La communauté internationale exclut en bloc l’indépendance catalane

« Le Vif », 28 octobre 2017

UE, Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne… La communauté internationale a exclu vendredi une reconnaissance d’une Catalogne indépendante, condamnant unanimement la proclamation du parlement catalan.

Place Sant Jaume à Barcelone. © AFP/Pierre-Philippe Marcou

UNION EUROPEENNE

« Pour l’UE, rien ne change. L’Espagne reste notre seule interlocutrice », a écrit Donald Tusk, président du Conseil de l’Union européenne qui représente les 28 Etats membres, en appelant parallèlement Madrid à « favoriser la force de l’argument plutôt que l’argument de la force ».

L’Union européenne « n’a pas besoin d’autres fissures, d’autres fractures », a réagi de son côté le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. « Nous n’avons pas à nous insérer dans ce débat hispano-espagnol mais je ne voudrais pas que demain l’Union européenne se compose de 95 Etats membres ».

ONU

« Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres encourage toutes les parties à chercher des solutions dans le cadre constitutionnel espagnol » a déclaré un porte-parole de l’ONU, Farhan Haq. « Toute discussion sur la niveau ou la nature de l’attribution de pouvoirs demeure une affaire intérieure de l’Etat ».

OTAN

« Le problème de la Catalogne est une affaire intérieure qui devrait être résolue dans le cadre de l’ordre constitutionnel espagnol », a estimé le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

ETATS-UNIS

« La Catalogne fait partie intégrante de l’Espagne et les Etats-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l’Espagne forte et unie », a indiqué la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert.

« Les Etats-Unis jouissent d’une grande amitié et d’un partenariat durable avec notre allié de l’Otan, l’Espagne », ajoute la porte-parole, soulignant que les Etats-Unis et l’Espagne « coopèrent étroitement pour faire progresser (leurs) priorités économiques et de sécurité communes ».

FRANCE

« J’ai un interlocuteur en Espagne, c’est le Premier ministre Rajoy. (…) Il y a un Etat de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien », a affirmé le président Emmanuel Macron, qui a par ailleurs réitéré que la crise catalane était un « sujet intérieur » à l’Espagne.

La France « ne reconnaît pas la déclaration d’indépendance que le parlement catalan vient d’adopter », a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « La constitution de l’Espagne doit être respectée. C’est donc dans ce cadre, qui est celui de l’Etat de droit, que la question de la Catalogne doit être envisagée ».

ALLEMAGNE

« Le gouvernement allemand voit l’aggravation de la situation en Catalogne avec inquiétude. La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Espagne sont et restent inviolables », ainsi Berlin « ne reconnait pas une telle déclaration d’indépendance », a affirmé le porte-parole de la chancelière allemande Steffen Seibert.

« Le gouvernement soutient la position claire du Premier ministre espagnol dans sa volonté de garantir et restaurer l’ordre constitutionnel ».

GRANDE-BRETAGNE

« Le Royaume-Uni ne reconnaît et ne reconnaîtra pas la déclaration unilatérale d’indépendance faite par le Parlement régional catalan », a annoncé un porte-parole du gouvernement britannique.

« Elle est fondée sur un vote qui a été déclaré illégal par les tribunaux espagnols. Nous continuons à vouloir voir l’Etat de droit maintenu, la Constitution espagnole respectée et l’unité de l’Espagne préservée ».

ITALIE

« L’Italie ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas la déclaration unilatérale d’indépendance proclamée aujourd’hui par la Parlement de la Catalogne. Il s’agit, en effet, d’un acte gravissime et hors du cadre de la loi. Pour cette raison, nous exprimons une condamnation ferme et, en même temps, l’espoir que puisse se rétablir un dialogue, dans le respect de la Constitution espagnole, pour éviter à la population une escalade de la tension, bien éloignée d’un pays uni et à la forte empreinte européiste comme l’Espagne », a indiqué dans un communiqué le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano.

BELGIQUE

Le Premier ministre belge Charles Michel a appelé sur Twitter à « une solution pacifique dans le respect de l’ordre national et internationale ».

« La déclaration d’indépendance de la Catalogne s’inscrit dans un conflit interne qui doit se résoudre par le dialogue », a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, interrogé par la RTBF. « Nous souhaitons que le dialogue ait lieu et qu’il y ait une capacité de se concerter à l’intérieur de l’Espagne. C’est avant tout un problème espagnol. »

« Je regrette que, depuis la consultation populaire du 1er octobre, aucune tentative sérieuse de dialogue ou même de prise de contact par le gouvernement de Madrid n’ait eu lieu. Je forme l’espoir que la raison triomphera et qu’il n’y aura pas de représailles au préjudice aussi bien du camp catalan que du camp espagnol », a pour sa part réagi Geert Bourgeois, ministre-président flamand.

AUTRES PAYS EUROPEENS

Le Premier ministre portugais Antonio Costa a exprimé « totale solidarité dans la défense du principe constitutionnel de l’unité espagnole », considérant que cette déclaration d’indépendance unilatérale constitue « une perturbation de la vie politique espagnole ».

La ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström a estimé qu’il s’agissait d’une « question qui concerne la seule Espagne ». « Nous soutenons un dialogue politique dans le cadre de la Constitution espagnole », a-t-elle ajouté.

Le ministère polonais des Affaires étrangères respecte « pleinement les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’unité du Royaume d’Espagne ».

CANADA

« Le Canada reconnaît une Espagne unie », a déclaré à la chambre des Communes Andrew Leslie, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. « Un dialogue entre l’Espagne et la Catalogne au sein du cadre constitutionnel demeure la meilleure voie à suivre ».

TURQUIE

Selon le ministère turc des Affaire étrangères, « la décision unilatérale du parlement (catalan) est incompatible avec la Constitution et les lois espagnoles, et ne reflète pas la volonté publique de l’Espagne ou de la région ». Le ministère « espère qu’une solution fondée sur la démocratie et l’Etat de droit sera trouvée ».