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« Bling bling », ce logo wallon !

Wallonie

Wallonie

Article d’Eric Deffet, « Le Soir », 8 juillet 2013

En l’absence du ministre-président Rudy Demotte (PS), Eliane Tillieux (PS) a répondu à l’offensive du MR contre le nouveau logo wallon, lundi au parlement régional. Une occasion de rappeler que c’est l’Awex qui est aux commandes dans ce dossier.

Gaspillage», «erreur stratégique», «bling-bling», pour le chef de groupe MR au parlement wallon Willy Borsus, l’affaire s’apparente à un gigantesque et inutile gaspillage: «Pensez-vous un seul instant que ces visuels vont convaincre un investisseur de venir en Wallonie?»

La réponse aux critiques de l’opposition fut surtout l’occasion de rappeler que les véritables maîtres d’oeuvre dans ce dossier sont l’Awex et Wallonie-Bruxelles International, deux organismes à caractère économique.

L’Awex était à la manoeuvre pour désigner la société (VO Communication) qui a réalisé le logo, le slogan et leurs déclinaisons. C’est elle aussi qui a déboursé 2.500 euros pour racheter le nom de domaine «Wallonia.be» à son propriétaire flamand. C’est elle encore qui exploitera les supports pour lesquels 450.000 euros HTVA ont été dégagés sur les budgets Plan Marshall 2.Vert du ministre Marcourt (PS). Et s’il faut «faire vivre» l’image de la Wallonie à l’avenir, l’Awex et WBI disposent ensemble de 3 millions d’euros annuels pour des plans de communication.

Abdication: Marcourt veut deux missions économiques royales par an

Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt

Article de Frédéric Chardon dans « La Libre Belgique » du 5 juillet 2013.

Qui va remplacer le prince Philippe dans les 4 missions économiques qu’il mène chaque année à l’étranger ? La question inquiète car les entrepreneurs belges savent que, dans beaucoup de pays, la présence princière est une plus-value qui ouvre pas mal de portes et donc de marchés…

Actuellement, le débat n’est pas encore tranché. Mais, le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), demande que l’on ne gaspille pas la grande expérience de Philippe dans le domaine. Autrement dit, il propose que l’on réfléchisse sérieusement à instaurer deux missions économiques royales par an. C’est-à-dire des missions à l’étranger menées par Philippe non plus comme prince mais bien comme Roi.

Avec l’accession du prince Philippe au trône, on peut penser à faire évoluer le modèle de ces missions économiques princières, explique le ministre. Le Roi Albert II a fait lui-même des missions économiques pendant un temps. En Chine, par exemple. Mais il y avait un doublon car mener les délégations d’entreprises belges dans ce cadre, c’est le rôle principal du prince à l’étranger. Après un régime transitoire à mettre en place pour les missions déjà planifiées en 2013 (Angola et Afrique du Sud dès cet automne) et en 2014, le futur Roi, dès 2015, pourrait effectuer 2 missions économiques royales pour aider nos entreprises.

Agenda trop chargé ?

Cette proposition du ministre Marcourt se heurte toutefois à un écueil : l’agenda probablement hyper-chargé du futur Roi des Belges. Pour les missions royales, il faudra voir si ce rythme de 2 missions par an est tenable. Mais il est clair, pour le commerce extérieur, que la présence du chef de l’État, le Roi, serait un plus pour obtenir des contrats. En plus, le prince Philippe est très expérimenté dans la conduite de ce genre de missions. Il ne faut pas se passer de ses qualités lorsqu’il sera monté sur le trône.

Si Jean-Claude Marcourt est en faveur de voyages royaux en appui des démarches des entreprises, c’est évidemment en plus des missions princières « classiques ». Dans son esprit, il ne faut pas les supprimer. Mais il faudra alors, bien entendu, trouver un remplaçant au prince Philippe pour mener ces missions aux quatre coins du monde.   À côté des missions royales, il faut également réfléchir à une personnalité qui pourrait s’investir dans d’autres missions économiques en complément du Roi. Il faut que le fédéral et les Régions y réfléchissent ensembles. Les enfants de la princesse Astrid ? Pourquoi pas. On peut y réfléchir. Mais s’ils devaient emmener des missions économiques, il faudra alors revoir le régime des dotations, leur attribuer d’une manière ou d’une autre une rémunération.

C’est en effet une piste actuellement évoquée : l’un des enfants de la princesse Astrid pourrait reprendre le rôle du futur souverain.   Même s’ils sont encore fort jeunes : le prince Amadeo est âgé de 27 ans et travaille depuis 2009 pour Deloitte à New York, tandis que la princesse Laura Maria est âgée de 24 ans.

Pas Laurent, ni Astrid…

Et, Astrid elle-même ou Laurent ? Pourquoi pas l’un d’eux pour succéder à leur frère Philippe dans le rôle délicat de figure emblématique du commerce extérieur ? On peut avoir de telles missions princières sans que ce soit forcément le frère ou la sœur du futur Roi qui les mène, remarque Jean-Claude Marcourt.  En effet, Astrid, a priori, a montré notamment beaucoup d’attention pour le social et la culture, tandis que le prince Laurent s’est engagé dans le développement durable. Je n’émets évidemment pas d’exclusive ici mais il faut trouver une personnalité qui s’intéresse de près à l’économie.

Le ministre wallon propose également d’instaurer plus systématiquement des missions conjointes des trois Régions du pays à côté des missions royales et des missions « princières ».

Notre commentaire

Que Jean-Claude Marcourt, ministre de tutelle de l’Awex, commence par rendre cet organisme plus performant. Voir, ci-dessous, le point de vue de Guy Bertrand concernant la baisse des exportations wallonnes. Relire également la carte blanche de Jules Gheude « Pourquoi l’Awex va-t-elle à contre-courant de l’économie mondiale ? », parue dans « Le Soir » du 28 février 2012 (http://www.lesoir.be/archives?url=/debats/cartes_blanches/2012-02-28/art899823-899823.php).

A propos de la baisse des exportations wallonnes

awexaLe point de vue de Guy Bertrand

Concernant les exportations, nous savons que le réseau est valable, mais il n’est pas supporté par les agents de l’Awex-Bruxelles, qui suivent aveuglément des procédures « Iso 9001, non adaptées à la partie commerciale.

Cette certification, qui coûte très cher aux contribuables, ne permet pas l’augmentation de résultat.

FIT (le pendant flamand) n’a pas besoin d’ISO pour augmenter ses exportations, même en temps de crise.

Jean-Claude Marcourt, le ministre de tutelle de l’Awex-Ofi, devrait le comprendre et faire abandonner cette certification qui ne sert qu’à couvrir la responsabilité d’une hiérarchie et d’une direction sclérosées

La Wallonie exporte moins

Philippe Suinen

Philippe Suinen

Article de Martial Dumont dans « Vers l’Avenir » du 27 juin 2013
 
En 2012, les exportations wallonnes ont trinqué. La preuve: elles ont reculé de 2,8 % par rapport à 2011. Le plus mauvais résultat depuis celui enregistré en 2009 (-15 %), conséquence de la crise financière survenue en 2008.

Cette fois, quel est le problème?

Selon le ministre de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, c’est la crise de la sidérurgie (ArcelorMittal), des machines de chantier (Caterpillar) et de la chimie de base qui tire les résultats vers la base.

Et puis, analyse Philippe Suinen, patron de l’Agence wallonne à l’exportation, (AWEX), il y a la dégradation conjoncturelle au niveau européen et même mondial: la crise des dettes souveraines dans la zone euro, la faiblesse de la demande, les plans d’assainissement, ne contribuent pas à booster nos exportations. D’autant que la production au niveau mondiale est aussi au ralenti.

Résultat, nous voilà en deçà de nos concurrents directs que sont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas… et la Flandre qui, elle, continue à voir ses exportations progresser malgré les difficultés socio-économiques qu’elle a pu rencontrer (notamment dans le domaine de l’automobile).

Autre signe inquiétant: les ventes wallonnes régressent vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) avec 4,9 %. D’autant plus problématique que pendant ce temps, la moyenne européenne d’exportation vers ces pays a augmenté de 6,6 %…

On notera également que la régression est répartie équitablement au travers des secteurs. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle non plus.

Tout n’est pas noir, cela dit. puisqu’on voit quand même une augmentation importante de nos exportations vers l’Afrique et l’Amérique du Nord qui boudaient quelque peu les produits wallons ces derniers temps.

Et puis, selon Philippe Suinen, les premier et deuxième trimestres 2013 devraient s’inscrire dans des tendances de «reprise modérée et graduelle» pouvant intervenir à partir du 3e trimestre, en raison du rebond prévu de l’économie mondiale. En clair, le plus dur serait derrière nous. Rendez-vous dans quelques mois pour confirmation.

Philippe Suinen : « Nous devons avoir encore plus de respect pour les investisseurs étrangers qui viennent en Belgique »

Awex

Dans « Vers l’Avenir » du 6 juin 2013, le patron de l’Awex répond aux question de Martial Dumont.

 

 

Philippe Suinen vous avez lu ce baromètre de l’attractivité en Belgique. Qu’en pensez-vous ?

D’abord, j’ai l’impression que les réponses des entrepreneurs sont un peu frileuses par rapport aux chiffres que nous avons à l’Awex. Peut-être à cause du contexte de crise…

N’empêche, on voit qu’en matière de création d’emplois par exemple, on est à la ramasse et dans un trend inverse au reste de l’Europe. C’est dû à quoi selon vous ?

C’est probablement dû au fait que nous possédons déjà un très haut degré de sophistication technologique dans les investissements existants. Et les investissements qui se font sont surtout des extensions de ceux qui existent déjà. Ils ne sont pas très créateurs d’emplois parce qu’ils sont fortement automatisés.

Et puis, il y a la manière de calculer : si on prend le nombre d’emplois créés par tête d’habitant, la Wallonie est troisième au niveau européen. Le baromètre, lui, ne tient pas compte du nombre d’habitants par pays…

Le baromètre relève cependant que nous sommes très attractifs pour les investisseurs. C’est une bonne nouvelle…

Évidemment ! Ça montre que nous avons le respect du client, que nous offrons un service complet et rapide.

Mais il faut aussi oser examiner nos compétences et les améliorer.

Nous devons également renforcer les éléments qui font notre force. Si on ne fait pas cela, je crains que l’attractivité ne suffise pas dans les années à venir à matérialiser notre force…

Vous faites allusion aux critiques du baromètre sur notre manque de compétitivité ?

Oui. Osons la compétitivité dans tous les sens et veillons à renforcer le respect que nous avons pour les investisseurs étrangers. Les critiques qui sont émises ne m’étonnent pas. Nous faisons le même constat à l’Awex. Et un rapport de l’institution qui gère le commerce extérieur des États-Unis ne dit rien d’autre non plus.

Hormi la réduction de la pression fiscale et la limitation du coût des salaires, qu’est-ce qui pourrait rendre la Belgique encore plus attractive ?

La mise à disposition d’une réserve foncière pour les investisseurs étrangers. Et ça, ça passe par des règles dans l’aménagement du territoire qui protègent contre les recours systématiques. Quand il y a un souci dans un permis, on doit pouvoir corriger le problème et reprendre la procédure là où elle était, et non revenir à la case départ.

La « marque » Wallonie coûte cher, trop cher pour le MR

Belga, 27 mai 2013

Willy Borsus (MR)

Willy Borsus (MR)

Le MR s’est alarmé des sommes qui seront dépensées dans le cadre de la stratégie de « branding » de la Wallonie initiée par le gouvernement wallon. A ses yeux, il s’agit d’argent « jeté dans la Meuse », à l’heure où chaque denier public est compté. La société de consultance Mc Kinsey a finalisé l’an passé une étude relative à l’image que la Wallonie devait promouvoir à l’étranger.

Un deuxième marché a été lancé pour désigner le prestataire qui traduira les conclusions de l’étude sous la forme d’un visuel et réalisera les supports de promotion des campagnes qui seront menées. La société VO Communication a été préférée à trois de ses concurrentes pour une offre de 60.620 euros, a indiqué le ministre-président wallon, Rudy Demotte, en réponse à une question de Willy Borsus (MR).

L’opération sera menée par l’Agence wallonne à l’exportation (Awex) et Wallonie Bruxelles-International et les budgets qui y seront consacrés seront compensés par d’autres budgets affectés précédemment à la communication, a assuré M. Demotte.

L’opposition MR s’est étonnée du temps mis pour réaliser cette campagne de communication qui n’a toujours pas commencé. Elle a aussi fustigé les moyens dépensés: près de 600.000 euros pour l’étude (TVA comprise) et, selon ses informations, pas moins de 500.000 euros pour la transposition du concept en campagne de promotion (notamment la création et la diffusion de supports).

« Vous avez pris cet argent et vous l’avez jeté dans la Meuse », s’est exclamé M. Borsus.

Les exportations wallonnes en recul

Philippe Suinen

Philippe Suinen

Belga , 24 avril 2013

Les ventes wallonnes a l’étranger essuient un repli de 3,1% (3,4% en incluant le gaz naturel) pour les neuf premiers mois de 2012 par rapport à la même période en 2011, selon l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX), qui présentait mercredi son rapport d’activités pour les trois premiers trimestres 2012.

Le bilan n’est donc pas des plus réjouissant mais on sauve les meubles puisque malgré cette diminution, les exportations wallonnes se maintiennent toujours au-dessus de leur niveau d’avant la crise, a indiqué Philippe Suinen, administrateur général de l’AWEX. Le montant des exportations wallonnes s’élève ainsi à 30 milliards d’euros lors des neuf premiers mois de 2012.

C’est le plus mauvais bilan depuis la contraction sévère de 20,9% enregistrée de janvier à septembre 2009 au plus fort de la récession économique mondiale.

Ces résultats prolongent la baisse de régime de notre commerce extérieur déjà amorcée au troisième trimestre 2011, période depuis laquelle les exportateurs font face à une dégradation conjoncturelle constante sur les marchés étrangers qui découle des inquiétudes permanentes liées à la crise de la dette dans la zone euro et à la santé des finances publiques dans la plupart des économies occidentales.

Un des secteurs les plus sévèrement touchés par l’affaiblissement 2012 est le domaine métallurgique (-13,1%) souffrant de la baisse de la capacité de production de l’acier en Wallonie provoquée par la réduction de la demande d’acier dans le monde et la décision d’ArcelorMittal de fermer la phase à chaud.

Exportations

awexaLes statistiques d’exportations des 3 premiers trimestres 2012 montrent les résultats suivants:

FLANDRE 141,64 milliards + 0,7%

WALLONIE 30,02 milliards – 3,1%

BRUXELLES 4,34 milliards + 7,9%

La Wallonie et les Pays-Bas vont intensifier leurs collaborations

2013-06-30_190609Belga, 11 mars 2013

Les autorités liégeoises et wallonnes ont accueilli lundi le ministre des Affaires étrangères néerlandais, Frans Timmermans, à Liège, dans le but d’intensifier les relations entre la Wallonie et les Pays-Bas. La délégation néerlandaise a été reçue par Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie et du Commerce extérieur, Philippe Suinen, administrateur général de l’Awex, Agence wallonne à l’exportation, et Willy Demeyer, bourgmestre de Liège.

C’est la première fois qu’un ministre néerlandais se déplace exclusivement en Wallonie dans le cadre d’une rencontre bilatérale avec un ministre wallon, révélant un intérêt mutuel à augmenter les échanges entre les deux régions. Les différents intervenants se sont engagés à coopérer davantage en matière de logistique, de technologie et d’innovation.

Ils ont notamment évoqué la situation du Port autonome de Liège et de son homologue de Rotterdam. Notre institution est désireuse de poursuivre les collaborations avec le Port de Rotterdam, a déclaré Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président du Port autonome de Liège. Notre ambition est de devenir un acteur incontournable des ports logistiques.

Le ministre Timmermans est venu accompagné de Hans Biesheuvel, président de l’Association nationale des PME néerlandaise – MKB Nederland, et d’une délégation d’une trentaine d’entrepreneurs spécialisées dans le transport, la logistique ou l’agroalimentaire.

La Belgique est le deuxième partenaire commercial des Pays-Bas.

Jules Gheude a participé, ce 2 mars 2013, en qualité d’invité, à l’Assemblée de Printemps du RWF, qui s’est tenue à Namur.

JulesGeude1

On trouvera ici le texte de son exposé.

Je voudrais, en une vingtaine de minutes, aborder deux points qui me paraissent essentiels au regard de la situation politique du moment.

Le premier de ces points est l’aveuglement volontaire et suicidaire de la classe politique francophone.

Cela me fait furieusement penser au catoblépas, cet animal légendaire au long cou grêle, dont la lourde tête traîne à terre et qui en arrive à brouter ses propres pattes.

Au niveau régional wallon, c’est le sempiternel discours des Demotte, Marcourt, Antoine et consorts, nous annonçant qu’il faut avoir confiance, que la Région se redresse, que son écart avec la Flandre ne cesse de se réduire. On voit même, à présent, un certain député CD&V, Johan Sauwens, venir les conforter dans cette vision rose des choses.

Cela, alors que les licenciements massifs nous touchent de plein fouet, que notre taux de chômage est à 17%, soit le double de celui de la Flandre, et que cette dernière exporte 4,6 fois plus que nous. Tandis que la Flandre est à l’équilibre budgétaire depuis deux ans, la Wallonie connaît toujours des problèmes de trésorerie, avec une dette  que l’on peut chiffrer à plus de 14 milliards d’euros, si l’on prend également en considération les financements alternatifs.

Six plans de redressement en dix ans pour n’aboutir qu’à de timides frémissements, selon le constat des économistes Robert Deschamps et Pierre Pestieau : telle est la réalité de la Wallonie.
Le mal dont souffre la Région est connu : c’est l’hypertrophie politico-administrative, conjuguée avec des problèmes récurrents de mal-gouvernance.

Un exemple. Une entité de 3,6 millions d’habitants a-t-elle besoin de plus de 200 fonctionnaires pour gérer ses exportations? Car l’Awex, c’est une administration centrale de 50 agents, sept centres régionaux occupant 44 personnes et un réseau d’une centaine d’attachés économiques et commerciaux répartis sur la planète.

À titre de comparaison, l’Agence française pour les investissements internationaux dispose de 23 bureaux à l’étranger (environ 90 personnes) et de 65 collaborateurs répartis sur le territoire français.

La Wallonie peut certes s’en sortir. Mais pour cela, il faut qu’elle se décide à tourner le dos aux docteurs Coué. Foin des soins à la petite semaine ! Il faut un traitement de choc, permettant de mettre de l’ordre dans cette pléthore d’institutions et d’engendrer la mise sur pied d’un réseau dense de PME innovantes et dynamiques.

Avec des hommes et des femmes incapables d’anticiper les choses, on finit toujours par se retrouver le nez sur le poteau, contraint de devoir réagir dans l’urgence et l’improvisation.

A l’échelon central, l’aveuglement des élites francophones les amène à s’accrocher, comme le perroquet à sa barre, au schéma fédéraliste, alors que depuis 1999 – cela fait donc 14 ans ! -, la Flandre a manifesté clairement sa volonté d’emprunter la voie du confédéralisme.

On attend toujours que le Parlement wallon entame un débat de fond sur la manière dont il conçoit l’avenir, et notamment l’avenir postbelge 

Car il faut le dire haut et fort. Le confédéralisme, dans l’esprit flamand, ce n’est pas un fédéralisme poussé à l’extrême. C’est l’étape ultime qui doit permettre de larguer définitivement les amarres avec la Belgique, afin de se retrouver Etat-Nation à part entière dans le cadre européen.

Cet objectif figure d’ailleurs expressément dans les statuts de la NVA, laquelle, comme vient de le révéler le dernier Baromètre politique de « La Libre Belgique », flirte aujourd’hui avec les 40% d’intentions de vote, soit autant que le CD&V, l’Open VLD et le SP.A réunis.

Le chercheur français Vincent Laborderie, dont on connaît les attaches avec le groupe « B Plus » et qui multiplie les déclarations alors même qu’il poursuit sa thèse de doctorat à l’UCL, Laborderie, donc, tente de nous faire croire que la mouvance séparatiste ne dépasse pas les 10 à 15% en Flandre.

Faut-il qu’il connaisse bien mal la problématique communautaire belge pour ignorer que cette mouvance nationaliste n’est pas propre à la N-VA, mais qu’elle traverse également les autres formations flamandes.

Pas besoin de m’étendre ici sur le CD&V. Chacun de nous a encore en mémoire les déclarations des Verroken, Tindemans, Van den Brande, Van Rompuy et consorts, ces gens pour lesquels loyauté est synonyme de perfidie et de reniement de la parole donnée. Ces gens dont on connaît le sens très particulier qu’ils donnent au mot « solidarité »…

Du « Walen buiten » au « Geen Vlaamse cent meer voor de Waalse staal », le refrain est connu. Au fond, quoi de plus normal… Charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même ?

L’encre de l’accord relatif à la 6ème réforme de l’Etat est à peine sèche que l’on entend Wouter Beke, le président des démocrates-chrétiens flamands, déclarer qu’elle ne constitue pas un aboutissement, qu’il faudra passer à autre chose.

Quant au ministre-président flamand, Kris Peeters, le chantre de la « révolution copernicienne », ne fait-il pas tout ce qu’il faut pour se profiler à l’étranger, tel le chef d’un véritable Etat souverain ?

Souvenez-vous de la manière dont il a quitté la mission économique belge au Vietnam pour aller rencontrer au Myanmar la dissidente Aun San Suu Kyi…

Et les libéraux flamands sont loin d’être en reste. N’est-ce pas Karel De Kucht qui, en 2002, alors qu’il était président de l’Open VLD, lâcha sur VTM : La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre ? N’est-ce pas le même Karel De Gucht qui, lors de la question de l’octroi du droit vote aux non-Européens, fut sur le point de provoquer une crise gouvernementale, annonçant que si les francophones faisaient passer cette mesure, la Flandre n’hésiterait pas à user de sa majorité parlementaire pour scinder purement et simplement BHV ? N’est-ce pas encore Karel De Gucht qui qualifia la frontière linguistique de « frontière d’Etat » ? N’est-ce pas toujours Karel De Gucht qui, lors des négociations de Val-Duchesse, en 2007, parla de couper les robinets financiers aux francophones si ceux-ci persistaient dans leur entêtement ?

Dans son livre « Splendeur de la Liberté », Paul-Henry Gendebien rapporte l’entrevue qu’il eut avec Jean Gol, à Paris. Jean Gol, explique-t-il, ne croyait plus à l’avenir de la Belgique. Il était excédé de voir comment le virus séparatiste avait atteint le libéralisme flamand.

Peu de gens savent qu’après l’échec du Pacte d’Egmont-Stuyvenberg, en 1978 – pacte torpillé de main de maître par le Premier ministre Léo Tindemans dans l’unique but de renvoyer, nus devant leurs électorats respectifs, la Volksunie et le FDF qui s’étaient loyalement mouillés au départ de concessions importantes -, peu de gens savent que François Perin tenta d’aboutir à un accord institutionnel au sein de la famille libérale, mais qu’il se heurta à l’intransigeance totale du partenaire flamand. C’est ce qui l’amena d’ailleurs, en mars 1980, à démissionner spectaculairement de la fonction sénatoriale, en proclamant que la Belgique était irrémédiablement condamnée par le nationalisme flamand.

N’allez pas croire surtout, en voyant aujourd’hui la manière dont le CD&V, l’Open VLD et le SP.A se liguent contre la N-VA, que les mentalités évoluent dans le bon sens au Nord. Il ne s’agit, ni plus ni
moins, que d’une question de stratégie visant à isoler celui qui se montre le plus habile et le plus convaincant dans la défense des intérêts fondamentaux du Nord.

En matière de flamingantisme, rien ne distingue Herman Van Rompuy de Bart De Wever, si ce n’est, comme le soulignait fort justement Guy Spitaels, que le président de la N-VA ne se complaît pas dans le rôle du Tartuffe. Je cite ici Guy Spitaels : Il est très, très habile. (…) Il n’est pas «toursiveux». Il dit clairement et brutalement ce qu’il veut.

(…) Ce De Wever, il ne me déplaît pas du tout.

La vérité, que les francophones ne veulent pas entendre, c’est qu’aucune réforme de l’Etat ne parviendra à endiguer ce nationalisme flamand. Comme l’avait écrit Jules Destrée, dans sa fameuse « Lettre au Roi » de 1912, le Flamand a la douce obstination têtue du fanatisme.

Il est donc curieux qu’un politologue soi-disant avisé comme Paul Magnette ait pu s’étonner, il y a quelques années, dans « Vers l’Avenir », de la montée du nationalisme flamand, ajoutant : On croyait que tout cela n’était que du folklore. Mais il est vrai que Paul Magnette semble davantage versé dans les idées lunaires, comme celle qui consiste à dire que les Wallons ont davantage de liens culturels avec l’Allemagne qu’avec la France…

En attendant, l’intéressé, bourgmestre de Charleroi, oblige les membres de sa coalition à démissionner de leurs mandats fédéraux ou régionaux, tandis que lui se permet d’endosser l’habit de président du PS, après avoir mis sur pied une calamiteuse réforme du rail. Bref, un exemple superbe de la bonne gouvernance à laquelle les socialistes nous ont habitués ces dernières années…

Ah ! ces responsables politiques francophones, toujours « demandeurs de rien » au départ, mais qui finissent toujours par troquer leurs sacrosaints principes contre des liards.

On l’a vu avec les accords du Lambermont, en 2002, avec les concessions qu’ils firent en échange d’un maigre refinancement de la Communauté française : surreprésentation forfaitaire abusive pour la minorité flamande au Parlement régional bruxellois ; présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux ; régionalisation de la loi communale pour offrir à la
Flandre les moyens de mettre au pas les francophones de la périphérie…

« Madame Non », alors dans l’opposition, marcha dans la combine parce que l’enseignement libre se voyait octroyer quelques faveurs. Et c’est elle qui, aujourd’hui, fustige l’embrouillamini bruxellois!
Alors que la scission de BHV était censée apporter la paix dans la périphérie, ces matamores aux sabres de bois poussent à présent des cris d’orfraie, dénoncent un déni de démocratie parce que la Flandre refuse toujours la nomination des trois bourgmestres FDF de la périphérie. Comme l’écrit Catherine Ernens, dans « Vers l’Avenir », la démocratie va devoir se jouer à la roulette russe, au sein de l’assemblée générale du Conseil d’Etat… Et le ministre flamand de l’Intérieur, Geert Bourgeois, pointe aujourd’hui, dans « La Libre Belgique », un doigt menaçant : Si le Conseil d’Etat nomme les bourgmestres, les conséquences d’un tel arrêt pourraient être très lourdes. C’est l’équilibre institutionnel de la Belgique qui sera atteint.

Pendant ce temps, le professeur de droit constitutionnel des Facultés universités de Namur, Hendrik Vuye, dont on connaît les attaches solides qui le lient à la N-VA, appelle la Flandre à sortir de la Constitution, précisant qu’elle dispose, avec son propre Parlement, de la légitimité requise pour proclamer unilatéralement son indépendance.

Oui, aucun doute possible, Talleyrand était dans le vrai lorsqu’il déclarait, en 1832, à la princesse de Lieven, femme de l’ambassadeur de Russie à Londres : Les Belges ? Ils ne dureront pas. Tenez, ce n’est pas une nation. Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays ; cela ne peut tenir.

Et dire qu’aujourd’hui, ils s’en trouvent encore pour vanter les mérites de cette construction artificielle surréaliste, dont le quotidien baigne dans un climat de chamaille et de suspicion. Pour louer ce mariage forcé, sans aucun amour de part et d’autre…

Le second point que je souhaite aborder, c’est celui de l’après Belgique. Car, ne vous y trompez pas, les élites francophones y réfléchissent.

Ici, on observe une division entre ultra-régionalistes wallons, d’une part, et partisans d’une Fédération Wallonie-Bruxelles, d’autre part. 

Dans les deux cas, ne soyons pas naïfs, l’objectif consiste à sauvegarder la rente de situation. Ne rien perdre de ce que l’on possède en mandats et privilèges !

Mais comment peut-on souhaiter le bien-être et la prospérité d’une population en lui proposant d’évoluer au sein d’un Etat indépendant où les prestations sociales chuteraient de quelque 15% ?

Un Etat indépendant qui, en 2010, selon l’analyse irréfutable de l’économiste Jules Gazon, aurait été confronté à un solde net à financer, intérêts de la dette publique compris, de 9,074 milliards d’euros, soit environ 22% des dépenses publiques. Ceci en tenant compte du taux d’intérêt appliqué alors à l’Etat belge, c’est-à-dire en moyenne 3,6%. Quand on sait ce qui s’est passé avec la Grèce, on peut aisément imaginer ce que cela donnerait pour la Wallonie avec un taux à 12%. Le solde net à financer serait, dans ce cas, de 15,34 milliards, soit 37% des dépenses publiques. Une situation proprement ubuesque !

Que déclarait Rudy Demotte, le 16 mai 2011, dans « Le Soir » ? Et je ne vous parle pas des éventuels transferts de compétences, en discussion aujourd’hui. Là, attention : soyons conscients que la Flandre a des facilités que nous n’avons pas. En 2014 par exemple, elle disposera de six fois plus de moyens que la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles… réunies ! La Flandre disposera alors de 2,5 milliards contre 400 millions pour les autres entités. Et aujourd’hui, les dirigeants wallons voudraient nous faire croire que la Région wallonne est prête à assumer les nouvelles compétences que lui confiera la 6ème réforme de l’Etat !

Quand j’entends le discours de certains ultra-régionalistes, je songe à cette phrase du duc d’Albe, à l’époque où Philippe II d’Espagne l’avait chargé de ramener dans le giron catholique les territoires « d’en haut », largement acquis à la réforme calviniste et qui s’étaient soulevés contre son autorité : Il vaut infiniment mieux conserver par la guerre pour Dieu et pour le Roi un royaume appauvri et même ruiné que, sans la guerre, l’avoir entier pour le démon et les hérétiques, ses sectateurs;

Pour les ultra-régionalistes wallons, en effet, peu importe l’état de la Wallonie, pourvu qu’elle puisse évoluer en toute indépendance, en déployant avec fierté les bannières de son identité et de sa culture.

Il faut forger l’identité wallonne, clament-ils. S’il faut la forger, c’est donc qu’elle n’existe pas. Et pour cause. Que s’est-il passé au XIIIe siècle, dans nos contrées, lorsque le latin perdit son hégémonie ? C’est le français qui fut adopté partout. Comme l’a écrit l’historien namurois Félix Rousseau : Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

Pour le dire autrement, nous sommes, par notre langue et notre culture, des Français que les hasards de l’Histoire ont contraints d’évoluer en dehors de l’Hexagone.

Je suis né à Braine l’Alleud, à l’endroit même où eut lieu cette fameuse bataille dite de Waterloo, qui pesa si lourdement sur notre sort. Mes racines familiales se situent donc dans ce coin du Brabant wallon et je ne les renie pas. Tout comme je suis heureux de m’être vu transmettre la connaissance du dialecte de l’endroit et que je reste attaché à ses traditions spécifiques. Chacun de nous a, somme toute, sa propre petite histoire.

Mais j’ai également effectué la fin des mes études primaires et cinq années du cycle secondaire à Paris. Et j’ai pu ainsi saisir l’immense privilège de pouvoir partager cette langue et cette culture françaises, dont le prestige, quoi que peuvent en dire certains, reste incomparable, notamment au niveau des valeurs qu’elles ont permis de véhiculer.

A ceux qui n’ont que le mot « culture wallonne » à la bouche, je souhaite rappeler le cas de ces deux gloires namuroises que furent Félicien Rops et Henri Michaux. Le premier alla s’épanouir à Paris, dans l’entourage des « poètes maudits ». Le second prit carrément la nationalité française.

Je voudrais conclure mon exposé en abordant la question de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui m’interpelle au premier chef. L’idée du « WalloBrux » date de 1996. Elle a jailli, on ne s’en souvient peut-être plus, du cerveau de trois professeurs de l’UCL, proches de feu le FDF Lucien Outers : Christian Franck, Bernard Remiche et André-Paul Frognier.

Cette idée, comme on le sait, trouve aujourd’hui largement sa place au sein de la classe politique francophone. Paul Magnette parle de nation Wallonie-Bruxelles. Quant au président du FDF, Olivier Maingain, il adopte le ton incantatoire : Fédération Wallonie-Bruxelles deviens Etat !…

La démarche, ici, est limpide : rassurer ceux chez qui la flamme belge brûle encore, en leur disant que si la Flandre les lâche, rien ne viendra bouleverser leur quotidien. Wallonie et Bruxelles prendront tout naturellement la succession de la Belgique actuelle et, surtout, la monarchie sera sauvegardée.

François Perin a dit ce qu’il pensait de cette option : Nous aurions une Belgique en réduction, tout aussi médiocre que l’autre, en gardant les Saxe-Cobourg dont la Flandre aurait eu l’intelligence de faire l’économie !

Il me paraît essentiel, en tout cas, de couper les ailes à ce canard, de montrer que ce projet n’est rien d’autre qu’une vaste fumisterie.

Olivier Maingain, qui se dit légaliste et partisan de l’Etat de droit, n’ignore pas, en effet, que son idée est vouée à l’inconsistance, car elle ne pourra jamais prendre corps. La Constitution belge ne reconnaît, en effet, que les Communautés et l’on connaît l’attachement du Nord à cette Communauté flamande, qui lui permet d’encadrer sa minorité à Bruxelles du berceau jusqu’à la tombe.

D’autre part, l’on sait qu’il ne pourra jamais y avoir de délibération du Parlement bruxellois approuvant cette Fédération et portant adhésion  de Bruxelles à celle-ci, contrairement à ce qu’a fait le Parlement wallon. Car les élus flamands, qui disposent du droit de veto au sein de l’institution bruxelloise, ne manqueraient pas d’en user. Comment, dès lors, une telle Fédération qui prétend associer la Wallonie et Bruxelles, pourrait-elle exister en se passant de l’approbation adhésion de l’un de ses deux membres ?

Vous aurez d’ailleurs observé que, dans le dernier accord institutionnel, cette Fédération n’est nullement mentionnée, même sous une forme allusive… Bref, elle na et ne peut avoir aucune existence dans le cadre juridique et étatique belge. C’est, comme le constate fort justement l’ancien haut fonctionnaire français Jacques Lenain, un non-être, un objet non identifiable, censé traduire chez les élites francophones une posture de « résistance sans risque » à destination d’un électorat désorienté.

Voyons à présent à quoi peut aboutir cette idée si l’on sort du cadre belge.

Une adhésion de plein droit de ce WalloBrux aux traités internationaux comme successeur de l’ancienne Belgique ne serait pas automatique. Elle pourrait être contestée juridiquement par d’autres Etats, notamment par le nouvel Etat flamand… Celui-ci se mettrait de facto en dehors des organisations internationales, que la déclaration d’indépendance soit jugée légale ou non par la Cour internationale de Justice. Mais, par là même, la Flandre mettrait aussi la Belgique résiduelle hors du jeu international, l’exclurait des organisations internationales de jure. Ce fut d’ailleurs le cas pour la « Yougoslavie continuée » (Serbie-Monténégro) lors des sécessions croate et slovène
de la Fédération yougoslave.

Cette Belgique résiduelle serait si substantiellement différente de la première qu’on voit mal comment la communauté internationale pourrait lui reconnaître une personnalité juridique identique

L’histoire nous montre d’ailleurs que les constructions bicéphales n’ont jamais tenu le coup.
En outre, Wallons et Bruxellois ne constitueraient en rien une nation.

Il y a tout d’abord le fait qu’on est confronté à des espaces géographiques de taille et de morphologie absolument dissemblables et qui sont, en outre, séparés, avec l’enclavement de Bruxelles en Flandre. D’un côté, une cité de 100 km2, de l’autre, un territoire de près de 17.000 km2, trois fois plus peuplé.

D’autre part, Wallons et Bruxellois forment des populations sociologiquement et humainement distantes, avec des sensibilités souvent opposées sur bien des sujets. Il n’est pas exagéré de dire que leurs relations ont toujours été empreintes d’une certaine méfiance, pour ne pas d’une méfiance certaine.

Les deux Régions connaissent également un taux de chômage élevé : fin juillet 2012, il était de 17% en Wallonie et de 21% à Bruxelles (7% en Flandre).

Reste à savoir aussi si les Bruxellois accepteraient de se montrer solidaires de l’importante dette wallonne.

Car, avec la dette cumulée de la Wallonie et de Bruxelles, on aurait un ratio dette/PIB de plus de 110%. Quant à la perte des transferts en provenance de Flandre (5-7 milliards), elle serait loin d’être compensée par la recette (environ 2 milliards) provenant de l’imposition à Bruxelles des 235.000 navetteurs flamands qui y travaillent. On peut d’ailleurs imaginer que ce nombre diminuerait sensiblement avec le départ des administrations flamandes de Bruxelles. Dès lors, placé d’emblée en déficit annuel massif et chronique, un État Wallonie-Bruxelles verrait sa dette s’accroître très rapidement.

Se pose enfin la question de savoir comment organiser les pouvoirs, la répartition des compétences et fixer le poids respectif de la Wallonie et de Bruxelles au sein de l’Etat commun. Optera-t-on pour le principe de l’égalité (Bruxelles = Wallonie) ou celui de la proportionnalité (Wallonie > Bruxelles) ? Déjà, au sein de la Belgique actuelle, Wallons et Bruxellois sont dans l’incapacité de se constituer en entité unifiée…

C’est finalement aux Bruxellois, et à eux seuls, qu’il revient de se prononcer clairement sur la question. Pour l’instant, une majorité relative se dessine chez eux pour la formule d’un « district européen », formule également irréaliste dans la mesure où elle nécessiterait la création, à l’unanimité des 27 Etats membres, d’un Etat fédéral européen.

Nous savons, nous, pour avoir approfondi la question, que seule une intégration de la Wallonie à la France, avec dans un premier temps, un statut particulier pour permettre l’harmonisation graduelle des diverses politiques, constitue la seule option d’avenir post-belge envisageable. Bruxelles, si elle en émettait clairement le souhait, pourrait également disposer d’un tel statut d’union-intégration.

Mais, comme le disait ma grand-mère, on ne peut malheureusement pas faire le bonheur des gens contre leur gré. On peut juste espérer que, le moment venu, Wallons et Bruxellois feront le bon choix.

Un militant socialiste me disait récemment : Nous serons Français le jour où le PS l’aura décidé. Il n’a pas tout à fait tort.

Car comme me l’écrivit Jacques Lenain, il y a quelques jours : La gauche wallonne va droit dans le mur. Il lui faudra ce choc pour retrouver ensuite le chemin de Paris.

En attendant, l’espoir fait vivre. Et à ceux qui me font remarquer que l’herbe n’est pas forcément plus verte dans le pré français, je leur réponds que le pré français, lui, n’est pas menacé de disparition.

Je vous remercie de votre attention.