Geert Bourgeois (N-VA) veut une 7ème réforme de l’Etat: « La Flandre est prête »

RTBF-Info, 10 juillet 2017

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_geert-bourgeois-n-va-veut-plus-de-competences-pour-que-la-flandre-excelle?id=9656169

Geert Bourgeois, ministre-président flamand, était sur les ondes de La Première ce lundi matin, pour l’interview politique. C’est sous son costume N-VA qu’il répond aux questions de Thomas Gadisseux.

Le numéro un flamand donne son discours « de la nation flamande » ce lundi à Courtrai, à la veille de la fête de la Communauté flamande. Une nation flamande qu’il veut dans le top 5 de l’Europe dans les prochaines années, demande de nouvelles compétences à l’appui.

« On veut exceller. C’est pour cela que l’on veut plus de compétences, des vrais leviers sur le plan fiscal, sur le marché du travail, etc. »

Vers un confédéralisme

De quoi remettre de l’huile sur le feu, alors que la sixième réforme de l’Etat est à peine digérée ? Le ministre-président s’en défend. « Ce discours n’est pas un discours de mon parti politique, mais il y a des résolutions du parlement flamand de 1999 qui demandent des compétences dans la fiscalité, dans le domaine du marché du travail, les soins de santé comme les soins infirmiers. On a une vue ambitieuse, on veut 75% des gens au travail et atteindre le plein-emploi en 2025. »

« La Flandre est prête avec ses nouvelles compétences, on est prêt pour une nouvelle réforme de l’Etat. On veut plus de compétences parce que je veux beaucoup plus de performances. » ajoute-t-il.

Deux démocraties, c’est ainsi qu’il voit la Belgique. « Si les derniers sondages sont vrais, près de 70% des voix en Wallonie qui sont de gauche ou d’extrême-gauche, et en Flandre c’est la situation inverse, on a donc deux démocraties bien différentes. » D’où la solution de son parti, la N-VA, de faire du pays une confédération. « En tant que ministre-président de la Flandre, je suis tenu par les résolutions du parlement de 1999 et des accords de mon parlement. Mais d’un autre côté je suis membre de la N-VA, un parti qui est pour le confédéralisme, on va décider de ce qui est mieux de faire ensemble, et ce sera beaucoup mieux comme ça. »

La question des transferts Nord-Sud

Et d’arguer qu’il ne veut pas faire tomber la solidarités entre les deux régions, mais également de mettre en cause les transferts interrégionaux actuels. Une étude de la KUL, sortie il y a quelques jours, a calculé que les transferts de la Flandre vers la Wallonie étaient assez stables ces dernières années, tournant autour des 6-7 milliards d’euros, et constatant même une légère diminution.

Pourtant, Geert Bourgeois demande à ce que « le montant des transferts soit transparent », que ceux-ci doivent être « réciproques et mener à une amélioration de la situation. Mais on constate que le montant, 6 milliards, ne diminue pas. Donc ça doit changer, on doit être responsable dans la politique que l’on fait « .

Une politique plus homogène entre la Wallonie et la Flandre

La politique wallonne est en pleine crise, entre les différents affaires qui s’enchaînent et le coup de poker du cdH, qui a déclaré ne plus vouloir gouverner avec le PS. Depuis, les réunions vont bon train pour trouver une nouvelle majorité… qui commence à peine à se dessiner, alors que la rupture est officielle depuis le 19 juin.

Une situation qui « étonne » le ministre-président flamand, « car il y a dans la loi spéciale une procédure pour les changements de majorité au niveau régional. Ce n’est pas normal qu’il y ait une crise sans alternative, la loi dit qu’il faut remplacer une majorité par une autre, et pour tout le monde. Je souhaite une bonne gouvernance, et ici ce n’est pas le cas. »

Et de quelque peu s’inquiéter des sondages qui donnent le PTB premier parti wallon. « On voit une vraie disruption en Wallonie ». Geert Bourgeois voit donc d’un bon œil une alliance de centre-droit pour la nouvelle majorité wallonne. « Je pense qu’une politique plus homogène pour le pays serait bonne, notamment au niveau des exportations. Il faut donc prendre cette chance, on a une petite économie, il faut vivre de ses exportations. »

Quid de Bruxelles, qui deviendrait alors une enclave de centre-gauche ? Qu’elle devienne une ville déclare-t-il, « comme Anvers, Londres ou New-York ».