Archives mensuelles : juin 2018

La réponse du Vlaams & Neutraal Ziekenfonds (Mutuelle flandre et neutre) à la proposition de la ministre Maggie De Block de refédéraliser la Sécurité sociale

 

 

 

 

La politique actuelle de santé est opaque, morcelée et inefficace. C’est tout à fait exact. Comment pourrait-il en être autrement avec 8 ministres et responsables différents dans ce pays!, constate le VNZ.

Mais au lieu de plaider pour la refédéralisation, le VNZ pense qu’il vaudrait mieux opérer le transfert complet de l’assuranbce maladie-invalidité vers les entités fédérées.

Des études récentes montrent que subsistent encore des différences significatives entre le Nord et le Sud.

Et le VNZ de préciser :

En bien des domaines, la frontière linguistique se révèle être aussi une frontière de soins. En outre, la constitution stipule que les compétences personnalisables relèvent des Communautés. Y a-t-il quelque chose de plus personnel que les soins de santé ou la sécurité sociale?

Le VNZ  fait observer qu’en Wallonie, 21,16% de la population bénéficie des indemnités majorées (32,19% à Bruxelles et 15,31%  en Flandre). Une situation inacceptable, lorsqu’on sait que la solidarité de la Flandre envers la Wallonie et Bruxelles se traduit annuellement par plus de 12 milliards d’euros.

 

Selon un sondage, la N-VA perd du terrain en Flandre

RTBF Info, 9 juin 2018

La N-VA perd du terrain en Flandre, selon un sondage Ipsos réalisé à la demande de RTL-TVi, du Soir, de VTM et « Het Laaste Nieuws« . Les nationalistes flamands dominent toujours le paysage politique au nord du pays mais ne recueillent que 26,5% des intentions de vote, contre un score de 32,4% lors des élections de 2014. En Wallonie, c’est le PP qui progresse et franchit la barre des 5% à 7,3%. A Bruxelles, DéFI s’installe à la deuxième place avec 15,4% des intentions.

Au sud du pays, le PS demeure en tête avec 23,4% des intention, bien loin toutefois de son score électoral de 32%. Il est suivi par le MR, en baisse, à 20% et Ecolo à 13,2%. Le PTB qui a tutoyé les sommets lors de précédentes enquêtes est quatrième avec 12,8% des intentions. Le cdH remonte un peu mais ne recueille que 9% des intentions. DéFI est derrière le PP à 5,9%.

Au nord, derrière la N-VA, le CD&V demeure deuxième mais stagne à 15,3%, suivi de l’Open Vld (13,9%), de Groen (12,4%) et du sp.a (11,7%). Le Vlaams Belang suit avec 9,7% et ne semble pas profiter de la baisse de la N-VA. Le PTB recueille 6,2%.

Le paysage politique bruxellois se balkanise. Plus aucun parti ne franchit la barre des 20%. Le MR est premier mais ne recueille que 17% des voix. Il est suivi de DéFI. Le PS poursuit sa dégringolade avec 14,2% (-10% par rapport au dernier scrutin). Ecolo suit à 11,9%. Le PTB est en hausse avec 9,5%, devant le cdH à 7,4%. Pour ce qui est des partis néerlandophones, la N-VA est une nouvelle fois première avec 6,7% des intentions, soit plus du double de celles de ses concurrents.

Le sondage a été réalisé du 29 mai, jour de la tuerie de Liège, au 6 juin auprès de 2.253 personnes. La marge d’erreur est de 3,1% en Wallonie et en Flandre, et de 4,3% à Bruxelles.

 

Le cancer des Belges, c’est la Belgique elle-même !

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Selon Thierry Fiorilli, le rédacteur en chef du « Vif », la N-VA est le cancer des Belges.

Je lui propose ici de revenir à la source même des choses, c’est-à-dire en 1830, lorsque le Royaume indépendant de Belgique vit le jour.

Naissance douloureuse, au forceps, issue de la volonté des grandes puissances de l’époque, notamment l’Angleterre, afin de se prémunir contre la France. Quinze ans après la défaite de Waterloo, le spectre de Napoléon rôdait toujours…

Avant 1830, nos populations n’avaient jamais été soudées par un quelconque sentiment national. Ballotées d’un régime étranger à un autre (Duché de Bourgogne, Espagne, Autriche, France, Pays-Bas), elles n’eurent jamais voix au chapitre. Comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans « LOeuvre au noir » : Les princes s’arrachent les pays comme des ivrognes à la terrasse se disputent les plats.

Il faut également rappeler ici le statut particulier de la Principauté de Liège, qui perdurera jusqu’à 1794, et qui contrariait la théorie de la prédestination belge, chère à Henri Pirenne.

On connaît la fascination que ce dernier éprouvait pour les ducs de Bourgogne, mais il dut toutefois reconnaître qu’ils n’ont pas eu d’idéal national ; ils n’ont agi que pour la grandeur de leur maison. Leur politique s’explique exclusivement par leurs intérêts dynastiques.

Son collègue Godefroid Kurth, quant à lui, considérait le catholicisme comme le fil conducteur de notre histoire. Mais un élément de taille venait contredire son raisonnement : l’évolution de la Flandre sous la tutelle espagnole.

La Flandre se compose alors du comté de Flandre et du duché de Brabant, tous deux largement acquis à réforme calviniste. Il s’agit donc, pour le très catholique roi d’Espagne Philippe II, de ramener ces hérétiques à la raison. La reconquista sera d’une extrême cruauté. Elle s’achèvera en 1582, avec la destruction d’Anvers, tandis que les provinces du Nord, sous la conduite de Guillaume le Taciturne, se libèrent du joug espagnol pour constituer les Princes-Unies, préfiguration des Pays-Bas actuels. Grâce à la traduction de la Bible par les pasteurs, le néerlandais deviendra vite une langue pure et châtiée.

En Flandre, le catholicisme sera réimposé par la violence. Ici, pas question de traduction de la Bible. La population ne connaît que les dialectes.

Il est clair que sans le fanatisme de Philippe II, la Flandre n’aurait pas été coupée de son élément naturel, les Pays-Bas, dont Anvers aurait pu être la capitale.

Ce drame vécu par la Flandre au XVIe siècle, Verdi le relate fort bien dans son opéré « Don Carlos.

Mais revenons à 1830. Le Royaume indépendant de Belgique voit le jour en dehors de toute volonté populaire. Le Congrès National Belge est élu par à peine 2% de la population, ceux qui pouvaient payer le cens. Quant au choix du souverain, il nous sera imposé par Londres.

On se souvient de l’interview accordée par l’ex-Premier ministre Yves Leterme au journal français « Libération » en 2006 et dans laquelle il qualifie la Belgique d’accident de l’histoire. Peut-on lui donner tort ?

Talleyrand, dont on connaît les talents de diplomate, ne croyait pas aux chances de viabilité de ce nouveau royaume. En 1832, il déclara à la princesse de Lievin : Les Belges, ils ne dureront pas. Tenez, ce n’est pas une nation. Deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays ; cela   ne peut tenir.

En fait, dès le départ, la Belgique sera atteinte d’un cancer. Et la N-VA, créée en… 2001, n’y est strictement pour rien.

Comment, en effet, un tel Etat pouvait-il connaître une évolution sereine, lorsqu’on lit cette lettre adressée par Charles Rogier à Jean Raikem : Les premiers principes d’une bonne administration sont basés sur l’emploi exclusif d’une langue et il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d’apprendre le français, et l’on détruira ainsi peu à peu l’élément germanique en Belgique.

Un génocide linguistique, donc. C’est précisément pour le contrecarrer qu’un Mouvement flamand  va se constituer assez vite. De nature culturelle au départ, il finira  par acquérir une dimension sociale et politique.

La grande majorité des francophones ignore aujourd’hui à quel point ce mouvement a dû lutter pour arracher les premières lois linguistiques et faire en sorte que la Flandre puisse se faire entendre dans l’hémicycle politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours de l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française. A ses yeux, le flamand n’était que la langue des servantes et des valets.

Tout cela laissera bien évidemment des traces durables et contribuera à engendrer un fort sentiment national flamand. Pauvre Henri Pirenne, contraint, en 1930, de quitter l’Université de Gand, suite à la flamandisation de l’institution !

Persuadée que l’occupant allemand serait compréhensif à l’égard de ses revendications, le Mouvement flamand se mit à son service. La libération rapide des prisonniers de guerre flamands, dès le 6 juin 1940, fut douloureusement ressentie par les francophones.

Durant près de 130 ans,  la Wallonie s’était révélée étonnamment prospère. Composé en 1900, le « Chant des Wallons » exprime bien le dynamisme économique que connaissait la région : Au premier rang brille son industrie.

Mais le visage belge se mit subitement à changer, au bénéfice de la Flandre. L’économiste Michel Quévit explique : En Wallonie, les aides de l’Etat sont destinées à affronter les problèmes soulevés par le désinvestissement du privé qui se désintéresse  des secteurs traditionnels : rationalisation de l’outil industriel vieilli, avec pour conséquence les fermetures d’entreprises, et, pour effet collatéral, le gonflement du chômage régional. Dans le même temps, en Flandre, les aides servent à des investissements dans des secteurs inducteurs de croissance économique, créateurs d’emplois, d’innovation, de diversification et de développement des activités et cela dans toutes les provinces flamandes à cette époque.

Après des décennies de luttes pour trouver sa juste place sur l’échiquier politique belge, la Flandre avait ainsi fini par renverser la vapeur et  se rendre maître du jeu économique. La N-VA n’existait toujours pas, mais l’Etat-CVP veillait aux intérêts du Nord.

Avec la fixation définitive de la frontière linguistique, en 1962, la Flandre était devenue un Etat dans l’Etat et n’aspirait plus qu’à l’autonomie culturelle pour constituer une véritable nation : un peuple, un territoire, une langue.

Ce sera chose faite avec la révision de la Constitution de 1970, qui, outre les conseils culturels, consacra l’existence des régions wallonne, flamande et bruxelloise.

La Flandre s’empressa de concrétiser le premier volet, mais, opposée à la mise sur pied d’une région bruxelloise à part entière, elle fit tout pour freiner l’application du second. La régionalisation définitive pour la Wallonie et la Flandre n’intervint qu’en 1980. Bruxelles dut patienter jusqu’en 1989. Pour qu’elle devienne région à part entière, les francophones sacrifièrent José Happart et sa cause fouronnaise.

Après la Seconde Guerre Mondiale, le fossé n’avait cessé de se creuser entre le Nord et le Sud. La Question royale, la guerre scolaire, la Grande Grève de 60-61, la fixation de la frontière linguistique avaient révélé des oppositions très nettes entre Flamands et Wallons. Sans parler de l’affaire du « Walen buiten » à l’Université de Louvain en 1968, qui engendra la scission du Parti social-chrétien en deux ailes linguistiques distinctes et amena les responsables politiques à entreprendre enfin la réforme de l’Etat.

Dès 1961, le syndicaliste liégeois André Renard avait prôné l’instauration du fédéralisme et exigé des réformes de structures. Mais l’action de son Mouvement Populaire Wallon rencontra l’opposition  du Parti socialiste qui n’entendait pas renoncer à son organisation unitaire.

En 1974, le ministre de la Réforme des Institutions François Perin mit sur pied la régionalisation préparatoire, que les socialistes, alors dans l’opposition, s’empressèrent de boycotter. Ce n’est qu’en 1976 que le PSB se scinda à son tour – le Parti libéral l’avait fait en 1972 – et que les socialistes francophones présentèrent un projet de régionalisation définitive, lequel, comme je l’ai rappelé, ne se concrétisa qu’en 1980 au seul profit de la Flandre et de la Wallonie.

Soucieuse d’encadrer fortement sa minorité bruxelloise, la Flandre opta dès le départ pour la fusion Région-Communauté. Du côté francophone, les libéraux-réformateurs souhaitaient faire de même, mais ils se heurtèrent au veto du parti socialiste, qui craignait de voir son pouvoir se diluer et préférait garder la mainmise sur la Wallonie.

Depuis 1980, cela fait 38 ans ! la Région wallonne dispose donc d’outils propres pour assurer sa politique, et ces outils n’ont cessé de s’amplifier au fil des diverses réformes de l’Etat. L’argument consistant à porter la responsabilité sur l’Etat belge ne peut dès lors plus être retenu.

De 1980 à 2017, la ministre-présidence de la Région wallonne fut confiée, à deux exceptions près (le libéral André Damseaux en 1982 et le social-chrétien Melchior Wathelet de 1985 à 1988), au PS. Difficile, dans ces conditions, de nier l’influence déterminante que ce parti a pu avoir sur la gestion des affaires.

Et l’honnêteté nous oblige à reconnaître que cette gestion est loin d’avoir été concluante. Fin 2015, Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Jules Destrée, le reconnaissait lui-même : La Wallonie n’a toujours pas décollé. La part de son industrie dans le PIB ne représente plus que 14,2%.

Le fossé entre la Flandre et la Wallonie est béant. Si le chômage wallon commence à baisser légèrement, il représente toujours plus du double de celui de la Flandre. Entre 1983 et 2015, le taux de chômage flamand a été réduit de moitié, passant de 10,7 à 5,2%. Les exportations flamandes ont connu en 2016 une hausse de 10,6%, avec un montant de 205,7 milliards d’euros, contre 42,6 milliards pour la Wallonie.

Et le député CD&V Hendrik Bogaert d’exprimer son incompréhension : Les Wallons ne peuvent tout de même pas invoquer éternellement la fermeture des charbonnages, intervenue il y a plus d’un demi-siècle.

Dès le début des années 1990, le ministre-président flamand démocrate-chrétien Luc Van den Brande proposa de passer au confédéralisme, une idée qui fut adoptée en 1999 par le Parlement flamand. La N-VA n’existait toujours pas !

Il est clair que la Flandre n’entend plus se montrer financièrement solidaire d’une région qui, à ses yeux, est mal gérée et ne fournit pas les efforts nécessaires. En 2002, c’est le ministre-président flamand libéral Patrick Dewael qui déclarait : Chaque Flamand paie 815 euros pour son compatriote du Sud. Soit huit fois plus qu’un citoyen ouest-allemand débourse pour son voisin est-allemand. Amis wallons, attention !

Quant à l’actuel président du CD&V Wouter Beke, voici ce qu’il lâchait en 2007 : Nous voulons une véritable confédération où chacun  pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

On le voit, la fibre nationaliste dépasse largement les limites de la seule N-VA !

Thierry Firolli voue Bart De Wever aux gémonies. Mais, comme le précisait François Perin dans son interview-testament  en 2011 : D’étape en étape, le Mouvement flamand a gagné sur toute la ligne. Il a gagné de devenir une nation. (…) Bart De Wever est dans la ligne et, logiquement, il dit « Nous voulons un Etat flamand indépendant ».

On peut certes ne pas partager le point de vue de Bart De Wever. Mais on ne peut lui reprocher d’être inconstant. L’ancien président du PS Guy Spitaels l’avait d’ailleurs lui-même reconnu : Il n’est pas « toursiveux », il dit clairement et brutalement ce qu’il veut. Je préfère cela aux « raminagrobis » qui disent « mais non, cela ne fera pas mal ». Ce De Wever ne me déplaît pas du tout !

Si la coalition Michel parvient à tenir – rien n’est moins sûr… -, les prochaines élections législatives et régionales auront lieu dans un an. Les derniers sondages indiquent qu’une coalition de gauche pourrait voir le jour en Wallonie. PS, PTB et Ecolo sont, en effet, crédités ensemble de 51,3% d’intentions de vote.

De quoi encourager Bart De Wever à mettre le projet confédéraliste sur la table des négociations, Car, avec 32,4% d’intentions de vote, la N-VA reste de loin la première force politique du pays.

Depuis 1830, le cancer n’a cessé de ronger la Belgique. Il pourrait connaître sous peu sa phase ultime. Talleyrand l’avait prédit dès 1830. Et Bart De Wever n’a vu le jour qu’en 1970…

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dangereuses », Mon Petit Editeur, 2016.

 

 

 

 

 

 

Un monde agité de soubresauts

Jules Gheude, RTBF Info 8 juin 2018

https://www.rtbf.be/info/opinions/detail_un-monde-agite-de-soubresauts?id=9939854

On imagine le désarroi de Mario Draghi, le patron de la Banque Centrale Européenne, face à la situation politique que connaît son pays, l’Italie.

L’avenir de celle-ci est désormais entre les mains d’une coalition inédite, où l’extrême gauche et l’extrême droite partagent le même refus d’une Europe qui, à leurs yeux, n’a rien fait pour aider l’Italie dans le dossier crucial de l’immigration de masse.

Et la phrase lâchée par le Commissaire européen au Budget, l’Allemand Günther Oettinger, n’est certes pas de nature à apaiser la mouvance eurosceptique italienne: « Les marchés financiers vont appendre aux Italiens à bien voter » [le journaliste qui avait rapporté ces propos a reconnu qu’il avait mal retranscrit les paroles du commissaire européen, ndlr.]

  1. Oettinger sait de quoi il parle. Le  » spread « , ce très scruté écart entre les taux d’intérêt à dix ans dans la zone euro, est, pour ce qui concerne l’Allemagne et l’Italie, à son plus haut niveau depuis novembre 2013, soit 235 points. En l’espace de deux semaines, il a gagné une centaine de points.

La dette italienne s’élevait, fin mars, à 2302 milliards d’euros, soit quelque 132% du PIB du pays. C’est le ratio le plus élevé en Europe derrière la Grèce, bien loin des 60% imposés par l’Union européenne. Et cette dette est, à 70%, détenue par les Italiens eux-mêmes.

Il est clair qu’avec un programme dont les principales mesures sont évaluées à 100 milliards d’euros, la nouvelle coalition ne peut qu’aggraver la situation.

C’est la population italienne qui trinquera au bout du compte

Lorsque se posera inéluctablement le problème du refinancement de la dette italienne, on peut s’attendre à ce que les instances européennes adoptent une attitude ferme à l’égard de ces dirigeants qui les vouent aux gémonies. Et c’est la population italienne qui trinquera au bout du compte.

Bref, on saisit la complexité de la tâche qui attend le nouveau Premier ministre italien, Guiseppe Conte. Elle relève tout simplement de la quadrature du cercle !

L’Espagne, quant à elle, connaît également un bouleversement de taille, avec le renversement du gouvernement de Mariano Rajoy, suite au scandale de corruption qui éclabousse le Parti populaire. Retour au pouvoir des socialistes…. avec le soutien des indépendantistes catalans, qui comptent évidemment sur un renvoi d’ascenseur : la libérations des prisonniers politiques et la fin du régime de tutelle de Madrid sur la Catalogne. Ici aussi, la tâche du nouveau Premier ministre, Pedro Sanchez, s’avère des plus délicates.

Nous ne verserons pas une larme sur le sort réservé à Mariano Rajoy, dont l’attitude dans le dossier catalan nous a rappelé les heures sombres du franquisme.

America first!

En France, les tentatives du Président Emmanuel Macron pour amener son homologue américain à la raison, ont lamentablement échoué. Les accolades chaleureuses à Washington n’ont pas empêché Donald Trump d’appliquer à la lettre le programme pour lequel il a été élu : sortie de l’accord de Paris sur le climat, retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, installation de l’Ambassade des Etats-Unis à Jérusalem,  droits de douane sur l’importation d’acier et d’aluminium.

Ferme à l’égard de ses ennemis, Donald Trump n’épargne toutefois pas ses alliés. Le Canada et l’Union européenne sont touchés au cœur. America first ! La stratégie isolationniste ira-t-elle jusqu’à frapper l’importation des voitures allemandes sur le sol américain ? Pour la chancelière Angela Merkel, le choc serait particulièrement rude.

Les images qui nous parviennent de la bande de Gaza sont terribles. Ce qu’écrivait François Perin en 1979 trouve un écho gigantesque : « De nationalisme de défense, le Sionisme devait fatalement devenir, en se pratiquant, un nationalisme d’envahissement par immigration au détriment d’une population arabe forcée d’être privée de toute identité nationale. Si on veut rendre un peuple fou furieux jusqu’au meurtre, aveugle et suicidaire, il suffit de lui contester une identité nationale. (…) Pourquoi Jérusalem doit-elle être accaparée par le seul Etat hébreu ? Jérusalem devrait être ce qu’elle est profondément : à la fois le siège des institutions de l’Etat d’Israël, le siège des institutions de la Nation arabe palestinienne enfin reconnue, et ville sainte des juifs, des musulmans et des chrétiens« .

Entre Paris et Ankara, la tension monte, suite à la publication du numéro du  » Point  » qualifiant le président turc Recep Tayyip Erdogan de  » dictateur  » et de  » nouvel Hitler « .  Pour Emmanuel Macron, les choses sont claires : « La liberté de la presse n’a pas de prix : sans elle, c’est la dictature« .

Au Kremlin, le président Vladimir Poutine rêve d’un retour à la Grande Russie. Et l’on apprend que la Suède se prépare à une éventuelle guerre avec Moscou…

Elections au Congo

Inquiétude également à propos des futures élections présidentielles en République démocratique du Congo. Le président Joseph Kabila respectera-t-il l’Accord de la Saint-Sylvestre aux termes duquel il ne se représentera pas ? Rien n’est moins sûr. En attendant, Emmanuel Macron et son homologue angolais, Joao Lourenço, ont clairement rappelé leur opposition à l’éventualité d’un troisième mandat. Le non-respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre risquerait, en effet, de plonger toute la région dans l’instabilité.
On le voit, le monde est agité de soubresauts et les raisons d’inquiétude sont légion.

D’ici quelques jours, Donald Trump doit rencontrer à Singapour le président nord-coréen, Kim Jong-un. Une rencontre qui peut engendrer le meilleur comme le pire, tant les deux hommes sont imprévisibles.

Bien optimiste, Anatole France, lorsqu’il écrivait dans  » Sur la pierre blanche  » : « La paix universelle se réalisera un jour non parce que les hommes deviendront meilleurs (il n’est pas permis de l’espérer) ; mais parce qu’un nouvel ordre des choses, une science nouvelle, de nouvelles nécessités économiques leur imposeront l’état pacifique« .

(1) Derniers livres parus :  » François Perin – Biographie « , Editions Le Cri, et  » Un Testament wallon – Les vérités dangereuses « , Mon Petit Editeur, 2016.

 

 

Exportations wallonnes

 

 

Dans son discours sur l’état de la Wallonie, le ministre-président Willy Borsus a déclaré que les exportations wallonnes avaient atteint, en 2017, un montant de 41,9 milliards. « C’est le première fois, a-t-il ajouté, que notre commerce extérieur franchit la barre des 40 milliards au cours d’une année. »

Les chiffres de la Banque Nationale de Belgique révèlent toutefois que les exportations wallonnes se chiffraient à 42,2 milliards en 2010 et à 41,3 milliards en 2016 (contre respectivement 165,5 et 202,5 milliards pour la Flandre).

Voilà qui montre bien la difficulté de la Wallonie à décoller.

Nouvelle baisse record du chômage en Flandre

Trends-Tendances, Belga, 1er juin 2018

La Flandre comptait fin mai 184.800 demandeurs d’emplois, soit 16.962 ou 8,4% de moins qu’il y a un an, a annoncé vendredi le ministre flamand de l’Emploi, Philippe Muyters. La baisse record du mois précédent (-7,7%) a de nouveau été dépassée.

Le chômage a reculé dans toutes les catégories d’âge au nord du pays et s’élève désormais à 6,04%. « Mois après mois, nous battons des records sur le marché de l’emploi flamand », se félicite Philippe Muyters.

Le chômage a si bien reflué que des tensions en matière de recrutement se font ressentir dans maintes entreprises flamandes.