Le président de l’Union wallonne des entreprises: «36 heures de travail, ce n’est pas pénible»

Jacques Crémers, « Le Soir », 6 mai 2017

Président de l’Union wallonne des entreprises, administrateur délégué et directeur général de Safran Aero Boosters, Yves Prete est ce samedi 6 mai l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première.

Interrogé d’abord sur les discours du 1er mai, Yves Prete – qui est un ancien joueur de rugby – plaque au sol le PTB : « C’est un parti qui n’aime pas les entreprises. C’est aussi un parti qui se nourrit du malheur. Ils ont besoin que ça aille mal », précise le président de l’UWE.

A propos des revendications entendues ci et là le 1er mai, Yves Prete réagit : « Moi, je ne crois pas que le travail soit quelque chose de pénible. Travailler, c’est créer de la richesse. Ceux qui parlaient étaient des distributeurs de choses qui n’existent pas. Trente-six heures par semaine, ce n’est pas pénible. Nous sommes un des pays où on travaille le moins ».

Et le burn out ?

« Je ne sais pas ce que c’est le burn out », affirme Yves Prete. « C’est vrai qu’il y a des gens qui sont entre guillemets en burn out. Mais commencer à faire la distinction entre la cause principale du burn out de tel ou tel individu, c’est très compliqué car le burn out peut venir des conditions de travail, de relations entre collègues ou de relations familiales, de beaucoup d’autres choses… Maintenant il y a des points à améliorer et on le fait tous les jours », précise-t-il encore.

L’état de la Wallonie

Autre point abordé au cours de cette interview, le discours de Paul Magnette sur l’état de la Wallonie. « Dans une équipe de rugby, on y arrive seulement si on travaille tous ensemble », explique Yves Prete. « Mais les Wallons ne vont pas dans le même sens ».

« Je suis globalement d’accord avec le discours de Paul Magnette », poursuit-il. « Mais nous n’avons pas terminé les restructurations qui masquent les effets positifs des mesures qui ont été prises. Je crois qu’on est arrivé au bout de ces restructurations et que nous allons pleinement profiter des actions qui ont été prises. Il faut continuer à travailler ».

Et la gouvernance ?

L’état de la Wallonie, c’est aussi sa gouvernance. Yves Prete commente : « Premièrement, il faut ramener l’affaire Publifin à sa juste place. A l’étranger, l’image de la Belgique n’a pas été ternie. Je ne dis pas que ce n’est pas grave mais ça n’a pas eu d’impact sur l’économie wallonne. Mais je suis triste car ça donne une image catastrophique de Liège et ça masque de belles choses. C’est le signe d’un estompement de la norme ».

Et à propos de la réaction des partis politiques ? « Moi je ne suis pas pour les commissions d’enquête », poursuit Yves Prete. « Ça ne m’intéresse pas du tout. On regarde dans le passé. On essaie de montrer que tout le monde est mouillé. Il n’y a pas besoin de commission d’enquête pour prendre des mesures », estime le président de l’Union wallonne des entreprises.

Stéphane Moreau légitime

Tout en reconnaissant qu’il ne connait pas bien le groupe Publifin, Yves Prete estime tout de même « qu’il faut clarifier les choses. Le groupe devrait être restructuré », dit-il. Et l’avenir de Stéphane Moreau ? « Je considère qu’il a l’air d’avoir bien géré sa société. Il a la légitimité industrielle. Il l’a dit lui-même, son handicap c’est d’avoir été membre d’un parti. Les raisonnements politiques ne sont pas les mêmes que les raisonnements industriels. C’est donc difficile de mélanger les deux », conclut Yves Prete.