Archives mensuelles : janvier 2018

Le velours vaut toujours mieux que le crépitement des balles

Jules Gheude, essayiste politique (1)

La version néerlandaise de cette opinion a été publiée sur le site de « Doorbraak » : https://doorbraak.be/fluwelen-handschoen-is-altijd-beter-dan-kogelgeratel/

Les lois de la logique

Un indépendantiste est, en toute logique, quelqu’un qui réclame l’indépendance.

Ou bien on lui interdit de se présenter aux élections, ou bien, si on l’y autorise, on en assume démocratiquement les conséquences.

Utilisant la majorité absolue dont ils disposaient au Parlement catalan, les partis indépendantistes ont donc, en toute logique, proclamé l’indépendance de leur région. Madrid pouvait-il s’attendre à autre chose de leur part ?

Mais les autorités espagnoles ne l’entendent pas de cette oreille. Et d’inviter le parquet de Madrid à poursuivre les intéressés pour « sédition et rébellion », tout en reprenant en mains la gestion des affaires en Catalogne.

Des autorités catalanes se retrouvèrent ainsi emprisonnées, tandis que d’autres, tel le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, décidaient de trouver refuge en Belgique, accueillis à bras ouverts par la N-VA.

En provoquant de nouvelles élections régionales, le 22 décembre 2017, le gouvernement espagnol espérait bien infliger une défaite aux indépendantistes catalans. Il n’en a rien été et ceux-ci ont retrouvé leur majorité absolue.

Il n’a pas été interdit à Carles Puigdemont de se présenter à ces élections, de sorte que sa victoire est tout à fait légitime et que rien ne peut l’empêcher aujourd’hui d’être à nouveau investi.

Mais le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, s’obstine. Si l’intéressé revient à Barcelone, le mandat d’arrêt délivré à son encontre sera immédiatement exécuté.

Curieuse interprétation de la démocratie !

Mariano Rajoy veut-il une guerre civile ?

Mariano Rajoy cherche-t-il, par son entêtement, à déclencher une guerre civile ? Tout, en effet, y concourt. Derniers épisodes : Madrid ordonne la suppression la Délégation générale de Catalogne à Bruxelles et la Cour constitutionnelle bloque l’investiture de Carles Puigdemont à la présidence du gouvernement catalan.

Cette partie de bras de fer ne peut que mal se terminer. Et, en cas de conflit, on voit mal l’Union européenne poursuivre sa stratégie des bras croisés.

Ce qui s’est passé lors du démantèlement de l’ex-Yougosavie peut fort bien se reproduire.

Et si cela devait avoir lieu en Belgique…

Transposons cela à l’échelon belge. Imaginons que, forts d’une majorité absolue au Parlement flamand, la N-VA et le Vlaams Belang se prononcent pour la mise sur pied d’une République flamande. Ici aussi, ce serait contraire à la Constitution belge, qui stipule que le Roi est garant de l’intégrité du territoire.

Mais en décrétant unilatéralement son indépendance, la Flandre s’affranchirait automatiquement de la Constitution et des lois belges. Elle deviendrait de facto un Etat souverain.

Un Etat souverain, libéré aussi des obligations internationales  auxquelles le Royaume de Belgique avait souscrit. Lors de la dislocation d’un Etat, c’est, en effet, le principe de la « table rase, qui prévaut. L’Etat dit « successeur » se retrouve tel un nouveau-né, vierge de tout traité international.

Carles Puigdemont a toute légitimité pour agir

Quel pouvoir la justice espagnole peut-elle avoir sur Carles Puigdemont, dès l’instant où un Etat catalan a été proclamé de manière démocratique ? Rien ne peut empêcher l’intéressé de constituer un gouvernement pour assurer la pleine gestion de cet Etat, que ce dernier soit reconnu ou non.

François Perin était un constitutionnaliste particulièrement réputé. Voici ce qu’il écrivait en 1981 :

Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. Les Wallons ont beau se proclamer belges. Quel est celui d’entre eux qui se battrait (au sens propre : en participant à une guerre civile) pour rétablir la Belgique contre la volonté des Flamands ? Poser la question, c’est la résoudre. Jamais l’Europe, ni l’OTAN, dira-t-on, ne laisseront éclater la Belgique. Que pourraient-ils donc faire : débarquer les « Marines » pour nous apprendre par la force à vivre ensemble ?

L’épineuse question du partage de la dette

La seule issue en Espagne consiste à mettre les protagonistes autour de la table pour négocier les aspects liés à la partition, notamment le partage de la dette.

La Convention de Vienne  du 8 avril 1983 en matière de biens, archives et dettes d’Etat stipule, en son article 40, que le partage doit se faire de manière équitable, compte tenu des actifs qui passent à l’Etat successeur. Mais ni l’Espagne ni la Belgique n’a signé cette Convention. La négociation sera donc dictée ici non par une règle de droit international clairement établie, mais par le rapport des forces politiques en présence, ce qui n’est certes pas de nature à faciliter les choses.

Mais les autorités espagnoles n’ont aucun intérêt à se montrer intransigeantes et à tergiverser. Il y va, en de compte, du bien-être des populations concernées.

Lors de la dislocation du Royaume uni des Pays-Bas en 1830, il a fallu dix ans pour régler la question de la dette. Le Traité de Londres du 19 avril 1839 a procédé expressément, en son article 13, au partage entre les « Pays-Bas résiduaires » et le nouveau Royaume indépendant de Belgique. Et la dette de l’époque était ridiculement basse par rapport au PIB. De plus, la Belgique n’était pas en position de force pour négocier avec les Pays-Bas. Elle ne dut son existence qu’aux interventions militaires de la France – le maréchal Gérard – pour la protéger des Pays-Bas. Anvers ne fut libérée qu’en 1832 par les Français. Certes, bien des choses ont changé depuis 1839.

Si la Flandre devait faire sécession, la « Belgique résiduelle » pourrait aussi de facto être exclue du jeu international. Il faut rappeler ici  que la « Yougoslavie résiduelle », qui avait toujours sa capitale à Belgrade comme avant les sécessions slovène croate et bosniaque de 1991-1992, n’a pas été reconnue par l’ONU de 1992 à 2000 comme successeur de la « grande Yougoslavie ».

Mieux vaut divorcer à l’amiable

La Tchécoslovaquie a été capable de divorcer à l’amiable, alors que c’était le partenaire le plus faible, la Slovaquie, qui demandait la séparation.

Le velours vaut toujours mieux que le crépitement des balles ! Mais Mariano Rajoy peut-il entendre ce message ?

Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler ces propos tenus en 1947 par Jean Rey, l’un des pères de la construction européenne :

(…) partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu’il ne finisse pas par craquer (…) La sagesse est de s’en apercevoir à temps.

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2016, et « Un testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.

 

La réforme wallonne des allocations familiales approuvée à l’unanimité en commission

« La Libre Belgique », Belga, 23 janvier 2018

La commission de l’Action sociale du parlement wallon a mené au pas de charge mardi les débats sur le projet de réforme des allocations familiales, qu’elle a approuvée à l’unanimité en début de soirée, laissant toutes ses chances à une entrée en vigueur au 1er janvier prochain. Le dossier est l’un des plus importants de la législature 2014-2019, puisqu’il pèse près de 2,25 milliards d’euros, soit près de 15% de l’ensemble du budget wallon.

Initié par le précédent gouvernement (PS-cdH) à la suite de la défédéralisation de cette compétence (6e réforme de l’État), le projet de l’ex-ministre Maxime Prévot (cdH) avait été repris par la nouvelle majorité MR-cdH et sa ministre de l’Action sociale Alda Greoli (cdH).

Il prévoit que, pour chaque enfant né à partir de l’entrée en vigueur de la réforme (1er janvier 2019, voire 2020 si les préparatifs administratifs devaient s’enrayer), la famille recevra une allocation de base de 155 euros jusqu’aux 18 ans de l’enfant et 165 euros de ses 18 à 24 ans.

Le rang de l’enfant n’intervient donc plus dans le calcul du montant des allocations: le montant octroyé au premier enfant sera égal à celui des enfants suivants. Il prévoit aussi un montant augmenté à partir de 18 ans, suivant en cela la hausse avérée des coûts liés à l’enfant à partir de cet âge.

Les changements concerneront uniquement les enfants nés à partir de l’entrée en vigueur. Pour les enfants nés avant, le modèle actuellement utilisé subsistera pour s’éteindre de façon progressive, jusqu’en 2043. Il n’y aura donc aucune diminution de montant pour les familles actuelles, souligne la ministre.

La Wallonie est ainsi la première entité du pays à valider son modèle d’allocations familiales, sa caisse publique et l’agrément des caisses privées, se réjouit-elle.

 

Belgique : Chronique d’une mort annoncée

Une opinion de Jules Gheude, essayiste politique (1),  sur le site du « Vif », 22 janvier 2018

http://www.levif.be/actualite/belgique/belgique-chronique-d-une-mort-annoncee/article-opinion-787711.html

Il y a deux ans, lors d’un reportage de la VRT, Liesbeth Homans, ministre (N-VA) du gouvernement flamand, exprimait le souhait de voir la Belgique disparaître en 2025. Aujourd’hui, le groupe financier Bloomberg annonce la fin de la Belgique en 2028. Le Royaume se trouve donc en phase terminale.

Cela n’empêche pas la coalition suédoise de Charles Michel d’envisager des mesures pour le long terme, notamment en ce qui concerne l’énergie. Il est même question de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en… 2040, même si la ministre Marie-Christine Marghem s’empresse de préciser qu’il s’agit là d’un scénario tout à fait théorique.

Bref, on prépare un avenir dans lequel la Belgique pourrait ne plus avoir sa place.

Si l’espoir, dit-on, fait vivre, il importe aussi de tenir compte de la réalité.

Depuis 1970, le moteur institutionnel de la Belgique a subi six entretiens. Mais aujourd’hui, il semble totalement bloqué. La saga du RER, les nuisances sonores au-dessus de Brussels Airport, la construction d’un stade national, la mise en application du pacte énergétique… Autant d’éléments qui viennent illustrer les propos tenus en 2016 par Jean Quatremer, le correspondant bruxellois du journal « Libération » : le royaume est dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité.

La Belgique est souvent associée au mouvement surréaliste. On connaît ce tableau de René Magritte intitulé « Ceci n’est pas une pipe ». L’artiste aurait pu également dessiner les contours de la Belgique, en y ajoutant « Ceci n’est pas un pays »…

Ce qui est en tout cas surréaliste, c’est de voir la plus grande formation politique du pays, la N-VA, au gouvernement fédéral, alors qu’elle plaide ouvertement pour l’émergence d’une République flamande au sein de l’Europe. Cela s’appelle « entretenir un serpent en son sein ».

Lorsque la « suédoise »é a vu le jour en 2014, il fut décidé de placer le communautaire au frigo pour la durée de la législature. Insensé, lorsqu’on sait qu’en Belgique, le moindre dossier revêt un aspect communautaire. On le voit encore aujourd’hui avec la polémique entretenue autour de Théo Francken, le ministre (N-VA) à l’Asile et à l’Immigration. Les francophones réclament à cor et à cri sa démission, tandis que l’homme ne cesse de doper les adhésions à son parti. Continue comme cela ! a lâché Bart de Wever, lors de la réception de Nouvel An de la N-VA à Malines…

Si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui, il ne fait aucun doute que Théo Francken se retrouverait sur la première marche du podium en Flandre. Autrement dit, l’entêtement des francophones à son égard ne fait que précipiter la mort du royaume.

Les francophones souffrent de ce que j’appellerais « le syndrome du catoblépas », cet animal légendaire à long cou grêle dont la lourde tête traîne à terre et l’amène à brouter ses propres pattes.

Les francophones sont, en effet, perpétuellement dans le déni. Ils refusent de voir la réalité en face : depuis 1970, tout a été mis en oeuvre pour faire de la Flandre une véritable nation (un peuple, un territoire, une langue, une culture).

Il n’y a pas place, dans ce petit pays, pour deux nations : une belge (mais a-t-elle vraiment jamais existé ?) et une flamande, constatait François Perin en 1981. Et il ajoutait : Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. Les Wallons ont beau se proclamer belges. Quel est celui d’entre eux qui se battrait (au sens propre : en participant à une guerre civile) pour rétablir la Belgique contre la volonté des Flamands ? Poser la question, c’est la résoudre. Jamais l’Europe, ni l’OTAN, dira-t-on, ne laisseront éclater la Belgique. Que pourraient-ils donc faire : débarquer les « Marines » pour nous apprendre par la force à vivre ensemble ?

Le Centre d’études du MR porte le nom de Jean Gol. Les pontes de ce parti ignorent-ils qu’à la fin de sa vie, Jean Gol ne se faisait plus la moindre illusion quant à la Belgique ? Selon lui, la poussée irrésistible du nationalisme flamand ne pouvait qu’entraîner la disparition du pays et seule la France était de nature à assurer l’avenir de la Wallonie.

Dans son livre « Splendeurs de la liberté », Paul-Henry Gendebien rapporte cet entretien qu’il eut avec l’intéressé : Nous en arrivâmes bien vite à calculer le nombre de départements, de conseillers généraux et régionaux, de députés qui reviendraient à la Wallonie. Sa férocité se déchaîna lorsque nous évoquâmes ceux de ses amis politiques qu’il faudrait recaser à l’Assemblée nationale. « De toute manière, ajouta-t-il, ils seront fiers de porter l’écharpe tricolore et quelques décorations feront le reste… ». Nous évoquâmes aussi diverses formules d’association ou de réintégration dans la République, le précédent de l’Alsace-Lorraine n’étant pas sans intérêt.

La raison pour laquelle la Belgique a été créée en 1830 (volonté des grandes puissances de l’époque, notamment l’Angleterre, de se prémunir contre la France) ne représente plus rien depuis belle lurette. Le temps n’est-il pas venu de réparer ce que l’ancien Premier ministre Yves Leterme a lui-même qualifié d’accident de l’Histoire ?

Jean Rey, l’un des pères de la construction européenne, était connu pour sa sagesse. En 1947, il déclara : Partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu’il ne finisse pas par craquer.

La Catalogne, l’Ecosse, la Flandre : il est vain de mener des combats d’arrière-garde contre des mouvements irréversibles.

En raison des caprices de l’Histoire, la Wallonie n’a été française que durant une très brève période, de 1794 à 1814. Pourtant, depuis le 13ème siècle, le français y a été accepté comme langue littéraire. L’historien namurois Félix Rousseau voit là le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

La France serait-elle disposée aujourd’hui à accueillir la Wallonie ? A cette question, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, répond clairement : S’ils étaient consultés demain sur l’éventuel rattachement des francophones à la France, 95% des habitants de l’Hexagone répondraient favorablement. Et il ajoute : C’est un beau débat. Qu’il commence !

(1) Derniers livres parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016

 

Remplacement des F-16: « Les F-35 coûtent presque 2 milliards de plus que prévu »

« Le Vif », Belga, 21 janvier 2018

Le sp.a craint que l’achat de 34 Joint Fight Strikers (F-35) en remplacement des actuels F-16 coûte près de 2 milliards d’euros en plus que prévu. « Prématuré », estime le ministre de la Défense Steven Vandeput.

Les socialistes flamands se basent sur un communiqué du département d’Etat américain (Affaires étrangères) qui estime à 5,35 milliards d’euros la facture de la vente de ces appareils à la Belgique. Le gouvernement belge avait fixé le prix d’achat de nouveaux avions de chasse à 3,6 milliards d’euros.

La Défense a lancé un appel d’offres pour le remplacement des F-16, auquel ont répondu favorablement deux agences étatiques – promouvant l’une le F-35 Lightning II du constructeur américain Lockheed Martin et l’autre l’Eurofighter produit par le consortium éponyme, qui réunit le groupe britannique de défense et de sécurité BAE Systems, Airbus Defence & Space et l’italien Leonardo. Par ailleurs, au lieu de s’inscrire dans le cadre de l’appel d’offres (en jargon un « Request for Government Proposal », RfGP), la ministre française des Armées, Florence Parly, a proposé au ministre de la Défense Steven Vandeput un « partenariat approfondi et structurant » fondé sur le Rafale et une implication belge dans le développement d’un avion de combat de nouvelle génération, envisagé par la France et l’Allemagne à l’horizon 2040 dans le contexte d’une relance de la défense européenne.

Alors que les études juridiques se poursuivent sur cette proposition française, le gouvernement fédéral s’est donné jusqu’au 14 février pour définir la « best and final offer » parmi celles formulées en réponse à l’appel d’offres. Juste avant que l’administration américaine ne soit partiellement paralysée, en l’absence d’accord budgétaire, par un « shutdown », le département d’Etat a approuvé la possibilité de vendre à la Belgique 34 avions F-35 pour un montant estimé à 6,53 milliards de dollars, soit 5,35 milliards d’euros.

Selon le député sp.a Alain Top, le ministre Steven Vandeput n’a aujourd’hui que deux options s’il souhaite acheter les F-35. « Soit il doit revoir le niveau d’ambition militaire de la Belgique et acheter un nombre moins important d’avions que les 34 F-35 prévus, ce qui signifie que l’espace aérien sera moins bien protégé. Soit il devra inscrire au budget des moyens supplémentaires. Or, le montant des achats d’avions de chasse dérape déjà et pèse sur les générations futures. Il serait complètement irresponsable d’alourdir encore la facture », a-t-il estimé.

Le ministre Vandeput estime que le montant mentionné est « prématuré ». « Les Américains feront leur meilleure et dernière offre le 14 février », a réagi le porte-parole du ministre. Un comité d’achat composé de spécialistes devra ensuite étudier et évaluer les différentes offres reçues. « Ce n’est seulement qu’à la fin de cette évaluation qu’on connaîtra le prix », a-t-il souligné.

5 milliards d’euros: le plan « ambitieux » de la Wallonie pour 2019-2024

« Le Vif », Belga, 17 janvier 2017

Le gouvernement wallon a adopté mercredi un plan d’investissements de 5,03 milliards d’euros, répartis sur 31 projets, et s’étalant sur la période 2019-2024. Ce plan additionnel aux fonds déjà dégagés pour le soutien à l’économie wallonne ou la rénovation de certaines infrastructures ne remet pas en cause l’objectif de retour à l’équilibre budgétaire.

Il s’agit d’un « plan ambitieux » qui répond à « un constat largement partagé d’un sous-investissement structurel » depuis de nombreuses années dans les infrastructures publiques, a déclaré le ministre-président Willy Borsus (MR) au cours d’une conférence de presse, en présence de l’ensemble du gouvernement wallon.

Le plan wallon comporte 31 projets d’investissements d’infrastructure de plus de 10 millions d’euros susceptibles de générer un retour sur investissement. Ces projets concernent tant les bâtiments publics, que l’action sociale, la recherche, le logement, la transition économique, l’énergie, les aéroports, …

Par exemple, plus de 70 millions d’euros seront consacrés à la construction de nouvelles places en maisons de repos et de nouvelle crèches; 50 millions sont prévus pour combler les « zones blanches » pour les télécommunications en zone rurale; 135 millions d’euros pour la transition énergétique des entreprises; 100 millions d’euros pour les réseaux de gaz; 80 millions pour de grandes infrastructures touristiques; 600 millions d’euros pour la mobilité; ou encore 755 millions pour le logement, qu’il soit public (rénovation/création) ou privé (aide à l’efficacité énergétique).

Parmi les 31 projets du plan wallon, trois « dossiers considérables », pesant à eux seuls un total de 1,73 milliard d’euros, seront proposés par la Wallonie dans le cadre du pacte national d’investissements stratégiques piloté par le fédéral. Ces trois projets ont trait à la recherche et à l’innovation (700 millions), à la multimodalité (530 millions) et au développement de compteurs intelligents (500 millions). Si le fédéral venait à prendre en charge tout ou partie de ces trois projets, cela donnerait autant de marges de manoeuvre en plus pour la Wallonie, indique-t-on au gouvernement wallon.

Dans son exercice de soutien à l’investissement, l’exécutif wallon a décidé de mobiliser autant que possible le secteur privé ou les pouvoirs locaux. « Chaque projet sera examiné préalablement pour voir s’il est éligible à un partenariat public-privé (PPP) », a précisé M. Borsus, assurant que le plan wallon d’investissements ne remet pas en cause l’objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire au plus tard en 2020.

« Le retour à l’équilibre budgétaire est le socle, les fondations de la maison. Sur cette base, on pourra la développer », a confirmé le ministre du Budget, Jean-Luc Crucke, évoquant pour sa part un « monitoring » qui verra le plan s’accélérer en cas de bonne tenue de l’économie ou, le cas échéant, ralentir.

Sur l’ensemble des 5,03 milliards évoqués, 2,8 milliards concernent des partenariats-public-privé (PPP) et 300 millions d’euros des « nouveaux investissements du secteur public local ». Le montant comprend également un « buffer » ou matelas de sécurité de 204 millions d’euros, sachant que les montants évoqués pour l’un ou l’autre projet pourraient encore évoluer.

Le plan wallon d’investissements vient par ailleurs en supplément d’autres plans déjà adoptés ou pérennisés comme les 425 millions d’euros annuels de soutien à la croissance et à l’économie wallonne (ce qui succède au Plan Marshall), le plan « infrastructures » pour les réseaux routier et fluvial ou les accords-cadre en matière de rénovation du patrimoine. L’emblématique projet de tram à Liège n’y est pas non plus repris.

Parallèlement au plan d’investissements présenté mercredi, le gouvernement wallon a décidé de revoir toute une série de procédures (permis, délais de tutelle…) afin d’accélérer les investissements tant publics que privés. Le gouvernement veut aussi accorder plus de latitude aux communes pour leur permettre, si elles en ont les capacités, d’investir davantage.

Enfin, le gouvernement veillera à ce que les investissements publics réalisés s’inscrivent pleinement dans la lutte contre le dumping social.

« Un plan décevant, sujet à plusieurs hypothèques », selon le PS

Le plan d’investissement présenté mercredi par le gouvernement wallon est « une belle déclaration d’intention » mais « n’est pas à la hauteur. Il est soumis à plusieurs hypothèques », a réagi le chef de groupe PS au Parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne.

Selon l’ancien ministre wallon, ce plan de 5,03 milliards d’euros, étalé sur la période 2019-2024, est un « recyclage » de certaines mesures déjà décidées par le précédent gouvernement wallon PS-CDH. Et Pierre-Yves Dermagne de citer le plan piscines, la création de nouvelles places dans les maisons de repos, les halls-relais agricoles, les accords-cadre en matière de patrimoine ou les mesures touchant aux logements, comme autant de mesures qui allaient être concrétisées par la précédente majorité.

« Pour le reste, ce plan est sujet à plusieurs hypothèques et notamment à un accord de l’Europe sur un éventuel assouplissement budgétaire », poursuit le député wallon, qui évoque également le montant de 2,8 milliards d’euros prévus dans le cadre de partenariats public-privé. Un mécanisme d’investissement qui est régulièrement requalifié par l’Europe en dépense publique pure, qui est « difficile à mettre en place », comme l’a montré le dossier du tram de Liège, et qui « au final coûte davantage » aux pouvoirs publics, selon le chef de groupe PS.

« Enfin, tout cela dépendra du prochain gouvernement et du prochain parlement. Avant 2019, il n’y a quasiment rien de prévu », en terme d’investissements, selon l’ancien ministre. Si le PS est favorable à des investissements publics dans la mobilité, la recherche, l’énergie ou encore le logement, « ce qui a été présenté par le gouvernement wallon n’est pas à la hauteur », conclut-il.

« Surtout un plan de communication », selon Ecolo

Le plan d’investissement est « à ce stade, surtout un plan de communication », a réagi le chef de groupe Ecolo au Parlement wallon, Stéphane Hazée.

Le député vert voit dans ce plan « une démarche positive dans son principe », qui consacre « un revirement à 180 degrés pour certains au sein de la coalition et en particulier pour le MR, qui voit enfin les investissements comme un élément positif à mettre oeuvre et non plus comme une dépense comme les autres, qui devrait être payée cash l’année de sa réalisation ».

Mais, poursuit Stéphane Hazée, « ce plan d’investissement, pour être crédible, doit reposer sur des moyens réels et additionnels » et non être du « recyclage de moyens déjà dévolus aux investissements. » Or, à peine 100 millions d’euros, soit 2% du total du plan, sont réellement prévus sous cette législature, observe-t-il, estimant dès lors qu’il s’agit, à ce stade, d’un « plan de communication. »

Concernant les 31 projets annoncés mercredi par le gouvernement wallon, Ecolo estime que certains sont intéressants, notamment en matière d’énergies renouvelables, de transports en commun ou de maisons de repos, « même si c’est aussi l’inventaire de ce que le gouvernement n’a pas fait depuis quatre ans, en particulier en matière de mobilité ».

D’autres projets, par contre, trouvent beaucoup moins grâce aux yeux du chef de groupe Ecolo, comme « le déploiement généralisé des compteurs communicants » ou les « autoroutes autour des aéroports ».

Stéphane Hazée regrette enfin que les interlocuteurs sociaux, la société civile et l’opposition n’aient pas été associés dans le choix des projets retenus.

 

Echec au Roi !

Jules Gheude

On trouvera ici la version française de l’opinion de Jules Gheude publiée sur le site de Doorbraak : https://doorbraak.be/rafale-belgie/

Le PS, le CDH et Ecolo se trouvent dans l’opposition au niveau fédéral. Ces trois partis tiennent à la Belgique. Mais en réclamant la démission du secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration, Théo Francken, c’est la survie même de ce Royaume qu’ils compromettent.

Théo Francken appartient, en effet, à la N-VA, le parti le plus puissant du pays et dont les intentions sont on ne peut plus précises quant à l’avenir de celui-ci. A travers le confédéralisme que la N-VA entend instaurer, c’est bel et bien la fin de la Belgique qui est programmée. On dépiaute le Royaume avant de constater que son existence est désormais superflue. Pour la Flandre prospère, le destin est alors tout tracé : une République souveraine au sein de l’Europe.

Bart De Wever, dont nous avons maintes fois souligné les qualités de stratège, n’entend nullement lâcher son secrétaire d’Etat : Si Théo Francken démissionne, la N-VA quittera la coalition gouvernementale.

Le Premier ministre Charles Michel a beau dire qu’il n’est nullement impressionné par la menace, il n’en demeure pas moins que sa situation est extrêmement chancelante.

Dans un autre domaine, celui du sort des centrales nucléaires, le leader de la N-VA s’est également distancié du Premier ministre, en déclarant que le « pacte énergétique », que Charles Michel veut adopter dans les meilleurs délais, devait constituer l’un des thèmes majeurs de la campagne pour les élections législatives de 2019.

Bref, le torchon brûle dans la maison suédoise.

Il ne fait aucun doute que la N-VA, qui occupe la première place sur le podium des sondages, aurait tout intérêt à retirer aujourd’hui  la prise.

Une crise gouvernementale, dans les circonstances présentes, ne pourrait en effet qu’entraîner des élections anticipées. Et l’on sait à quel point le Nord est sensible au thème de l’immigration/sécurité.

Des élections anticipées ne manqueraient donc pas de gonfler les voiles des nationalistes flamands. N-VA et Vlaams Belang sont aujourd’hui crédités de quelque 40%. Au Sud, en revanche, la gauche reste majoritaire, avec un PS talonné par le PTB.

On imagine aisément la difficulté devant laquelle se trouverait le souverain. Le malheureux chef de l’Etat se mettrait à courir après un gouvernement introuvable. La Belgique peut disparaître par implosion, avait écrit le clairvoyant François Perin en 1981, 25 ans avant le fameux docu-fiction « Bye bye Belgium » de la RTBF…

Un Etat sans gouvernement, est un Etat qui n’existe plus. Devant ce constat, le Parlement flamand, fort de sa légitimité démocratique, pourrait alors proclamer unilatéralement l’indépendance de Flandre. Déjà Nation, comme le stipule le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012, la Flandre deviendrait ainsi Etat. Il suffit de 50,1% des voix pour ce faire et l’on sait qu’un parti comme le CD&V, qui a d’ailleurs composé un cartel avec la N-VA en 2004, est loin d’être exempt de velléités flamingantes. Souvenons-nous de cette déclaration de l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck : La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Au CD&V, certains, tel Eric Van Rompuy, ne se privent d’ ailleurs pas pour émettre des considérations fort critiques à l’égard du gouvernement.

La marge de manœuvre dont dispose Charles Michel est, on le voit, quasi inexistante. Soit il conserve Théo Francken, quelles que soient les conclusions de l’enquête en cours, et obtient peut-être alors de la N-VA le feu vert pour mener le pacte énergétique à bonne fin. Soit ce scénario s’avère impossible, et il n’a d’autre choix que de rendre son tablier.

Bart De Wever n’est certes pas homme à plier. Il sait que, quoi qu’il arrive, il a la maîtrise du jeu : échec au Roi !

Si la Belgique devait connaître une fin prématurée, la question du remplacement des avions de combat ne se poserait plus.

On sait que, dans ce cas, la Wallonie se trouverait dans une situation financière intenable et que la seule solution pour elle serait une intégration à la République française, avec un statut particulier de large autonomie. Pour le constitutionnaliste français Didier Maus, il serait parfaitement possible de créer un titre spécial « De la Wallonie… »  qui contiendrait une mini constitution sur mesure pour cette région.

 (http://www.belgique-francaise.fr/notes-complementaires/wallonie-francaise—cadre-constitutionnel—entretien-avec-didier-maus-constitutionnaliste-francais).

L’on verrait alors le Rafale fendre le ciel wallon, avec, au sol, une armée digne de ce nom !

 

Remplacement des F16: Atterrissage dangereux !

Jules Gheude, Essayiste politique

« Le Vif », 3 janvier 2018

Le remplacement des avions de combat vient, pour la seconde fois, alimenter le feuilleton communautaire.

En 1975, alors que le Rassemblement Wallon est dans le gouvernement Tindemans depuis quelques mois, une vive polémique surgit à propos du choix à opérer pour remplacement des 116 avions de combat F104G de la Force aérienne.

Outre la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège sont également impliqués dans ce « marché du siècle », que vont se disputer finalement trois candidats : le YF16 américain, le Mirage F-1 français et le Viggen suédois.

Très rapidement, un clivage va se dessiner au sein du gouvernement belge. Si les ministres francophones marquent leur préférence pour l’appareil français, avec le souci de promouvoir une industrie aéronautique européenne, en revanche, les ministres flamands vantent les mérités techniques de l’avion américain. Amplifié par une vaste campagne de presse, ce clivage aura pour effet de retarder la décision belge.

Le président du Rassemblement Wallon de l’époque, Paul-Henry Gendebien, n’entend rien céder sur ce terrain, d’autant qu’il sent la base de son parti de plus en plus irritée contre les atermoiements flamands à propos de l’application de la loi de régionalisation préparatoire, mise sur pied par François Perin, le ministre RW de la Réforme des Institutions. Le Nord ne se résigne pas, en effet, à faire de Bruxelles une région à part entière.

A cette irritation de la base du RW s’ajoute l’incompréhension à l’égard du mutisme dans lequel François Perin, naguère si volubile en tant que président de parti, a décidé de se murer pour exercer ses fonctions ministérielles.

Pour l’intéressé, en tout cas, il ne peut être question de compromettre l’avancement du processus de régionalisation pour une affaire d’avions. Selon lui, le gouvernement ne peut chuter que lorsque la preuve sera faite soit qu’il est possible de faire progresser la régionalisation avec une autre équipe, soit que le pays est devenu totalement ingouvernable et qu’il faut dissoudre les Chambres.

Bref, une partie de bras de fer va s’engager entre Paul-Henry Gendebien, dont l’agressivité à l’égard du Premier ministre ne cessera de croître, et François Perin, soucieux avant tout de poursuivre la tâche qui lui a été confiée.

A partir du 25 mai, le choix de l’avion américain apparaît inéluctable. A cette date, en effet, le gouvernement des Pays-Bas annonce sa décision d’acheter le YF-16. Or, des compensations économiques intéressantes ont été garanties si le marché était conclu conjointement par les autres partenaires.

Le 5 juin, un élément va déterminer François Perin à opter pour la continuation de l’expérience gouvernementale. Ce jour-là, en effet, dans la soirée, un proche collaborateur du secrétaire d’Etat RW Etienne Knoops l’informe d’une offre du ministre CVP De Saeger relative notamment à la régionalisation de l’eau. Un espoir sérieux subsiste donc de poser de nouveaux jalons régionaux.

Convoqué à Namur, le 6 juin, le Bureau fédéral du RW va se dérouler dans une ambiance survoltée. Il se divisera de façon nette pour répondre à la question « Estimez-vous que le RW doit maintenir son veto à l’achat de l’avion américain même si ce veto doit entraîner la démission du gouvernement sous une forme ou sur une autre ? » Les ministres seront mis en minorité par 48 oui contre 31 non et 1 abstention.

Quelques heures plus tard, au conseil de gouvernement, l’achat de 102 YF-16 est décidé. Le gouvernement n’ayant pas démissionné, faut-il en déduire que François Perin a bafoué la volonté de son parti ? Point du tout, et il s’en explique aux journalistes : Vous connaissez la décision qui a été prise cette nuit par mon parti. J’ai défendu ce point de vue devant le conseil de gouvernement. Le Premier ministre, appuyé par les autres membres du Conseil, a estimé que l’absence d’unanimité ne constitue en aucune façon un rejet de la décision qui a été prise par le gouvernement. Chacun, successivement, a défendu sa position au cours de la réunion. Le droit de veto n’existe pas dans le système gouvernemental belge. En outre, avec notre décision, le Premier ministre – suivi par le Conseil unanime – a considéré que l’absence d’unanimité n’entraîne pas la démission collective du gouvernement. Hier, mes amis politiques n’ont pas demandé que nous offrions notre démission. Ils entendent au contrairefaire avancer la construction européenne et la régionalisation.

Si le RW sort de l’aventure avec une vilaine blessure qui ne se cicatrisera jamais et entraînera finalement sa mort, François Perin, lui, peut aller de l’avant grâce aux garanties obtenues notamment quant à la régionalisation de l’eau, de l’administration et du logement.

Aujourd’hui, trois appareils sont susceptibles de remplacer les YF-16 : le F-35 américain de Lockheed Martin, l’Eurofighter du consortium européen éponyme et le Rafale français de Dassault Aviation. Mais pour le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), seuls les deux premiers candidats ont répondu à l’appel d’offres dans le délai prescrit, à savoir le 7 septembre.

Du côté francophone, on voit là la volonté flamande d’écarter, pour la seconde fois, le candidat français. Et ce sentiment se confirme lorsque, face aux 20 milliards de compensations offertes par la France à la Belgique, le ministre déclare : C’est trop beau pour être vrai !

L’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart, dont on se souvient du réquisitoire violent qu’il avait fait contre la flamandisation de l’armée, adopte un point de vue assez curieux. S’il rappelle que notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens et que le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires, il se pose toutefois la question quant à la sécurité juridique de l’offre française : Imaginons un seul instant la réaction de Paris à la situation inverse : un pays tiers faisant la même offre en dehors du cadre strict d’un marché stratégique majeur…

La question que Luc Gennart n’aborde pas est celle de savoir si le choix final qui sera opéré sera équilibré ou s’il favorisera nettement une région par rapport à l’autre. Sur ce point, les ministres de son propre parti – le MR – devront se montrer particulièrement vigilants…

(1) Derniers ouvrages parus : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015, et « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, 2016.