Chacun est censé voter en connaissance de cause

Jules Gheude Forum des Lecteurs – 13 avril 2017

Le courrier du CRISP n° 2316 présente, sous la plume de trois historiens flamands (Bruno De Wever, Frans-Jos Verdoodt et Antoon Vrints, une intéressante étude intitulée « Les patriotes flamands et la construction de la nation ».

Pour les auteurs, la construction de la nation flamande est pratiquement achevée mais seule une petite minorité de l’opinion publique est favorable au projet séparatiste.

Concernant ce dernier point, il convient cependant de rappeler le dernier sondage de « La Libre », qui révèle que la N-VA reste le plus important parti du pays, avec 28,3%.

Chacun, dit-on, est censé voter en connaissance de cause.

L’article 1 des statuts de la N-VA est tout à fait clair : La N-VA opte pour la république indépendante de Flandre, Etat-membre d’une Union européenne démocratique.

Cela signifie donc que 40,2% des électeurs flamands sont prêts à envoyer des mandataires séparatistes tant au Parlement fédéral qu’au Parlement flamand, avec toutes les conséquences que cela comporte.

Le Parlement flamand dispose de la légitimité démocratique. Le jour où il disposera d’une majorité absolue favorable à l’indépendance, rien ne pourra l’empêcher de la décréter.

Comment les citoyens qui auraient rendu possible cette situation, pourraient-ils alors dire : Nous ne voulions pas cela ! L’électeur doit assumer toutes conséquences du choix qu’il fait.

On sait aussi qu’au sein du CD&V certains tiennent des discours, qui, en termes de radicalisme, n’ont rien à envier à ceux des leaders de la N-VA.

Interviewé par le journal québécois « Le Devoir » en 2007, l’actuel président des démocrates-chrétiens flamands, Wouter Beke, n’a-t-il pas déclaré : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Si, au lendemain des élections de 2019, le fonctionnement de la Belgique se retrouvait bloqué, une majorité pourrait se dégager au Parlement flamand pour en faire le constat et larguer définitivement les amarres.

Le scénario « Bye bye Belgium » de la RTBF passerait ainsi de la fiction à la réalité.