Les mesures prioritaires pour sauver la Wallonie

Du Vif/L’Express du 02/05/2019

La prochaine législature sera décisive pour le redressement de la Région et, ce faisant, pour l’avenir du pays. Au diable les querelles, l’heure est venue de se retrousser les manches. Le Vif/L’Express a confronté les politiques aux mesures prioritaires à prendre. Avec, en vue, le bout du tunnel ?

Le ministre-président Willy Borsus (MR) à la tribune du parlement wallon. La législature s’est achevée comme elle avait commencé, dans le chaos, avec une majorité devenue minoritaire. © ERIC LALMAND/belgaimage

En Wallonie, les législatures se suivent et se ressemblent : désespérantes. Avant les élections 2014, tous les partis s’entendaient sur l’urgence de mobiliser les forces vives régionales afin redresser la Région. Résultat ? Le chaos. A peine le scrutin clos, PS et CDH renvoient sans ménagement le MR dans l’opposition, avec, en retour de bâton, la mise en place de la suédoise avec la N-VA au fédéral. Les années suivantes sont marquées par les querelles entre pouvoirs… et par les affaires, Publifin en tête. En 2017, le coup mal préparé de Benoît Lutgen, alors président du CDH, renverse la majorité wallonne, remplace le PS par le MR et… crée une asymétrie contreproductive avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. La fin de législature n’est guère plus encourageante : la majorité devient minoritaire à la suite du départ de la députée Patricia Potigny du MR vers les Listes Destexhe. Cette période décisive fut, en réalité, une suite d’incidents.

Il n’y a pas assez de pressions des contres-pouvoirs pour réclamer l’obtention de résultats.

Même s’il est réducteur de dire que rien n’a été fait, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. On a beau mettre en avant certaines réussites, la seule vérité émane des données macro- économiques et elle n’est pas glorieuse, souligne Jean-Yves Huwart, ancien journaliste du magazine Trends-Tendances, fondateur d’une société de coworking et auteur d’un livre contant  » quinze années de vaines tentatives  » pour redresser la Région. J’avais déjà publié, en 2007, un premier livre, Le second déclin de la Wallonie, présentant une situation morose. Ce n’est guère mieux aujourd’hui : on a stabilisé la situation, au mieux, quand on ne décroche pas complètement. Seul le taux de chômage s’est légèrement amélioré. Et je n’ai pas dû rencontrer Gorge profonde dans les parkings du parlement wallon pour poser ce constat : tous les chiffres sont publics !


© BRUNO FAHY/belgaimage

Structurellement, la rupture n’a pas eu lieu, reconnaît Willy Borsus (MR), actuel ministre-président wallon. Nous n’avons pas grignoté le retard par rapport à la moyenne européenne. Seules deux régions font moins bien : le Nord-Pas-de-Calais et Bruxelles. Je ne suis pas pessimiste, mais un regard objectif s’impose si l’on veut prendre les bonnes décisions. On ne réussira pas en reproduisant des recettes du passé.

Il ne faut pas aborder le constat en noir et blanc, estime Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo, dans l’opposition. Des mesures ont été prises. La Wallonie, globalement, ne décroche plus. Mais il faut accélérer le mouvement car son redressement est un enjeu fondamental pour l’avenir du pays. Et nous sommes, en outre, face à un immense chantier écologique.

Il faut cesser de voir la Wallonie avec des lunettes défaitistes, insiste Maxime Prévot, président du CDH. Depuis dix ans, un redressement est perceptible, même s’il reste trop lent. Il y a des indices positifs en matière d’activités. L’enjeu est de savoir comment concrétiser l’essai. En profitant de la croissance de nos voisins et allemands, mais aussi en misant sur les atouts régionaux, constitués par une population jeune et un territoire plus vaste que la Flandre.

1. Un large consensus, pas une grand-messe

Pour y arriver, c’est le moment d’une mobilisation générale. Ce qui nous manque, c’est un consensus wallon sur des grands enjeux, avance Pierre-Yves Dermagne, chef de groupe du PS. C’est ce qui a fait la force de la Flandre pendant des décennies. C’est précisément ce que Paul Magnette avait initié avec le modèle mosan, en insistant sur le travail avec les partenaires sociaux. Je ne veux pas entrer dans le jeu politicien du « c’était mieux avec nous, c’était moins bien avec eux », mais il y a quand même un constat : tant au niveau fédéral que wallon, il y a eu une tendance de la part du MR à assurer le pouvoir de façon brutale, contre les corps constitués. Ce n’est pas la meilleure manière de générer un consensus et de mobiliser les forces vives. Ils ont fait l’inverse de ce qu’il fallait faire. Quand Willy Borsus a lancé son plan d’investissements – une idée certes tardive, mais que nous pouvions soutenir -, je regrette qu’il n’ait pas lancé une consultation plus large. Cela aurait pu être un moment mobilisateur.  » Une occasion manquée, selon le PS, qui se voulait pourtant constructif.

Tant les responsables d’eChange, avec qui Le Vif/L’Express organise ses débats préélectoraux, que les syndicats et les mutualités ou encore des responsables académiques plaident en faveur d’un pacte économique, social et environnemental. Il s’agirait d’un nouveau contrat social, pour remplacer celui, vieillissant, de 1944. Le mot pacte est à la mode et je l’aime bien, réagit Stéphane Hazée. C’est une démarche à laquelle nous souscrivons. Je ne pense toutefois pas que le gouvernement, quel qu’il soit, doive attendre que ces concertations aboutissent. Il doit fixer le cadre et les objectifs, puis mener la concertation. Que l’on appelle « pacte » le fruit des discussions à la fin du processus, pourquoi pas, mais il ne faut pas que ce soit un frein.

Il faut se retrouver autour d’une vision à long terme qui transcende les intérêts partisans, soutient Maxime Prévot, nouveau président du CDH. Nous devons faire ce que nous avons fait avec la réforme de la police et de la justice après l’affaire Dutroux ou la réforme de l’Etat après le blocage sur BHV. J’ai écrit en ce sens aux autres présidents de parti. Groen et le PS ont déjà dit oui.


© Thierry Monasse/photo news

Maxime Prévot (CDH) :  » Il faut cesser de voir la Wallonie avec des lunettes défaitistes. Depuis dix ans, un redressement est perceptible, même s’il reste trop lent.  »

Le dialogue doit être au rendez-vous. Pas la déresponsabilisation. Je ne crois pas en une grand-messe incantatoire, tacle Willy Borsus. D’ailleurs, ni les citoyens ni les entreprises ne nous demandent ça. Ils veulent des décisions, des mesures et, surtout, des résultats. C’est la perception que j’ai du rôle du gouvernant.

En Wallonie, on met souvent en place d’immense paquebots qui répondent à des constats pertinents, regrette Jean-Yves Huwart. Mais on en délègue la responsabilité aux acteurs de terrain : l’Union wallonne des entreprises (UWE) ou les syndicats en matière socio-économique, le Segec, les syndicats ou les associations de parents en matière scolaire… C’est à eux que l’on confie le crayon de l’architecte. On aboutit à une somme d’intérêts particuliers, en perdant de vue l’intérêt général. Le monde politique doit fixer le cap et demander aux acteurs de le concrétiser, en évaluant leur action.

Il s’agit, au fond, de retrouver des hommes d’Etat.

2. Pas d’union politique régionale, mais…

Avant le scrutin de 2014, il y avait un parfum de tripartite dans l’air, tant au fédéral qu’en Wallonie. PS, MR et CDH : l’union des trois familles traditionnelles pour aider à la mobilisation générale. Aujourd’hui, l’annonce d’une forte progression d’Ecolo dans les sondages a changé la donne. Paul Magnette, qui reste une figure de proue du Parti socialiste en dépit de tensions avec son président, Elio Di Rupo, plaide pour un olivier PS-CDH-Ecolo. Tous, à gauche, veulent la majorité  » la plus progressiste possible « .

Une union régionale ne serait-elle pourtant pas souhaitable ? Il me semble essentiel d’avoir de larges consensus sur des enjeux à long terme, tranche Stéphane Hazée (Ecolo). Je suis partisan d’un travail parlementaire pour obtenir un très large soutien sur des réformes structurelles, comme la suppression des Provinces ou la simplification des outils publics. Mais il doit y avoir un gouvernement et une opposition. Le risque d’une majorité obèse, c’est d’affaiblir le parlement dans son rôle de contrôle, de supprimer les contre-pouvoirs et freiner l’action du gouvernement en important les discussions en son sein. Lorsqu’en 2009-2014, nous étions à trois dans la majorité, la confiance était moins importante entre partenaires et les fuites étaient incessantes. A deux, la cohésion est plus forte…

Il y a peu, un membre de cabinet CDH nous lâchait au détour d’une conversation : La seule chose que l’on attend, c’est de savoir si une coalition à deux, PS-Ecolo, serait possible au soir des élections. Alors? Moi, j’attends le résultat des élections avec modestie, riposte Stéphane Hazée. Je n’oublie pas non plus que le gouvernement PS-CDH a passé son temps à détricoter ce qui avait été fait avec nous lors de la législature précédente, y compris des politiques fondamentales pour l’environnement. Ecolo prend bien soin de garder toutes les options ouvertes.

Au MR, malgré des sondages en berne, on espère toujours reconduire une formule avec le CDH. Aucune élection n’est décidée à l’avance et la cote de nos deux partis est toujours annoncée à la baisse dans les intentions de vote, dit Willy Borsus. Nous espérons toujours être le pilier fort de la prochaine majorité. Je n’exclus aucune hypothèse, ni par conviction, ni par analyse. Je ne fais pas d’exclusive à part le PTB, les Listes Destexhe et le PP. Je souhaite avant tout que la prochaine législature soit celle du basculement.

Une coalition à deux serait le plus simple pour tous, affirme Maxime Prévot. Mais au vu des prévisions, je ne pense pas que cela sera possible.


© BENOIT DOPPAGNE/belgaimage

Stéphane Hazée (Ecolo) :  » Je suis partisan d’un travail parlementaire pour obtenir un très large soutien sur des réformes structurelles.  »

Il y a un problème bien plus fondamental que la question des coalitions ou des changements de coalitions, balaie Jean-Yves Huwart. Le plan Marshall, par exemple, est un échec collectif. C’est la conséquence d’une incapacité à organiser les choses de façon cohérente et d’un manque évident de pilotage. C’est écrit noir sur blanc dans tous les rapports d’évaluation. On lance de grands plans sans obtenir les résultats souhaités. Il n’y a pas suffisamment de pressions de la part des contre-pouvoirs pour réclamer l’obtention de résultats, au- delà de la menace du confédéralisme.  Une union régionale s’impose, oui : dans les têtes avant tout.

3. Un nouveau projet économique mobilisateur

La plan Marshall est mort, ou presque. La nouvelle majorité MR-CDH a voulu tourner la page, faute de résultats convaincants. Il y a lieu d’en écrire une nouvelle. Et de fixer les priorités. Ce que je regrette, c’est que l’on n’ait plus de projet mobilisateur depuis cette décision, déclare Pierre-Yves Dermagne. Le plan Marshall a donné des résultats, sans doute pas assez rapides c’est vrai. On ne réoriente pas un tissu industriel d’un coup de cuillère à pot. Pour l’avenir, le dossier du logement me semble une des clés de voûte. Il permettrait de concilier des priorités que sont l’accès au logement, l’isolation des bâtiments et la création de filières d’emploi. Voilà un énorme chantier, prioritaire. Un beau programme pour un olivier ? Oui, mais d’autres, au MR, pourraient s’y retrouver aussi.

Nulle part en Europe, les cabinets ministériels ne sont plus obèses qu’en Wallonie.

« Il y a eu de belles choses dans le plan Marshall, tempère Willy Borsus. Ce qui a manqué, c’est le déploiement des efforts et des budgets vers la création d’emplois privés. On a besoin de l’emploi public, je ne le nie pas, mais je constate que la part de l’emploi privé ne représente que 54,7 % en Wallonie contre 64,6 % en Flandre. Ce différentiel de 8 %, à lui seul, illustre l’objectif wallon. Il faut investir davantage dans l’esprit d’entreprise en Wallonie. Je crois fortement, et c’est une priorité absolue, dans un investissement dans la formation et dans le capital humain. On doit amener les jeunes vers les filières du futur.

Le ministre-président sortant cite, notamment, les biotechnologies – Nous devons devenir un eldorado dans ce domaine !  -, l’aéronautique et le spatial, ou encore l’agro-alimentaire. Les Wallons doivent être en première ligne de la transition écologique, appuie-t-il. Quand on investit dans l’économie circulaire ou dans des projets de recherche pour le stockage de l’énergie, c’est très prometteur.

Le gouvernement sortant a pris certaines initiatives positives, juge Stéphane Hazée. Si je prends le guichet 1890 qui vise à simplifier l’accès aux différentes aides pour ceux qui veulent créer une entreprise, c’est un élément positif. Mais il reste des concurrences entre certains outils et beaucoup de travail pour améliorer l’affectation des ressources. Nous pensons par ailleurs que les enjeux écologiques constituent des opportunités d’emploi et de développement économique qui n’ont pas été assez saisies. Une de nos priorités, c’est de mettre ces enjeux écologiques au coeur du système et pas simplement en périphérie. C’est lié à la relocalisation des activités dans la Région. Ce sont les Wallons qui vont redresser la Wallonie !

Il faut être à la pointe des révolutions écologiques et numériques, approuve Maxime Prévot. J’ajoute la nécessité de faire face au choc démographique et d’accompagner le vieillissement de la population. Et il faut, pour y arriver, mener à bien le Pacte d’excellence pour faire de notre enseignement un atout majeur.


© JOAKEEM CARMANS

Jean-Yves Huwart :  » En Wallonie, on manque d’une approche professionnelle comme dans le sport de haut niveau.  »

Le nouveau plan Marshall pourrait, pourquoi pas, prendre le nom d’un Diable Rouge. Le sport de haut niveau est un modèle à suivre, enchaîne Jean-Yves Huwart. On a instauré un véritable esprit collectif, et une culture commune du résultat, avec l’appui de regards neufs, indépendants, qui font autorité. En Wallonie, on manque d’une approche professionnelle. Il faut se donner les moyens d’atteindre un objectif comme Roberto Martinez l’a fait pour que les Diables Rouges s’installent dans le top 3 mondial du football. Voilà le chemin à suivre.

4. Une meilleure gouvernance publique

Pour y arriver, encore faut-il, aussi, remettre de l’ordre dans la gouvernance publique wallonne, au-delà des efforts déjà entrepris. Le management au sein de l’administration publique est un enjeu vital, note Stéphane Hazée. On a là un mal wallon qui persiste. Un ministre dit que c’est un problème et, la semaine suivante, on assiste à une série de parachutages de personnes venant de cabinets ministériels à la tête d’outils publics, par le fait du prince. Je ne vise pas les personnes, mais c’est problématique par rapport à l’accès entre les citoyens et cela pose des problèmes d’impartialité. Et c’est un enjeu pour l’image de la Wallonie : que pensent les Wallons de cette politique de privilèges ? Il faut relancer l’école d’administration qui avait été initiée et avoir des procédures de désignation publiques et impartiales. C’est un levier majeur pour la mise en oeuvre des politiques nécessaires pour sauver la Wallonie.

La pratique des cabinets ministériels constitue un problème majeur, acquiesce Jean-Yves Huwart. En Wallonie, les cabinets ministériels sont pléthoriques. Jusqu’à 80 personnes par ministre. Un record européen. Nulle part, les cabinets ministériels ne sont plus obèses. Dans de nombreux pays, 10 à 15 personnes maximum suffisent pour encadrer les ministres. Les cabinets ministériels tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui sont un anachronisme… Les organes du gouvernement wallon élaborent des stratégies permettant à l’économie régionale de répondre aux défis du XXIe siècle avec les concepts et outils de gestion des années 1980. Le plus ambitieux des pactes n’est qu’un bout de chiffon s’il n’est pas accompagné d’une stratégie orchestrée par des personnes aptes à manager et piloter les organisations. Il faut sans doute diminuer de 80 ou 90 % le nombre de membres de ces cabinets. « 

5. Une plus grande régionalisation

La Wallonie doit faire corps avec elle-même et développer son identité. Croire en elle-même pour se relever. Depuis quelques années, un courant politique fort, singulièrement au PS et au MR, s’est récréé au sud pour prôner une régionalisation de certaines compétences : enseignement technique et professionnel, culture… Avec la Flandre pour modèle.

Certains considèrent qu’être régionaliste wallon, c’est déforcer le projet francophone, mais je ne le pense pas, indique Pierre-Yves Dermagne, régionaliste convaincu. Certains ont sans doute manqué de finesse, mais cette crainte a pesé sur l’émergence d’un vrai projet régional wallon. Les résolutions du parlement flamand votées à l’unanimité en 1999 sous Luc Vanden Brande ont été leur feuille de route pour des années. Cela a été une erreur de la part des francophones – et c’est un euphémisme, je devrais même dire une faute politique… – de répéter que l’on n’était demandeurs de rien. Ou en tout cas de ne pas préparer suffisamment les négociations alors que l’on savait qu’ils allaient revenir à la charge.

La Flandre, ici son ministre-président Geert Bourgeois (N-VA), doit être une source d’inspiration pour le renouveau wallon.


© Bart Dewaele/id photo agency

Si je continue à plaider pour le régionalisme, c’est aussi par souci pragmatique, poursuit le chef de groupe PS. Je n’écoute pas le Chant des Wallons tous les matins, je ne plaide pas pour une vision racrapotée. Mais on ne devrait pas dépendre systématiquement de la Flandre ou du fédéral. Quand on voit qu’en matière de mobilité, on a réussi à conclure un accord avec le Luxembourg pour établir une bande de covoiturage, mais que l’on n’y arrive pas vers Bruxelles parce que la Flandre met des bâtons dans les roues, c’est révélateur. Le moment venu, sans grande réforme de l’Etat, on pourrait déjà remettre de l’ordre dans notre fonctionnement interne.

Je suis favorable à une simplification des institutions francophones, signale Willy Borsus. Je suis favorable au modèle d’une Belgique à quatre. Ce qui peut être fait à l’intérieur de l’espace francophone pour simplifier les choses doit l’être le plus vite possible, en effet. Permettre à la Région de piloter l’enseignement technique et professionnel, ce serait cohérent. Je propose aussi, pour la prochaine législature, qu’il n’y ait plus de ministres spécifiquement communautaires. On a reculé dans ce domaine en rescindant les ministres-présidences. Il faut moins de ministres, avec des responsabilités plus larges.

La priorité, c’est de mener une politique efficace et on ne peut pas dire que la sixième réforme de l’Etat ait mené à un modèle fédéral performant, embraie Maxime Prévot. Le moment venu, oui, il faudra voir comment améliorer les choses.

Seuls les écologistes sont plus réticents. Nous ne pensons pas que la priorité soit là, expose Stéphane Hazée. Opérer des régionalisations pendant toute une législature aurait un impact trop important sur les acteurs concernés. Il y a une nécessité de plus grande cohésion, c’est indéniable. Mais on pourrait le faire de façon plus pragmatique, sans forcément régionaliser. Enfin, cette réforme serait bien institutionnelle, contrairement à ce que l’on nous laisse croire. C’est une prise de risque dans un Etat dont l’existence est contestée par le courant nationaliste au nord du pays. L’espace Wallonie-Bruxelles reste un lien fondamental.

Dans les méandres belges, la Wallonie devra pourtant se créer un destin.

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