Archives de catégorie : Enseignement

« Team spirit »

2013-06-23_165019Tel est le titre du « Carnet du samedi » de Pierre Bouillon, dans « Le Soir » du 22 juin 2014

 

C’est une pratique régulière dans les cabinets : Rudy Demotte, le dubble ministre-président (Région wallonne/Communauté française), réunissait sa centaine de collaborateurs, vendredi, à Tournai, pour une journée de « team building ».

Au programme : petit mot du chef, petit drink, petit dîner, petite papote, petite activité (marche/vélo), tout ça pour resserrer les liens au sein de la team, donc, et y créer un esprit positif.

Nice.

Si jamais ça marche, que Demotte n’hésite pas à mettre son propre gouvernement au vert pour tenter de builder quelque chose entre ses ministres. Parce que là, pour l’heure, c’est juste la guerre au sein de l’Olivier.

La dernière polémique en date porte sur ce stade de foot de 60.000 places que le gouvernement bruxellois veut élever pour l’Euro 2020 sur un terrain appartenant à Bruxelles mais situé en Flandre. L’affaire a été annoncée le 25 mai, à Ostende, là où Rudy Vervoort, le nouveau ministre-président bruxellois, a réuni son premier vrai gouvernement.

Pourquoi à Ostende, pour la parenthèse ? Parce qu’un exécutif qui se réunit là où il se réunit d’ordinaire, c’est… ordinaire. Décamper, en revanche, ça fait l’événement (un jour, il faudra sans doute que les gouvernements délibèrent en sautant à l’élastique pour que ça attire encore l’attention, mais bref). Le résultat est là : grace à ce coup-là, et à quelques autres, Vervoort, inconnu il y a deux mois, fait déjà un peu oublier son prédécesseur. Il campe dans les médias.

Il y a eu Ostende. Il y a eu l’idée de créer des écoles bilingues (idée irréaliste, vu le refus absolu de la Flandre, ce que sait Vervoort, qui sait aussi les chansons que le peuple aime bien qu’on lui chante). Et il y a ce stade.

Le faut-il vraiment ? Ne pourrait-on pas plutôt rénover le stade Roi-Baudouin ? Voilà les petits éléments de la polémique.

Notre avis : construisons-le, ce stade de 60.000 places/

Bien sûr !

Eventuellement, on y jouera au foot. Et entre deux matches, on y logera les 51.311 nouveaux élèves que le Bureau du plan nous promet d’ici à 2020 et auxquels, pour l’heure, nos écoles n’ont aucune place à offrir.

Certes, Bruxelles a pris les devants – on a programmé la création de 11.390 places d’ici à 2017. Mais on est loin du compte (la capitale devra scolariser 33.049 élèves de plus d’ici à 2020). Et on n’est nulle part en Wallonie où l’on devra, là, héberger 28.262 élèves de plus.

Il y a le feu ? Oui. Sauf pour les politiques, très nerveux quand on parle foot, et incroyablement passifs quand on leur parle de démographie.

Les enfants : 2020, c’est demain. L’effectif scolaire est déjà en crue (à Bruxelles, il devient impossible de trouver une place en maternelle). Et le Segec a rappelé que faire sortir une école de terre prend entre cinq et six ans.

Il y aurait pas urgence à builder quelque chose, là, Monsieur Demotte ?

L’enseignement wallon est en péril

ecoleBelga, 17 mai 2013

Si le niveau de l’enseignement ne s’améliore pas vite en Wallonie et à Bruxelles dans les prochaines années, l’avenir de milliers de jeunes risquent d’en pâtir mais aussi la prospérité de la Communauté Wallonie-Bruxelles, lit-on dans l’édition de samedi du magazine Marianne qui se base sur une nouvelle étude du bureau de consultance MCcKinsey, consacrée à l’enseignement et menée durant six ans.

Actuellement, trop de jeunes ne terminent pas leurs études en Wallonie (13,7%) et à Bruxelles (16%) alors que le marché de l’emploi est très exigeant. Dans l’enseignement qualifiant, le taux de redoublement est de 24% dans le technique et de 21% en professionnelle. Ce manque de personnel freine la croissance des PME au sud du pays. Sur la cinquantaine d’employeurs wallons interrogés par McKinsey, la principale difficulté pour 50% d’entre eux est de recruter du personnel ouvrier qualifié, lit-on dans Marianne. Il est aussi difficile pour les employeurs de trouver du personnel commercial multilingue et des ingénieurs.

Selon l’étude, le manque de personnel qualifié est notamment imputable à l’enseignement technique et professionnel défaillant. L’enquête prône par ailleurs une adéquation entre formation et les besoins des entreprises comme c’est le cas dans d’autres pays.

Mc Kinsey estime que les dépenses en matière d’enseignement sont suffisantes (5,7 milliards d’euros par an) mais propose d’inciter les personnes de qualité à devenir et rester enseignants, d’assurer la mise en place de direction de qualité, de viser la réussite de chaque élève pour améliorer la performance globale et d’améliorer les pratiques d’enseignement sur le terrain.

En rattrapant l’écart avec l’enseignement flamand, le PIB/habitant augmenterait de 0,9%, ce qui pourrait augmenter du même coup le taux d’emploi, favoriser la croissance, et rattraper le PIB/habitant de la Flandre… en une seule génération, lit-on encore dans le magazine

L’école d’administration fait son entrée

NolArticle de Paul Piret dans « La Libre Belgique » du 13 avril 2013

Voilà plus d’une décennie qu’on en parle, et bientôt quatre ans qu’elle est en gestation. Voici qu’elle devient opérationnelle : « Le Moniteur » de vendredi a publié un appel aux candidats intéressés à la fréquenter. C’est d’une école que l’on parle. Qu’elle recrute ses premiers élèves par voie officielle en dit assez, d’emblée, la spécificité. Il s’agit de l’Ecole d’administration publique (EAP) commune à la Région wallonne et à la Communauté française.

Son apparition est liée à la réforme des mandats pour les fonctionnaires dirigeants (niveaux A1, 2, 3) des deux entités, voulue par les majorités Olivier sudistes et singulièrement par leur ministre (Ecolo) de la Fonction publique, Jean-Marc Nollet. Elle s’exercera pour la première fois fin 2014. Alors, au début des nouvelles législatures fédérées, et pour la durée de celles-ci, le top des administrations wallonnes et francophones sera renouvelé « à l’américaine », pour coller à la vie des gouvernements. Or, ces hauts-fonctionnaires futurs d’un type nouveau seront choisis par les exécutifs parmi un pool de candidats, non classés, qui soit sont déjà actuellement mandataires (à condition d’être bien évalués), soit disposeront d’un « certificat de management public » ad hoc. C’est ce CMP que l’EAP commence à mettre en œuvre, juste à temps pour constituer le premier réservoir de candidats à de nouveaux mandats. Et c’est ce passage obligé par l’EAP qui distingue celle-ci d’institutions comparables à d’autres niveaux de pouvoir, comme l’Institut de formation pour l’administration fédérale (l’Ifa).

De la formation continue aussi, plus tard

Dans une deuxième phase, l’Ecole va s’attaquer à un autre morceau : la formation continue pour l’ensemble du personnel des deux entités, tous niveaux confondus (soit un potentiel de 22 500 personnes, OIP inclus), plus du personnel de la bruxelloise Cocof qui serait désireux d’y participer. Ici, les formations seraient dispersées en large décentralisation, à l’inverse des quelques dizaines de candidats au top management qui suivront leurs cours dans des bureaux de l’administration wallonne à Namur ou du Ministère de la Communauté française à Bruxelles. Mais ce sera, à l’EAP, toujours dans une logique interuniversitaire et interréseaux, et sans dispenser elle-même l’enseignement : ce n’est pas une école de plus avec un bataillon de profs, mais une structure de coordination qui n’emploiera pas plus d’une quarantaine de personnes.

Enfin, l’EAP pourrait piloter la formation d’agents locaux aux fonctions de management. Ce troisième volet est dans les limbes. N’aurait-on pas pu profiter de la réforme des grades légaux (secrétaires et receveurs), votée mercredi prochain, pour les intégrer dans le dispositif ? Des formations existent déjà au niveau local. Et c’eût été trop charger la barque au départ, explique le ministre de la Fonction publique, qui partage ici le sujet avec son collègue des Pouvoirs locaux.

UWE: «Il faut réformer l’enseignement secondaire pour doper l’emploi wallon»

Vincent Reuter

Vincent Reuter

Belga, 20 mars 2013

L’Union Wallonne des Entreprises (UWE) a rappelé les difficultés croissantes des entreprises à recruter du personnel, lors de la présentation de son point conjoncturel de l’économie wallonne. Il est urgent qu’offre et demande, sur le marché de l’emploi wallon, se rencontrent, a martelé Vincent Reuter, administrateur délégué de l’UWE. Selon lui, la base du problème se trouve au niveau de l’enseignement secondaire, qu’il convient de réformer.

L’UWE dénonce le fait, qu’annuellement, 15% des jeunes wallons quittent l’école sans diplôme du secondaire en poche alors que l’objectif visé par l’Union européenne est de 9%. Vouloir combattre ces statistiques avec pour seules armes les employeurs et le Forem, c’est fort optimiste et pour le moins onéreux, précise Vincent Reuter.

Pour ma part, j’estime qu’il faut réellement revoir le système d’enseignement secondaire en assurant la formation continue des enseignants et en laissant une certaine autonomie aux écoles, plaide M. Reuter. Appel est aussi lancé au Forem dont le rôle est important dans l’activation à l’emploi des jeunes. Le Forem doit encore mieux suivre les demandeurs d’emploi, opter pour les bonnes formations et assurer le suivi post-formation. De plus, l’obligation pour les chômeurs d’accepter des propositions d’emploi doit encore être plus présente, souligne-t-on à l’UWE.

Il existe encore trop de décalage entre offre et demande sur le marché wallon du travail. Les entreprises wallonnes continuent de déplorer, lorsqu’elles recherchent des candidats, un trop grand décalage entre leurs attentes et les profils des candidats. A ce niveau-là, aucune amélioration sensible n’a été constatée. Par contre, le nombre de chômeurs structurels peu qualifiés est resté stable malgré la récession. Ce n’est déjà pas si mal, constate encore l’Union.

Dans son point conjoncturel, l’UWE dévoile également que près d’un quart (23%) des entrepreneurs wallons sondés peinent « beaucoup » à recruter du personnel.

Une situation qui peut « jouer sur la croissance de l’entreprise » comme le rappelle un patron wallon. « L’absence de recrutement rapide et de l’acquisition de la bonne connaissance au bon moment mettra l’entreprise en difficulté ».