« Jackpot » pour les parlementaires wallons sortants: jusqu’à 100 000 euros de prime de départ

Han Renard, « Knack », 30 octobre 2018

En Wallonie, les indemnités de départ parlementaires, un effet secondaire des nouvelles règles sur le cumul des fonctions politiques, provoquent quelques remous.

Plus d’un million et demi d’euros : c’est ce que coûtera au Parlement wallon le nouveau règlement limitant le cumul des fonctions politiques. Désormais, en Wallonie, seul un quart des parlementaires d’un même groupe politique pourront exercer en même temps une fonction exécutive communale telle que celle de président du CPAS, échevin ou bourgmestre. En conséquence, 15 députés wallons (sur 75) devraient quitter l’hémisphère wallon d’ici le 1er décembre. Selon le greffier du Parlement, cela coûtera au Parlement wallon maximum 100 000 euros par député sortant, les indemnités de départ pour les assistants parlementaires comprises.

Il s’agit de dépenses supplémentaires importantes pour le Parlement wallon qui, selon les opposants, auraient pu être évitées si le règlement parlementaire avait considéré le choix d’une fonction politique locale comme un départ volontaire, et non comme un cas de force majeure, comme c’est le cas actuellement.

L’indemnité de départ, qui existe sous différentes formes dans tous les parlements belges, a été introduite parce que les parlementaires n’ont pas droit aux allocations de chômage après leur mandat. Les politiciens qui doivent quitter le Parlement avant la fin de leur mandat en raison d’un cas de force majeure ont également droit à cette indemnisation. Mais la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les hommes politiques wallons qui ont tout mis en oeuvre pour devenir bourgmestre peuvent sérieusement soutenir qu’ils quittent le parlement indépendamment de leur volonté.

Certains leaders d’opinion francophones en parlent comme d’une honte, et il y a beaucoup de réactions de colère de la part de lecteurs de journaux. Certains estiment que ce « jackpot » auto-organisé alimente le populisme tant méprisé. Car même pour une mesure noble à première vue telle que l’interdiction d’accumuler les emplois politiques, les hommes politiques wallons n’oublient manifestement pas de prendre soin d’eux-mêmes.

C’est là que le bât blesse, d’autant plus que les députés wallons sortants optent pour la sécurité d’un nouveau mandat politique de six ans à peine quelques mois avant les élections régionales, dont l’issue est incertaine. Un seul député wallon a déjà annoncé, en vertu de la décence élémentaire, qu’il refuserait sa prime de départ.

 

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