Jules Gheude pour une « Wallonie en marche ! »

 

Jeudi dernier, Jules Gheude a présenté au Parlement flamand la version néerlandaise de son livre “Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes”.

A cette occasion, il a lancé un appel aux jeunes Wallons, faisant référence à l’action menée en France par Emmanuel Macron :

Engagez-vous ! Faites entendre votre voix ! Le bon sens et l’urgence ne nous obligent-ils pas à rompre avec les tabous idéologiques, source de chicaneries stériles et paralysantes ? A quand un mouvement « Wallonie en marche ! » ?

Car pour Jules Gheude, la Wallonie ne va pas bien :

Certes, on enregistre une légère baisse du chômage, mais celui-ci reste très élevé, avec près de 14%. En Flandre, ils sont passés de 10,7% en 1983 à 5,2% en 2015 !

Dans le classement d’attractivité des 263 régions d’Europe, nos provinces se situent dans la fourchette 121-142, loin derrière la Flandre entre 21-58.

Quant aux statistiques d’exportations pour les trois premiers trimestres de 2016, elles indiquent que la Wallonie est en baisse de 3,7% avec un chiffre de 31,1 milliards d’euros, tandis que la Flandre connaît une hausse de 8,2%, avec 150,9 milliards.

La différence entre Wallons et francophones se manifeste également au niveau des performances en matière d’enseignement, ainsi que l’indique le rapport Pisa.

Et alors que la Flandre réalise l’équilibre budgétaire depuis plusieurs années, la Wallonie ne cesse de reporter l’échéance.

Le mal wallon, Jules le diagnostique de la manière suivante :

Depuis l’introduction de la régionalisation en 1980, les dirigeants wallons disposent d’instruments propres pour assurer la gestion de la région. Au fil des diverses réformes de l’Etat, ces instruments se sont d’ailleurs multiplier. On ne peut dès lors plus incriminer l’Etat unitaire, comme c’était le cas auparavant. Depuis 1980, la fonction de ministre-président a été, de façon quasi ininterrompue, exercée par le PS. Difficile, dans ces conditions, de nier l’influence prépondérante que ce parti a pu avoir sur les affaires. On en voit aujourd’hui le résultat : une hypertrophie politico-administrative, fruit d’un clientélisme effréné

Pour Jules Gheude, il est possible de changer les choses en l’espace de cinq ans :

Un pays n’a pas besoin de 35 ans pour se remettre en marche. Voyez comment Gerhard Schröder est parvenu à redresser l’Allemagne en quatre sans ! Il n’y a pas de fatalité. C’est tout simplement une question de choix politique.

Et Jules Gheude  de proposer les mesures suivantes :

Seul un réseau dense de PME innovantes et dynamiques, qui créent des emplois et offrent des possibilités d’exportation, est susceptible de relancer la croissance. Mais il faut aussi ne pas les alourdir de charges fiscales et administratives.

Comme c’est le cas en Flandre, il faut fusionner les échelons régional et communautaire.

Il est temps également de jeter un grand coup de pied dans la fourmillière des intercommunales et rationaliser certains secteurs (une administration unique pour les TEC, fusion des trois réseaux de l’enseignement officiel, dégraissage de l’institution provinciale,…).

Jules Gheude plaide aussi en faveur d’une gestion plus saine :

L’éthique professionnelle est quelque chose d’essentiel si l’on veut éviter les conflits d’intérêts. Il faut donc fixer des règles morales strictes et adopter un code de bonne gestion (nombre de mandats, rémunérations,…).

Rappelant le constat de feu Robert Deschamps, professeur d’économie aux Facultés de Namur (Nous vivons au-dessus de nos moyens et en dessous de nos capacités), Jules Gheude conclut :

Quand on voit comment l’argent est jeté par les fenêtres, rien d’étonnant qu’on ne sache pas atteindre l’équilibre budgétaire et que l’on doive recourir à l’impôt !