Les principaux points de l’accord de gouvernement MR-cdH

« Le Vif », Belga, 25 juillet 2017

Le MR et le cdH sont parvenus à un accord pour former un nouveau gouvernement wallon. Les présidents des deux formations, Olivier Chastel et Benoît Lutgen, ont présenté à la presse leur accord de gouvernement mardi en fin d’après-midi.

Le gouvernement wallon MR-cdH mettra en oeuvre le projet de décret issu du scandale Publifin et intégrera 62 mesures de gouvernance négociées par les deux partis avec Ecolo.

Se disant soucieux de réduire les dépenses publiques et d’améliorer l’efficacité publique, MR et cdH ont également annoncé que leur gouvernement supprimerait une vingtaine d’organes publics, quelque 200 postes d’administrateurs, et générera une réduction de 10% des coûts de cabinets, ainsi que des salaires des ministres.

Les organes publics seront davantage rationalisés tout en protégeant l’emploi, ce qui libérera des moyens pour supprimer en 2018 la redevance télé, dans le cadre d’une réforme fiscale globale (droits d’enregistrement pour l’accès à la propriété, de donation, de succession, fiscalité automobile, etc).

Les deux partis tenteront d’avancer vers une réforme des provinces par des transferts de compétences vers la Région et les communes (ou des organes supracommunaux), mais ils ont besoin pour aller plus loin d’une majorité des deux tiers.

Les formations seront réorientées vers des métiers porteurs d’emploi, et notamment ceux en pénurie.

En matière d’environnement, MR et cdH lanceront un emprunt obligataire durable pour soutenir les entreprises et les PME vers les circuits courts et les réductions de CO2. Ils veulent initier des mesures pour une « Wallonie sans diesel en 2030. »

L’accord de gouvernement MR-cdH compte une trentaine de pages, sans beaucoup d’objectifs chiffrés. MM Chastel et Lutgen assurent toutefois y avoir été très attentifs. « On n’a pas inscrit dans l’épure budgétaire de mesures dont on n’est pas sûr qu’elles pourront rentrer en vigueur dans les 24 mois. On n’a pas joué aux apprentis sorciers, l’épure est rigoureuse pour ne pas aggraver l’endettement de la Wallonie », a commenté M. Chastel.

L’État n’est pas là pour tout régler à la place des entreprises, des citoyens et du monde associatif. Il fixe des objectifs, soutient, régule. On veut passer d’une Wallonie de l’assistanat à une Wallonie plus entreprenante, a lancé Benoît Lutgen.

Les deux formations finalisaient depuis plusieurs jours un accord de gouvernement pour la Wallonie. MR et cdH disposent à deux d’une courte majorité (38 sièges sur 75, soit le strict nécessaire).

Le 19 juin dernier, le président du cdH, Benoît Lutgen, avait appelé à former de nouvelles majorités sans le PS en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles, rompant une alliance de près de 13 ans.

Le cdH disait considérer le PS infréquentable à la suite des scandales Publifin et Samusocial, et le jugeait trop enclin à courir derrière le PTB, qui caracole dans les sondages. Le PS dénonçait de son côté une trahison du cdH, plus soucieux de sauver son avenir que de l’intérêt général.

Sous l’impulsion de M. Lutgen, des pourparlers avaient alors débuté, le MR répondant présent dès le début. Mais les réticences de DéFI et d’Ecolo, qui ont fait d’un accord sur la gouvernance un préalable à toute négociation pour la formation de gouvernements, avaient progressivement refermé la porte à Bruxelles et en Fédération, où MR et cdH ne disposent pas d’une majorité.

Les deux partis avaient alors accéléré le pas pour la Wallonie il y a dix jours, tandis que le cdH confirmait qu’il ne souhaitait plus gouverner avec le PS à Bruxelles et en Fédération.