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L’interview exclusive de Carles Puigdemont à la RTBF

3Le leader indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, s’est exprimé, ce 3 novembre, sur le plateau du JT de la RTBF.

On trouvera ici le lien permettant de visionner cette interview exclusive.

https://www.rtbf.be/info/dossier/referendum-en-catalogne/detail_carles-puigdemont-je-suis-dispose-a-etre-candidat-aux-elections-meme-depuis-bruxelles?id=9753953

 

 

Une thérapie de choc pour la Wallonie

Olivier Mouton, « Le Vif », 3 novembre 2017

Le redressement régional est trop lent. Le plan Marshall n’a pas porté ses fruits. La nouvelle majorité MR-CDH annonce des réformes radicales. Mais un électrochoc plus fondamental s’impose : n’est-ce pas d’une unité politique plus large dont la Wallonie a besoin ?

Sur la durée, la Wallonie ne se redresse pas. Depuis vingt ans, elle ne parvient pas à faire progresser son activité et sa richesse au niveau de la moyenne européenne.

Non, la Wallonie ne se redresse pas. Le constat est là, inquiétant : en dépit du plan Marshall lancé en 2005 et d’une prise de conscience historique, l’économie régionale ne relève pas la tête. Au contraire : la Région stagne, les frémissements incarnés par des success stories comme celles de GSK ou Spadel ne sont que sporadiques. A ce rythme, la Wallonie ne sera pas prête pour 2024, quand la manne de solidarité venue de Flandre commencera à décliner, en vertu de la loi de financement adoptée dans le cadre de la sixième réforme d’Etat. C’est dire si une thérapie de choc s’impose. Vite.

Des chiffres implacables

Le premier à avoir sonné publiquement le tocsin, début 2017, se nomme Didier Paquot, responsable du service d’études de l’Union wallonne des entreprises (UWE). Son constat est cruel. Le PIB wallon par habitant, qui culminait à 89 % de la moyenne européenne en 2003, est retombé à 86 % en 2014. A titre de comparaison, le PIB flamand par habitant pèse toujours 120 % de la moyenne européenne. La croissance du PIB ? La Wallonie n’a fait mieux que la Flandre qu’à trois reprises pendant cette période : en 2003, en 2008 et en 2010.  » L’objectif visant à limiter le décrochage n’est pas atteint, constate alors Didier Paquot. Et les autres indicateurs ne sont pas plus réjouissants. Le taux de chômage, à 10,9 % fin 2016, est identique à celui de 2003, alors que la Flandre est passée sur la même période de 5,7 % à 4,9 %. Son plaidoyer est entendu… sous forme d’appel à la patience. Le temps économique n’est pas celui de la politique, glisse alors le ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), qui a porté le plan Marshall pendant onze ans. Avant de s’en aller, contraint et forcé.

La Wallonie ne se redresse pas dans la longue durée, appuie aujourd’hui encore Philippe Destatte, directeur général de l’institut Destrée, un centre de recherches indépendant dont le travail est respecté. Depuis vingt ans, elle ne parvient pas à faire progresser son activité et à accroître sa richesse au niveau de la moyenne des autres régions d’Europe. Les importants et louables efforts qui ont été menés pendant cette longue période n’ont finalement réussi qu’à la maintenir à flot.

Depuis la mise en garde du patronat wallon, de l’eau a coulé sous les ponts namurois. La volte-face de Benoît Lutgen, président du CDH, a retourné la majorité régionale l’été dernier. Longuement interrogé par Le Vif/L’Express, le nouveau ministre-président libéral, Willy Borsus, n’hésite pas à relayer le constat de ceux qui s’inquiètent pour l’avenir régional. Des efforts ont été faits en Wallonie, c’est indéniable, dit-il. Mais peu de choses ont significativement changé en termes de résultats socio-économiques depuis un quart de siècle. Il y a bien eu des frémissements, des indicateurs prometeurs. Mais on a trop souvent fait dire au diagnostic ce qu’on avait envie d’entendre. C’était davantage un optimisme de circonstance qu’une analyse de la réalité. « 

Les chiffres sont implacables, admet Willy Borsus, qui dresse, à son tour, un réquisitoire chiffré. Le dernier rapport de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps), en octobre, indique que plus de 7,8 % de la population wallonne est confrontée à une situation de privation matérielle grave. Cela signifie que ce sont des gens qui ne peuvent pas manger à leur faim, constate-t-il, ahuri. Il y a par ailleurs 26 % de personnes confrontées à un risque de précarité sociale à court terme. Une personne sur quatre ! Le chômage structurel wallon est toujours deux fois supérieur au chômage flamand. Le taux d’emploi en Wallonie est de 62,2 %, alors que l’objectif 2020 pour l’emploi belge est de 73,2 %. Et nous sommes en octobre 2017 ! Il faut rattraper un retard de 11 % en trois ans. Le taux flamand, lui, est de 72 %. La population wallonne, c’est 32 % du total de la population belge, mais on ne représente que 23 % du produit intérieur brut. C’est indéniable : la Wallonie n’a pas décollé.  » Rideau. Même si quelques notes « modérément optimistes » ont surgi ces derniers jours, dont une croissance revue à la hausse (1,7 %) pour 2018 et des perspectives plus enjouées de la part de l’UWE. Mais une thérapie de choc reste indispensable.

La mort du plan Marshall

Après le changement de majorité en Wallonie, Philippe Destatte s’est ouvertement inquiété du discours « ambigu » tenu par le nouveau couple MR-CDH. Après l’inertie, la continuité ?  demande-t-il dans une tribune fort remarquée, le 17 septembre dernier. En s’interrogeant sur la volonté de maintenir en l’état le plan Marshall. Or, nous devons malheureusement constater la faiblesse des politiques de reconversion de la Région, tant en matière budgétaire qu’en termes d’impact, lâche-t-il. Sacraliser ce plan et le maintenir en l’état serait une grave erreur.  Et tant pis si on l’a érigé en modèle au fil des années… y compris en Flandre. Depuis lors, le ministre de l’Economie, Pierre-Yves Jeholet (MR), a plusieurs fois pris ses distances avec ce symbole devenu une opération marketing. Le plan Marshall est en voie d’extinction, résumait-il à L’Echo le 28 octobre.

Ce plan a apporté un certain nombre de dynamiques positives, qui ont été saluées à juste titre, signale Willy Borsus. La création des pôles de compétitivité et le soutien à l’innovation ont été importants. Mais il y aura une réorientation de ce plan vers trois priorités : la création d’un plus grand nombre d’entreprises, le soutien à leur développement et à leur internationalisation. J’y ajoute un élément : dans le plan Marshall comme dans d’autres approches, on a trop souvent financé les structures, sans avoir nécessairement la priorité de financer les politiques, les actions. Et, surtout, on a oublié d’évaluer cela avec un regard froidement quantitatif, financier… Tel est le cap annoncé. Il fera l’objet très prochainement d’une décision au sein du gouvernement wallon.

Il est grand temps de mobiliser toutes les énergies vers l’objectif requis, ce qui est loin d’être acquis, déclare Philippe Destatte au Vif/L’Express. Je suis frappé par le fait qu’en Wallonie, en général, on communique très fort sur ce qui constitue les modes encouragées par l’Europe. Un exemple ? L’économie circulaire était considérée comme une priorité : tel était le discours. Mais seule une dizaine de fonctionnaires y étaient vraiment affectés. On ne met pas en adéquation le travail de terrain avec la volonté politique. Parce que le mode de fonctionnement de la fonction publique ne s’y prête pas. On a essayé de régler cela en créant des organismes d’intérêt public (OIP) ou des agences spécifiques. Mais cela n’a fait que reproduire les logiques bureaucratiques. Et le résultat est l’inverse de ce que l’on souhaitait : on a démobilisé tous les acteurs… Le défi du MR, de retour au pouvoir, consistera donc à changer la culture de l’entreprise publique wallonne. Et à simplifier les structures.

Réduire l’écart public – privé

La fragmentation de l’espace public et la multiplication des outils en tout genre : voilà « les » maux wallons. La Wallonie souffre d’un nombre excessif de structures, acquiesce le ministre-président, Willy Borsus. Souvent, celles-ci finissent par s’autojustifier. Un gros effort de rationalisation sera mené à court terme. Cela doit aussi permettre d’assurer l’efficacité des moyens disponibles, une autre préoccupation régionale. Le rapport de la Cour des comptes sur le budget, que nous avons demandé en début de législature, annonce un montant de la dette avoisinant les 21 milliards d’euros.  Plus question de tergiverser : il faut réduire la voilure.

Tous ces instruments contribuent en outre à élargir le périmètre du public alors que l’on sait depuis les années 1990 qu’il y a un déséquilibre de plus de 100 000 emplois en Wallonie entre le secteur marchand productif et le secteur non marchand non productif, clame Philippe Destatte. Il est indispensable, hors de toute considération idéologique, de s’interroger sur la privatisation de certains outils. Lorsque Bruno Venanzi, patron du Standard, annonce qu’avec les moyens de la vente de Lampiris, il a en tête de créer un invest privé sur Liège, cela va dans le bon sens. Cela ne veut pas dire que Meusinvest n’a plus sa vocation, mais rien ne l’empêche d’évoluer vers un statut privé…

Un tabou appelé à tomber ?  » Le débat sur la privatisation de certains outils ou de certaines sociétés à participation régionale est ouvert chez nous, rétorque Willy Borsus. Qui marche toutefois sur des oeufs :  C’est un débat que je ne tiens pas à aborder de façon réductrice ou idéologique. Mon raisonnement est le suivant : si l’ouverture du capital des sociétés wallonnes peut apporter une plus-value stratégique pour notre activité économique, pour l’emploi, pour l’avenir de l’entreprise, alors, on peut l’envisager. C’est le raisonnement que nous avons avec la Sonaca. Mais dans mon esprit, on ne doit pas perdre la main. Si on éloigne le pouvoir décisionnel de la Région wallonne, on risque de s’affaiblir lors de décisions stratégiques. Je reste donc partisan de participations minoritaires.

Mais la priorité pour combler ce fossé public-privé, précise-t-il, consiste à créer des emplois privés. Jobs, jobs, jobs  : le slogan du fédéral.  En Wallonie, on a moins que d’autres l’inclinaison à se lancer dans l’activité d’indépendant, à créer une PME et à la faire grandir, souligne le ministre-président. Cette culture de l’entrepreneuriat commence dès le plus jeune âge, dès l’école. Je plaide pour que l’on développe cette mentalité d’aller de l’avant. Notre Région doit se retrousser les manches. Parce que quand les mécanismes de solidarité vont commencer à diminuer, dans sept ans, il sera trop tard !  Un ton qui est surtout incantatoire…

Vers une régionalisation accrue

La Wallonie ne dispose pas de tous les outils nécessaires pour se redresser. Pas encore. Willy Borsus le reconnaît implicitement. Un autre élément vital, c’est l’adéquation de la main-d’oeuvre avec les besoins des entreprises, dit-il. La formation initiale est un des problèmes majeurs de notre espace francophone. Or, cette compétence se trouve au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il faut investir fortement dans le niveau qualitatif et orienter beaucoup plus les jeunes vers les profils de fonction où il y a des perspectives de carrière. Voilà pourquoi je me permets un message très direct à mes collègues de la Fédération : arrêtez l’allongement du tronc commun ! C’est une très mauvaise idée. Moi qui visite souvent des entreprises, je peux vous dire que nous avons besoin de jeunes qui ont très tôt une capacité technique, professionnelle, quitte à poursuivre la formation en entreprise.

Le grand chamboulement de l’été n’est pas forcément de nature à faciliter les choses. Car si la majorité a changé en Wallonie, elle est restée la même à la Fédération Wallonie-Bruxelles : PS-CDH. De quoi perdre son latin dans un espace francophone asymétrique. C’est un élément de difficulté supplémentaire, convient Willy Borsus. Mais je nuance en même temps mon propos : c’est la logique d’un Etat fédéral. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cela se passe.

Structurellement aussi, les choses pourraient mieux se passer. En témoigne le retour d’un courant régionaliste tant au sein du PS que du MR. Message : la Région devrait disposer de tous les outils nécessaires pour façonner son réveil. Parmi les partisans de cette voie, on retrouve des personnalités aussi éminentes que les PS Jean-Claude Marcourt, Pierre-Yves Dermagne, Nicolas Martin et Christophe Collignon, sans oublier les actuels ministres MR Pierre-Yves Jeholet et Jean-Luc Crucke. Vous m’autoriserez à rappeler mon devoir de réserve en tant que ministre-président, s’excuse Willy Borsus. Dans la séquence jusqu’en 2019, il n’y aura absolument pas de débat institutionnel et c’est heureux. Mais à terme, le mouvement des choses ira immanquablement vers une simplification institutionnelle, largement au départ des Régions. Quand on l’interrogeait à ce sujet en 2015, Jean-Claude Marcourt, toujours ministre, répondait : J’y suis favorable, mais plus tard… Trop tard ?

Unité régionale et nouvelle gouvernance

C’est comme s’il y avait, en Belgique francophone, une difficulté structurelle à faire des choix clairs pour l’avenir. Et à s’unir pour faire face à l’urgence. J’avais plaidé en 2014 pour une unité politique régionale, nous rappelle Philippe Destatte. La situation de la Wallonie est telle que les trois partis traditionnels auraient dû se mettre ensemble, pour mener des transformations profondes et résoudre les problèmes institutionnels nés de la division entre Communauté française et Région wallonne. Selon moi, cela reste un enjeu majeur pour 2019. Mais à force de reporter l’échéance, il sera peut-être trop tard : une tripartite risque de ne plus avoir de majorité claire en 2019.

L’idée avait l’oreille d’une partie du PS, tendance Marcourt, et du MR. C’était avant la fracture durable entre les deux partis. Je ne crois absolument pas à un gouvernement d’unité rassemblant tout le monde, coupe Willy Borsus lorsqu’on lui soumet l’idée. Cela reviendrait à chercher en permanence le plus petit dénominateur commun. C’est l’inverse que je pense. La Wallonie a besoin de réformes et de changement comme de pain. Pour y arriver, je crois en une majorité claire, rassemblée sur un nombre volontairement limité de priorités.

Le socio-économique, donc, mais aussi la gouvernance. Avant les vacances de Toussaint, le gouvernement wallon a entériné le plan proposé par Valérie De Bue (MR), ministre des Pouvoirs locaux. Nos propositions sont les réformes les plus importantes que la Wallonie ait jamais connues, défend Willy Borsus. Nous avons un devoir de résultat absolu, dans le droit fil du rapport de la commission Publifin.

Ce sont des pas dans la bonne direction, estime Stéphane Hazée (Ecolo), mais il reste bien du chemin à parcourir. Philippe Destatte, émet aussi des réserves : En parlant de bonne gouvernance, on évoque la rémunération des ministres, des fonctionnaires, le cumul des mandats. Cette éthique-là devrait être naturelle. Mais la vraie problématique de la gouvernance, c’est de veiller à impliquer tous les acteurs dans des politiques collectives. C’est la seule manière de résoudre les problèmes.

La rupture indispensable pour la Wallonie, celle qui est susceptible de la faire définitivement entrer dans le XXIe siècle, c’est l’Open Government cher à l’ancien président américain Barack Obama ou au président français, Emmanuel Macron. Une nouvelle philosophie politique qui dépasse les frontières gauche-droite et qui élargit notre modèle de concertation sociale. L’Open Governement, c’est passer son temps à expliquer ce que l’on va faire pour impliquer les gens, pointe le directeur général de l’institut Destrée. Ce modus operandi peine à voir le jour en Belgique. Parce que chez nous, le poids des partis politiques est devenu tel que l’on ne parvient pas à concevoir qu’un ministre représente l’ensemble de la population.

La Wallonie doit pourtant sortir des clivages stériles pour relever la tête. Fièrement, et d’urgence. Elle n’a plus le choix.

 

Publifin: le document qui trahit Stéphane Moreau et André Gilles

David Leloup, « Le Vif », 3 novembre 2017

La justice a versé au dossier Publifin le PV de la réunion inaugurale, le 7 mai 2007, du premier comité de secteur « Socolie ». Considéré comme « faux intellectuel », ce document, dont l’existence a été révélée par Le Vif/L’Express en mars dernier, enfreint l’interdiction ministérielle de rémunérer les membres des comités de secteur.

 

« Je ne m’oppose pas à la création d’éventuels organes consultatifs (dénommés Comités de secteur). Néanmoins, en application des articles L1532-4 et L1532-5 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation, aucun jeton, ni indemnité ne pourra être octroyé aux membres de ces comités.  » La lettre de Philippe Courard du 30 janvier 2007 adressée à André Gilles, président de l’ALE (future Tecteo puis Publifin), est limpide. Le ministre PS de tutelle de l’intercommunale liégeoise, à l’époque, valide l’absorption de la Société coopérative liégeoise d’électricité (Socolie) par l’ALE décidée deux mois plus tôt en assemblée générale. Il donne également son feu vert à la mise en place d’éventuels comités de secteur au sein de l’intercommunale. Il s’agit d’organes consultatifs dont la création est désormais rendue possible à la suite de la modification de l’article 29 des statuts de l’ALE lors de cette même assemblée générale du 30 novembre 2006. Mais le ministre est très clair : il s’oppose à toute forme de rémunération au sein de ces comités d’un genre nouveau. Et pour cause : cela violerait deux articles du Code wallon de la démocratie locale, introduits en 2006, qui n’autorisent de rémunérer que les mandats  » exécutifs « , de gestion. Pas les mandats consultatifs, sans pouvoir décisionnel.

 

Qu’à cela ne tienne. Le 7 mai 2007 à 17 heures, le tout premier comité de secteur de l’intercommunale se réunit pour la première fois, au siège de l’ALE, rue Louvrex à Liège. Il rassemble les membres du CA et du bureau exécutif de l’ex-Socolie, recasés dans ce comité consultatif jusqu’à la fin théorique de leur mandat initial, interrompu prématurément par l’absorption de leur intercommunale par l’ALE. André Gilles préside les débats, Stéphane Moreau remplit la fonction de secrétaire. Le procès-verbal de cette réunion est éloquent. André Gilles déclare  » qu’avec l’accord de l’autorité de tutelle « , il a été décidé de créer un comité de secteur et  » de maintenir le montant des indemnités et jetons de présence qui étaient attachés aux mandats exercés en Socolie « . Stéphane Moreau, directeur général de l’ALE, confirme le transfert des instances dirigeantes de la Socolie vers ce comité de secteur  » consultatif « ,  » avec maintien des montants des émoluments respectifs jusqu’au 22 juin 2007, date de l’assemblée générale de l’ALE « . Bref, les deux hommes affirment exactement le contraire de ce que leur ministre de tutelle leur a signifié.

 

La lettre de Philippe Courard, que nous publions, a été versée au dossier judiciaire ouvert par le parquet général de Liège sur les rémunérations mirobolantes accordées aux membres des comités de secteur de Publifin. Le PV de la réunion inaugurale du comité de secteur Socolie également. Le courrier du ministre, éventé par Le Soir en avril dernier, incite les enquêteurs à considérer le PV, publié, en mars, par Le Vif/L’Express sur son site Internet, comme un  » faux intellectuel « .  » Le faux intellectuel se caractérise par le fait que, dans un écrit inchangé, l’auteur relate des actes ou des faits contraires à la réalité « , précise le site d’informations juridiques Actualités du droit belge. Et qui signe ce PV ? Stéphane Moreau et André Gilles. Frappée d’illégalité depuis 2006 et d’une interdiction ministérielle en 2007, leur conception lucrative des comités de secteur se perpétuera pourtant près de dix ans. Jusqu’à ce que les investigations de Cédric Halin (CDH) viennent siffler la fin de la récréation, en décembre dernier. Une récré qui aura coûté plus de 2,5 millions d’euros à l’intercommunale Publifin.

 

Carles Puigdemont peut-il rester en Belgique ?

« Le Vif, Afp, 2 novembre 2017

Carles Puigdemont, visé par une procédure judiciaire en Espagne et sous la menace d’un possible mandat d’arrêt, peut-il rester en Belgique ? En tant que ressortissant de l’UE, il a le droit d’y rester trois mois, délai théorique au-delà duquel il est censé déposer une demande de séjour motivée.

Le président catalan destitué est arrivé à Bruxelles lundi par souci de liberté et sécurité et sans intention de déposer une demande d’asile, a-t-il affirmé. Le parquet espagnol a requis jeudi un mandat d’arrêt européen (MAE) contre lui après son refus de comparaître devant une juge d’instruction madrilène.

Qu’est-ce qu’un mandat d’arrêt européen?

Le pays dans lequel une personne est réclamée doit renvoyer celle-ci dans le pays émetteur du MAE dans un délai maximal de 60 jours à compter de son arrestation. Si la personne consent à sa remise, la décision de remise doit être prise dans un délai de dix jours.

En Espagne, le procureur général a requis des poursuites pour « rébellion », « sédition » et « malversations » contre Carles Puigdemont et les membres du gouvernement catalan destitué. Le délit de rébellion est passible d’un maximum de trente ans de prison.

La décision de délivrer un mandat d’arrêt relève d’un juge espagnol.

Peut-on refuser de l’exécuter?

Si ce mandat est émis, il n’existe pas beaucoup d’opportunités pour la Belgique de le refuser, fait valoir Me Maxime Chomé, avocat à Bruxelles.

La loi stipule que l’infraction reprochée doit figurer dans le droit belge, ce qui n’est pas le cas de la « sédition » et de la « rébellion », selon Me Chomé. Mais ce même texte, transposition d’une directive européenne, liste ensuite une série d’infractions additionnelles auxquelles l’Espagne pourrait se référer.

Pour Anne Weyembergh, présidente de l’Institut d’études européennes de l’ULB, la définition des contours de l’infraction pourrait donner lieu à certaines difficultés.

Selon elle, M. Puigdemont et son avocat pourraient en outre arguer du respect de ses droits fondamentaux, même s’il faudrait qu’ils démontrent qu’il y a un réel risque d’atteinte à ces droits.

Les voies de recours existent si l’intéressé refuse son extradition, mais elles n’aboutissent qu’extrêmement rarement, selon Me Chomé.

L’idée de base, avec le mandat d’arrêt européen, c’est qu’on a confiance dans les droits fondamentaux du pays émetteur. Avec l’Espagne, on n’est pas dans le cas d’un pays qui pratique la torture, explique le pénaliste.

Les autorités judiciaires espagnoles peuvent aussi opter pour un mandat international, notamment dans le cas où Carles Puigdemont prendrait la fuite.

Puigdemont peut-il être auditionné en Belgique?

Sur commission rogatoire émise par un juge espagnol, il est possible qu’une audition se tienne en Belgique.

Madrid peut fournir une liste de questions qui seront posées par un officier de police. Un magistrat espagnol peut aussi se déplacer, après accord des autorités belges.

Combien de temps peut-il rester ?

Tout ressortissant d’un autre pays de l’UE peut résider 90 jours en Belgique sans être inquiété. Au-delà, il s’expose à l’illégalité, à moins d’introduire une demande de séjour motivée par un travail, un regroupement familial ou des moyens financiers suffisants lui permettant de ne pas travailler.

Mais c’est la théorie. En pratique, s’il quitte le territoire national avant les 90 jours, le citoyen de l’UE peut à nouveau bénéficier d’un séjour de trois mois, explique à l’AFP Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers.

Carles Puigdemont a lui-même évoqué mardi le principe de « libre circulation » dont peuvent bénéficier les citoyens dans l’UE.

Peut-il demander l’asile ?

Les citoyens de l’UE peuvent formuler une demande dans un autre Etat membre. Ils bénéficient dans ce cas d’une procédure accélérée.

Mais si le leader catalan devait finalement réclamer l’asile, celle-ci aurait peu de chances d’aboutir, selon le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA).

Depuis cinq ans, aucun ressortissant de l’UE n’a obtenu l’asile en Belgique, assure Damien Dermaux, porte-parole du CGRA. En Belgique, on examine ces demandes, on témoigne d’une certaine souplesse, mais on reste sur le principe qu’il s’agit de demandes manifestement non fondées, car venant de pays tiers sûrs.

 

Le mandat d’arrêt contre Carles Puigdemont « plus d’un pont trop loin »

« Le Vif », Belga, 2 novembre 2017

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) est « choqué » par la décision de la justice espagnole de faire détenir le gouvernement catalan démis et d’émettre un mandat d’arrêt européen à l’encontre des cinq membres du cabinet – dont le ministre-président Carles Puigdemont – qui se trouvent encore en Belgique.

La justice espagnole a décidé jeudi de placer huit ministres catalans en détention préventive. Un mandat d’arrêt européen a été émis contre Carles Puigdemont et quatre autres ministres qui séjournent encore en Belgique.

Geert Bourgeois se dit choqué. Enfermer des dirigeants démocratiquement élus, c’est aller plus d’un pont trop loin. Il faut résoudre les différends politiques via le dialogue et les instruments démocratiques tels que les élections.

Le ministre-président se tourne à nouveau vers l’UE. « Je suis abasourdi qu’une telle chose soit possible dans l’Europe contemporaine. Je lance donc – à nouveau – un appel pressant à toutes les instances européennes à agir et à chercher avec l’Espagne et la Catalogne des solutions démocratiques à cette crise.

 

Comment les Catalans ont empoisonné la suédoise

Olivier Mouto, ; « Le Vif », 2 novembre 2017

Pendant 72 heures, la majorité fédérale a tremblé, entre la sortie du secrétaire d’Etat Theo Francken proposant l’asile politique pour Carles Puigdemont et la visite de l’intéressé à Bruxelles. Le nationalisme romantique de la N-VA, une épine dans le pied de Charles Michel ? Réponse en cinq temps.

Theo Francken a déjà obligé Charles Michel à plusieurs recadrages. ©

Le gouvernement fédéral a-t-il été embarrassé par la présence à Bruxelles du président catalan Carles Puigdemont et de cinq de ses ministres ?

OUI. La preuve par un long silence radio. Le Premier ministre, Charles Michel, s’est tu dans toutes les langues dans les heures suivant l’annonce de la présence des leaders catalans à Bruxelles. Avant cela, il avait déjà demandé au secrétaire d’Etat Theo Francken (N-VA) de ne pas jeter de l’huile sur le feu en affirmant que la Belgique pourrait leur accorder l’asile politique.

Le Premier ministre a érigé une digue entre son gouvernement et la décision « personnelle » des Catalans de venir s’exprimer dans la capitale de l’Europe. En trois temps. Tout d’abord, un sms a été envoyé à ses ministres pour interdire tout contact avec Carles Puigdemont. Ensuite, la chancellerie du Premier ministre a refusé que la conférence de presse du président catalan destitué se déroule au Résidence Palace, le centre de presse européen, dont elle gère l’accès. Enfin, Charles Michel a envoyé David Clarinval, chef de groupe MR à la Chambre, pour éteindre l’incendie : La visite privée de Carles Puigdemont n’a pas à être commentée par le gouvernement. Finalement, le Premier ministre a été contraint de sortir de sa réserve par communiqué : M. Puigdemont n’est en Belgique ni à l’invitation, ni à l’initiative du gouvernement belge. La libre circulation au sein de l’espace Schengen lui permet d’être présent en Belgique sans autre formalité. Il sera traité comme n’importe quel citoyen européen.

Digue supplémentaire : le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), a refusé la demande faite par l’opposition d’entendre Charles Michel de toute urgence. s’indigne Jean-Marc Nollet, chef du groupe Ecolo. Il utilise sa fonction pour faire barrage. Mais le malaise au sein de la suédoise filtre aussi des propos sarcastiques du vice-Premier CD&V, Kris Peeters : Quand on appelle à l’indépendance, on reste près de son peuple.  Une tension qui s’explique par le bras de fer permanent entre N-VA et CD&V. Mais pas seulement : le fond de ce dossier est un piège.

Peut-on imaginer qu’il n’y ait eu aucun contact préalable entre les Catalans et la N-VA ?

NON. Quelques heures durant, la rumeur a couru que Carles Puigdemont et les siens étaient venus à Bruxelles sur une invitation  « privée » de la N-VA. Avant que le porte-parole du parti ne décline :  » Si Carles Puigdemont se trouve à Bruxelles, ce n’est sûrement pas à l’invitation  » du parti nationaliste flamand. Et le vice-Premier N-VA, Jan Jambon, n’était  » pas au courant.. Voilà pour la version officielle.

Officieusement, il est toutefois possible, voire inéluctable, que des contacts officieux aient eu lieu entre des responsables de la N-VA et leurs homologues catalans. Les liens entre ces partis nationalistes sont structurels au niveau européen et très nourris sur le plan bilatéral, comme c’est le cas avec leurs homologues écossais ou basques, d’ailleurs. L’eurodéputé Mark Demesmaeker voyage régulièrement dans ces régions aux velléités indépendantistes et s’y est encore rendu le 28 septembre dernier comme observateur du référendum à la demande du gouvernement catalan. Après la prise de parole de Carles Puigdemont, ce mardi 31 octobre, Mark Demesmaeker, mais aussi des personnalités de premier plan de la N-VA comme Sander Loones (vice-président du parti) ou Piet De Zaeger (directeur général), ont abondamment relayé la position du leader indépendantiste sur les réseaux sociaux. Tandis que le député N-VA Peter Luykx avouait : « Puigdemont pourra toujours loger chez moi.  L’expression de cette fraternité nationaliste romantique embarrasse Charles Michel.

La position de la N-VA est-elle contraire à celle de la diplomatie belge ?

OUI. Ce soutien explicite à l’indépendance de la Catalogne de la part d’un parti membre de la majorité fédérale déforce la position du Premier ministre au niveau européen. Quand il s’agissait de dénoncer la violence des policiers espagnols lors du référendum, les positions de la N-VA et du Premier pouvaient encore être compatibles. C’est d’ailleurs pourquoi Charles Michel avait, le premier des chefs d’Etat européens, exprimé sa préoccupation sur Twitter. Mais dès lors que la Belgique soutient clairement la position européenne visant à défendre l’intégrité territoriale espagnole, il n’y a plus de compatibilité possible. Quand des membres de la N-VA relaient la thèse de Puigdemont selon laquelle la justice espagnole est « politisée », ils s’écartent de la voie prônée par la diplomatie belge.

Une éventuelle demande d’asile des leaders catalans ferait-elle tomber la suédoise ?

NON, MAIS… Carles Puigdemont pourrait demander l’asile politique à la Belgique : la déclaration tonitruante du secrétaire d’Etat Theo Francken a fait l’effet d’une bombe. En l’occurrence, sans objet pour l’instant. Le président catalan n’a pas – encore ? – formulé une telle demande, il l’a confirmé lors de sa déclaration du 31 octobre. Tout en précisant, non sans ambiguïté, qu’il était à Bruxelles pour éviter les menaces et en ajoutant que les ministres de son gouvernement avaient tous famille et enfants. Or, ces derniers risquent des peines pouvant aller jusqu’à trente ans de prison, en Espagne, pour rébellion. Là encore, le Premier ministre tient sa digue. Si demande d’asile il devait y avoir, elle serait traitée par un organisme indépendant, à savoir le Commissariat général aux réfugiés et apatrides et le gouvernement, qui respecte l’Etat de droit, ne serait en aucun cas sollicité , dit David Clarinval. Mais jusqu’où le couple N-VA – MR tiendra-t-il face au risque d’une crise diplomatique majeure avec l’Espagne, allié important d’un Charles Michel soucieux de peser sur le futur de l’Europe ? La présence prolongée chez nous d’une forme de « gouvernement catalan en exil » endommagerait sévèrement la relation Bruxelles – Madrid.

La N-VA fait-elle ce qu’elle veut au sein de la suédoise ?

OUI, MAIS… Charles Michel est l’otage de la N-VA ! Refrain connu, de la part d’Ahmed Laaouej (PS). Depuis le début de la suédoise, l’opposition ne cesse d’affirmer que le vrai Premier ministre se trouve à Anvers. Un slogan un peu facile : le locataire du Seize a recadré plusieurs fois son partenaire nationaliste et l’a ramené dans la ligne stricte de la déclaration gouvernementale. Version MR : le style d’un Theo Francken dérange mais, sur le fond, il mène une politique que nous défendons. Ce slogan contient toutefois, forcément, une part de vérité : Charles Michel doit évidemment composer avec l’avis, souvent tranché, du premier parti de sa coalition. Et la digue est fragile. Elle avait failli céder récemment avec le « nettoyage » du parc Maximilien, version Francken, et surtout la collaboration avec les autorités soudanaises, qui avaient irrité plus d’un libéral francophone. La crise catalane, aux contours inattendus, impose au couple MR – N-VA de drôles de contorsions, alors qu’on entre dans deux années électorales cruciales en Belgique. Et la question se pose, plus que jamais : jusqu’où Theo Francken pourra-t-il déraper sans en payer le prix ?

 

La Catalogne est  devenue un Etat souverain

 Une opinion de Jules Gheude

La proclamation d’indépendance du Parlement catalan – lequel tire sa légitimité du suffrage universel –  est intervenue avant que le Sénat espagnol n’adopte l’application de l’article 155 de la Constitution mettant la région sous tutelle.

Au moment où le Sénat se prononce, la région de Catalogne n’existe donc plus. Elle est devenue un Etat souverain, affranchi de la Constitution et des lois espagnoles. Elle seule peut désormais décider de son organisation interne, notamment de la tenue de nouvelles élections. Que le nouvel Etat soit reconnu ou non ne change rien à la règle !

De même, le Président catalan Carles Puidgemont a toute légitimité pour se maintenir en place. La destitution dont il est frappé par Madrid n’a aucune valeur légale dès lors qu’elle est intervenue après que la Catalogne ait été déclarée indépendante.

En tentant le coup de force, les autorités espagnoles ne peuvent qu’engendrer tension et violence. Le souvenir du démantèlement de l’Ex-Yougoslavie devrait les amener à réfléchir plus sereinement.

Un plan de mobilité wallon à l’horizon 2030 qui encourage le covoiturage

« Le Vif », Belga, 31 octobre 2017

Le gouvernement wallon vient d’adopter un vaste plan de mobilité qui vise notamment à encourager le covoiturage.

 

Il faut réduire l’encombrement du réseau routier sans pour autant bannir l’usage de la voiture. Une augmentation du taux de remplissage des voitures est la mesure qui représente l’effet de levier le plus intéressant, explique le ministre des Transports Carlo Di Antonio.

Le plan de mobilité porte jusqu’en 2030 et vise à faire baisser les déplacements en voiture 83% à 60% en misant sur la multimodalité et le covoiturage. En la matière, la charge moyenne actuelle par voiture est de 1,4, soit un déplacement sur 4 qui s’effectue avec 2 passagers. Le ministre veut arriver à 4 déplacements sur 5 avec 2 passagers. Une augmentation du covoiturage passe par une modification profonde des comportements et un petit coup de pouce financer. Carlo Di Antonio presse ainsi le Fédéral à mettre en place des incitants fiscaux. Des parkings, des plateformes et des bandes de circulation ont été créés. Il existe une bande de covoiturage entre Wavre et Bruxelles et une autre se met en place entre Arlon et Luxembourg. Il faut cependant aller plus loin. Pour faire évoluer le covoiturage, il faut rajouter un volet fiscal. Ce volet fiscal est le moyen le plus rapide pour changer les comportements, conclut le ministre.

 

Quatre zones wallonnes bientôt avantagées pour la création d’emploi

« Le Soir », Eric Deffet, 30 octobre 2017

Elles n’attendent plus que la signature d’un arrêté royal d’exécution.

 

Après plusieurs mois d’attente, quatre zones franches vont enfin être créées en Wallonie. Elles n’attendent plus que la signature d’un arrêté royal d’exécution, après un conseil des ministres suivi d’un comité de concertation.

Dès le document tamponné, les entreprises du sud du pays pourront profiter de détaxations avantageuses dans des pôles qui ont pris de plein fouet un drame économique et social. Le taux de chômage y est important.

Les villes de Seraing, Charleroi, Sambreville et Frameries choisies

Pour la Wallonie, le choix s’est donc porté sur Seraing, Charleroi, Sambreville et Frameries dans le Borinage. Les noms de ces cités sont ainsi liés aux dossiers douloureux d’ArcelorMittal pour la sidérurgie, de Caterpillar pour le génie civil, de Saint-Gobain Sekurit dans le verre et de Doosan pour les engins mécaniques.

Au total, la zone franche permettra aux entreprises dans un rayon de 40 km de bénéficier d’une réduction de 25 % du précompte professionnel pour tout emploi créé, et ce pour une période de deux ans. En Flandre, où deux zones similaires existent depuis 2015, on estime que la mesure a permis de créer 2.000 emplois.