, deux organismes à caractère économique.

L’Awex était à la manoeuvre pour désigner la société (VO Communication) qui a réalisé le logo, le slogan et leurs déclinaisons. C’est elle aussi qui a déboursé 2.500 euros pour racheter le nom de domaine «Wallonia.be» à son propriétaire flamand. C’est elle encore qui exploitera les supports pour lesquels 450.000 euros HTVA ont été dégagés sur les budgets Plan Marshall 2.Vert du ministre Marcourt (PS). Et s’il faut «faire vivre» l’image de la Wallonie à l’avenir, l’Awex et WBI disposent ensemble de 3 millions d’euros annuels pour des plans de communication.

Abdication: Marcourt veut deux missions économiques royales par an

Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt

Article de Frédéric Chardon dans « La Libre Belgique » du 5 juillet 2013.

Qui va remplacer le prince Philippe dans les 4 missions économiques qu’il mène chaque année à l’étranger ? La question inquiète car les entrepreneurs belges savent que, dans beaucoup de pays, la présence princière est une plus-value qui ouvre pas mal de portes et donc de marchés…

Actuellement, le débat n’est pas encore tranché. Mais, le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), demande que l’on ne gaspille pas la grande expérience de Philippe dans le domaine. Autrement dit, il propose que l’on réfléchisse sérieusement à instaurer deux missions économiques royales par an. C’est-à-dire des missions à l’étranger menées par Philippe non plus comme prince mais bien comme Roi.

Avec l’accession du prince Philippe au trône, on peut penser à faire évoluer le modèle de ces missions économiques princières, explique le ministre. Le Roi Albert II a fait lui-même des missions économiques pendant un temps. En Chine, par exemple. Mais il y avait un doublon car mener les délégations d’entreprises belges dans ce cadre, c’est le rôle principal du prince à l’étranger. Après un régime transitoire à mettre en place pour les missions déjà planifiées en 2013 (Angola et Afrique du Sud dès cet automne) et en 2014, le futur Roi, dès 2015, pourrait effectuer 2 missions économiques royales pour aider nos entreprises.

Agenda trop chargé ?

Cette proposition du ministre Marcourt se heurte toutefois à un écueil : l’agenda probablement hyper-chargé du futur Roi des Belges. Pour les missions royales, il faudra voir si ce rythme de 2 missions par an est tenable. Mais il est clair, pour le commerce extérieur, que la présence du chef de l’État, le Roi, serait un plus pour obtenir des contrats. En plus, le prince Philippe est très expérimenté dans la conduite de ce genre de missions. Il ne faut pas se passer de ses qualités lorsqu’il sera monté sur le trône.

Si Jean-Claude Marcourt est en faveur de voyages royaux en appui des démarches des entreprises, c’est évidemment en plus des missions princières « classiques ». Dans son esprit, il ne faut pas les supprimer. Mais il faudra alors, bien entendu, trouver un remplaçant au prince Philippe pour mener ces missions aux quatre coins du monde.   À côté des missions royales, il faut également réfléchir à une personnalité qui pourrait s’investir dans d’autres missions économiques en complément du Roi. Il faut que le fédéral et les Régions y réfléchissent ensembles. Les enfants de la princesse Astrid ? Pourquoi pas. On peut y réfléchir. Mais s’ils devaient emmener des missions économiques, il faudra alors revoir le régime des dotations, leur attribuer d’une manière ou d’une autre une rémunération.

C’est en effet une piste actuellement évoquée : l’un des enfants de la princesse Astrid pourrait reprendre le rôle du futur souverain.   Même s’ils sont encore fort jeunes : le prince Amadeo est âgé de 27 ans et travaille depuis 2009 pour Deloitte à New York, tandis que la princesse Laura Maria est âgée de 24 ans.

Pas Laurent, ni Astrid…

Et, Astrid elle-même ou Laurent ? Pourquoi pas l’un d’eux pour succéder à leur frère Philippe dans le rôle délicat de figure emblématique du commerce extérieur ? On peut avoir de telles missions princières sans que ce soit forcément le frère ou la sœur du futur Roi qui les mène, remarque Jean-Claude Marcourt.  En effet, Astrid, a priori, a montré notamment beaucoup d’attention pour le social et la culture, tandis que le prince Laurent s’est engagé dans le développement durable. Je n’émets évidemment pas d’exclusive ici mais il faut trouver une personnalité qui s’intéresse de près à l’économie.

Le ministre wallon propose également d’instaurer plus systématiquement des missions conjointes des trois Régions du pays à côté des missions royales et des missions « princières ».

Notre commentaire

Que Jean-Claude Marcourt, ministre de tutelle de l’Awex, commence par rendre cet organisme plus performant. Voir, ci-dessous, le point de vue de Guy Bertrand concernant la baisse des exportations wallonnes. Relire également la carte blanche de Jules Gheude « Pourquoi l’Awex va-t-elle à contre-courant de l’économie mondiale ? », parue dans « Le Soir » du 28 février 2012 (http://www.lesoir.be/archives?url=/debats/cartes_blanches/2012-02-28/art899823-899823.php).

La Wallonie en campagne pour 700.000 euros

Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt

Belga, 3 juillet 2013

Le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt présentera jeudi au gouvernement une note visant à octroyer une subvention de 700.000 euros pour assurer la campagne du nouveau visuel wallon à l’étranger, écrit L’Echo mercredi. La campagne sera lancée en octobre et sera visible en télé, en presse écrite et sur des sites internet.
Des actions seront également menées à l’intention de la communauté internationale en Belgique, avec des campagnes d’affichage dans les terminaux Thalys et Eurostar. Le nouveau logo sera déjà visible au Grand prix de F1 de Francorchamps au mois d’août.

Le logo rigolo

Wallonie

Edito de Thierry Dupièreux dans «Vers l’Avenir» du 29 juin 2013

Bon d’accord, il y en a que ça ne fait pas rire, mais le logo pondu pour dynamiser l’image de la Région wallonne à l’étranger, c’est un ressort comique à lui tout seul.

Dès sa présentation, il a nourri quelques railleries, son prix (60 000 €) semblant à l’opposé de son minimalisme extrême. Cerise sur la gâteau ? La polémique, nourrie hier, autour de la marque Wallonia.be venant rehausser le relooking du branding de la Wallonia Touch. Mettant la charrue graphique avant les bœufs virtuels, le gouvernement wallon a présenté sa nouvelle identité visuelle avant de réellement posséder l’adresse internet Wallonia.be. En termes de communication, ce n’est pas ce que l’on a fait de mieux. C’est franchement une erreur. Lorsque de telles sommes sont engagées (on est quand même dans l’aboutissement concret d’une étude McKinsey qui a coûté 577.000€), il faut présenter un dossier fini, inattaquable, réglé dans ses moindres détails. Là, on est loin du compte. Et on ne peut que sourire face au décalage constaté entre ce couac croquignolet et les envolées lyriques accompagnant la présentation du logo. « Il faut hisser le pavillon » lançait le ministre-capitaine Demotte « il faut se démarquer ». « Au bout de dix ans de plan Marshall » renchérissait Jean-Claude Marcourt « il était temps de se repositionner par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui ». C’est-à-dire cinq petits points noirs sur une surface blanche ? Allez ne soyons pas mesquins, c’est vrai qu’un logo efficace ne doit pas forcément être complexe. La simplicité est parfois porteuse. Regardez le swooch, la virgule de Nike ou le « M » de MacDonald, ce sont des logos épurés, sans fioritures. Alors cinq points noirs, finalement, pourquoi pas ? Hier, le logo vivait déjà sa vie sur internet. Détournée à tour de bras dans des versions plus amusantes les unes que les autres, l’identité visuelle wallonne s’est déjà métamorphosée en boules de Lotto, constellation, proie de Pac-Man ou pictogramme de météo neigeuse. Certains affirment que la notoriété d’un logo se mesure aux détournements dont il fait l’objet. À ce petit jeu-là, la Région wallonne peut se vanter d’en sortir gagnante.

La Wallonie s’offre un nouveau logo…

Wallonia

Le gouvernement de la Wallonie s’est mis d’accord jeudi sur une nouvelle identité visuelle pour rajeunir l’image de la Wallonie et (mieux) faire sa promotion à l’étranger. Ce nouveau ‘branding’, qui remplacera l’actuelle charte graphique vieille d’une dizaine d’années déjà, s’appuie sur un logo formé de cinq points noirs dessinant un W et associé au slogan: « Feel inspired » (Sentez-vous inspiré).

« L’objectif est d’assurer un redéploiement de l’image internationale de la Wallonie et de créer une image qui s’éloigne d’un passé périmé avec des industries qui ne seraient plus de ce temps », a commenté jeudi le ministre-président Rudy Demotte lors d’une conférence de presse.

Le nouveau logo pourra au besoin être décliné en quatre « auras » colorées évoquant tour à tour l’accessibilité, le savoir-faire technologique, l’idée de partage ou encore la qualité de vie en la Wallonie.

Selon ses concepteurs, les cinq points du logo évoquent à la fois des pixels, pour illustrer l’idée de réseaux et de technologies, mais aussi les cinq continents à la croisée desquels on trouve la Wallonie.

Le nouveau visuel prend soin de conserver une référence à la Belgique, le logo étant souligné par la mention « Wallonia.be ».

Cette initiative fait suite à l’étude réalisée en 2011 par McKinsey pour renforcer l’image de la Wallonie à l’étranger.

En conclusion, le consultant avait suggéré à la Wallonie de mettre son « ouverture sur le monde » en avant dans sa politique de communication vers l’étranger. Cette nouvelle charte graphique sera utilisée dès la fin de cette année par les différents organes faisant la promotion de la Wallonie à l’étranger, que ce soit pour attirer des investisseurs, des chercheurs ou des touristes. Elle ne devrait dans un premier temps pas être utilisée à l’intérieur de limites de la Région.

Les coûts de ce nouveau ‘branding’ se chiffrent à quelque 60.000 euros, qui viennent s’ajouter au 477.000 euros de l’étude McKinsey que l’opposition MR avait jugés à l’époque fort dispendieux. »C’est en moment de crise qu’il faut hisser le pavillon, qu’il faut se démarquer », a justifié jeudi M. Demotte.

L’économie wallonne dépend à 40% de ses exportations. C’est aussi l’une des régions au monde attirant le plus les investisseurs étrangers. D’où la nécessité de veiller à lui conserver une image moderne, a défendu de son côté le ministre wallon de l’Économie et du Commerce extérieur, Jean-Claude Marcourt: « Le plan Marshall a fait évoluer la perception de la Wallonie et de nous-mêmes. Au bout de dix ans, il était temps de se repositionner par rapport à ce que nous sommes aujourd’hui ».

Belga, 27 juin 2013.

La Wallonie exporte moins

Philippe Suinen

Philippe Suinen

Article de Martial Dumont dans « Vers l’Avenir » du 27 juin 2013
 
En 2012, les exportations wallonnes ont trinqué. La preuve: elles ont reculé de 2,8 % par rapport à 2011. Le plus mauvais résultat depuis celui enregistré en 2009 (-15 %), conséquence de la crise financière survenue en 2008.

Cette fois, quel est le problème?

Selon le ministre de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, c’est la crise de la sidérurgie (ArcelorMittal), des machines de chantier (Caterpillar) et de la chimie de base qui tire les résultats vers la base.

Et puis, analyse Philippe Suinen, patron de l’Agence wallonne à l’exportation, (AWEX), il y a la dégradation conjoncturelle au niveau européen et même mondial: la crise des dettes souveraines dans la zone euro, la faiblesse de la demande, les plans d’assainissement, ne contribuent pas à booster nos exportations. D’autant que la production au niveau mondiale est aussi au ralenti.

Résultat, nous voilà en deçà de nos concurrents directs que sont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas… et la Flandre qui, elle, continue à voir ses exportations progresser malgré les difficultés socio-économiques qu’elle a pu rencontrer (notamment dans le domaine de l’automobile).

Autre signe inquiétant: les ventes wallonnes régressent vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) avec 4,9 %. D’autant plus problématique que pendant ce temps, la moyenne européenne d’exportation vers ces pays a augmenté de 6,6 %…

On notera également que la régression est répartie équitablement au travers des secteurs. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle non plus.

Tout n’est pas noir, cela dit. puisqu’on voit quand même une augmentation importante de nos exportations vers l’Afrique et l’Amérique du Nord qui boudaient quelque peu les produits wallons ces derniers temps.

Et puis, selon Philippe Suinen, les premier et deuxième trimestres 2013 devraient s’inscrire dans des tendances de «reprise modérée et graduelle» pouvant intervenir à partir du 3e trimestre, en raison du rebond prévu de l’économie mondiale. En clair, le plus dur serait derrière nous. Rendez-vous dans quelques mois pour confirmation.

Le salut wallon passe par la créativité

Creative Wallonia

Article de Laurent Lambrecht, «La Libre Belgique», 1er juin 2013

 

Une importante délégation du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, s’est rendue au Québec et notamment au salon C2-MTL de Montréal. Ce rendez-vous international a pour ambition de devenir le « Davos de la créativité ». Parmi les conférenciers figurait notamment Richard Branson, le fondateur de Virgin.

La Wallonie a lancé, en 2010, un programme pour booster l’économie créative. Creative Wallonia est jusqu’à présent doté d’un budget modeste de 8 millions d’euros que Jean-Claude Marcourt aimerait augmenter.

La Commission européenne a donné un petit coup de pouce à l’initiative en choisissant la Région wallonne, aux côtés de la Toscane, comme district européen créatif parmi quarante-quatre candidats.

L’économie créative consiste à faire travailler ensemble des professionnels d’horizons différents afin de faire germer des projets innovants. Le credo du salon C2 de Montréal est que les entreprises occidentales doivent miser sur leur différenciation et leur créativité pour être concurrentielles.

Le programme Creative Wallonia s’appuie sur plusieurs initiatives. ID Campus, qui dépend de l’Université de Liège, est une formation pour les diplômés de l’enseignement supérieur de type long. Par le biais de projets et de cours, les étudiants apprennent à développer et à gérer la créativité.

L’année dernière, un chocolatier a, par exemple, demandé à ID Campus de travailler sur le packaging de ses produits afin de le rendre moins coûteux et plus simple. La solution développée par un ingénieur, un designer et un commercial a été utilisée gratuitement par ce chocolatier.

L’initiative Boost-Up est, elle, une bourse, comprise entre 40 000 et 140 000 euros, destinée à soutenir des projets innovants portés par des indépendants ou des PME. Huit espaces de coworking ont aussi été créés pour amener des entrepreneurs à se rencontrer.

Selon Jean-Claude Marcourt, la Wallonie retire un gros avantage de sa collaboration avec le Québec. Les politiques publiques ont été plus innovantes en Wallonie qu’au Québec au niveau de la créativité, nuance le ministre de l’Economie. Cependant, le terreau économique est plus fertile ici avec des entreprises comme le Cirque du Soleil ou Ubisoft ?

Si les entreprises wallonnes présentes au Québec étaient dans l’ensemble enthousiastes quant au programme Creative Wallonie, il est aujourd’hui impossible de mesurer son efficacité. Tout le monde veut des résultats immédiats alors qu’on sait que ça prend du temps, répond Jean-Claude Marcourt. Le programme a été lancé en 2010, il est donc irréaliste d’évaluer ses résultats maintenant. Je note simplement l’enthousiasme du secteur.

Du côté de l’Union des classes moyennes (UCM), on est globalement satisfait du soutien de la Wallonie en faveur de la créativité. Jusqu’il y a peu, la Région wallonne s’était focalisée sur l’innovation technologique dans ses programmes d’aide, explique Jonathan Lesceux, conseiller au service d’étude de de l’UCM. Le plan Creative wallonia soutien davantage la créativité dans son ensemble. Celui-ci profite donc aux PME exclues des grands programmes de soutien à la recherche scientifique ou technologique. La R&D pure s’étale sur une durée trop longue pour intéresser les PME, note Jonathan Lesceux. Les projets développés par les PME sont généralement mis sur pied en moins d’un an.

L’UCM regrette néanmoins que la mise en œuvre du plan Creative Wallonia ne soit pas complète. Il y a beaucoup de communication autour du projet mais il faudrait être plus concret, note Jonathan Lesceux. A ce stade, environ la moitié des mesures annoncées en 2010 ont été mises en œuvre. Il conviendrait également d’augmenter le budget qui reste modeste.

Selon l’UCM, il ne faut néanmoins pas attendre des résultats concretsen termes de créations d’emplois ou d’entreprises. C’est avant tout un programme qui change les mentalités, note Jonathan Lesceux. On met l’accent sur les réussites de la Wallonie plutôt que sur ses échecs.

Et selon l’UCM, la Wallonie se situe bien par rapport aux autres pays européens au niveau de la créativité. Une enquête européenne (CIS) a montré que le taux d’entreprises innovantes en Wallonie était passé de 52 à 57 % entre 2008 à 2010. Et en 2011, le Regional innovation scoreboard a placé la Wallonie dans les meilleurs de la deuxième des quatre catégories mais derrière la Flandre et Bruxelles.

Entreprenants, les jeunes Wallons

aseBelga, 24 mai 2013

Un Wallon âgé de 17 à 30 ans sur deux envisage de créer sa propre entreprise, mais le manque de confiance en soi et de liquidités sont des freins à ses projets, selon l’Agence de stimulation économique (ASE), qui a fait réaliser une enquête sur la vision qu’ont les jeunes de l’esprit d’entreprendre et de la création d’activité. L’Europe a un esprit d’entreprise moins poussé que les Etats-Unis : le taux d’entrepreneuriat en Belgique est faible, explique Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Économie. Cette enquête nous permet d’avoir une visibilité de la manière dont la cible de l’entrepreneuriat, les jeunes, voit l’entrepreneuriat. Elle met en exergue deux éléments négatifs: le manque de confiance en soi et de liquidités.

Plus de 600 jeunes Wallons âgés de 17 à 30 ans, étudiants et diplômés, ont été interrogés par Ipsos via questionnaires en ligne et entretiens durant le premier trimestre 2013.

L’ASE constate que huit jeunes sur dix ont entendu parler de l’esprit d’entreprendre et qu’un sur quatre a déjà créé ou va créer son entreprise dans les trois ans, mais que les répondants estiment manquer de confiance en eux, manquer de formation et avoir besoin d’un accompagnement.

Si un jeune sur deux envisage de créer sa propre entreprise, l’enquête révèle que l’envie d’être son propre patron diminue avec l’âge et que les femmes sont plus nombreuses à vouloir être salariées. La recherche de sécurité, le manque de confiance en soi et le manque d’expérience en sont les principales raisons.

Selon l’enquête, le système éducatif sensibilise peu à l’esprit d’entreprendre et la sensibilisation à l’entrepreneuriat est trop théorique. Elle révèle également un manque d’information sur les dispositifs d’aide à la création d’entreprise.

La Wallonie a gagné une bataille, pas la guerre

wallonieblansonEdito de Béatrice Delvaux dans « Le Soir » du 24 avril 2013

« Si, au sortir de la crise de 2011, on avait demandé aux Wallons de cotiser à un impôt spécial pour financer l’accélération de leur développement et ainsi pouvoir vivre sans les transferts de la Flandre, ils auraient dit oui. » Le francophone influent qui s’exprimait ainsi, n’a pas tort. Il s’est passé quelque chose dans la tête des Wallons durant cette crise politique qui faisait craindre la séparation du pays et où l’incompétence et l’indigence wallonnes étaient claironnées par la N-VA. « Marre de payer pour les Wallons? Marre d’être traités d’assistés », se sont dit nombre d’habitants du sud, convaincus de plus que cela allait être dur mais qu’ils étaient capables cette fois de prendre leur sort en main.

Lorsque depuis Chicago, Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Economie wallonne dit : « La Wallonie a changé, il se passe quelque chose chez nous », il n’a pas tort. Un triple phénomène vertueux est à l’œuvre au sud du pays.

1) La dynamique du plan Marshall qui a insufflé un état d’esprit et mis en place une colonne vertébrale de redéploiement économique, donné une unité de vue aussi, ce qui n’était pas le plus petit des défis.
2) Le mental wallon, s’éloignant d’un assistanat jugé atavique, tâtant gaiement d’un certain entrepreneurship, le tout assorti d’une envie de se doter d’outils de progression – Erasmus pour les jeunes, stages à l’étranger posthumanités, écoles d’immersion. C’est un grand coup de balai dans la fatalité « wallon, pas mobile, pas bilingue », qui a été donné. 3) Le turbo des villes : Liège a lancé le mouvement, Namur veut faire pareil, Charleroi bénéficie pour l’instant d’un effet Magnette et d’une communauté d’envies.

C’est loin d’être gagné mais le mouvement citadin est lancé, fondamental pour la modernité des esprits via l’urbanisme et la culture, crucial comme relais économique.

Gare cependant. La Wallonie a gagné une bataille mais est loin d’avoir gagné la guerre. Nous l’avons beaucoup écrit : il faudra plus, plus fort, plus audacieux encore pour regagner les emplois perdus et financer les dépenses des Wallons, par leurs propres deniers. Il y a des structures à simplifier, il y a surtout l’enseignement à fortement requalifier. Mais le sud du pays peut capitaliser sur quelques victoires. Comme les soixante mille emplois du plan Marshall, comme le regard posé par la Flandre récemment…

Il vaut mieux faire envie que pitié : cet adage-là fait aujourd’hui du bien au moral wallon.

Thierry Bodson: «Le gouvernement wallon ne fonctionne plus!»

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Thierry Bodson

Dans la « Libre Belgique » du 30 mars 2013, le dirigeant de la FGTB wallonne répond aux questions de Frédéric Chardon.

Saint-Gobain, Caterpillar, ArcelorMittal… Contrairement aux propos rassurants que l’on peut entendre sur le redressement de la Wallonie, on licencie à tour de bras…

C’est seulement maintenant que le ressac économique de la crise de 2008 nous tombe dessus. En Wallonie, pour toute une série de raisons, on a connu ce ressac avec retard par rapport aux régions avoisinantes. Mais il n’y avait pas de raison qu’on y échappe Saint-Gobain est malheureusement un très bon exemple de ce qui est en train de se passer : c’est la crise et les gens n’ont plus confiance, ils ne veulent plus acheter de voitures ou n’en sont plus capables. Et cela frappe de plein fouet Saint-Gobain qui produit des pare-brise.

Il y a la crise, d’accord. Mais le pouvoir politique n’a-t-il pas aussi sa part de responsabilité ?

Tout à fait. A côté des restructurations, on a un gouvernement fédéral qui est toujours embringué dans des discussions budgétaires. Finalement, à part des budgets, que font-ils au fédéral ? Ils ne font plus que cela, courir après l’équilibre ! Avec toute la grogne sociale que cela provoque, la grogne des patrons, etc. On passe de budgets en contrôles budgétaires en permanence, mais c’est le serpent qui se mord la queue. Il faudra bien sortir de là à un moment donné. Je vois encore une autre faille du pouvoir politique : la sixième réforme de l’Etat arrive avec ses transferts massifs de compétences. Mais ces nouvelles responsabilités viennent se plaquer sur un gouvernement wallon qui ne fonctionne plus et qui ne se prépare pas à les accueillir. Croire que ce gouvernement est encore une équipe, franchement, il faut vraiment venir de la planète Mars !

Bref, la FGTB est d’accord avec le MR : l’Olivier wallon a échoué…

En l’occurrence, objectivement, je suis d’accord avec le MR, oui. Mais ce qu’il y a de dommage, c’est que, individuellement, certains ministres wallons fonctionnent plus ou moins bien. Je ne vais pas vous étonner en vous disant que je trouve que Jean-Claude Marcourt travaille bien; je pense aussi que Jean-Marc Nollet, par exemple, est à fond sur ses dossiers. Il n’a pas pris les bonnes décisions en matière de photovoltaïque, c’est vrai, mais c’est quelqu’un qui travaille. Mais puisque le gouvernement wallon n’est pas une équipe, on tombe dans la cacophonie qu’on a connue avec le dossier du photovoltaïque

Quand vous dites que l’Olivier ne se prépare pas à recevoir les compétences du fédéral, est-ce que vous n’exagérez pas ? Il y a des groupes de travail qui planchent sur la question, tout de même.

La seule question que se pose le monde politique, c’est de savoir comment on va organiser administrativement les transferts. Ils n’ont pas de vision. Alors que des questions fondamentales se posent. Pour les allocations familiales, par exemple, doit-on se focaliser en Wallonie sur une politique nataliste, oui ou non ? Autrement dit, le rang de l’enfant doit-il encore avoir une importance dans le montant de l’allocation familiale ? Personnellement, je pense que non, il faudrait le même montant pour tous les enfants.

Ce genre de questions ne se règle pas non plus en un jour…

Ça fait maintenant plus d’un an qu’on sait quelles sont les matières régionalisées, qu’on sait en gros quels volumes financiers cela représente. Mais il n’y a rigoureusement rien qui se fait à l’intérieur de l’Olivier ! Rien de rien Que fait-on pour le moment en Wallonie ? On invite les gens du fédéral sur les transferts, on les écoute et puis on dit : « Houlà ! C’est compliqué  » Là, je commence à en avoir vraiment soupé : il faut que la Wallonie se prépare, qu’elle se dote d’une vision de société. Les transferts vont augmenter de 30 à 40 % les champs de compétences des Régions. Qu’on arrête de dire « on ne les voulait pas, ces transferts de compétences », et qu’on essaie d’en faire la meilleure opportunité.

Vous pouvez donner un exemple ?

En ce qui concerne le marché du travail, on a le transfert des aides à l’emploi : pourquoi ne pas s’arranger pour que ces systèmes servent mieux les Régions et la Wallonie en l’occurrence ? Par exemple, on pourrait conditionner les aides à l’emploi au respect de critères par les entreprises elles-mêmes. Il ne suffirait plus d’engager telle personne qui respecte telle condition. Les Régions pourraient introduire, comme condition supplémentaire préalable aux aides à l’emploi, le fait que l’entreprise mette un certain pourcentage de son chiffre d’affaires en recherche et développement. Et qu’elle respecte certains ratios : par exemple, seules auraient des aides à l’emploi les entreprises qui créent beaucoup de jobs. On calcule cela en divisant les rémunérations au sein de l’entreprise par son chiffre d’affaires.

Bref, ces transferts de compétences, c’est aussi l’occasion de définir une politique industrielle plus cohérente pour la Région wallonne ?

J’essaie de faire comprendre qu’il y a une opportunité historique pour la Wallonie. Mais, pour l’instant, il n’y a que Jean-Claude Marcourt qui le comprend Il y a une autre menace qui pourrait empêcher la mise en place d’une vraie politique industrielle : le futur traité budgétaire européen et son carcan d’austérité. Si on ne fait rien, l’ensemble des parlements en Belgique vont très certainement voter le traité budgétaire européen. Or, voter ce traité et affirmer qu’on veut une politique industrielle, c’est dire une chose et son contraire. Ce texte va couler en force de loi, voire de constitution, le fait d’imposer une discipline budgétaire d’une extrême rigueur aux Etats avec 0,5 % maximum de déficit public annuel ! Et, si on dépasse ce seuil, on recevra une amende de l’ordre de 0,2 % du PIB Donc, 750 millions dans le cas de la Belgique. La seconde partie du traité, c’est la coordination économique : une série d’indicateurs vont permettre de comparer la compétitivité des différents pays. A nouveau, en cas de dépassement des limites, on recevra une amende de 0,1 % du PIB cette fois. L’endettement d’un pays ne pourra pas non plus rester trop longtemps au-dessus de 60 % du PIB. On va donc vers de grandes difficultés pour mener des politiques de relance.

Pensez-vous que les députés, en Belgique, pourraient rejeter le traité pour ces raisons ? Vous les avez sensibilisés à la question ?

Pour rappel, un seul parlement qui ne ratifie pas peut tout bloquer On a donc écrit aux parlementaires mais, jusqu’à présent, on ne nous répond pas. Ah, si, j’ai quand même eu un accusé de réception Si les parlementaires croient que je vais me contenter d’être auditionné trois jours avant leur vote le doigt sur la couture du pantalon, ils se trompent ! Ça ne me convient absolument pas. Ça mérite un débat public au niveau fédéral et régional. On a le temps : la ratification ne doit être faite que pour la fin de cette année. Ce n’est pas une course à l’échalote. Si on pouvait faire un débat devant l’opinion publique, je suis sûr qu’il y aurait un virage à 90°. Si pas plus

Comment expliquer cette inertie politique que vous dénoncez ici ? Un complot néolibéral ?

C’est plutôt le problème de l’Europe telle qu’elle se construit : cet endroit de décision est de plus en plus éloigné et de moins en moins surveillé par les contre-pouvoirs et par les politiques qui comptent, c’est-à-dire ceux qui sont au niveau national.