Archives mensuelles : janvier 2018

5 milliards d’euros: le plan « ambitieux » de la Wallonie pour 2019-2024

« Le Vif », Belga, 17 janvier 2017

Le gouvernement wallon a adopté mercredi un plan d’investissements de 5,03 milliards d’euros, répartis sur 31 projets, et s’étalant sur la période 2019-2024. Ce plan additionnel aux fonds déjà dégagés pour le soutien à l’économie wallonne ou la rénovation de certaines infrastructures ne remet pas en cause l’objectif de retour à l’équilibre budgétaire.

Il s’agit d’un « plan ambitieux » qui répond à « un constat largement partagé d’un sous-investissement structurel » depuis de nombreuses années dans les infrastructures publiques, a déclaré le ministre-président Willy Borsus (MR) au cours d’une conférence de presse, en présence de l’ensemble du gouvernement wallon.

Le plan wallon comporte 31 projets d’investissements d’infrastructure de plus de 10 millions d’euros susceptibles de générer un retour sur investissement. Ces projets concernent tant les bâtiments publics, que l’action sociale, la recherche, le logement, la transition économique, l’énergie, les aéroports, …

Par exemple, plus de 70 millions d’euros seront consacrés à la construction de nouvelles places en maisons de repos et de nouvelle crèches; 50 millions sont prévus pour combler les « zones blanches » pour les télécommunications en zone rurale; 135 millions d’euros pour la transition énergétique des entreprises; 100 millions d’euros pour les réseaux de gaz; 80 millions pour de grandes infrastructures touristiques; 600 millions d’euros pour la mobilité; ou encore 755 millions pour le logement, qu’il soit public (rénovation/création) ou privé (aide à l’efficacité énergétique).

Parmi les 31 projets du plan wallon, trois « dossiers considérables », pesant à eux seuls un total de 1,73 milliard d’euros, seront proposés par la Wallonie dans le cadre du pacte national d’investissements stratégiques piloté par le fédéral. Ces trois projets ont trait à la recherche et à l’innovation (700 millions), à la multimodalité (530 millions) et au développement de compteurs intelligents (500 millions). Si le fédéral venait à prendre en charge tout ou partie de ces trois projets, cela donnerait autant de marges de manoeuvre en plus pour la Wallonie, indique-t-on au gouvernement wallon.

Dans son exercice de soutien à l’investissement, l’exécutif wallon a décidé de mobiliser autant que possible le secteur privé ou les pouvoirs locaux. « Chaque projet sera examiné préalablement pour voir s’il est éligible à un partenariat public-privé (PPP) », a précisé M. Borsus, assurant que le plan wallon d’investissements ne remet pas en cause l’objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire au plus tard en 2020.

« Le retour à l’équilibre budgétaire est le socle, les fondations de la maison. Sur cette base, on pourra la développer », a confirmé le ministre du Budget, Jean-Luc Crucke, évoquant pour sa part un « monitoring » qui verra le plan s’accélérer en cas de bonne tenue de l’économie ou, le cas échéant, ralentir.

Sur l’ensemble des 5,03 milliards évoqués, 2,8 milliards concernent des partenariats-public-privé (PPP) et 300 millions d’euros des « nouveaux investissements du secteur public local ». Le montant comprend également un « buffer » ou matelas de sécurité de 204 millions d’euros, sachant que les montants évoqués pour l’un ou l’autre projet pourraient encore évoluer.

Le plan wallon d’investissements vient par ailleurs en supplément d’autres plans déjà adoptés ou pérennisés comme les 425 millions d’euros annuels de soutien à la croissance et à l’économie wallonne (ce qui succède au Plan Marshall), le plan « infrastructures » pour les réseaux routier et fluvial ou les accords-cadre en matière de rénovation du patrimoine. L’emblématique projet de tram à Liège n’y est pas non plus repris.

Parallèlement au plan d’investissements présenté mercredi, le gouvernement wallon a décidé de revoir toute une série de procédures (permis, délais de tutelle…) afin d’accélérer les investissements tant publics que privés. Le gouvernement veut aussi accorder plus de latitude aux communes pour leur permettre, si elles en ont les capacités, d’investir davantage.

Enfin, le gouvernement veillera à ce que les investissements publics réalisés s’inscrivent pleinement dans la lutte contre le dumping social.

« Un plan décevant, sujet à plusieurs hypothèques », selon le PS

Le plan d’investissement présenté mercredi par le gouvernement wallon est « une belle déclaration d’intention » mais « n’est pas à la hauteur. Il est soumis à plusieurs hypothèques », a réagi le chef de groupe PS au Parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne.

Selon l’ancien ministre wallon, ce plan de 5,03 milliards d’euros, étalé sur la période 2019-2024, est un « recyclage » de certaines mesures déjà décidées par le précédent gouvernement wallon PS-CDH. Et Pierre-Yves Dermagne de citer le plan piscines, la création de nouvelles places dans les maisons de repos, les halls-relais agricoles, les accords-cadre en matière de patrimoine ou les mesures touchant aux logements, comme autant de mesures qui allaient être concrétisées par la précédente majorité.

« Pour le reste, ce plan est sujet à plusieurs hypothèques et notamment à un accord de l’Europe sur un éventuel assouplissement budgétaire », poursuit le député wallon, qui évoque également le montant de 2,8 milliards d’euros prévus dans le cadre de partenariats public-privé. Un mécanisme d’investissement qui est régulièrement requalifié par l’Europe en dépense publique pure, qui est « difficile à mettre en place », comme l’a montré le dossier du tram de Liège, et qui « au final coûte davantage » aux pouvoirs publics, selon le chef de groupe PS.

« Enfin, tout cela dépendra du prochain gouvernement et du prochain parlement. Avant 2019, il n’y a quasiment rien de prévu », en terme d’investissements, selon l’ancien ministre. Si le PS est favorable à des investissements publics dans la mobilité, la recherche, l’énergie ou encore le logement, « ce qui a été présenté par le gouvernement wallon n’est pas à la hauteur », conclut-il.

« Surtout un plan de communication », selon Ecolo

Le plan d’investissement est « à ce stade, surtout un plan de communication », a réagi le chef de groupe Ecolo au Parlement wallon, Stéphane Hazée.

Le député vert voit dans ce plan « une démarche positive dans son principe », qui consacre « un revirement à 180 degrés pour certains au sein de la coalition et en particulier pour le MR, qui voit enfin les investissements comme un élément positif à mettre oeuvre et non plus comme une dépense comme les autres, qui devrait être payée cash l’année de sa réalisation ».

Mais, poursuit Stéphane Hazée, « ce plan d’investissement, pour être crédible, doit reposer sur des moyens réels et additionnels » et non être du « recyclage de moyens déjà dévolus aux investissements. » Or, à peine 100 millions d’euros, soit 2% du total du plan, sont réellement prévus sous cette législature, observe-t-il, estimant dès lors qu’il s’agit, à ce stade, d’un « plan de communication. »

Concernant les 31 projets annoncés mercredi par le gouvernement wallon, Ecolo estime que certains sont intéressants, notamment en matière d’énergies renouvelables, de transports en commun ou de maisons de repos, « même si c’est aussi l’inventaire de ce que le gouvernement n’a pas fait depuis quatre ans, en particulier en matière de mobilité ».

D’autres projets, par contre, trouvent beaucoup moins grâce aux yeux du chef de groupe Ecolo, comme « le déploiement généralisé des compteurs communicants » ou les « autoroutes autour des aéroports ».

Stéphane Hazée regrette enfin que les interlocuteurs sociaux, la société civile et l’opposition n’aient pas été associés dans le choix des projets retenus.

 

Echec au Roi !

Jules Gheude

On trouvera ici la version française de l’opinion de Jules Gheude publiée sur le site de Doorbraak : https://doorbraak.be/rafale-belgie/

Le PS, le CDH et Ecolo se trouvent dans l’opposition au niveau fédéral. Ces trois partis tiennent à la Belgique. Mais en réclamant la démission du secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration, Théo Francken, c’est la survie même de ce Royaume qu’ils compromettent.

Théo Francken appartient, en effet, à la N-VA, le parti le plus puissant du pays et dont les intentions sont on ne peut plus précises quant à l’avenir de celui-ci. A travers le confédéralisme que la N-VA entend instaurer, c’est bel et bien la fin de la Belgique qui est programmée. On dépiaute le Royaume avant de constater que son existence est désormais superflue. Pour la Flandre prospère, le destin est alors tout tracé : une République souveraine au sein de l’Europe.

Bart De Wever, dont nous avons maintes fois souligné les qualités de stratège, n’entend nullement lâcher son secrétaire d’Etat : Si Théo Francken démissionne, la N-VA quittera la coalition gouvernementale.

Le Premier ministre Charles Michel a beau dire qu’il n’est nullement impressionné par la menace, il n’en demeure pas moins que sa situation est extrêmement chancelante.

Dans un autre domaine, celui du sort des centrales nucléaires, le leader de la N-VA s’est également distancié du Premier ministre, en déclarant que le « pacte énergétique », que Charles Michel veut adopter dans les meilleurs délais, devait constituer l’un des thèmes majeurs de la campagne pour les élections législatives de 2019.

Bref, le torchon brûle dans la maison suédoise.

Il ne fait aucun doute que la N-VA, qui occupe la première place sur le podium des sondages, aurait tout intérêt à retirer aujourd’hui  la prise.

Une crise gouvernementale, dans les circonstances présentes, ne pourrait en effet qu’entraîner des élections anticipées. Et l’on sait à quel point le Nord est sensible au thème de l’immigration/sécurité.

Des élections anticipées ne manqueraient donc pas de gonfler les voiles des nationalistes flamands. N-VA et Vlaams Belang sont aujourd’hui crédités de quelque 40%. Au Sud, en revanche, la gauche reste majoritaire, avec un PS talonné par le PTB.

On imagine aisément la difficulté devant laquelle se trouverait le souverain. Le malheureux chef de l’Etat se mettrait à courir après un gouvernement introuvable. La Belgique peut disparaître par implosion, avait écrit le clairvoyant François Perin en 1981, 25 ans avant le fameux docu-fiction « Bye bye Belgium » de la RTBF…

Un Etat sans gouvernement, est un Etat qui n’existe plus. Devant ce constat, le Parlement flamand, fort de sa légitimité démocratique, pourrait alors proclamer unilatéralement l’indépendance de Flandre. Déjà Nation, comme le stipule le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012, la Flandre deviendrait ainsi Etat. Il suffit de 50,1% des voix pour ce faire et l’on sait qu’un parti comme le CD&V, qui a d’ailleurs composé un cartel avec la N-VA en 2004, est loin d’être exempt de velléités flamingantes. Souvenons-nous de cette déclaration de l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Au CD&V, certains, tel Eric Van Rompuy, ne se privent d’ ailleurs pas pour émettre des considérations fort critiques à l’égard du gouvernement.

La marge de manœuvre dont dispose Charles Michel est, on le voit, quasi inexistante. Soit il conserve Théo Francken, quelles que soient les conclusions de l’enquête en cours, et obtient peut-être alors de la N-VA le feu vert pour mener le pacte énergétique à bonne fin. Soit ce scénario s’avère impossible, et il n’a d’autre choix que de rendre son tablier.

Bart De Wever n’est certes pas homme à plier. Il sait que, quoi qu’il arrive, il a la maîtrise du jeu : échec au Roi !

Si la Belgique devait connaître une fin prématurée, la question du remplacement des avions de combat ne se poserait plus.

On sait que, dans ce cas, la Wallonie se trouverait dans une situation financière intenable et que la seule solution pour elle serait une intégration à la République française, avec un statut particulier de large autonomie. Pour le constitutionnaliste français Didier Maus, il serait parfaitement possible de créer un titre spécial « De la Wallonie… »  qui contiendrait une mini constitution sur mesure pour cette région.

 (http://www.belgique-francaise.fr/notes-complementaires/wallonie-francaise—cadre-constitutionnel—entretien-avec-didier-maus-constitutionnaliste-francais).

L’on verrait alors le Rafale fendre le ciel wallon, avec, au sol, une armée digne de ce nom !

 

Remplacement des F16: Atterrissage dangereux !

Jules Gheude, Essayiste politique

« Le Vif », 3 janvier 2018

Le remplacement des avions de combat vient, pour la seconde fois, alimenter le feuilleton communautaire.

En 1975, alors que le Rassemblement Wallon est dans le gouvernement Tindemans depuis quelques mois, une vive polémique surgit à propos du choix à opérer pour remplacement des 116 avions de combat F104G de la Force aérienne.

Outre la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège sont également impliqués dans ce « marché du siècle », que vont se disputer finalement trois candidats : le YF16 américain, le Mirage F-1 français et le Viggen suédois.

Très rapidement, un clivage va se dessiner au sein du gouvernement belge. Si les ministres francophones marquent leur préférence pour l’appareil français, avec le souci de promouvoir une industrie aéronautique européenne, en revanche, les ministres flamands vantent les mérités techniques de l’avion américain. Amplifié par une vaste campagne de presse, ce clivage aura pour effet de retarder la décision belge.

Le président du Rassemblement Wallon de l’époque, Paul-Henry Gendebien, n’entend rien céder sur ce terrain, d’autant qu’il sent la base de son parti de plus en plus irritée contre les atermoiements flamands à propos de l’application de la loi de régionalisation préparatoire, mise sur pied par François Perin, le ministre RW de la Réforme des Institutions. Le Nord ne se résigne pas, en effet, à faire de Bruxelles une région à part entière.

A cette irritation de la base du RW s’ajoute l’incompréhension à l’égard du mutisme dans lequel François Perin, naguère si volubile en tant que président de parti, a décidé de se murer pour exercer ses fonctions ministérielles.

Pour l’intéressé, en tout cas, il ne peut être question de compromettre l’avancement du processus de régionalisation pour une affaire d’avions. Selon lui, le gouvernement ne peut chuter que lorsque la preuve sera faite soit qu’il est possible de faire progresser la régionalisation avec une autre équipe, soit que le pays est devenu totalement ingouvernable et qu’il faut dissoudre les Chambres.

Bref, une partie de bras de fer va s’engager entre Paul-Henry Gendebien, dont l’agressivité à l’égard du Premier ministre ne cessera de croître, et François Perin, soucieux avant tout de poursuivre la tâche qui lui a été confiée.

A partir du 25 mai, le choix de l’avion américain apparaît inéluctable. A cette date, en effet, le gouvernement des Pays-Bas annonce sa décision d’acheter le YF-16. Or, des compensations économiques intéressantes ont été garanties si le marché était conclu conjointement par les autres partenaires.

Le 5 juin, un élément va déterminer François Perin à opter pour la continuation de l’expérience gouvernementale. Ce jour-là, en effet, dans la soirée, un proche collaborateur du secrétaire d’Etat RW Etienne Knoops l’informe d’une offre du ministre CVP De Saeger relative notamment à la régionalisation de l’eau. Un espoir sérieux subsiste donc de poser de nouveaux jalons régionaux.

Convoqué à Namur, le 6 juin, le Bureau fédéral du RW va se dérouler dans une ambiance survoltée. Il se divisera de façon nette pour répondre à la question « Estimez-vous que le RW doit maintenir son veto à l’achat de l’avion américain même si ce veto doit entraîner la démission du gouvernement sous une forme ou sur une autre ? » Les ministres seront mis en minorité par 48 oui contre 31 non et 1 abstention.

Quelques heures plus tard, au conseil de gouvernement, l’achat de 102 YF-16 est décidé. Le gouvernement n’ayant pas démissionné, faut-il en déduire que François Perin a bafoué la volonté de son parti ? Point du tout, et il s’en explique aux journalistes : Vous connaissez la décision qui a été prise cette nuit par mon parti. J’ai défendu ce point de vue devant le conseil de gouvernement. Le Premier ministre, appuyé par les autres membres du Conseil, a estimé que l’absence d’unanimité ne constitue en aucune façon un rejet de la décision qui a été prise par le gouvernement. Chacun, successivement, a défendu sa position au cours de la réunion. Le droit de veto n’existe pas dans le système gouvernemental belge. En outre, avec notre décision, le Premier ministre – suivi par le Conseil unanime – a considéré que l’absence d’unanimité n’entraîne pas la démission collective du gouvernement. Hier, mes amis politiques n’ont pas demandé que nous offrions notre démission. Ils entendent au contrairefaire avancer la construction européenne et la régionalisation.

Si le RW sort de l’aventure avec une vilaine blessure qui ne se cicatrisera jamais et entraînera finalement sa mort, François Perin, lui, peut aller de l’avant grâce aux garanties obtenues notamment quant à la régionalisation de l’eau, de l’administration et du logement.

Aujourd’hui, trois appareils sont susceptibles de remplacer les YF-16 : le F-35 américain de Lockheed Martin, l’Eurofighter du consortium européen éponyme et le Rafale français de Dassault Aviation. Mais pour le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), seuls les deux premiers candidats ont répondu à l’appel d’offres dans le délai prescrit, à savoir le 7 septembre.

Du côté francophone, on voit là la volonté flamande d’écarter, pour la seconde fois, le candidat français. Et ce sentiment se confirme lorsque, face aux 20 milliards de compensations offertes par la France à la Belgique, le ministre déclare : C’est trop beau pour être vrai !

L’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart, dont on se souvient du réquisitoire violent qu’il avait fait contre la flamandisation de l’armée, adopte un point de vue assez curieux. S’il rappelle que notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens et que le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires, il se pose toutefois la question quant à la sécurité juridique de l’offre française : Imaginons un seul instant la réaction de Paris à la situation inverse : un pays tiers faisant la même offre en dehors du cadre strict d’un marché stratégique majeur…

La question que Luc Gennart n’aborde pas est celle de savoir si le choix final qui sera opéré sera équilibré ou s’il favorisera nettement une région par rapport à l’autre. Sur ce point, les ministres de son propre parti – le MR – devront se montrer particulièrement vigilants…

(1) Derniers ouvrages parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.