Archives mensuelles : juillet 2018

La Wallonie perdrait 11% de ses aides européennes après 2020

« Le Vif », Belga, 27 juillet 2018

La Wallonie perdrait 11% de ses aides européennes après 2020, selon le budget proposé par la Commission européenne, rapporte L’Echo vendredi, qui a consulté une note de l’administration wallonne.

Dans sa proposition, la Commission européenne réduit globalement les aides régionales de 10% pour la période 2021-2027 dans l’UE. Mais l’enveloppe allouée à la Belgique est équivalente à celle de la programmation financière en cours, soit 2 milliards 443 millions d’euros en tenant compte de l’inflation.

Mais en analysant de plus près les chiffres et la méthodologie proposés, la région Wallonne constate un recul de 10,8% du soutien européen, selon une note de l’administration. « L’élément de satisfaction est que suivant la projection actuelle, nous restons bénéficiaires, reconnus comme Région en transition, nous pouvons compter sur un soutien pour la période concernée estimé à 1 milliard 218 millions d’euros », souligne le ministre-président Willy Borsus.

La Belgique fait partie des six pays qui subissent une nouvelle règle que propose la Commission: dès lors que leur PIB est supérieur à 120% de la moyenne européenne, leur enveloppe ne peut pas augmenter. « Si nous n’étions pas repris dans ce plafonnement, nous gagnerions 67 millions d’euros sur la période concernée », souligne Willy Borsus. « C’est technique, mais ça vaut son pesant de millions d’euros ».

L’Echo invite toutefois à la prudence, car la proposition de la Commission européenne va encore évoluer au fil des négociations dans les prochains mois. En outre la marge de négociations intrabelge n’est pas négligeable.

 

Wallonie: le bilan du gouvernement MR-CDH à la mi-temps

Eric Deffet, « Le Soir », 26 juillet 2018

Le 26 juillet 2017, les futurs partenaires déposaient une motion de méfiance au parlement. Il leur reste moins d’un an avant le coup de sifflet final.

 

Le grouvernement wallon a un an. Nous résumons les buts marqués par la majorité.

1 L’équipe

Les sélectionneurs s’appellent Benoît Lutgen (CDH) et Olivier Chastel (MR). Entre le 16 juin et le 25 juillet 2017, ils ont beaucoup parlé tactique, mais n’ont jamais perdu de vue la composition de l’équipe appelée à prendre le relais de l’attelage PS-CDH en bout de course. La philosophie : avec 18 mois de travail utile, pas de fioritures ou de surprise du chef.

Côté humaniste, le président a carrément fait dans la continuité après l’annonce du retrait, à ce niveau, de Maxime Prévot, le capitaine de l’aile centriste, si l’on ose dire. Carlo Di Antonio, René Collin et Alda Greoli, qui a un pied dans deux équipes (le règlement francophone le permet) : c’est du solide, de l’expérimenté, des vieux grognards de la pratique gouvernementale.

Sur l’aile droite, Olivier Chastel a opté pour l’artillerie lourde. Les noms des sélectionnés se sont imposés : Willy Borsus, transféré du fédéral, Pierre-Yves Jeholet, déjà chef de groupe, Jean-Luc Crucke, un poids lourd qui ne s’en laissera pas compter par l’adversaire et Valérie De Bue, spécialiste utile des pouvoirs locaux.

Les libéraux ont dû apprendre vite alors que les équipiers du CDH jouaient à domicile depuis de longues années. Mais l’actualité (Publifin) ou les promesses à tenir (réforme fiscale) ont limité l’échauffement à la portion congrue. Dans le vestiaire de l’Elysette, les tiraillements ont parfois existé : ton assurance autonomie contre ma réforme fiscale. Mais le capitaine Willy Borsus a réussi à maintenir l’unité de l’équipe.

Le ministre-président s’est moulé dans la fonction avec aisance. C’est comme s’il avait toujours été là (il faut dire qu’il en a longtemps rêvé). La bonne surprise de ce casting se nomme Jean-Luc Crucke : le bouledogue parlementaire s’est mué en homme de dossiers infatigable et performant. Un marathonien.

2 La tactique

La tactique mise au point par le MR et le CDH et appliquée sur le terrain wallon par le gouvernement Borsus-Greoli est simple voire simpliste : on fonce ! Le temps presse (une demi-législature, et encore…) et rien ne permet de dire que le public donnera son feu vert à des prolongations.

Les nouveaux partenaires n’avaient pas toujours le choix, il est vrai : sur les questions de gouvernance, le rythme a été imposé par l’affaire Publifin-Nethys et les recommandations de la commission d’enquête. Ailleurs, la coalition s’est imposé une course d’obstacles à travers sa déclaration de politique régionale. Avec une obsession : il faut marquer les esprits.

Et tant pis pour les amateurs de beau jeu (sous-entendu : on a vu ce que cela donnait avec les sélections précédentes) ! Depuis un an, MR et CDH ont d’abord voulu faire dans l’efficace. Ils ont essayé en tout cas, en multipliant les annonces, les plans, les réformes, les projets dans une cacophonie qui a parfois donné le tournis aux observateurs. Pour la transformation de l’essai, il faudra parfois se montrer patient.

Les avis officiels rendus sur des dossiers sensibles n’ont pas toujours été tendres. L’opposition en a parfois bavé, on songe à ce décret-programme façon assommoir. Parfois, la quête de performance a été omniprésente.

Vitesse se confondait avec précipitation : c’était l’impression donnée par la réforme des points APE, jusqu’au revirement de ce mercredi.

3 Les adversaires

Face au bloc dominant (à une voix près ; du coup, le VAR est consulté en permanence), l’opposition n’a pas saboté la partie. A la moindre absence, elle aurait pu pratiquer l’antijeu, elle ne l’a pas fait, à cette exception notoire : la sortie de séance pour le vote du décret-programme, mais l’ambiance était devenue insupportable sur l’aire de jeu parlementaire. Pour le reste, MR et CDH ont joué sur du velours.

Depuis un an, les socialistes ont dû apprendre à ne plus monopoliser le ballon. En Pierre-Yves Dermagne, ils ont trouvé un meneur de jeu brillant et constructif : le bilan du PS dans l’opposition, insiste-t-il à l’heure de la pause, ce sont d’abord 25 propositions constructives importantes (précarité énergétique, insertion, garantie locative…) qui prouvent que le fond de jeu est bien là.

Chez Ecolo, la tactique n’évolue guère : malgré un effectif réduit, on est sur toutes les balles ! En soulignant les avancées gouvernementales en matière d’écologie, mais en regrettant que la pelouse wallonne ne soit pas systématiquement d’un vert plus éclatant. Un acharnement qui suscite le respect.

4 Les résultats

Un an de travail, c’est la mi-temps pour le gouvernement wallon. L’occasion de respirer un coup et de dresser un premier bilan. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, Willy Borsus, le capitaine d’équipe, évoque « quarante réformes et une détermination intacte ». La détermination ? On verra bien si elle résiste aux pressions nées de deux échéances électorales successives. Quant aux réformes, ne mélangeons pas tout…

La disparition de la télé-redevance, d’accord : un joli tir dans la lucarne, personne n’a bronché, chapeau ! Mais la réforme des aides à l’emploi, l’assurance autonomie ou le plan wallon d’investissement feront connaître leurs effets réels dans des délais assez longs. Et c’est bien connu : l’amateur de beau jeu qui ne voit rien venir a vite tendance à s’agacer dans les tribunes populaires ou au café du commerce.

Sans compter avec ces promesses d’une équipe virevoltante qui dribble comme Dries Mertens (le service garanti dans les TEC), qui contourne l’adversaire comme Kevin De Bruyne (la fin des objets en plastique à usage unique) ou qui efface le défenseur grâce à un grand pont comme Eden Hazard (12.000 places dans les maisons de repos)… C’est bien beau, mais il ne faut pas oublier que le spectateur neutre attend surtout du concret : des buts.

La plupart d’entre eux pourraient bien tomber lors du match retour, après les élections de 2019. Borsus, Greoli et les autres espèrent être toujours dans la sélection, histoire de gonfler leur palmarès.

5 Les perspectives

La politique façon TGV laisse des traces. La tactique du rouleau-compresseur aussi. C’est bien beau d’étouffer l’interlocuteur ou l’adversaire sur le terrain de jeu, mais les excès de domination ne sont pas toujours appréciés. C’est bien connu : dans l’arène politico-médiatico-électorale, le plus grand nombre se tourne souvent vers le petit, le sans-grade, la victime…

A qui songe-t-on ? Aux partenaires sociaux qui se plaignent du manque de fair-play de la majorité sur des dossiers symboliques comme l’emploi, à travers la gestion du Forem, ou la concertation à travers les instances officielles que l’exécutif précédent avait institué en force de propositions. A l’opposition politique aussi, qui a été bien mal payée en fin de session avec cette histoire de décret-programme obèse, alors qu’elle a évité de donner des coups sous la ceinture à une majorité rikiki qui peinait parfois à être en nombre, et frôlait l’exclusion (ce qui finit par arriver).

Songeons enfin aux citoyens, ces amateurs de la politique wallonne qui observent les gesticulations des pros de l’Elysette ! La fiscalité reste stable, c’est une chose. Mais il faudra un jour payer l’assurance autonomie. Les emplois financés par les aides APE ne sont plus assurés à 100 %, et les services qu’ils rendent à la population non plus. Les pouvoirs locaux et la proximité qu’ils incarnent au profit de tous sont aux abois. Gare à l’envahissement de terrain au coup de sifflet final de l’arbitre !

 

Diables rouges: vous avez dit belgitude?

LE SOIR MIS EN LIGNE LE 26/07/2018 À 11:34

 JULES GHEUDE, ESSAYISTE POLITIQUE (1)

La « belgitude » mise en avant lors de l’épopée russe des Diables n’est qu’une occasion de plus pour l’establishment francophone de se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité belge, estime l’essayiste Jules Gheude dans une carte blanche.

L’enthousiasme populaire suscité par les prestations des Diables Rouges lors de la Coupe du monde de football pourrait laisser penser que la Belgique constitue une nation forte et soudée. Lors de son allocation du 21 juillet, le roi Philippe n’a d’ailleurs pas manqué d’y voir la preuve de la pertinence de la devise nationale « L’union fait la force ».

Les médias francophones ont également vu, dans l’équipe nationale, l’incarnation de la fibre patriotique. Le présentateur du JT de RTL-TVI n’a même pas hésité à revêtir une tenue aux couleurs tricolores. Quant à sa collègue de la RTBF, commentant le défilé militaire, elle n’a pas tari d’éloges pour la « belgitude ».

Il y a un an, je fus invité à participer à une émission de RTL-TVI sur le thème « Quel avenir pour la Belgique ? ». La présentatrice commença par projeter une interview de Brel où celui-ci déclarait qu’il fallait être fier d’être Belge. Le problème, c’est que le Grand Jacques fut obligé d’aller chercher la reconnaissance à… Paris ! Georges Simenon quitta également Liège, à l’âge de 17 ans, pour se rendre dans la capitale française où il connut, en l’espace de quelques années, un succès retentissant. Et l’on pourrait multiplier les exemples, de Félicien Rops à Henri Michaux, lequel opta d’ailleurs pour la nationalité française.

Ceux qui, à l’instar de l’Antillais Aimé Césaire ou du Sénégalais Léopold Sédar Senghor, ont défendu le concept de « négritude », entendaient montrer la spécificité bien réelle des peuples noirs.

Le contexte belge est bien différent.

En 1903, soit neuf ans avant la fameuse « Lettre au Roi » de Jules Destrée », le comte Albert du Bois était exclu du circuit diplomatique belge pour avoir osé souligner le caractère artificiel du Royaume et prôné le rattachement des provinces wallonnes à la France : Belges !… Ceux qui habitent dans le cercle que le crayon distrait d’un Palmerston (Ndlr : ancien Premier ministre britannique) quelconque traçait à Londres en 1831, sur une carte d’Europe, sont des « Belges » ! C’est ainsi que l’on crée un peuple ! C’est ainsi que l’on forme une nation ! C’est ainsi que l’on constitue un pays !… Pour parquer les chiens dans les expositions canines, on fait au moins attention à leurs races et à leurs espèces ; mais pour parquer les peuples en troupeaux de « contribuables », on ne doit pas y regarder de si près. Il suffit de prendre trois millions d’individus d’une espèce et trois millions d’individus d’une autre espèce. On leur dit : « Tâchez de ne pas trop vous dévorer entre vous. Vous êtes une même nation. On vous appellera des « Belges » – et les pauvres bêtes répondent docilement au nom qu’on leur donne ! »

Amalgame

65 ans plus tard, Flamands et Wallons vont se déchirer sur l’affaire de Louvain.

Paraît alors « Le Divorce belge » de Lucien Outers, dans lequel l’auteur écrit : « Ma colère, je la réserve à ceux qui, par aveuglement ou par intérêt, veulent nier ce qui fait l’originalité de nos deux peuples, leurs richesses propres et leurs virtualités profondes, dans un amalgame informe qu’ils appellent la patrie. »

Pour tenter de rendre l’amalgame moins informe, les responsables politiques entreprirent de lui donner un visage fédéral. De 1970 à ce jour, six réformes institutionnelles furent ainsi opérées. Non seulement, elles n’ont pas apporté l’apaisement escompté, mais elles ont rendu le processus de décision politique extrêmement compliqué. Et Jean Quatremer, le correspondant du journal français « Libération » à Bruxelles de constater la déliquescence de l’Etat, miné par les luttes incessantes entre la majorité néerlandophone et la minorité francophone.

A l’occasion de la Fête nationale flamande, le 11 juillet, le ministre-président flamand Geert Bourgeois a tenu à mettre les points sur les i : Aujourd’hui, nous sommes indéniablement une nation. (…) Notre langue, le néerlandais, est le cœur de notre identité flamande.

Voilà bien où se situe le cœur du problème. En Flandre, on regarde la VRT, la VLAAMSE Radio en Televisie. Les francophones, eux, regardent la RTBF, la Radio et Télévision BELGE francophone.

Nation flamande, collectivité francophone

La Belgique est finalement constituée d’une nation flamande, d’une collectivité wallonne qui, selon les sondages, se sent avant tout belge, et d’une Région bruxelloise mélangée. C’est au sein de cette dernière que la notion de « belgitude » pourrait à la limite s’appliquer. Et il convient de ne pas oublier la communauté germanophone, attachée à la fois à son identité culturelle et à l’Etat belge.

La réalité wallonne, l’historien namurois Félix Rousseau l’a fort bien cernée : dès le XIIIe siècle, c’est le français qui est adopté partout comme langue littéraire. Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

Comme chaque région de France, la Wallonie a ses spécificités : dialectes, traditions folkloriques, spécialités culinaires… Mais, comme chaque région de France, elle peut aussi s’enorgueillir de relever d’un cadre général qu’André Renard, le leader du Mouvement Populaire Wallon, qualifiait de grand flambeau, de grande lumière de culture. Et il ajoutait : Nous avons foi dans cette France qui, pour nous, est éternelle.

L’establishment francophone se met la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité : déjà nation, la Flandre pourrait, à terme, devenir un Etat souverain. Première force politique du pays, la N-VA a d’ores et déjà annoncé que le confédéralisme serait sur la table des négociations au lendemain des élections législatives de l’an prochain : une Belgique réduite à l’état de coquille vide et qui, très vite, serait jugée superflue.

Les adeptes de la « belgitude » n’auront alors plus que leurs yeux pour pleurer, autour d’un barbecue avec l’indispensable sôôôce andalouse…

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

 

Que Charles Michel ne se trompe pas de cible !

Alors que le choix du gouvernement belge concernant le remplacement des F16 devrait tomber prochainement, Claude-France Arnould, l’ambassadrice de France à Bruxelles, a tenu à s’exprimer dans le journal flamand « De Standaard ». Selon elle, si l’option devait se porter sur le F 35 américain, il est clair que la Belgique ne pourrait pas collaborer        au projet du nouvel avion de combat franco-allemand : Si l’on pense qu’il est possible d’acheter le F35 tout en développant le SCAF (Système de Combat Aérien futur), je dois souligner que cette idée relève d’un malentendu.

Cette déclaration a déplu au Premier ministre Charles Michel, qui y voit une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures belges et qui a chargé son conseiller diplomatique de rappeler l’ambassadrice à l’ordre.

Il est clair que cette situation est de nature à détériorer nos relations avec la France. Ceci alors que les commentaires peu amènes des supporters des Diables Rouges à l’égard de la France ne cessent de se répandre après la victoire des Bleus en Coupe du Monde.

Dans ce délicat dossier du remplacement de nos avions de chasse, seuls l’Eurofighter britannique et le F 35 américain restent officiellement en lice, la proposition française du Rafale ayant été faite en dehors de la procédure de l’appel d’offres. Ce qui ne signifie nullement qu’elle ne peut être prise en considération. Mais la N-VA a clairement fait savoir qu’elle ne voulait pas la soutenir.

Alors que le Royaume-Uni s’est prononcé pour le Brexit et que le président américain Donald Trump n’est pas enclin à faire le moindre cadeau à l’Union européenne, le choix du Rafale ne devrait-il pas tout naturellement s’imposer ? D’autant que, comme l’a rappelé l’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart : Notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens. Le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires.

Dans moins d’un an se tiendront chez nous des élections législatives qui pourraient faire bien déboucher sur l’impossibilité de constituer un gouvernement. En cas d’implosion du pays, les Wallons se trouveraient dans une situation budgétaire intenable, qui engendrerait une baisse sensible des prestations sociales. Le seul pays sur lequel ils pourraient alors compter serait la France, dont ils n’ont été écartés que par les hasards de l’Histoire. Souvenons-nous des propos tenus par le général de Gaulle à son ministre Alain Peyrefitte, en 1967 : Les Wallons retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes ces choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment plus.

Que Charles Michel ne se trompe surtout pas de cible et qu’il n’oublie pas ce qu’avaient déclaré naguère François Perin et Jean Gol ! Jean Gol dont le Centre d’études du MR porte d’ailleurs le nom…

Jules Gheude

Remplacement des F-16 : la France montre les dents face au F-35

« Le Vif », Belga, 19 juillet 2018

Si le gouvernement belge décide d’opter pour l’avion de combat américain F-35, la Belgique ne pourra pas participer au projet d’avion de chasse franco-allemand, a laissé entendre l’ambassadrice française Claude-France Arnould, selon les informations du Standaard.

Selon La Libre, une décision sur le remplacement des F-16 de l’armée belge pourrait intervenir avant la fin du mois de juillet.

Selon La Libre, la N-VA a décidé de mettre le dossier du remplacement des avions de combat sur la table du conclave budgétaire. Le gouvernement fédéral est dans l’embarras, car l’offre du groupe français Dassault a été remise en dehors de la procédure officielle, or ils proposent un véritable partenariat stratégique avec la Belgique. Dans le même temps, l’offre britannique Eurofighter et le F-35 américain, qui ont répondu à l’appel dans les règles, devraient coûter moins cher que prévu. Cela pourrait permettre d’investir l’argent restant pour participer au développement d’un avion de chasse franco-allemand baptisé SCAF (Système de Combat Aérien Futur).

Mais les Français, qui se sont liés à l’offre de Dassault, ne l’entendent pas de la sorte. « Si l’idée a émergé d’acheter le F-35 et de participer simultanément au SCAF, alors je dois indiquer qu’il y a un malentendu », a affirmé l’ambassadrice française, comme le relaie De Tijd.

Elle n’a pas commenté une éventuelle combinaison de l’Eurofighter avec le projet SCAF.

Un ballon de football en une urne sont deux choses bien distinctes

On trouvera ici la version française de l’opinion de Jules Gheude, publiée sur le site de « Knack » :

http://www.knack.be/nieuws/belgie/een-voetbal-en-een-stembus-zijn-toch-twee-verschillende-dingen/article-opinion-1174841.html

Les commentateurs francophones voient, dans l’euphorie populaire qu’ont suscitée les prestations des Diables Rouges, la preuve que la Belgique constitue une communauté soudée. Un journaliste de RTL-TVI a même revêtu une tenue tricolore pour présenter le JT. On veut ainsi se convaincre que les querelles communautaires ne reflètent pas la réalité : ce ne sont que de petits jeux politiques, la Belgique est bel et bien une nation forte.

Mais  un ballon de football et une urne sont cependant deux choses bien distinctes.

En 2014, 32,4% des Flamands ont voté pour la N-VA, un parti qui plaide clairement pour la formation d’un Etat flamand. Ils n’y ont pas été forcés, c’était l’expression de leur libre pensée.

Depuis 1970, six réformes de l’Etat ont été menées, vidant progressivement le pouvoir central de sa substance au profit des régions et communautés.

En 1999, le Parlement flamand s’est exprimé en faveur du confédéralisme et le président de la N-VA, Bart De Wever, a d’ores et déjà annoncé que ce projet se trouverait sur la table des négociations au lendemain des élections de 2019. Si la chose se concrétise, la Belgique ressemblera à une coquille vide, qui sera, à terme, jugée superflue.

De cela, le professeur et philosophe Philippe Van Parijs ne veut rien savoir. Il pense que la Belgique a un avenir grâce à l’usage généralisé de la langue anglaise.

Philippe Van Parijs était présent au colloque que le Cercle Condorcet de Liège a organisé, le 2 avril 2011, sur le thème « L’Après-Belgique ». Je lui ai alors demandé : La Flandre est-elle pour vous une nation ? Il m’a répondu par l’affirmative.

C’est précisément là que se situe le problème. Comme François Perin l’a un jour dit : Il n’y a pas place, dans ce petit pays, pour deux nations : la belge, si tant est qu’elle ait jamais existé, et la flamande.

A l’occasion de la Fête flamande, ce 11 juillet, le ministre-président flamand Geert Bourgeois a tenu à mettre les points sur les i : Aujourd’hui, nous sommes incontestablement un peuple. Aujourd’hui, nous sommes indéniablement une nation. (…) Notre langue, le néerlandais, est le cœur de notre identité flamande collective. La langue jette des ponts. La langue fait que l’on appartient à une culture, à une communauté.

En d’autres termes, Philippe Van Parijs mène un combat d’arrière-garde, qui ne parviendra pas à empêcher la fin programmée de la Belgique. Avec les négociations qui suivront les élections de 2019, nous serons à mille lieues de la passion footballistique.

En 2010, 541 jours furent nécessaires pour former un gouvernement  belge. En 2019, la situation sera encore plus compliquée. Que fera le roi si les négociations aboutissent dans une impasse totale ? Un Etat sans gouvernement est un Etat qui n’existe plus. Et ici, les Diables Rouges ne seront d’aucun secours.

 

Perspectives de croissance et de chômage

Intéressantes informations que celles fournies par « Trends », ce 17 juillet 2018 : https://trends.knack.be/economie/bedrijven/200-000-extra-banen-in-vlaanderen/article-normal-1174559.html

200.000 emplois supplémentaires en Flandre

Durant la période 2017-2023, la Flandre peut s’attendre à 200.000 emplois supplémentaires, ce qui permettra de réduire le taux de chômage à 4,4%. C’est ce qui ressort des nouvelles prévisions  économiques régionales, établies notamment par le Bureau du Plan et Statistiek Vlaanderen.

Le Bureau du Plan a tenu compte d’un ralentissement de la croissance économique en Belgique, de 1,7% en 2017 à 1,6% en 2018-2020, et 1,2% en 2023.

La Flandre preste mieux que la moyenne belge

La croissance économique ralentit aussi dans les régions, mais la Flandre semble toujours faire mieux que la moyenne belge. Après un taux de croissance de 1,9% en 2017, on s’attend à 1,7% en 2018-2020 et 1,3% en 2023.

L’économie bruxelloise devrait connaître une croissance de 1,3% en 2018-2020 (contre 1,2% en 2017), mais le taux devrait tomber à 0,9% en 2023.

Pour la Wallonie, on s’attend à un ralentissement progressif, de 1,7% en 2017 à 1,1% en 2023. Au cours des prochaines années, le tempo devrait aussi ralentir en ce qui concerne la création de nouveaux jobs.

Au cours de la période 2017-2023, 313.000 emplois supplémentaires devraient voir le jour : 200.000 en Flandre, 81.000 en Wallonie et 32.000 à Bruxelles.

Les emplois supplémentaires et le fait que la population active augmentera moins vite dans quelques années vont mener à une « rapide et significative baisse du taux de chômage », selon le rapport.

Chômage en baisse

Le taux de chômage flamand devrait ainsi passer de 7,2% en 2017 à 4,4% en 2023, tandis que la Wallonie passe de 14,1% à 10,6% et Bruxelles de 17,6% à 12,4%.

Les institutions préviennent que cette baisse du taux de chômage entraînera des risques, « notamment une restriction (plus grande) dans certaines branches du marché du travail (professions, compétences) ».

Les prévisions régionales sont établies par le Bureau fédéral du Plan, Statistiek Vlaanderen, l’Institut bruxellois de Statistique et d’Analyse, et l’Institut wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique.

 

Philippe Van Parijs est-il sérieux ?

Jules Gheude

Pour le philosophe Philippe Van Parijs, l’avenir de la Belgique passe par l’usage de la langue anglaise.

Il était présent au colloque « L’après-Belgique », organisé par le Cercle Condorcet de Liège, le 2 avril 2011, et je lui ai posé la question suivante : « Selon vous, la Flandre est-elle une nation ? ». Il m’a immédiatement répondu par l’affirmative.

Ce 11 juillet, à l’occasion de la Fête flamande, le ministre-président Geert Bourgeois a déclaré : « Aujourd’hui, nous sommes, nous les Flamands,  indubitablement un peuple. Aujourd’hui, nous sommes indéniablement une nation. (…) Notre langue, le néerlandais, est le cœur de notre identité flamande ».

Philippe Van Parijs mène clairement un combat d’arrière-garde, qui ne pourra empêcher la Flandre de devenir à terme un Etat souverain. En 1981, François Perin avait prédit que « le malheureux chef de l’Etat se mettrait un jour à courir après un gouvernement introuvable ».  En 2010, il fallut 541 jours pour sortir de l’impasse. Au lendemain des prochaines élections législatives, la N-VA, première force politique du pays, entend saper un peu plus les fondements de la maison Belgique en y injectant un produit confédéral. Les négociations à ce sujet nous mèneront bien loin de la ferveur suscitée par les Diables rouges. On n’a pas vu, sur les chaînes de télévision flamandes, un présentateur de JT en tenue noir-jaune-rouge ! Heureusement que le ridicule ne tue pas…

L’irrédentisme pro-français aussi vieux que la Belgique

Jules Gheude, essayiste politique (1)

L’irrédentisme s’est manifesté dès la création de la Belgique, certes de manière relativement marginale.

On a toutefois vu, en octobre 1945, le Congrès National Wallon de Liège se prononcer à la majorité simple, lors d’un premier vote dit « vote du cœur », en faveur du rattachement de la Wallonie à la France. A ce sujet, le général de Gaulle a apporté une précision importante : Il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France (2).

En 1903, il se produisit un événement assez significatif pour faire l’objet d’un article dans le « New York Times » du 1er mars, intitulé « Un Parti pro-français dans les Provinces wallonnes de Belgique ». Son auteur, un certain B.C.de W., explique :

Le sujet du jour est la démission du comte Albert du Bois, secrétaire de la Légation belge à Paris, du service diplomatique. Dans un ouvrage récent, intitulé « Belges ou Français ? », le comte du Bois a prôné l’annexion des provinces belges wallonnes à la France. S’ensuivit  le rappel immédiat du jeune diplomate – il n’a, en effet, que 31 ans – et le Moniteur Officiel a annoncé hier qu’il avait été mis à la retraite.

Neuf ans avant Jules Destrée et sa fameuse « Lettre au Roi », Albert du Bois dénonce le caractère totalement artificiel du Royaume de Belgique, né à Londres d’un trait de plume diplomatique pour permettre aux vainqueurs de Napoléon de se prémunir contre la France. Dans la préface de son ouvrage, il écrit :

Belges ! … Ceux qui habitent dans le cercle que le crayon distrait d’un Palmerston quelconque traçait à Londres, en 1831, sur une carte d’Europe, sont des « Belges » ! C’est ainsi que l’on crée un peuple ! C’est ainsi que l’on forme une nation ! C’est ainsi que l’on constitue un pays ! … Pour parquer les chiens dans les expositions canines, on fait au moins attention à leurs races et à leurs espèces ; mais pour parquer les peuples en troupeaux de « contribuables », on ne doit pas y regarder de si près. Il suffit de prendre trois millions d’individus d’une espèce et trois millions d’individus d’une autre espèce. On leur dit : « Tâchez de ne pas trop se dévorer entre vous. Vous êtes une même nation. On vous appellera des Belges » – et les pauvres bêtes répondent docilement au nom qu’on leur donne! 

Censé représenter le Royaume de Belgique à Paris, le comte Albert du Bois sait fort bien qu’il joue ainsi sa carrière de diplomate. Mais ses idées passent avant tout autre chose. Natif d’Ecaussine, il ne peut concevoir que sa terre hennuyère ne fasse pas partie de l’Hexagone. En 1908, dans « Poèmes impériaux », on peut lire ces lignes :

En effet, la frontière nord de la France actuelle divise en deux des provinces françaises, des terres françaises, des populations françaises qui constituèrent des unités politiques (…). Jusques à la fin du dix-septième siècle, Mons et ValenciennesAvesnes et Chimay faisaient partie du même comté de Hainaut et cette terre, exclusivement française, avait vécu depuis les temps les plus reculés, d’une existence autonome parallèle et connexe à celle de la terre de France tout entière. 

 De ce fait historique indéniable, découle un fait actuel et patent : cette terre de Hainaut, coupée en deux selon les exigences de vainqueurs étrangers et haineux, Allemands et Anglais, continue à être habitée des deux côtés de la ligne idéale de la frontière, par des populations entre lesquelles il est totalement impossible de découvrir la plus petite différence au point de vue le plus minime. C’est le même peuple, le même esprit, le même caractère, la même nation. C’est Paris coupé en deux, par une ligne tracée au cordeau du Lion de Belfort à la butte Montmartre. Imaginez-vous un vainqueur tudesque se livrant à une telle opération et disant aux habitants du Faubourg Saint-Honoré et à ceux du Faubourg Saint-Denis : « Vous allez désormais être l’un pour l’autre deux peuples étrangers ! Je vous défends de vous donner la main et de vous regarder à travers la Frontière que mon glaive et ma fantaisie viennent de tracer. Honoriens, et vous Denisiens, vous êtes désormais deux nations ! » Et imaginez-vous les Honoriens et les Denisiens acceptant cette décision placidement, béatement, avec une soumission niaise, une résignation imbécile, une inconscience qui n’est presque plus humaine.

Comme Jules Destrée, Albert du Bois constate l’irrésistible marche du Mouvement flamand et, toujours dans « Poèmes impériaux », il met en garde :

Ceux qui viennent jouer avec de la flamme autour de ce coin de terre, tout pétrit de poussière noire, ceux qui viennent y jongler avec les brandons de discorde, de patriotisme belge, de nationalité belge, de l’âme belge, ceux-là se trompent étrangement ! Ils s’apercevront, bientôt peut-être, qu’ils ont joué avec de la poudre et quand elle flambera soudainement en une explosion géante, ce sera pour jeter aux quatre coins de l’Europe, les débris de cet édifice de haine, de conquête et d’asservissements sur le fronton duquel on a sculpté ce nom mensonger : Royaume de Belgique.

Albert du Bois participera au premier Congrès Wallon de Liège en 1905 et  publiera à cette occasion un traité doctrinal intitulé « La République impériale – Des rapports nécessaires entre la France et les Pays-Bas français ».

Jusqu’en 1914, il mènera une activité de propagandiste, qui sera ensuite poursuivie par l’un de ses disciples, Raymond Colleye. Celui-ci assurera la rédaction du journal « L’Opinion wallonne, qui paraîtra à Paris durant le Première Guerre mondiale.

Albert du Bois laissera une œuvre dramatique et romanesque abondante. Ses pièces seront jouées dans les plus grands théâtres de Paris. « L’Hérodienne » sera inscrite au répertoire de la Comédie française en 1914 et connaîtra de nombreuses représentations jusqu’en 1932.

 

(1) Derniers livres : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

(2) Alain Peyrefitte, « C’était de Gaulle », tome III, Fallois/Fayard,

Le « testament politique » de M. Peumans

« Le Vif », Belga, 11 juillet 2018

Le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), a plaidé mercredi, dans son discours officiel pour la Fête de la Communauté flamande à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, pour une révision des cinq résolutions que l’assemblée flamande avait lancées en 1999 en vue d’une réforme de l’État. Il demande aussi de doter la Flandre d’une Constitution propre d’ici 2021 et de faire du 11 juillet un jour férié.

Pour son dernier discours du 11 Juillet avant une probable retraite politique, M. Peumans (67 ans) n’a pas hésité à qualifier son allocution de « testament politique » de sa présidence de l’assemblée flamande, non sans l’agrémenter de plusieurs traits d’humour.

Devant les autorités du pays, il n’a toutefois pas lancé de proposition réellement neuve, lui qui s’était fait rabrouer dernièrement par son président de parti Bart De Wever pour avoir critiqué en public le secrétaire d’État Theo Francken et la dureté de ton de son parti sur l’asile et la migration.

Ses propositions – doter la Flandre d’un texte fondamental propre (comme le ministre-président flamand Geert Bourgeois l’avait réclamé l’an dernier) ou faire du 11 juillet un jour férié – constituent des demandes déjà entendues par le passé.

Pour Jan Peumans, il est temps de les concrétiser. C’est ainsi qu’il propose d’aboutir sur une Constitution flamande en 2021, année du cinquantenaire de l’institution du Conseil culturel de la Communauté culturelle néerlandaise, ancêtre du Parlement flamand.

Cette Constitution, souligne le nationaliste, doit entrer dans le cadre d’un fédéralisme de coopération, mais être placée sur un même pied que la Constitution belge, en vue d’une plus grande autonomie de la Flandre.

Quant au jour férié du 11 juillet, c’est une revendication que le Vlaams Belang a soutenue par une action menée peu avant la cérémonie à l’Hôtel de Ville de Bruxelles.

Interrogé, le ministre-président flamand Geert Bourgeois l’a aussi revendiquée au nom de son parti, la N-VA. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’ajouter un jour de congé au calendrier, mais de remplacer un jour férié existant.

Dans les deux autres partis flamands au pouvoir, le CD&V et l’Open Vld, on y est aussi favorable. Le vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters souligne toutefois la difficulté de trouver le jour férié qui passera à la trappe. La présidente de l’Open Vld Gwendolyn Rutten ne s’est pas opposée à l’idée.

Autre suggestion, le président du Parlement flamand est revenu sur les cinq résolutions de 1999 dans lesquelles l’assemblée balisait ses demandes pour une sixième réforme de l’État qui a fini par advenir. « Certaines (résolutions) ont été entièrement concrétisées, d’autres partiellement, d’autres encore sont désormais dépassées par les évolutions sociétales ou politiques », a constaté M. Peumans.

Pour le Limbourgeois, plusieurs parlements du pays (fédéral, flamand, bruxellois et francophone) devraient donc évaluer l’impact réel de ces résolutions « et leurs mérites ». Jan Peumans souhaite la constitution d’un groupe de travail au parlement flamand. Ces exercices devraient à ses yeux faire émerger de nouvelles perspectives, « qui pourraient servir de fondement à de nouvelles réformes de notre configuration étatique ».

De manière inattendue, le bourgmestre de Bruxelles a pour la première fois été invité à faire lui aussi une allocution durant la cérémonie, alors que la Ville n’y reçoit traditionnellement la parole que par la voix d’un échevin néerlandophone.

Philippe Close (PS) a ainsi reçu l’occasion de vanter à la fois le caractère international de Bruxelles et de souligner son caractère flamand parmi ses multiples identités, ainsi que la volonté de la Ville de renforcer ses liens avec la Flandre comme avec la Wallonie. Un discours salué jusque dans les rangs de la N-VA, notamment par Theo Francken sur Twitter.