Archives de catégorie : Energie

Carlo Di Antonio veut transformer les autoroutes wallonnes en rivières d’éoliennes

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Article de Michel De Muelenaere dans «Le Soir» du 20 juin 2013

Le débat éolien continue à faire rage en Région wallonne. Objectif : produire 4500 GWh d’électricité à partir du vent à l’horizon 2020. Si l’on s’en tient aux éoliennes « classiques », il faudrait passer d’environ 260 à 750 éoliennes. Développement qui ne se fait parfois pas sans mal. Après le cadre de référence pour l’implantation des éoliennes et la très discutée cartographie du potentiel wallon, un nouvel élément s’est ajouté au débat : le gouvernement a confié à la Sofico, la société qui exploite les autoroutes, les principales routes régionales et les voies navigables, la mission de devenir un des opérateurs principaux du développement éolien.

Combien de moulins peut-on implanter sur le domaine Sofico ? Les estimations varient. La dernière en date a été apportée au Soir par un… vent favorable. C’est le scénario remis ce jeudi soir par le ministre des Travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH), ministre de tutelle de la Sofico. Décoiffant. Il y a là de quoi transformer les autoroutes du sud du pays en rivières de moulins à vent.

Photovoltaïque: le gouvernement wallon garantit un rendement de 7%

photovoltaïque2Belga, 26 mars 2013

Le gouvernement wallon et le secteur du photovoltaïque ont indiqué dans un communiqué commun qu’un rendement de 7 % était acceptable pour les investisseurs « et correspondant à un coût » soutenable pour les consommateurs. La fixation de ce rendement était une inconnue majeure de l’accord partiel trouvé jeudi au sein du gouvernement, et qui garantissait déjà un prix minimum de 65 euros par certificat vert jusqu’au remboursement complet de l’installation ou du prêt contracté.

Lors de sa conception en 2007, le système du soutien au photovoltaïque avait pour objectif de garantir une rentabilité raisonnable, fondée sur les deux paramètres précités, selon le communiqué. Dans ce dossier qui a électrisé les tensions ces dernières semaines, le gouvernement wallon vise de la sorte à éviter le reproche d’engager des mesures rétroactives.

Gérer les errances

Nous reproduisons ici l’analyse de Martial Dumont, dans « Vers l’Avenir » du 21 mars 2013.

Le gouvernement wallon est-il responsable de la crise des certificats verts ? Clairement oui. Parce qu’il y a deux ou trois ans, au moment où le photovoltaïque était en plein boom, il n’a pas vu venir le déséquilibre du marché.

Il n’a pas perçu que ce qui devait rester une exception (le rachat des certificats par Elia garantis à 65 euros) était en train de devenir la règle, créant ainsi une saturation qui allait se répercuter sur les ménages et les entreprises wallonnes.

Mais on ne refait pas l’Histoire. Et aujourd’hui, il faut gérer. Dans ce contexte, le gouvernement wallon n’a pas beaucoup le choix. Il doit prendre une décision qui permet à la fois de ne pas faire supporter le coût de l’énergie verte à toute la collectivité, en n’étant pas non plus injuste avec ceux qu’il a appâtés à grands coups d’incitants. Tout en ne mettant pas en péril l’existence même d’entrepreneurs qui se sont lancés dans l’aventure photovoltaïque présentée comme l’Eldorado. Véritable casse-tête chinois.

Alors, la diminution du prix garanti des certificats verts est-elle la solution ad hoc? «Il faut bien aller chercher l’argent quelque part » disent certains qui estiment que cet argent ne peut provenir que de la poche de ceux qui ont profité du système, parfois de manière purement spéculative.

Sauf que de nombreux ménages ont investi dans des panneaux photovoltaïques en comptant sur des certificats à 65 euros pour rembourser leur prêt sur une période donnée. Et qui, aujourd’hui angoissent à juste titre.

C’est précisément sur cet aspect que le gouvernement est attendu au tournant. S’il parvient a trouver un système permettant aux ménages de ne pas devoir sortir un euro de plus de leur poche, fort bien. Et ne seront aigris que ceux qui ont fini de payer leur installation et qui verront juste leur «win for life » électrique en partie raboté par la diminution de garantie.

En revanche, si le changement de règle en cours de jeu coince financièrement des milliers de gens à qui les banques (on les connaît) ne feront pas de cadeau, l’Olivier aura alors de gros comptes à rendre.

Et à son erreur notoire de ne pas avoir freiné l’expansion du photovoltaïque assez tôt, on ajoutera une incapacité totale à gérer ses propres errances sans en faire porter le poids à la collectivité. Ça, ce serait gravissime.

Demotte : « Le photovoltaïque restera intéressant »

ElectM.B. Vers l’Avenir (avec Belga), 19 mars 2013

Le gouvernement wallon est parvenu à un accord dans le dossier de l’électricité.

L’essentiel c’est qu’on ait trouvé des solutions pour les gens. On est là devant une gageure importante : 2,8 milliards de dettes à l’horizon 2027. Il fallait faire quelque chose.. La déclaration de Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est revenu mardi matin sur l’accord de principe obtenu sur le dossier électricité.

Un accord de principe. Et rien de plus. Du moins dans un premier temps. Pourquoi ? Parce que les 11 lignes que nous avons définies doivent être vérifiées par des techniciens, des spécialistes du secteur, explique Rudy Demotte sur Bel RTL. Nous n’avons pas envie d’annoncer des choses à la population qui ne sont demain pas réalisables. En pratique, des groupes techniques vont se réunir mercredi pour examiner l’accord. Et jeudi, si tout va bien, il sera validé en conseil des ministres.

Mais au fait que prévoit pour l’instant le texte ?

1. La tarification progressive de l’électricité

Selon ce principe, « moins on consomme, moins on paie ; plus on consomme, plus on paie ». Rudy Demotte le confirme. Pour ceux qui consomment beaucoup d’électricité, le gouvernement va faire en sorte que la facture soit plus salée. Mais promet que les augmentations seront « raisonnables ». Détail qui a son importance, une série de ménages (familles monoparentales et nombreuses, indépendants à titre accessoire ou à titre principal, faible niveau de revenu, ceux qui se chauffent à l’électricité…) se verront octroyer des tarifs qui tiendront compte de leur situation. Mais selon les estimations du gouvernement, 76% des Wallons paieraient moins cher qu’aujourd’hui grâce à ces mesures.

2. Révision du mécanisme de soutien au photovoltaïque

Le prix du certificat vert, utilisé pour soutenir le photovoltaïque, est appelé à diminuer pour les personnes qui se trouvent dans le régime actuel. Un nouveau système sera mis sur pied pour les futurs entrants, qui ne recourra plus au certificat vert. Il sera baptisé « Qualiwatt » et misera davantage sur la qualité des installations.

Notre but n’est pas de rendre les installations photovoltaïques inintéressantes en Wallonie, rassure Rudy Demotte. Mais il s’agit de rendre supportable ce système pour la société. Le mécanisme de soutien du photovoltaïque, mis sur pied sous la précédente législature, a en effet fait exploser la facture. En raison notamment d’une montée en puissance des installations. D’où la dette de 2,8 milliards d’euros estimée d’ici 2027.

Le calcul va intégrer différents paramètres comme le rythme de l’amortissement. Avec des taux d’intérêt garantis sur investissement. On va garantir un retour sur investissement d’X %. Ce chiffre doit encore être défini.

3. Tarif d’injection et photovoltaïque

Est également évoquée une participation des détenteurs d’installations photovoltaïques au coût du réseau électrique. Quand vous avez une installation photovoltaïque, de l’électricité doit être remise sur le réseau. Cette opération a un coût. Ceux qui procèdent à l’injection devront payer selon des modalités à étudier.

Malgré tout, Rudy Demotte se veut rassurant : il garantit que ce sera toujours intéressant de procéder à l’installation de panneaux photovoltaïques. De son côté, le vice-président CDH du gouvernement wallon, André Antoine, a confirmé qu’il restait un travail important de validation par les chiffres et de concertation avec le secteur.