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Un nouveau pas vers une sécurité sociale flamande ?

Une opinion de Luc Barbé, observateur du paysage politique belge et membre de Groen

« Le Vif », 26 mai 2018

Le 2 mai, le Parlement flamand a approuvé le décret sur la protection sociale flamande. Le texte de 457 pages, notes explicatives et avis de plusieurs conseils consultatifs compris, n’a guère retenu l’attention de la presse néerlandophone ou francophone. Serait-ce parce que le père de ce décret, le ministre flamand du Bien-être et de la Santé publique, Jo Vandeurzen, la joue profil bas?

Jo vandeurzen

 

Apparaissant peu souvent dans la presse et évitant les polémiques sur les réseaux sociaux. Dans le secteur, il se dit pourtant qu’il réalise des réformes importantes étape par étape, et ceci malgré la très grande complexité des dossiers.

Les partis de la majorité, N-VA, CD&V et Open VLD, ont approuvé le décret ; l’opposition s’est abstenue. Ce décret reprend la politique flamande existante, telle que l’assurance autonomie, et va plus loin, en application de la sixième réforme de l’État prévoyant le transfert d’un certain nombre de compétences vers les entités fédérées. La protection sociale flamande couvre, entre autres, l’assurance autonomie, les maisons de repos et les soins à domicile. Il s’agit d’une politique dotée d’un budget de 4,1 milliards d’euros, soit près de 10% du budget flamand. S’agit-il simplement de la mise en oeuvre de la sixième réforme de l’État? Dans les débats du Parlement flamand, la N-VA et le CD&V ont clairement exprimé des accents différents.

Le ministre Vandeurzen (CD&V) a évoqué « une étape importante dans la construction de la protection sociale flamande ». Ce dernier parle de « protection sociale », pas de « sécurité sociale ». Mais au sens du droit européen, il s’agit bien d’un aspect de la sécurité sociale (Règlement européen (CE) n ° 883/2004). Le Ministre a également affirmé qu’il s’agit d’une matière très complexe et que la mise en oeuvre du décret demanderait encore beaucoup de travail, ceci pendant plusieurs législatures. Le Ministre a parlé de politiques dans la continuité de la politique fédérale et de nouvelles politiques flamandes, différentes de celle menée au niveau fédéral avant la sixième réforme de l’État, citant par exemple le « modèle du cercle ». Le bénéficiaire de services est au coeur de cette démarche et détermine, si possible en concertation avec ses proches et des services professionnels, quels types de soutien peuvent contribuer à sa santé et à son bien-être. L’accent est mis sur la vie sociale et le contrôle de sa propre vie. Vandeurzen a également déclaré qu’une bonne coopération avec le niveau fédéral est cruciale. Le Ministre s’est donné un profil de « bon gestionnaire », et non de nationaliste flamand. La N-VA, de son côté, l’a vu différemment. Un de leurs députés a déclaré : « Pour mon parti, la protection sociale flamande est le premier pas vers la mise en place d’un système de sécurité sociale flamande à part entière ». Pas de doute donc pour la N-VA : ce dossier important est un pas vers une propre sécurité sociale flamande.

Qui a raison? Le ministre CD&V Vandeurzen ou la N-VA? Peut-être ont-ils tous les deux raison. Bien sûr, la N-VA veut aller beaucoup plus loin. Pour le ministre Vandeurzen, le développement d’une protection sociale flamande est l’un de ses grands projets de la législature. Le dossier est cher au ministre et les liens du CD&V avec des acteurs clés dans le secteur restent très importants. Ce n’est pas une coïncidence si le CD&V a demandé ce portefeuille en 2014 lors de la répartition des compétences. Avec l’éducation, qui fait également partie des compétences du CD&V, elle fait partie du « core business » des chrétiens-démocrates flamands depuis des décennies. Vandeurzen sait qu’il doit faire attention. Les erreurs sont à éviter lors de la prise en charge des compétences transférées du fédéral vers les entités fédérées. Imaginez-vous que des gens ou des institutions aient de grands problèmes financiers à cause d’une erreur dans la mise en oeuvre du décret. Ce serait catastrophique, en premier lieu pour les personnes concernées, mais aussi pour le ministre. C’est une raison importante justifiant d’organiser la transition à temps et de façon très systématique. C’est pourquoi le ministre Vandeurzen y consacre beaucoup de temps et d’énergie. On peut difficilement lui reprocher d’alimenter volontairement les tensions communautaires. Il reste, autant que je sache, dans les compétences flamandes et n’utilise pas ce dossier pour lancer de grandes déclarations sur, par exemple, la défédéralisation de la sécurité sociale. En même temps, tout ce travail est bien sûr utile, et même nécessaire, dans le cas d’un nouveau transfert de parties de la sécurité sociale vers les entités fédérées. Vandeurzen et le CD&V anticipent la prochaine étape. Même si elle n’aura lieu que dans dix ou vingt ans.

Y aura-t-il une prochaine étape et si oui, quand? Aujourd’hui, il n’y a pas en Flandre de demande pour une nouvelle réforme de l’État. La N-VA parle à peine de confédéralisme et certainement pas de l’indépendance de la Flandre. Bart De Wever et son parti savent bien que cela ne parle pas à l’opinion publique flamande. Les priorités de la N-VA sont la sécurité et la migration. CD&V, Open VLD, sp.a et Groen ne demandent pas de nouvelle réforme de l’État non plus. Il faudra encore de nombreuses années pour mettre en oeuvre la sixième et argumenter maintenant pour une septième réforme pourrait apparaître comme l’aveu que la sixième pose de grands problèmes, alors que ces partis l’ont négociée et approuvée. Dans la société civile flamande, aucun acteur important ne demande une nouvelle réforme de l’État. Je ne m’attends pas à un nouveau round communautaire les prochaines années. On pourrait voir une approche inspirée par celle de Jean-Luc Dehaene pendant la législature 1995-1999. Après les accords de la Saint-Michel, Dehaene a inséré dans l’accord de gouvernement une disposition invitant le Sénat à évaluer le fonctionnement des nouvelles structures fédérales. Une commission du Sénat a fait un travail énorme, avec pas moins de 51 réunions, ce qui a donné lieu à un rapport de 1031 pages. Pendant quatre ans, Dehaene a renvoyé toutes les questions institutionnelles et communautaires vers cette commission et a imposé de cette manière une pause institutionnelle. Après les élections de 2019, un tel scénario pourrait se répéter avec toutefois une différence importante. La Flandre pourrait en effet faire sa propre évaluation, parallèlement au niveau fédéral, et cela d’un point de vue strictement flamand. Cela pourrait conduire vers 2024 à de nouvelles exigences, notamment en matière d’extension de la « protection sociale » flamande.

 

De la realpolitik, du pouvoir et de l’argent

Jules Gheude, essayiste politique (1)

La version néerlandaise de cette opinion a été publiée sur le site de Doorbraak : https://doorbraak.be/realpolitik-macht-en-geld/

La realpolitik amène les dirigeants à faire de surprenantes contorsions, mais elle est inévitable. Car, en dépit des divergences de vues, il  vaut toujours mieux tenter d’arrondir les angles que d’aller à l’affrontement violent, avec le  risque de déstabiliser dangereusement l’ordre des choses.

En juillet 2001, Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, prend la présidence du Conseil européen pour une durée de six mois. Quelques semaines plus tard, il effectue une mission exploratoire à Cuba. Dans « Le Soir » daté du 25 août, on peut lire, sous la plume de Colette Braeckman :

Si Louis Michel écrit un jour ses Mémoires, le voyage à Cuba figurera certainement dans son livre de records personnel. Quelques heures lui ont permis de réaliser plusieurs rêves de jeunesse: conduire une Chevrolet de 1940, qu’il emprunta à l’ambassadeur de Belgique pour traverser La Havane endormie, piloter une Harley Davidson le long de la baie et, surtout, s’entretenir jusque tard dans la nuit avec plus insomniaque que lui, Fidel Castro.

Des hommes, que tout oppose et qui se font des politesses. Il est évident qu’il y a, dans tout cela, une bonne dose de cinéma. Mais la diplomatie est-elle finalement autre chose ? Comme le dit fort bien Max Gallo : Un diplomate est un acteur. Il représente.

Il importe toutefois d’être cohérent. On ne peut, à la fois, déconseiller aux Belges d’aller skier en Autriche parce que l’extrême-droite y est arrivée au pouvoir (Jörg Haider en février 2000) et flatter Joseph Kabila en déclarant qu’il représente l’espoir du peuple congolais. Car, s’il sont de nature différente, il n’en reste pas moins que l’on se trouve confronté à deux régimes qui se situent aux antipodes de l’esprit des Lumières.. En d’autres termes, l’appréciation des valeurs démocratiques ne peut être à géométrie variable.

Cette complaisance affichée à l’égard du pouvoir en place à Kinshasa trouve son explication dans un article du journal « Le Monde » du 26 mars 2008 consacré au libéral Georges Forrest – qualifié de « vice-roi du Katanga » – et qui décrit comment l’intéressé a bâti dans la région un empire industriel et minier de première importance.

Bref, si la « démocrature » congolaise est contestable, les intérêts financiers qu’on peut en retirer sont considérables. L’argent, comme on le sait, n’a pas d’odeur. Les larges sourires et les poignées de mains  offerts au président Kabila sont donc loin d’être innocents.

Dans un article du journal suisse « Neue Zûrcher Zeitung », daté du 21 juillet 2006 et intitulé « Viel Unterstützung fûr Kabila in Katanga » (Beaucoup d’appui pour Kabila au Katanga), on découvre ceci :

Im Gespräch verneint Forrest nicht, dass er die PPRD finanziell unterstütze. Er tue das aber auch bei anderen Parteien, die ohne seine Hilfe gar keinen Wahlkampf führen könnten. Das kongolesische Recht verbiete solche Zuwendungen nicht, und auch sonst bewege er sich streng im Rahmen der Gesetze, betont Forrest. Seine Parteienfinanzierung will er als Demokratieförderung verstanden wissen – ein völlig selbstloser Menschenfreund also. (Dans l’interview; Forrest ne nie pas avoir soutenu financièrement le PPRD (le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, du président Kabila). Mais il l’a fait aussi pour d’autres partis qui, sans son aide, n’auraient pu mener campagne. Le droit congolais n’interdit pas ces pratiques et d’ailleurs Forrest souligne qu’il agit strictement dans le cadre de la loi. Selon lui, ces financements de partis ne visent qu’à promouvoir la démocratie – un humaniste totalement désintéressé, donc).

Promouvoir la démocratie. On voit aujourd’hui comment Joseph Kabila conçoit cette promotion. Il finira vraisemblablement par connaître, comme bien des dirigeants autoritaires avant lui, le rejet de la communauté internationale.

Realpolitik. En son nom, Bachar el-Assad fut l’invité d’honneur du défilé du 14 juillet 2008 à Paris. Aujourd’hui, la France lui retire la Légion d’honneur. On se souvient aussi de l’accueil chaleureux réservé par l’Elysée au dictateur lybien et qui a empoisonné la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Mais revenons au Congo. Georges Forrest, un « humaniste totalement désintéressé » ?

Le 12 mars 2015, Cécile Royen se penchait, dans l’hebdomadaire « Le Vif », sur « les réseaux africains du MR », parlant de vraie addiction. Une addiction qui touche également les libéraux flamands :

De l’autre côté de la frontière linguistique, le patriarche Herman De Croo ne fait pas mystère de ses liens avec le Congo. Il y a des intérêts privés en tant qu’administrateur de la société d’investissement Texaf. Il est également président-fondateur du Centre belge de référence pour l’expertise belge en Afrique Centrale.

Si l’on ne peut faire abstraction, au niveau de la politique internationale, de la realpolitik, encore faut-il ne pas renier des principes éthiques ou moraux au profit d’intérêts nationaux, voire personnels.

Peu doivent se souvenir de Robert Fabre, qui fut l’une des figures marquantes du radicalisme français des années 1970-1980. Dans son livre « Toute vérité est bonne à dire » (Fayard, 1978), il écrivait :

Que de ruses, que de détours, que d’habiletés maladroites dans ce monde politique qui vise pourtant à l’essentiel, le service d’autrui, et y parvient si rarement !

Pouvoir et argent

Les récentes affaires ont montré que la frontière entre pouvoir et argent pouvait être aisément franchie. Certains n’en ont jamais assez. La cupidité les tenaille et rien ne semble les arrêter. Un an après le déballage du dossier Publifin, un député provincial ne se permet-il pas encore de falsifier un rapport adressé au gouvernement wallon ? Quant au patron d’Ores, qui perçoit chaque année la somme de 470.000 euros, il n’entend pas se soumettre au plafond de 245.000 euros, fixé dorénavant pour les dirigeants des entreprises publiques wallonnes.

Si la plupart des mandataires politiques font honnêtement leur travail, il n’en reste pas moins que la cassette de certains est gonflée bien au-delà des responsabilités réelles qu’ils assument. Et ce sont précisément ceux-là qui n’hésitent pas à mettre en avant leur « fibre sociale » pour expliquer au citoyen lambda que son pouvoir d’achat va être augmenté d’une poignée d’euros. Pendant ce temps, la recherche médicale doit s’en remettre au « Télévie » pour progresser. C’est le monde à l’envers !

Etre « représentant du peuple » constitue-t-il une profession ? Nous ne le pensons pas. Il s’agit d’une mission noble, qui consiste à servir et non à se servir. Ce qui ne signifie nullement que les élus ne doivent pas être décemment rémunérés. Mais c’est une chose saine que d’avoir freiné le cumul des mandats qui permettait à certains d’amasser, en quelques années, un impressionnant magot personnel. Il suffit de calculer le revenu mensuel net d’un député provincial qui, en plus des avantages en nature liés à sa fonction, exerçait 8 mandats rémunérés, pour se faire une idée précise. A titre de comparaison, on dépasse largement ce que gagne un professeur ordinaire d’université après 15 années d’ancienneté !

Afin de prémunir le système démocratique contre toute dérive, l’activité parlementaire devrait être limitée dans le temps. Il est également permis de s’interroger sur les dynasties familiales (les fils et filles de) qui se multiplient.

La question, finalement, n’est pas de savoir si nos parlementaires sont mieux ou moins bien rémunérés que dans les pays voisins, mais si ce qu’ils perçoivent est bien proportionnel aux responsabilités qu’ils endossent vraiment. Quant à la comparaison que d’aucuns font avec le monde du sport ou du showbiz, elle est tout simplement incongrue.

Dans le texte de présentation à son petit recueil des « Pensées sur la politique » (Carnets de philosophie, Albin Michel, 1998), le philosophe André Comte-Sponville souligne que morale et politique ne sauraient se confondre. Mais il prend soin d’ajouter : Quant à ceux qui font de la politique leur métier, il faut leur savoir gré des efforts qu’ils consacrent au bien commun, sans trop s’illusionner pourtant sur leur compétence et sur leur vertu : la vigilance fait partie des droits de l’homme, et des devoirs du citoyen.

Tout est dit !

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015 et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

 

L’Ecosse relance le débat sur l’indépendance

« Le Vif », Afp, 25 mai 2018

Les nationalistes écossais ont relancé vendredi leurs velléités d’indépendance en publiant un rapport sur les avantages économiques qu’apporterait la sortie de l’Écosse du Royaume-Uni.

Le document de 354 pages, intitulé « Scotland: The New Case for Optimism » (« Écosse: de nouvelles raisons d’être optimiste ») a été commandé par le gouvernement écossais dirigée par la nationaliste Nicola Sturgeon.

Il met en avant 50 recommandations pour faire de l’Écosse « le meilleur des petits États du monde », établissant des comparaisons avec le Danemark, la Finlande ou la Nouvelle-Zélande, et insiste sur l’idée que les finances publiques écossaises deviendraient « intenables » au sein du Royaume-Uni, en raison notamment du Brexit.

« Le Brexit impliquera une atteinte à long terme sur nos emplois et nos niveaux de vie », écrit Andrew Wilson, le coordinateur du rapport, dont l’objectif est de « montrer comment nous pouvons construire une meilleure économie, une meilleure société, et un meilleur pays ».

Le rapport préconise notamment d’encourager l’immigration, pour répondre aux craintes de voir le Brexit entraîner une baisse de la main d’oeuvre disponible, des recette fiscales, et des dépenses publiques.

Les recettes tirés de l’exploitation des hydrocarbures en mer du Nord seraient investies dans un fonds souverain, à l’instar de la Norvège, plutôt qu’utilisées pour les dépenses courantes, comme c’est actuellement le cas.

Le rapport propose aussi de conserver la livre britannique comme monnaie pendant « une période de transition prolongée », avant la mise en place d’une solution définitive, qui pourrait voir la création d’une monnaie écossaise. Le gouvernement britannique a de son côté exclu la possibilité que l’Écosse continue d’utiliser la livre en cas d’indépendance.

Le Parti national écossais (SNP) de Mme Sturgeon rejette en revanche l’idée d’adopter l’euro, tout en souhaitant intégrer l’Union européenne.

Lors d’un référendum en 2014, les Écossais avaient voté à 55% contre l’indépendance. En 2016, ils avaient voté à 62% pour se maintenir dans l’UE, mais le Royaume-Uni dans son ensemble avait voté pour en sortir à 52%.

Nicola Sturgeon avait alors exprimé le souhait d’organiser un second référendum sur l’indépendance. Une ambition contrariée par des déconvenues, comme son recul lors des récentes élections locales et nationales, tandis que les sondages montraient un faible appétit pour un nouveau vote.

Selon Mme Sturgeon, le rapport publié vendredi « relance le débat sur l’indépendance ».

 

Charles Michel ferait bien de s’inquiéter

Jules Gheude, essayiste politique (1)

La version néerlandaise de cette opinion a été publiée sur le site de Doorbraak : https://doorbraak.be/charles-michel-zich-beter-ongerust-beginnen-voelen/

Bien que son parti dispose de postes ministériels de première importance au sein du gouvernement fédéral (Intérieur, Défense, Finances, Immigration), Bart De Wever a bien saisi la réalité. « Il n’y a plus de « dash » au sein de l’équipe gouvernementale. Engagés dans la course pour les élections communales, les partenaires de la coalition ne sont pas enclins à pratiquer le donnant donnant et à faire des concessions », a-t-il déclaré, le 4 mai dernier, sur le plateau de « Terzake » à la VRT.

Bart De Wever n’attend donc plus rien de la « suédoise », d’autant que le climat politique restera marqué, dès la fin du scrutin communal, par la joute électorale en vue des élections européennes, législatives et régionales de juin 2019.

Comme l’a révélé le dernier Baromètre politique, la N-VA ne sort nullement sanctionnée de trois ans de présence au gouvernement fédéral. Avec 32,4% d’intentions de vote, elle reste de très loin la première force politique du pays (son score est quasi le double de celui du CD&V !).

Bart De Wever a également noté qu’une coalition de gauche pourrait voir le jour en Wallonie (PS, PTB et Ecolo récoltent ensemble 51,3%). Aussi n’exclut-il pas de troquer l’Hôtel de Ville d’Anvers contre le 16, rue de la Loi, afin de faire basculer la Belgique dans le modèle confédéral. Un modèle qui contraindrait chacun à être financièrement responsable de ses propres choix politiques.

Plutôt que d’afficher un sourire narquois et de trouver les propos de Bart De Wever « amusants », le Premier ministre Charles Michel ferait bien de s’en inquiéter.

La manière dont est géré le budget est loin de faire l’unanimité au sein de la majorité. Le député CD&V Hendrik Bogaert a clairement laissé entendre qu’il pourrait exprimer un vote négatif.

Le pacte énergétique, quant à lui, est toujours en rade en raison des doutes émis par la N-VA à propos de la sortie du nucléaire.

On connaît aussi les velléités flamandes de scinder la sécurité sociale. Une députée de la N-VA, Yoleen Van Camp, vient de monter au créneau à ce sujet, en prenant argument du taux d’obésité en Wallonie : « Il s’élève à 16% contre 12,5% en Flandre. Le nombre d’interventions chirurgicales de l’estomac, dont le coût pour la sécu est passé de 52,5 millions en 2012 à 64 millions en 2016, est deux fois supérieur en Wallonie qu’en Flandre. Une partie de ces frais pourraient être évités car ce genre d’intervention ne s’impose pas dans bon nombre de cas. Des problèmes de poids pourraient être facilement résolus grâce à la consultation d’un diététicien ou d’un psychologue. »

De son côté, le Vlaams & Neutraal Ziekenfonds (mutuelle flamande et neutre) révèle qu’entre 2016 et 2017, le Wallon a continué de dépenser plus que le Flamand en soins de santé. L’écart est de 82 euros.

Rien de neuf sous le soleil. En 2002, le libéral flamand Karel De Gucht ne déclarait-il pas : « Il est inadmissible que la Flandre paie davantage pour les soins de santé et reçoive moins en retour de la Wallonie. »

On a beau placer le communautaire au frigo, il se manifeste à chaque instant : les nuisances sonores au-dessus de l’aéroport de Bruxelles, la création d’un stade national, la manière dont Flamands et Wallons se soignent…

Il ne faut pas être un observateur politique averti pour comprendre que les mois à venir ne permettront pas à Charles Michel d’engranger des résultats significatifs. Alors que Daniel Bacquelaine planche sur sa réforme des pensions depuis trois ans, rien n’est acquis. La délicate question de la pénibilité pourrait n’être pas réglée sous la présente législature.

La monarchie reste aussi dans le viseur des nationalistes flamands, comme vient de le montrer l’accusation portée contre le prince Laurent quant à son rapport d’activités.

Lors de la crise de 2010-2011, la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée national française avait chargé deux de ses membres de se rendre en Belgique afin d’analyser la situation intérieure du pays. Adopté le 15 février 2012, le rapport des intéressés constatait que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins plausible.

L’an dernier, l’historien flamand Frank Seberechts a confié à Bart De Wever le soin d’écrire la postface de son ouvrage «Onvoltooid Vlaanderen  – Van taalstrijd tot natievorming » (Flandre inachevée – De la lutte linguistique à la formation de la nation). Le César flamand met clairement les points sur les i : « Aujourd’hui, la Belgique n’est plus une démocratie. On est confronté à deux démocraties : une flamande et une francophone.  (…) Les deux démocraties ne se bloquent pas seulement l’une l’autre, elles bloquent également les réformes économiques. (…) La complexité institutionnelle a créé une situation où chacun est compétent mais personne n’est responsable. La sixième réforme de l’Etat n’a fait qu’accentuer le problème. (…) La prochaine étape que la Flandre doit franchir est celle du confédéralisme. »

On peut certes ne pas apprécier Bart De Wever. Mais on ne peut lui reprocher de manquer de cohérence ni de manier la langue de bois. Avec lui, on sait où l’on va.

A la question de savoir si l’homme était dangereux, Guy Spitaels avait répondu : Non. Il n’est pas « toursiveux », il dit clairement et brutalement ce qu’il veut. Je préfère cela aux « raminagrobis » qui disent « mais non, cela ne fera pas mal ». Ce De Wever, il ne me déplaît pas du tout ! »

Découvrant le Belgoland, Voltaire décide de lui consacrer un conte : « Charles ou l’optimisme ».

« On a tellement réussi à créer de l’emploi dans le secteur privé que nous sommes confrontés à un très grand nombre d’emplois vacants. Je veux résoudre cette question dans l’année 2018 », déclare Charles, tandis que Panglosse lève les yeux aux ciel…

 

 

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

 

Les 157 mesures du plan wallon des déchets-ressources, adoptées par le Parlement de Wallonie

« Le Vif », Belga, 24 mai 2018

Le Parlement de Wallonie réuni en séance plénière a approuvé, mercredi soir, le plan wallon des déchets-ressources porté par le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio (cdH). La majorité a voté en faveur du texte. Le PS et Ecolo, eux, se sont abstenus.

Ce plan, déjà approuvé par le gouvernement régional le 22 mars dernier, prévoit 157 mesures visant à mieux réduire, réutiliser, trier, recycler et valoriser les déchets alors que chaque année, 15 millions de tonnes de déchets sont produits en Wallonie, auxquels s’ajoutent près de 10 millions de tonnes de terres excavées.

Parmi les mesures avancées figurent, entre autres, la promotion d’un accord-cadre avec le secteur de la distribution pour favoriser plus d’éco-conception des emballages en vue d’un meilleur recyclage, le développement du réseau des Repairs-cafés pour assurer une plus longue vie des objets ou encore le renforcement du tri des déchets.

À ce titre, les déchets organiques devront être séparés des déchets résiduels dans toutes les communes wallonnes pour 2025 et une nouvelle unité de biométhanisation destinée à valoriser les déchets organiques sera construite.

De nouvelles filières de recyclage pour le plastique, le bois, les piles, le démontage des véhicules hors d’usage et les matelas seront en outre lancées tandis qu’en matière de propreté publique, un volet répressif important est prévu.

 

Face à des Wallons obèses, une députée N-VA propose de scinder la sécu

« Le Vif », Belga, 20 mai 2018

Une députée de la N-VA, Yoleen Van Camp, a proposé dimanche de scinder la sécurité sociale. La revendication des nationalistes flamands n’est pas neuve mais la parlementaire fédérale prend cette fois-ci argument du taux d’obésité en Wallonie pour la justifier.

Mme Van Camp a pointé du doigt l’augmentation considérable des remboursements d’opérations chirurgicales de l’estomac, dont le coût pour la sécurité sociale est passé de 52,5 millions en 2012 à 64 millions en 2016. Selon elle, une partie de ces frais pourrait être évités car ce genre d’intervention ne s’impose pas dans bon nombre de cas. Des problèmes de poids pourraient être facilement résolus grâce à la consultation d’un diététicien ou d’un psychologue, juge-t-elle.

Le nombre d’opérations visant à faire maigrir le patient est presque deux fois supérieur en Wallonie qu’en Flandre si l’on tient compte des chiffres de population (6.265 pour 3,6 millions d’habitants contre 6.462 pour 6,5 millions d’habitants).

« La Wallonie compte plus de personnes en surpoids et obèses. Le taux de Wallons obèses s’élève par exemple à 16% contre 12,5% en Flandre. La différence est la plus fort chez les jeunes: 25% contre 16% en Flandre. Par conséquent, il serait plus indiqué de scinder la sécurité sociale. Les entités fédérées disposeraient de budgets complets pour investir dans la prévention et en retireraient les fruits. Pour être concret, la Wallonie pourrait par exemple mener plus d’actions auprès des jeunes », a expliqué Mme Van Camp.

 

Budget wallon: une centaine de millions d’euros ont été dégagés

RTBF-Info, Belga, 18 mai 2018

« Le gouvernement wallon est parvenu à un accord lors des discussions relatives à l’ajustement budgétaire 2018« , a annoncé vendredi matin le cabinet du ministre-président wallon Willy Borsus (MR). On évoque une petite centaine de millions d’euros à trouver. La tâche a été menée en à peine deux jours, mais la tâche était quand même compliquée, selon le ministre wallon du Budget, le MR Jean-Luc Crucke : « C’est toujours compliqué quand vous devez arbitrer entre des hommes et des femmes qui sont des passionnés de politique et que chacun souhaite évidemment garder son pré carré. Mais la synthèse c’est d’arriver à un consensus. Pour le commun des mortels, 100 millions d’euros cela pèse très lourd, mais sur une masse de 14 milliards il faut relativiser les choses. On est à la fois dans la volonté de garder l’équilibre budgétaire et la trajectoire, et en même temps de ne pas sacrifier de nouvelles politiques : c’est cela la difficulté de la manœuvre ».

Le ministre insiste sur le fait qu’il « n’y a pas de nouvelle taxation sur le citoyen. Les économies se pratiquent un peu partout, il y a à la fois des recettes complémentaires qui sont issues d’une bonne gestion et en même temps il y a des limitations de dépenses ».

30 millions via la télé-redevance

Le gouvernement wallon table sur la télé-redevance : « C’est l’exemple de ce que j’appelle une bonne gestion, avec les capacités qui ont été données à la DG07 qui peut maintenant faire son travail de manière efficace. De 12 millions de recettes on passe à 30 millions, et il y a encore de la marge. Cet arriéré était connu depuis longtemps : on a toujours dit que l’équité c’est que chacun paye ce qu’il doit ».

Fin avril, le gouvernement wallon s’était mis d’accord sur une trajectoire de retour à l’équilibre de la Région à l’horizon 2020 qui se traduira, l’année prochaine, par un déficit maximal de 117 millions.

 

Le nouveau président catalan évite de jurer fidélité à la Constitution

« Le Vif », Afp, 17 mai 2018

Le nouveau président de la Catalogne, l’indépendantiste Quim Torra, a pris ses fonctions jeudi à Barcelone sans jurer fidélité à la Constitution espagnole mais à la seule « volonté du peuple catalan ».

Aucun représentant du gouvernement central n’assistait à cette cérémonie, témoignage de la vive tension entre Barcelone et Madrid.

Membre de l’aile dure du mouvement indépendantiste, M. Torra avait été élu lundi président de Catalogne par le parlement régional, et aussitôt promis de « construire un Etat indépendant ».

L’éditeur de 55 ans, nouveau venu en politique, ne s’est engagé ni à respecter la Constitution espagnole, ni le roi Felipe VI, ni le statut de la Catalogne qui règle les attributions de cette région autonome.

Comme l’avait fait son prédécesseur Carles Puigdemont en janvier 2016, il a seulement promis de « remplir loyalement les obligations de président de la Generalitat (gouvernement catalan), en étant fidèle à la volonté du peuple de Catalogne, représenté par le Parlement de Catalogne ».

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy avait décidé de ne pas envoyer de représentant à cette cérémonie. Il a fait savoir dans un communiqué que l’exécutif régional avait « tenté d’imposer le niveau de la délégation gouvernementale, ce qui n’a pas été accepté ».

« Le gouvernement considère en outre que le type de cérémonie organisée par la Generalitat porte atteinte à la propre dignité de l’institution », ajoute le texte.

La région du nord-est de l’Espagne aux 7,5 millions d’habitants était sans président depuis près de sept mois.

Elle a été placée sous la tutelle directe de Madrid après la vaine proclamation d’une « République catalane » à Barcelone le 27 octobre.

  1. Torra considère que « le président légitime » reste Carles Puigdemont. L’ancien président régional se trouve actuellement en Allemagne où il attend de savoir s’il va être remis à l’Espagne, qui veut le juger pour « rébellion », délit passible d’un maximum de 30 ans de prison.

La cérémonie s’est déroulée en quelques minutes dans une salle secondaire du palais abritant le gouvernement régional. M. Torra n’a pas reçu le médaillon symbolique orné du drapeau catalan traditionnellement remis à ses prédécesseurs.

L’éditeur a été très critiqué, dans la région et en dehors, pour des écrits insultants envers les Espagnols, que l’organisation SOS Racisme en Catalogne a dénoncé comme « un discours dangereux, irresponsable et inacceptable ».

 

La France détaille enfin à la Belgique son offre de partenariat autour du Rafale, pour remplacer les F16

« Le Vif », Afp, 15 mai 2018

Des officiels français ont pour la première fois détaillé mardi au ministère belge de la Défense la proposition de « partenariat approfondi et structurant » fondé sur l’avion de combat Rafale faite à la Belgique – hors appel d’offres officiel – pour succéder aux F-16 belges vieillissants, avec l’offre de participer au programme SCAF (système de combat aérien du futur) européen.

Des membres du cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, sont venus à Bruxelles présenter à leurs homologues, à l’invitation de la partie belge, pour « faire un point de situation » sur les propositions françaises faites en septembre dernier au ministre de la Défense, Steven Vandeput, ont-ils indiqué lors d’une rencontre avec quelques journalistes. Cette proposition ne se limite pas à la fourniture de 34 Rafale – dont potentiellement certains en version Marine, capables d’opérer depuis le porte-avions Charles de Gaulle -, et la participation au développement futur de l’appareil au sein d’un partenariat de gouvernement à gouvernement dans le cadre d’une relance de l’Europe de la Défense, un thème cher à la France.

Elle comprend aussi un partenariat « organique » entre les forces aériennes des deux pays en « mettant en commun un certain nombre de capacités » (entraînement, soutien opérationnel, utilisation de l’espace aérien, etc.) et un partenariat technologique et industriel à la fois dans le cadre du programme Rafale et de ses évolutions à venir et pour la préparation du futur, via une participation au programme SCAF, actuellement à l’état de projet franco-allemand sous la conduite de l’avionneur français Dassault, avec une concrétisation attendue à l’horizon 2040.

Le Rafale est un avion multirôle, capable de remplir l’ensemble des missions dévolues à une force aérienne, selon les collaborateurs de Mme Parly. Avec 250.000 heures de vol, dont 15.000 effectuées en opérations, c’est un avion « mature », dont les coûts d’exploitation sont connus, mais qui continue à évoluer, ont-ils ajouté. Ils ont aussi évoqué une nouveauté: la possibilité pour la Défense – qui ne l’a pas demandé dans l’appel d’offres (en jargon, un « Request for Government Proposal » ou RfGP) lancé en mars 2017 – d’acquérir des Rafale en version Marine. « Nous avons considéré qu’il était important d’ouvrir ce sujet de discussion: la possibilité existe pour la Belgique en plus d’opérer depuis des bases belges et à l’étranger d’un porte-avions. Nous avons proposé ce partenariat-là », a affirmé l’un d’eux sous le couvert de l’anonymat.

Il a expliqué que le fait « pour un certain nombre de pilotes belges » d’opérer depuis un porte-avions – la France dispose d’un bâtiment de ce type, le Charles de Gaulle, actuellement en chantier de rénovation – permettrait de s’affranchir de bases terrestres fixes. « C’est option que l’on donne à nos collègues, que personne d’autre ne propose, ce n’est pas une obligation », a-t-il souligné.

L’offre française porte aussi sur le développement futur du Rafale, proposé dans sa version F3R mais pouvant évoluer vers le standard F4 aux alentours de 2024 et qui devrait rester en service jusque vers 2060, la France prévoyant encore d’en commander vers 2030. Cela donnerait, selon Paris, à la Belgique un poids dans l’évolution future du Rafale « sans commune mesure avec ce qui peut être envisagé » pour les autres avions en lice pour ce marché d’un montant initial de plus de 3,5 milliards d’euros: le F-35 Lightning II du groupe américain Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon du consortium européen éponyme.

Le gouvernement français propose enfin d’associer dans la foulée la Belgique au programme du Système de combat aérien du futur (Scaf) européen. Les deux rivaux de toujours, Airbus et Dassault Aviation, ont convenu fin avril de développer ensemble ce système devant mêler avion de combat futur et drones et qui doit assurer à terme la souveraineté européenne en matière de défense. La venue de la délégation française à Bruxelles a eu lieu « à la demande du Premier ministre » Charles Michel, selon le cabinet de M. Vandeput.

 

Régions en transition: « À ce stade, la Wallonie est toujours éligible »

« Le Vif », Belga, 8 mai 2018

Au stade actuel des discussions relatives au prochain budget européen, « les régions en transition existent toujours et la Wallonie en fait partie », a indiqué le ministre-président wallon, Willy Borsus, mardi, au terme d’une rencontre à Namur avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les deux hommes se sont rencontrés en marge d’une visite de M. Juncker au Parlement de Wallonie où il a tenté d’expliquer, à des élus régionaux inquiets, le budget européen 2021-2027.

Ce dernier prévoit en effet une réduction du financement de la politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion – la principale politique d’investissement de l’UE -, de 5% environ dans les deux cas. Ensemble, ces deux postes représentent plus de 70% des dépenses européennes. « Nous n’en sommes qu’au début du processus et beaucoup de choses restent à négocier, comme la définition d’une région en transition, et ce avec des Etats qui veulent parfois réduire drastiquement les dépenses. Mais à ce stade, les régions en transition subsistent et la Wallonie, qui pourrait vite vaciller si elle perdait ses financements européens, reste éligible », a-t-il assuré en évoquant « des signes qui vont dans la bonne direction ».

« L’objectif de notre rencontre, c’était d’aborder le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, et singulièrement la politique agricole commune, la politique de cohésion mais aussi d’autres domaines qui intéressent la Wallonie tels que la recherche ou les PME. Nous voulions également nous assurer que les règlements qui découleront de ce cadre budgétaire européen seront en adéquation avec la réalité wallonne », a encore indiqué Willy Borsus.

« Les négociations liées à un budget européen peuvent évoluer fortement. Mais pour l’instant, nous avons le sentiment d’être entendus », a conclu le ministre-président wallon.