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Grand sondage Sudpresse: les Wallons tournent le dos à la monarchie et préfèrent une république

roireineSudpresse, 23 mai 2013

Si la Wallonie devenait indépendante, les Wallons tourneraient le dos à la monarchie et opteraient pour la République wallonne. Voilà l’une des plus grandes surprises du sondage Ipsos/Sudpresse (*) réalisé pour notre grande enquête « La Wallonie sans tabou ».

Bien sûr, répétons-le, il faut replacer cette réponse dans son cadre. Quand on demande aux Wallons pour quel système ils opteraient dans le cas d’une Wallonie indépendante, ils opteraient majoritairement pour la république (53 %) au détriment de la monarchie (47 %).

Autre précision suffisante, on se trouve à la limite de la marge d’erreur (3,1 %). Ce qui signifie quand dans la configuration qui lui est la plus négative, la république ferait quand même jeu égal avec la monarchie. « Mais la stratification de l’échantillon réduit la marge d’erreur», précise-t-on chez Ipsos. « Le résultat interpelle », souligne le politologue Michel Hermans (HEC-ULg), « mais il faut se souvenir que la Wallonie a une forte tradition républicaine, même si on l’avait un peu oublié ces dernières années ».

Globalement, la république arrive en tête dans toutes les provinces (50-50 % dans le Luxembourg) sauf chez les personnes de plus de 55 ans. Les jeunes, les hommes et les Namurois sont les républicains les plus fervents.

Qui dit république dit président et à ce jeu-là, c’est Elio Di Rupo (18 %) qui arrive en tête devant Paul Magnette et Charles Michel, mais ici, c’est l’éparpillement des voix qui frappe. Aucun leader ne se dégage clairement et 41 % des sondés ne voient aucun homme politique actuel dans la peau d’un « président » de la république wallonne.

(*) Le sondage a été réalisé par Ipsos auprès de 1003 Wallons âgés de 18 à 75 ans. L’enquête a eu lieu en ligne et s’est déroulée du 8 au 13 mai dernier. La marge d’erreur maximale est de +/- 3,1

Le coup de gueule des communes wallonnes

unionvilleArticle d’Eric Deffet dans « Le Soir » du 17 mai 2013

Le gouvernement régional et surtout le gouvernement fédéral sont montrés du doigt: ils n’assurent pas un financement correct des villes et communes et, parfois, ne remplissent pas leurs obligations en surchargeant les pouvoirs locaux de missions nouvelles et coûteuses.

Du coup, l’assemblée générale de l’Union des Villes et Communes de Wallonie de ce matin adoptera une lettre ouverte à Elio Di Rupo et Rudy Demotte: les communes y demandent de l’argent et du respect

Lettre ouverte au Premier Ministre et au Ministre-Président wallon

« Les communes sonnent le tocsin »

Les Bourgmestres et Mandataires communaux wallons, réunis ce jour en assemblée générale de l’Union des Villes et Communes de Wallonie, rappellent le rôle essentiel que jouent les villes et communes dans notre pays. Acteurs de stabilité politique, pourvoyeurs d’équipements et de services publics vitaux pour les citoyens, créateurs de cohésion sociale, 1ers investisseurs publics belges, les pouvoirs locaux revendiquent leur rôle premier de garants de la démocratie et de contributeurs majeurs au dynamisme et à la vitalité économique de la Wallonie.

Et pourtant…

Serrées en tenaille par des dépenses qui explosent – et dont les incessants transferts de charges sont la cause majeure – et des recettes qui ne suivent pas, les villes et communes sont budgétairement étranglées. Les investissements communaux sont en berne et, qu’il s’agisse de plans zéro embauche ou de licenciements, les mesures sur le volume de l’emploi prouvent que les communes, qui avaient jusqu’ici traversé la crise, sont à présent touchées de plein fouet.

Ces signes ne trompent pas et obligent les municipalistes à sonner le tocsin !

Nous exigeons que l’Etat fédéral respecte les pouvoirs locaux, stoppe immédiatement les transferts de charges et prenne sa part de responsabilités financières dans les missions essentielles pour l’avenir du pays que sont:

la réforme des services d’incendie, et singulièrement le respect de l’accord sur un financement 50/50 entre communes et pouvoir fédéral – actuellement les communes supportent 85% des coûts;

le refinancement de la police locale – actuellement, les communes supportent 60% des coûts;

l’avenir de la politique des grandes villes;

la charge des pensions des agents statutaires qui explose: on dépassera le milliard d’euros de surcoûts d’ici 2016; c’est littéralement la faillite des communes si l’Etat ne prend pas d’urgence des mesures pour réduire les charges de pensions, notamment par l’instauration d’une pension mixte, calquée sur la carrière contractuelle puis statutaire de l’agent;

le financement des CPAS, mis sous forte pression par les restrictions en matière de chômage et l’augmentation des bénéficiaires du revenu d’insertion (+ 18% en 5 ans!).

Face à la crise, il est indispensable de poser les bases d’un partenariat renouvelé et renforcé, d’un réel pacte de stabilité financière entre les autorités fédérales, régionales, communautaires et les communes, pouvoirs d’égale dignité.

Appauvrir les pouvoirs locaux et les paralocaux auxquels ils ont délégué des missions – CPAS et intercommunales en tête –, c’est désinvestir dans l’avenir, c’est un non-sens économique.

A l’égard de la Région, nous revendiquons que la trajectoire budgétaire, la réforme de l’Etat et les transferts de compétences en matière d’emploi et de maison de repos soient neutres pour les pouvoirs locaux. Il en va de la capacité des villes et communes à assurer les infrastructures et services essentiels à la population et à investir au profit de la collectivité en s’inscrivant dans une dynamique de relance.

Les pouvoirs locaux ne sont ni quémandeurs, ni Cassandre. Ils sont réalistes, opiniâtrement tournés vers l’avenir et responsables. Ils demandent simplement que les autorités fédérales et régionales assument également leurs responsabilités.

Est-ce donc trop demander?

Un Etat belge mais très flamand

be1Article de Pierre Havaux dans « Le Vif/L’Express » du 18 avril 2013

Un pays dirigé par un Premier ministre wallon, et socialiste encore bien. Une Belgique passée depuis fin 2011 sous l’ère de Di Rupo Ier, gouvernement sans majorité parlementaire sur son aile flamande. La Flandre, 60% de la population belge, doit faire son deuil de la loi du nombre. Patience. Aux scrutins de 2014, les cartes pourront être redistribuées.

D’ici là, les Flamands ont de quoi se consoler. Cet Etat fédéral, qu’ils partagent avec les francophones, ne leur réussit pas mal du tout. Le vent dominant qui souffle dans les plus hautes sphères de l’appareil public vient du nord. Plus que jamais. Tour d’horizon.

Top managers publics : les Flamands à 9 contre 5

Sur les quatorze grands patrons des Services publics fédéraux (SPF), la Flandre en aligne neuf, le sud du pays en fournit cinq. Les francophones, parents pauvres du patronat public fédéral ? «Leur position n’a jamais été aussi mauvaise, puisqu’ils occupent 35,71% des emplois !», s’alarme le Gerfa, le Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction administrative. Le noir et jaune s’impose nettement sur l’organigramme des postes de président de SPF. Au mépris de la parité linguistique (50 F – 50 N) exigée par la législation sur l’emploi des langues.

La violation de la loi se double d’un autre déséquilibre : Finances, Budget, Santé, Sécurité sociale, Affaires étrangères, Selor (l’administration du recrutement), Mobilité et Intérieur à titre provisoire. Que du lourd dans la besace flamande, garnie des morceaux de choix de l’Etat fédéral.

Hormis la Justice et la Fonction publique (le SPF Personnel & Organisation), les francophones n’ont plus qu’à se mettre sous la dent des secteurs peu porteurs d’avenir dans une Belgique fédérale reconfigurée : l’Economie et l’Emploi vont se vider encore un peu plus de leur substance, une fois absorbée par les Régions et Communautés.

Y a-t-il encore un big boss francophone dans la salle ? Oui, à la Politique scientifique, troisième administration fédérale en importance. Mais le titulaire, Philippe Mettens (PS), a mis sa fonction en veilleuse par un congé politique partiel. Fragilisé de surcroît par un gros litige lié à son autre mandat de maïeur de Flobecq. Intérim prolongé au top des administrations : avantage à la Flandre. Les va-et-vient au plus haut sommet de l’administration fédérale devraient être l’occasion d’un impérieux rééquilibrage en faveur des francophones. Sauf que les vacances du pouvoir ont tendance à s’éterniser. Et que les néerlandophones se sentent une âme de patron intérimaire.

Les nominations des francophones Jean-Marc Delporte à la tête de l’Economie et de Jean-Paul Janssens au top de la Justice annonçaient un timide retour à l’équilibre. Il n’a pas résisté au départ à la retraite, ce 1er avril, de Monique De Knop. Le néerlandophone Jaak Raes, chef du centre de crise, s’est glissé dans le fauteuil délaissé par la patronne francophone de l’Intérieur. Le temps de désigner un véritable successeur : forcément francophone, sous peine d’aggraver l’entorse à la loi. Mais ce n’est qu’à moins d’un mois de l’échéance que la procédure de sélection a été engagée : l’interrègne pourrait donc se prolonger, sous régime flamand.

La Mobilité, elle, attend depuis un an et demi son nouveau patron, logiquement francophone lui aussi. Son arrivée mettra fin à l’intérim de Marc Roman, néerlandophone. Cet ex-cabinettard chez le secrétaire d’Etat à la Mobilité Etienne Schouppe (CD&V) aura eu le temps de prendre ses quartiers.

« A chaque départ d’un président francophone, c’est un Néerlandophone qui prend la relève ! », constate le Gerfa. Quand le provisoire devient durable, il fait rarement des heureux parmi les francophones. Le manège vient encore de faire ses preuves, à la tête de l’Office national des Pensions. Le francophone Jean-Marc Delporte, pourtant tout désigné pour le poste de patron, a fait les frais du veto du ministre Open VLD Van Quickenborne . L’ONP se retrouve administrée pour une durée indéterminée par son numéro 2 : Marc De Block. Néerlandophone.

Sécu : les boss flamands à 13 contre 5

La domination flamande sur les parastataux à vocation sociale est outrageuse : 13 directions trustées par la Flandre sur 18… Les patrons francophones sont devenus une denrée rare dans le paysage de la Sécu. Ils se dénichent encore à la tête de l’Onem, de la Capac, de l’OSSOM (la Sécu d’outre-mer), du Fonds des accidents de travail, et de l’Office de contrôle des Mutualités.
C’est très peu, au regard de l’emprise flamande sur les leviers stratégiques de la Sécurité sociale : l’ONSS, l’Inami, l’ONP sont désormais dans le giron flamand. L’Onem reste l’exception qui confirme le recul francophone dans cette catégorie reine de la Sécu.

Les directeurs généraux : les Flamands à 33 contre 28

Les comités de direction qui secondent les patrons des SPF sont soumis à la parité linguistique. Beau principe, mais mis à mal par un nouvel avantage numérique à la Flandre : 33 directeurs et administrateurs généraux néerlandophones pour 28 francophones. C’est à l’étage inférieur des emplois de direction que l’on retrouve un strict équilibre linguistique : 18 directeurs ou administrateurs F, autant de N. La touche francophone s’est aussi perdue à la tête de l’armée et de la police fédérale, qui ont viré de bord linguistique pour tomber dans l’escarcelle flamande.

Hors frontières : les Flamands rayonnent

Que des néerlandophones en vue au top de l’Union européenne : le CD&V Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, l’Open VLD Karel De Gucht en commissaire européen. Petit détour par l’OCDE : rebelote, un néerlandophone est au poste, à savoir le secrétaire général adjoint Yves Leterme (CD&V).

Le crochet par la Banque européenne d’investissement ne s’impose plus : le francophone Philippe Maystadt a quitté la présidence. Au firmament de l’olympisme mondial, c’est encore un visage flamand, celui du Gantois Jacques Rogge, qui s’affiche.
Même une gestion contestée n’entame pas le crédit d’un Léo Delcroix : sévèrement épinglé par la Cour des comptes pour son action à la tête du Pavillon belge de l’Expo universelle de Shangaï mais blanchi par l’administration et soutenu par le gouvernement, l’ex-ministre CVP peut récidiver à la fonction de commissaire général pour l’Expo universelle de Milan, en 2015. Pas sûr qu’un francophone aurait reçu cette seconde chance.

Il faut pousser les portes de la Banque centrale européenne à Francfort, pour tomber sur un représentant francophone : Peter Praet, au poste d’économiste en chef de la BCE. Ou franchir le seuil de la Cour de justice européenne de Luxembourg pour découvrir Melchior Wathelet senior en avocat général. Maigre.

Google va investir 300 millions d’euros à Saint-Ghislain

googleBelga, 10 avril 2013

Le centre de données (« Datacenter ») à Baudour (Saint-Ghislain), l’un des trois dont dispose Google en Europe, est opérationnel depuis septembre 2010 après un investissement initial de 250 millions d’euros.

Le géant de l’internet va investir 300 millions supplémentaires pour agrandir le site, a indiqué le « hardware operations manager » du site, Freddy Bonhomme. «Les travaux viennent de commencer», a-t-il ajouté devant Elio Di Rupo, des élus de la région et des journalistes. Le site emploiera sans doute alors 300 à 350 personnes supplémentaires – mais peut-être moins en régime de croisière, selon l’entreprise.