François Perin et l’armée belge

Voici ce qu’écrivait François Perin à propos de l’armée belge, dans « Germes et bois morts dans la société politique contemporaine » (Editions Rossel, 1981) :

Les armées nationales des petits pays sont, à cet égard, dérisoires et finalement dangereuses par leur faiblesse congénitale. L’armée belge serait-elle la mieux équipée du monde, elle manque totalement de force psychologique. Le laisser-aller, l’impéritie, le sentiment d’impuissance, sinon de ridicule, dominent fatalement les esprits. C’est l’inévitable résultat de la conscience de n’être rien. Intégrés dans une armée européenne, soldats et gradés éprouveraient le sentiment réconfortant d’appartenir à une collectivité qui aurait enfin cessé d’être dérisoire à l’échelle du monde. (…)

 

L’armée belge n’a plus aucun sens. La Belgique n’était qu’une pièce sur l’échiquier diplomatique européen du XIXe siècle, où s’affrontaient nos trois voisins : Grande-Bretagne, Allemagne, France. Elle jouait le rôle d’Etat-tampon.

 

Cette conception est périmée depuis 1914, en dépit d’une illusoire et catastrophique tentative de restauration de la neutralité en 1936 au beau temps d’Hitler ! Mais par la force de l’habitude et de l’inertie, subsiste une séquelle historique sous l’aspect du néant diplomatique et militaire qu’est la Belgique. Elle est une des failles à travers lesquelles s’engouffrent toutes les catastrophes qui se sont abattues sur la France.

 

A quoi sert un Etat-tampon entre Etats qui, par la force des choses ne sont plus rivaux ?

 

Voilà qui fait réfléchir quand on entend aujourd’hui dire que la décision du gouvernement fédéral à propos du F-35 permet à la Belgique de continuer à tenir son rang et à jouer son rôle d’allié et de partenaire crédible et loyal au sein de l’Alliance atlantique….

 

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