Pierre-Yves Jeholet: « Je veux mettre fin à la culture de l’excuse du Forem »

RTBF-Info, 28 août 2017

Si le chômage diminue en Wallonie, c’est notamment grâce aux mesures prises par le gouvernement fédéral, estime Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre wallon de l’Economie et de l’Emploi.

« Mais on ne peut pas se contenter d’avoir un taux de chômage qui est le double de celui de la Flandre, et qui est beaucoup plus élevé que beaucoup d’autres régions d’Europe. Il faut encourager toutes les entreprises à créer de l’activité et de l’emploi, et faire en sorte qu’elles exportent davantage et qu’elles investissent. A côté de cela, on a un opérateur, le Forem, qui est trop tourné sur lui-même, et pas assez sur l’emploi. Dans certaines régions, il y a près de 20% de jeunes qui ne sont pas dans un parcours scolaire, ni dans un parcours de formation et qui n’ont pas d’emploi. Moi je veux leur tendre la main, les responsabiliser et leur dire qu’ils suivent une formation qui va mener à un emploi. On a beaucoup de métiers en pénurie de main-d’œuvre, faisons en sorte que le marché de l’offre et la demande soient plus proches l’un de l’autre« .

« Je veux mettre fin à la culture de l’excuse du Forem »

Pour le ministre, « le Forem est trop tourné sur la structure et pas sur les missions. Il faut des indicateurs de résultat, des indicateurs de progrès. Je n’ai pas besoin de chiffres qui me donnent bonne conscience » en détaillant le nombre d’heures de formation données.

« Les résultats, c’est de savoir si, grâce au Forem, on a remis une série de personnes sur le marché du travail. Je veux mettre fin à la culture de l’excuse du Forem. A un moment donné on est dans de l’assistance sociale, plutôt que dans un vrai accompagnement« .

Pour Pierre-Yves Jeholet, « près de 430 personnes occupent des fonctions de management au Forem, c’est-à-dire plus de 10%, c’est trop. Je veux plus de personnes en contact direct avec les demandeurs d’emploi« . Mais il se défend de vouloir faire des coupes dans le personnel de l’organisme: « Quand on voit la pyramide des âges du Forem, il y a beaucoup de personnes qui arrivent en fin de carrière, on peut évidemment travailler sur un non-remplacement de ces personnes. Il s’agit de faire en sorte que l’on fasse mieux avec moins demain au Forem« .

« Une faillite socialiste »

Le ministre veut délivrer « un message de confiance et de loyauté » à la patronne du Forem Marie-Kristine Vanbockestal (étiquetée socialiste) et à tous les responsables des structures et des opérateurs dont il a la tutelle, mais il exige la même confiance et la même loyauté de leur part.

« Si on doit se priver de tous les responsables socialistes dans les structures, on n’aura plus beaucoup d’interlocuteurs. Je ne veux pas de chasse aux sorcières« .

Si le Forem n’a jusqu’ici pas atteint ses objectifs, « il y a une responsabilité politique majeure d’Éliane Tillieux qui était en poste avant moi, mais aussi des socialistes depuis des années. C’est une faillite socialiste. Quand les politiques changent, ils prennent des réformes et mettent en place des nouvelles mesures. A l’administratrice générale de les appliquer« .

APE: « Le fait du prince »

Pierre-Yves Jeholet n’exclut pas de « toucher au plan Marshall« , tout en reconnaissant qu’il y a des « mesures positives » dans ce plan, et il cite les pôles de compétitivité. « Mais je constate quand même qu’il y a encore beaucoup de saupoudrage en Wallonie dans l’économie, la recherche et les investissements. Je veux y travailler« .

En matière d’emplois subsidiés, le ministre veut réformer le système de « points APE (Aide à la promotion de l’emploi): c’est un 1,1 milliard d’euros par année, et à un moment donné c’est le fait du prince. Il n’y a pas d’objectivation suffisante » des critères d’aide. « Je veux la transparence totale et faire en sorte que l’argent public que l’on dépense dans ce secteur soit le mieux utilisé possible« .