Se préparer à l’après-Belgique

Jules Gheude

La saga du RER, l’interminable débat sur les nuisances sonores de Brussels Airport, le rapport accablant de la Cour des Comptes concernant le pavillon belge de l’Exposition universelle de Milan et, last but not least, le dossier avorté du stade de Bruxelles : voilà qui illustre clairement la déliquescence de l’Etat belge.

Comment construire encore un stade « national », dès lors que la Belgique n’est plus (l’a-t-elle d’ailleurs jamais été ?) une nation ?

En revanche, la nation flamande existe bel et bien, ainsi que le précise le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012.

Avec une N-VA et un Vlaams Belang, crédités respectivement de 29,5% et 10,4% d’intentions de vote (ces deux partis étant clairement séparatistes), il est évident que la survie de la Belgique est compromise à terme. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle avait abouti le rapport de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française en 2011.

Face à cette évolution, il est urgent que les responsables francophones se préparent à l’après-Belgique.

Comme l’avait déclaré le sage Jean Rey : « Partout, quand un Etat unitaire est travaillé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu’il ne finisse pas par craquer. La sagesse est de s’en apercevoir à temps. »