Cabinets ministériels: la Flandre emploie deux fois moins de collaborateurs que la Wallonie

Julien Thomas, DH, 11 juillet 2017

“On devrait aussi discuter du salaire des ministres. On devrait aussi discuter du nombre de ministres. Nous avons trop de ministres du côté francophone : 19 alors que les Flamands font avec une dizaine de ministres. On devrait aussi discuter de la taille des cabinets ministériels. Le ministre-Président à Bruxelles (NdlR : le socialiste Rudi Vervoort) a un cabinet d’une centaine de personnes. Et les miens sont aussi au pouvoir (NdlR : Didier Gosuin (Défi) est membre du gouvernement bruxellois)”, avait lâché, le 1er juillet dernier, le député-bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi), sur la chaîne régionale BX1.

Un discours porté quelques semaines plus tôt déjà par son président de parti Olivier Maingain, et qui survient dans un contexte où la question du cumul monopolise une grande partie du débat sur la bonne gouvernance. Or différents observateurs tel Transparency International (TI) demandent depuis des années à la Belgique de mettre de l’ordre dans les modes de recrutement et de fonctionnement de ses cabinets ministériels.

Finalement, d’après les chiffres obtenus par la DH, quelque 2.000 équivalents temps-plein remplissent les cabinets des exécutifs flamand, wallon, bruxellois, francophone et fédéral. Un nombre particulièrement important qui n’est pas sans poser question et fait partie depuis de nombreuses années du système politique belge.

La taille des cabinets ministériels doit être fortement réduite en Belgique et il faut établir une claire répartition des tâches entre ces cabinets et l’administration, préconisait en 2012 l’ONG TI sur la corruption et l’intégrité en Belgique.

Cinq ans plus tard, en raison de l’absence de volonté politique, les réformes des cabinets ministériels ont été insuffisantes du côté flamand, mais encore davantage du côté francophone, note la professeur en management public de l’ULB Marie Goransson. “Le système actuel encourage la politisation de l’administration, tout en l’affaiblissant”, souligne celle qui travaille depuis des années sur le sujet.