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« Bling bling », ce logo wallon !

Wallonie

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Article d’Eric Deffet, « Le Soir », 8 juillet 2013

En l’absence du ministre-président Rudy Demotte (PS), Eliane Tillieux (PS) a répondu à l’offensive du MR contre le nouveau logo wallon, lundi au parlement régional. Une occasion de rappeler que c’est l’Awex qui est aux commandes dans ce dossier.

Gaspillage», «erreur stratégique», «bling-bling», pour le chef de groupe MR au parlement wallon Willy Borsus, l’affaire s’apparente à un gigantesque et inutile gaspillage: «Pensez-vous un seul instant que ces visuels vont convaincre un investisseur de venir en Wallonie?»

La réponse aux critiques de l’opposition fut surtout l’occasion de rappeler que les véritables maîtres d’oeuvre dans ce dossier sont l’Awex et Wallonie-Bruxelles International, deux organismes à caractère économique.

L’Awex était à la manoeuvre pour désigner la société (VO Communication) qui a réalisé le logo, le slogan et leurs déclinaisons. C’est elle aussi qui a déboursé 2.500 euros pour racheter le nom de domaine «Wallonia.be» à son propriétaire flamand. C’est elle encore qui exploitera les supports pour lesquels 450.000 euros HTVA ont été dégagés sur les budgets Plan Marshall 2.Vert du ministre Marcourt (PS). Et s’il faut «faire vivre» l’image de la Wallonie à l’avenir, l’Awex et WBI disposent ensemble de 3 millions d’euros annuels pour des plans de communication.

Transferts des maisons de repos : l’angoisse

MRArticle de Catherine Ernens, « Vers l’Avenir » du 12 avril 2013

En Wallonie, 46.0000 aînés vivent en maisons de repos. 24 % des personnes de plus 80 ans y résident. Près de 30.000 travailleurs en assurent l’accompagnement. Cette compétence, gérée par le fédéral et faisant partie de l’assurance-maladie, doit être transférée vers les régions. Elle retombe en direct sur les épaules de la ministre Tillieux (PS). Le secrétaire général des Mutualités chrétiennes, Jean Hermesse, analyse la situation. C’est l’angoisse.

1. Les budgets transférés sont ridiculement bas face aux enjeux

Les montants transférés sont figés sur un budget historique qui n’intègre en rien les enjeux démographiques gigantesques des 25 ans à venir. «Les montants transférés pour les maisons de repos par le fédéral vont lui permettre de faire des économies parce qu’il s’agit de budgets qui réclament une grosse croissance », dénonce Jean Hermesse. «Si on poursuit les politiques du passé, ça va être catastrophique lors des transferts des budgets. Si les personnes n’ont pas d’offre de place résidentielle, elles sont chez elles en étant coincées sur de longues listes d’attente.» Les personnes âgées vont donc devoir être maintenues à domicile. Et s’il y a un problème, elles seront maintenues à l’hôpital.

2. L’égalité d’accès à une maison de repos est remise en question

Aujourd’hui, l’argent suit le patient dans la maison de repos où il va. Actuellement, les maisons de repos du privé reçoivent autant par patient que celles gérées par les CPAS ou le public en général. «Demain, avec les transferts, on pourrait faire autrement, par exemple financer des institutions plutôt que des patients. Donc privilégier certaines structures plutôt que le choix des gens», s’inquiète Jean Hermesse.

3. Les Bruxellois pourraient prendre d’assaut les maisons de repos de Wallonie

Bruxelles manque de maisons de repos, cruellement. Or la solitude y est plus grande encore, d’une part. Et les maisons de soins en Wallonie sont moins onéreuses en général, d’autre part. Le danger est donc de voir la population bruxelloise se jeter sur la Wallonie. Au bout du compte, tout le système sera saturé pour tout le monde des deux côtés. «Aujourd’hui vous avez des flux entre les deux régions. C’est normal. La Belgique est un mouchoir de poche et on y circule librement. Si demain vous avez des règlements différents entre les régions, et une scission des compétences entre la Wallonie et Bruxelles, cette liberté sera réduite», explique Jean Hermesse. Par ailleurs, si un Bruxellois va en Wallonie en maison de repos, c’est la Wallonie qui devra prendre la personne en charge financièrement. «Donc si les enveloppes budgétaires sont fermées et qu’on a beaucoup de flux, il va y avoir des refacturations de la Wallonie vers Bruxelles», poursuit le patron des Mutualités chrétiennes.

4. Trop de valides parqués en maisons de repos

Il y a beaucoup, et beaucoup trop, de personnes âgées valides dans les maisons de repos en Wallonie et encore plus à Bruxelles. Pourquoi? Pour des raisons de sécurité et de solitude. Et cela pourrait empirer parce que les budgets hôpitaux, eux, restent fédéraux. S’il manque d’argent pour les maisons de repos, les hôpitaux pourraient éponger les dégâts.

5. Et qui va gérer l’administratif ?

On ne sait pas. Et ça pourrait vite déraper. Petit exemple. 2000 Français vivent dans les maisons de repos belges à côté de la frontière française. Pour des raisons de qualité-prix. Les frais sont aujourd’hui refacturés à la France. Qui le fera demain? La région wallonne? Il faudra l’organiser sans quoi ce sera des montants perdus. Ce genre de détail risque de passer à la trappe dans la grande désorganisation actuelle.
6. L’incohérence guette

Aujourd’hui, une personne âgée bénéficie de remboursements via le forfait, via les médicaments et via les soins du médecin. Ce qui va être transféré, et que les régions devront gérer, c’est uniquement le forfait. Le reste des remboursements reste fédéral. Or, la surconsommation de médicaments est l’un des plus gros soucis actuellement dans les maisons de repos. Et la seule personne qui pourrait avoir un œil sur cette prescription est le médecin-coordinateur de la maison de repos. «Or, lui, son remboursement se trouve dans le forfait transféré. Comment le fédéral aura-t-il une prise sur les prescriptions de médicaments de ce médecin désormais?», interroge Jean Hermesse. Voilà le genre de casse-tête que les acteurs des soins de santé décortiquent. «Le coût en termes de temps pour chercher des solutions de tuyauterie institutionnelle est inouï. Ces transferts représentent un luxe incompréhensible en pleine crise», conclut Jean Hermesse.