Archives mensuelles : décembre 2017

Exportations wallonnes

 

 

Si l’on consulte les chiffres de la BNB  du 1er trimestre des quatre dernières années, en ce qui concerne les exportations wallonnes, on obtient ce qui suit :

 

2017 : 10,974 Milliards €

2016 : 10,277

2015 : 10,953

2014 : 10,844

 

Il est clair qu’on ne décolle pas et que de nouvelles stratégies doivent être mises en place.

 

Les petits francophones, bons derniers de la classe européenne en lecture

« Le Vif », Belga, 5 décembre 2017

Les capacités de lecture des jeunes francophones de Belgique ont régressé au cours des cinq dernières années, plaçant la Fédération Wallonie-Bruxelles en dernière place de l’Union européenne et des pays développés, selon les résultats du Programme international d’évaluation des compétences en lecture (PIRLS 2016).

Marie-Martine Schyns. © Belga

Les jeunes francophones n’y engrangent qu’un résultat moyen de 497 points, en retrait de 9 points par rapport à une étude similaire réalisée en 2011.

La Fédération Wallonie-Bruxelles se classe ainsi bien en-dessous de la moyenne des pays de référence (542 points), et derrière la Flandre (525 points).

Dans un communiqué, la ministre de l’Education Marie-Marie Schyns a qualifié ces résultats, qui corroborent ceux livrés récemment par les études Pisa de l’OCDE, d' »insatisfaisants ».

Les chiffres pour la Fédération Wallonie-Bruxelles montrent une forte disparité de résultats entre petits francophones selon leur genre, leur retard scolaire et leur origine sociale.

Les garçons disposent ainsi d’une moins bonne capacité de lecture que les filles.

« La ministre Schyns a démissionné de tout responsabilité ministérielle »

L’opposition MR en Fédération Wallonie-Bruxelles a vertement dénoncé mardi l’attitude de la ministre de l’Education, Marie-Martine Schyns (cdH), face au piètre niveau de lecture des jeunes francophones révélé par une étude internationale (PIRLS 2016).

Au-delà des résultats « consternants » révélés par l’enquête, « le plus catastrophique est la façon dont la ministre s’en lave les mains! », dénoncent les réformateurs dans un communiqué.

« Cela fait déjà un certain temps que le groupe MR dénonce son abandon de gouvernance aux groupes de travail du Pacte d’excellence, mais cette fois, c’est le point de non-retour », tonne leur cheffe de file au Parlement de la Fédération, Françoise Bertieaux.

« Face à ces mauvais résultats, la ministre se tourne, une fois encore, vers les groupes de travail du Pacte pour +en tenir compte+, et à qui +ces analyses seront utiles+. On croit rêver! Sur une réforme aussi importante que le Pacte d’excellence, que l’on concerte les acteurs de terrain est normal, voire crucial. Mais ensuite, un ministre se doit de prendre ses responsabilités en prenant – parfois en tranchant – les mesures censées répondre aux lacunes observées. Il est clair que désormais Mme Schyns a démissionné de toute responsabilité ministérielle », juge Mme Bertieaux.

 

Face aux évolutions irréversibles, il ne sert à rien de mener des combats d’arrière-garde

Jules Gheude, essayiste politique (1)

La version néerlandaise de ce texte a été publiée sur le site de Knack :

http://www.knack.be/nieuws/belgie/bij-onomkeerbare-ontwikkelingen-helpen-achterhoedegevechten-niet/article-opinion-934823.html

Feu Xavier Mabille, président du CRISP, était connu pour la pertinence de ses analyses politiques.

Evoquant l’avenir de la Belgique, il écrivait :

Au cas où s’accomplirait la scission de l’Etat (hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure), il m’apparaît clairement que le problème ne pourrait qu’acquérir alors une dimension européenne et internationale qui lui fait défaut jusqu’à cette date. (…) Les Etats voisins et les institutions internationales dont la Belgique est membre seraient contraints de sortir de la réserve que leur imposent actuellement leurs relations diplomatiques. Les rapports de force qui régissent actuellement le débat institutionnel en Belgique même cesseraient bien évidemment de s’imposer et laisseraient place à d’autres. (2)

Comment ne pas établir un parallèle  avec la crise que traverse en ce moment l’Espagne suite à la question catalane ?

Pour le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, la seule issue à cette crise, c’est le respect de la Constitution ; constitution dont l’article 2 stipule qu’elle a pour fondement l’unité indissociable de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols.

L’Espagne étant indissociable et indivisible, il est logique que ses autorités ne peuvent que s’opposer à toute mouvance visant à compromettre l’intégrité du territoire.

Mais, dans le même temps, elles n’interdisent pas aux formations dites indépendantistes de se présenter aux élections. C’est ainsi que, de façon tout à fait démocratique, la Catalogne s’est prononcée en 2015, à 47,8%, pour la séparation d’avec l’Espagne et que ce score a permis aux indépendantistes de décrocher 72 des 135 sièges, soit la majorité absolue, au Parlement catalan.

En vertu du statut d’autonomie que le pouvoir madrilène a, conformément à la Constitution espagnole, octroyé à la Catalogne, celle-ci a donc toute latitude, via la légitimité de son propre Parlement, pour proclamer son indépendance.

 

Les autorités espagnoles auraient pu, à l’instar de ce que Londres a fait avec l’Ecosse, accepter la tenue du référendum sur l’indépendance, organisé le 1er octobre par le pouvoir catalan.

Il n’en a rien été et ce référendum s’est donc passé sur fond de violence, chacun ayant pu voir à la télévision la manière violente avec laquelle la Guardia civil est intervenue. Le Premier ministre belge, Charles Michel, s’en est d’ailleurs lui-même offusqué, et à juste titre.

On a vu ensuite le souverain espagnol intervenir pour condamner le référendum et les autorités espagnoles brandir l’article 155 de la Constitution leur permettant de reprendre la tutelle sur la Catalogne.

Face à cette évolution, le Parlement catalan n’avait d’autre choix que de prendre les devants en proclamant unilatéralement l’indépendance de la Région. Il faut souligner que cette proclamation est intervenue quelques heures avant que le Sénat espagnol ne vote l’application de l’article 155.

La chronologie est importante. Car dès l’instant où la Catalogne est devenue indépendante, et ce, rappelons-le, à la majorité absolue d’un Parlement élu de manière tout à fait démocratique, il est clair qu’elle s’affranchit de la Constitution et des lois espagnoles. En d’autres termes, Madrid aurait dû reprendre la tutelle avant le vote du Parlement catalan.

Devenue indépendante – peu importe qu’elle soit reconnue ou non -, il revenait à la Catalogne, par le biais de son gouvernement et de son Parlement légitimes,  de s’organiser immédiatement en Etat souverain, avec tout ce que cela implique.

En refusant la tenue du référendum et en destituant le pouvoir catalan en place, Madrid a clairement violé les dispositions du droit international.

Professeur de droit international et expert indépendant auprès des Nations unies, Alfred-Maurice de Zayas explique :

Dénier à un peuple le droit de s’exprimer lui-même sur le processus d’auto-détermination, dénier la légalité d’un référendum, recourir à la force pour empêcher la tenue d’un référendum, et annuler l’autonomie limitée d’un peuple en guise de punition, constitue une violation de l’article 1er du Pacte international relatif aux droits civiles et politiques et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

En attendant, les autorités espagnoles assument la gestion de la Catalogne et ont elles-mêmes convoqué la population aux urnes pour le 21 décembre. Quant aux autorités catalanes destituées, elles sont poursuivies pour rébellion et sédition, risquant ainsi une longue peine d’emprisonnement.

La situation est ubuesque. Si le scrutin du 21 décembre renforce la mouvance indépendantiste, il est clair que, comme le précisait Xavier Mabille, l’Europe sera bien forcée de sortir de sa réserve diplomatique.

Amener Madrid à la raison ne sera certes pas chose aisée. La Flandre en sait quelque chose, elle qui, acquise à la réforme calviniste au XVIe siècle, eut à subir la Reconquista féroce du très catholique roi d’Espagne Philippe II.

La Reconquête prit fin en 1582, avec la destruction d’Anvers, tandis que les provinces du Nord, sous la conduite de Guillaume le Taciturne, parvinrent à se libérer du joug espagnol pour constituer les Provinces-Unies, préfiguration des Pays-Bas actuels. Grâce à la traduction de la bible par les pasteurs, le néerlandais allait ainsi devenir une langue pure et châtiée.

En Flandre, le catholicisme fut réimposé par la fer et dans le sang, sans connaître l’émancipation linguistique. La population dut se contenter des dialectes locaux.

Une chose est sûre : sans le fanatisme de Philippe II, la Flandre n’aurait pas été arrachée à son environnement naturel. Anvers aurait pu devenir la capitale des Provinces-Unies.

Dans son opéra « Don Carlos », Verdi a fort bien décrit la misère des Flamands à cette époque.

Il ne faut surtout pas sacraliser les Etats-Nations. Au cours des siècles, les populations ont été ballotées d’un régime à l’autre, au gré des guerres et des mariages princiers. Comme l’a fort bien écrit Marguerite Yourcenar dans « L’Oeuvre au noir » : Les princes s’arrachent les pays comme des ivrognes à la terrasse se disputent les plats.

Il est heureux qu’aujourd’hui, les populations puissent se faire entendre et choisir elles-mêmes, la voie de leur destin.

Rien ne dure éternellement. Tout change. L’URSS n’existe plus. L’Allemagne s’est réunifiée. La Tchécoslovaquie s’est scindée. La Fédération yougoslave s’est démantelée. Le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne. Aujourd’hui, la Catalogne. Demain, l’Ecosse et la Flandre.

Face aux évolutions irréversibles, il ne sert rien de mener des combats d’arrière-garde. La sagesse, comme le soulignait Jean Rey, est de s’en apercevoir à temps et de prendre conscience qu’elles n’entraîneront pas la fin du monde.

(1) Dernier livre paru : « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur, Paris, 2016. La version néerlandaise est sortie chez Doorbraak Boeken, avec une préface de Bart Maddens, politologue à la KU Leuven.

(2) Préface au livre de Jules Gheude « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin », Editions Mols, 2007.

 

Pavillon belge à Milan 2015: le rapport accablant de la Cour des comptes

« Le Vif », Belga, 5 décembre 2017

La Cour des comptes a formulé des observations pour le moins sévères à propos de la façon dont la participation belge à l’exposition universelle de Milan a été gérée: absence de pièces justificatives, manquements à la législation sur les marchés publics, accords verbaux… et 35.000 euros de chocolat impropres à la consommation en raison d’un problème de stockage.

Le Conseil des ministres a approuvé en 2013 la participation de la Belgique à l’exposition de Milan qui a eu lieu du 1er mai au 31 octobre 2015. Il a désigné l’ancien ministre Leo Delcroix (CD&V) au poste de commissaire général du pavillon belge.

Des manquements importants avaient déjà été constatés pour les expositions de Shanghaï (2010) et Yeosu (2012). Ils semblent se répéter, au moins partiellement. Le commissariat général n’a pas été en mesure de fournir les pièces justificatives pour les opérations réalisées depuis les comptes bancaires italiens, aucune comptabilité relative aux clients et fournisseurs n’a été tenue, des doubles paiements ont été constatés, les frais exposés à l’étranger par le personnel du commissariat n’étaient pas appuyés par des ordres de mission, etc.

La construction du pavillon -d’un montant de 6,5 millions- réclamait l’avis de l’Inspection des Finances puisqu’elle dépasse « largement » la somme de… 125.000 euros. Qui plus est, le recours à la procédure négociée avec publicité pour attribuer le marché n’était pas régulier, note encore la Cour.

Le cahier d’observations identifie divers problèmes avec les fournisseurs, dont un concerne le chocolat. « Une commande de chocolat est devenue impropre à la revente à cause d’un entreposage inadéquat par le logisticien imposé par la société organisatrice de l’exposition universelle. Un montant de 35.850 euros correspondant à la valeur convenue de ce stock a été payé par le Commissariat au fournisseur », explique la Cour.

La commissaire générale adjointe, Marie-Noëlle Higny, insiste dans sa réponse sur les « circonstances difficiles » qui ont présidé à la participation belge à l’exposition. Elle évoque les difficultés à concilier les législations belge et italienne, les délais et les directives de l’organisateur mais aussi une équipe réduite comparée à la masse de travail à fournir.

A propos des chocolats, elle souligne « le manque de compétence des consultants » désignés par l’industrie alimentaire belge, le non-respect par les chocolatiers de leurs engagements et le manque de professionnalisme du logisticien.

« Le commissariat a veillé à régler à l’amiable les différents contentieux, plutôt que de s’engager dans des actions en justice coûteuses, chronophages et aux résultats incertains », ajoute-t-elle.

La Cour épingle également l’absence de contrôle interne du SPF Economie. La mise en place d’une comptabilité séparée pour les expositions internationales a commencé au sein du SPF, a répondu mardi le ministre de l’Economie, Kris Peeters. De tels événements impliquent en effet une longue préparation et reposent sur des budgets pluriannuels. Une nouvelle équipe s’est mise en place et a commencé à travailler le 1er décembre. « Nous avons tourné une page », a souligné M. Peeters.