«L’alliance N-VA/CD&V provoquera l’autonomie flamande en 2019»

Dans « Le Soir » du 21 avril 2017, David Coppi interroge Willy De Waele

La réconciliation entre Baert De Wever (N-VA) et Wouter Beke (CD&V) mercredi est un événement. Parole de Willy De Wale, ex-bourgmestre VLD de Lennik et président de l’OVV (l’ « Overlegcentrum van Vlaamse Verenigingen » », la coupole du mouvement nationaliste flamand).

Une lecture ultra du rabibochage entre CD&V et N-VA qui, davantage qu’un présumé nouveau départ pour la suédoise, donnerait à voir une possible grande stratégie flamando-flamande pour l’après 2019. Willy De Waele prend-il son rêve pour la réalité ? Ou bien dit-il vrai ? Chacun jugera…

Nous l’avons rencontré jeudi au parlement flamand en marge de la présentation d’un ouvrage : Un testament wallon, rédigé par Jules Gheude, l’ancien secrétaire de François Perin, traduit en flamand (Waals Testament), qui préconise la fin de la Belgique et une forme des rattachement de la Wallonie à la France… Une vision de notre avenir exposée en présence de Jan Peumans (N-VA), président du parlement flamand), et de Willy De Waele (VLD), de l’OVV, pas défavorables, on l’aura compris.

CD&V et N-VA mettent fin aux polémiques, disent-ils. C’est factice, passager, important ?

C’est un événement très important. Qui aura des conséquances. C’est le signe d’une alliance entre les deux grandes formations pour l’après 2019. Une alliance pour réaliser l’autonomie flamande.

Concrètement ?

Prenez les sondages d’opinion : N-VA et CD&V ensemble recueilleenviron 46% des intentions de vote aujourd’hui en Flandre. En nombre de sièges au Parlement flamand, cela donne vraisemblablement une majorité. Et c’est avec cette majorité que les deux partis, avec Bart De Wever et Wouter Beke, pourront se prononcer pour l’autonomie flamande en 2019.

Le geste que les présidents ont posé mercredi est enthousiasmant pour le mouvement flamand. Il signifie quelque chose d’important.

Le retour du cartel ?

Non. Il ne faut pas confondre. Les deux partis sont en compétition aux élections, c’est logique. Mais après cela, l’idée, c’est de se réunir pour avoir cette majorité de députés au parlement flamand.

Le CD&V peut entrer dans un schéma natiuonaliste comme celui-là ?

Bien sûr. Le projet institutionnel du CD&V est fondamentalement autonomiste. Avec la N-VA, ils peuvent réaliser de grandes choses.

Les autres partis ?

Je vois une majorité à deux au parlement flamand. Sans le VLD, le SP.A, Groen, ni le Vlaams Belang. La N-VA ne veut pas d’unbe alliance avec le Vlaams Belang pour réaliser son programme, mais bien avec le CD&V. C’est clair maintenant.

Vous prendrez des initiatives dans ce contexte ?

Je rencontrerai le top de la N-VA le 9 mai, j’ai sollicité Wouter Beke afin de nous entendre dans la foulée ?

La partie francophone dans tout cela ?

La Wallonie est en situation de préfaillite, les transferts Nord-Sud, plus de 10 milliards, doivent avoir lieu dans la transparence, l’efficacité, nous parlerons de tout cela ?

Le Premier ministre Charles Michel soutient qu’il a joué le rôle majeur dans le rapprochement entre les deux partenaires de gouvernement.

Les deux se sont réconciliés, comme je vous l’ai dit, et le Premier ministre a pris acte, il peut se réjouir naturellement puisqu’il y va de la stabilité de son gouvernement.