Les candidats à l’élection présidentielle française et leurs programmes

« Le Vif », stagiaire, 18 mars 2017

Les prétendants à la plus haute fonction de l’État français avaient jusqu’à ce vendredi pour réunir les 500 parrainages synonymes d’officialisation de leur candidature. Ce samedi, le Conseil constitutionnel a annoncé la liste définitive. Voici les hommes et femmes en course pour l’Élysée et leurs programmes.

Nathalie Arthaud (47 ans) : Lutte ouvrière (LO)

Nathalie Arthaud © REUTERS

Porte-parole du parti Lutte ouvrière depuis 2008 et candidate à la présidence depuis 2012, cette enseignante d’économie de gestion espère peser dans la balance électorale en 2017. En digne héritière Trotskyste d’Arlette Laguiller, elle ne cache pas son désir de « Faire entendre le camp des travailleurs » et n’hésite pas à pousser la chansonnette à la gloire de l’internationale. Défenseuse de la cause ouvrière, elle est également active dans la lutte pour le droit des femmes et est la seule femme à se présenter face à Marine Le Pen. Interdiction des licenciements, répartition du travail pour tous, augmentations du SMIC à 1800 euros nets et contrôles des travailleurs sur les entreprises sont les points essentiels de son programme. Pour elle, la seule souveraineté possible est celle des ouvriers par rapport à ceux qui possèdent les capitaux. Peu importe que ce soit à l’échelle de la France, de l’Europe ou du monde, le seul mot d’ordre est de permettre « l’émancipation des exploités, à l’échelle de la planète ».

 

François Asselineau (59 ans) : Union Populaire Républicaine (UPR)

François Asselineau © AFP

L’ancien énarque qui a débuté au RPF (LR) en 1999 avant de fonder l’UPR en 2007 est l’une des « surprise » de cette campagne présidentielle. Conspirationniste ancré à l’extrême-droite, François Asselineau n’était pas parvenu à réunir les 500 parrainages en 2012. Mais c’est cette fois chose faite. Et c’est très certainement grâce à son « armée de l’ombre » très présente sur internet que ce candidat méconnu du grand public a pu se faire remarquer. S’il n’a rien d’un Geek, ses cyber-militants ont investi les réseaux sociaux pour propager les idées de leur mentor dans toute la France. Après le Brexit, M. Asselineau soutient l’idée d’un « Frexit« . Anti-UE, Anti-OTAN et anti-américain, il espère assurer à la France « son indépendance nationale » en sortant de l’euro et en se désolidarisant des États-Unis en quittant l’Otan.

 

Jacques Cheminade (75 ans) : Solidarité et progrès (S&P)

Jacques Cheminade © REUTERS

Pour la troisième fois après 1995 et 2012, le fondateur du parti Solidarité et progrès est parvenu à réunir les 500 parrainages pour se présenter à la présidentielle. M. Cheminade, qui a grandi en Argentine avant de revenir en France à ses 18 ans pour étudier à HEC et à l’ENA, est le doyen des candidats de cette course à l’Élysée. Souvent qualifié de « candidat inclassable », avec des idées qui lui ont valu d’être classé à l’extrême-gauche par certain et à l’extrême-droite par d’autres, il est certainement le prétendant le plus difficile à cerner dans cette campagne. Proche de Lyndon Larouche, il défend en très grande partie les idées de cet ex-candidat à la présidence américaine très controversé. Son projet ouvertement dirigé contre les « forces financières destructrices » préconise une sortie de la France de l’UE et de l’euro pour refonder l’Europe, d’exiger un nouveau Bretton Woods, d’imposer une vraie séparation bancaire et d’instaurer un crédit national pour l’équipement de l’homme et de la nature.

 

Nicolas Dupont-Aignan (59) : Debout la France (DLF)

Nicolas Dupont-Aignan © AFP

C’est avec la droite traditionnelle que le Maire d’Yerre a démarré sa carrière politique. En 1997, l’énarque s’engage avec le RPR, devenu RPF puis UMP, avant de quitter l’appareil pour créer son propre mouvement :  » Debout la République » renommé Debout la France. Le député de l’Essonne, résolument Gaulliste, républicain et souverainiste se considère comme « anti-système » et accuse souvent l’UMP et le PS d’avoir monopolisé le pouvoir durant des décennies. M. Dupont-Aignan veut « redonner la parole aux Français« . Il préconise donc de recourir systématiquement au référendum lorsque la modification de la Constitution, l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire sont concernés. Sur le plan international, il veut « retrouver une politique étrangère indépendante », transformer l’euro de « monnaie unique » à « monnaie commune » et dénoncer les traités contraires à l’indépendance de la France.

François Fillon (63 ans) : Les Républicains (LR)

© AFP

Engagé depuis plus de quarante ans dans la politique, le Sarthois a enchaîné les postes de député et de ministre avant de devenir chef du gouvernement en 2007. Désigné outsider de la primaire de la droite et du centre derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, le candidat de « l’honnêteté » est parvenu à convaincre la majorité des 4 millions d’électeurs de droite et est devenu grand favori pour la présidence. Avant qu’une mise en examen pour l’affaire de l’emploi fictif de se femme et de ses enfants ne vienne perturber sa campagne et son image de candidat irréprochable. Son projet décliné en trois axes (libérer, protéger et réconcilier), compte des mesures-chocs telles que la suppression de 500 000 fonctionnaires, le recul de l’âge de la retraite à 65 ans, ou encore la fin des 35 heures. Sa poigne et son programme lui ont d’ailleurs valu une comparaison à la Dame de fer, Margaret Thatcher.

 

Benoit Hamon (49 ans) : Parti socialiste (PS)

© AFP

Arrivé en politique à la fin des années 80 comme assistant parlementaire du député rocardien Pierre Brana, Benoit Hamon est récemment devenu le nouvel homme fort de la gauche. Fondateur du mouvement des jeunes socialistes en 1993, le « petit Ben », comme on le surnomme au PS a rapidement grandi au sein du parti. Après avoir été porte-parole du PS et de ministre de l’Éducation en 2014, il passe dans le camp des frondeurs, à l’aile gauche du parti, pour protester contre la politique menée par le président Hollande. Bien entouré, il se présente alors aux primaires de la gauche et déjoue tous pronostics en s’imposant aux urnes face Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Les mesures phares de son projet « pour un progrès social et écologique » sont l’instauration d’un revenu conditionnel de base pour les 18-25 ans, la réduction du temps de travail, la mise en place d’une taxe pour les robots, le blocage d’un projet de loi par 49.3 citoyen, ou encore l’interdiction des perturbateurs endocriniens.

Jean Lassalle (61 ans) : Résistons!

Jean Lassalle © AFP

C’est sans parti que le centriste, ex-membre de l’UDF et du MoDem et autrefois fidèle de François Bayrou, se présente à l’élection présidentielle. Maire de sa ville à seulement 21 ans puis élu conseillé départemental à 26, le montagnard est, depuis toujours, un ovni dans le monde politique. Lui, qui se voit déjà comme « un berger à l’Élysée » et s’érige en défenseur de la souveraineté du peuple entend bien libérer les Français de l’ « oppression financière ». Grâce à son projet pour la république, le Béarnais veut notamment libérer l’écologie de la financiarisation qui la dénature,  » plus de pouvoir aux communes », passer aux énergies renouvelables et permettre à la France de « retrouver ses marges de manoeuvre au sein de l’Europe ». 

Marine Le Pen (48 ans) : Front national (FN)

Marine Le Pen, candidate FN à la présidence française. © AFP/Jean-François Monier

Entrée en 1998 au FN, fondé plus tôt par son père, Marine Le Pen est rapidement devenue la présidente du premier groupe d’extrême-droite français. Après de nombreuses années de travail de « dédiabolisation » de son camp, la députée européenne semble aujourd’hui plus proche que jamais de son objectif ultime : devenir la première femme présidente de la France. Son programme ultra-nationaliste préconise notamment la sortie de l’Europe, et par conséquent du marché unique par l’intermédiaire d’un référendum. Un autre pilier de son projet, fidèle à son idéologie souverainiste, est le renforcement des frontières de la France pour « mettre fin à l’immigration incontrôlée ». Sur les questions sociétales, la candidate a lissé son image par rapport à 2012 en se rétractant sur l’idée d’un référendum pour la peine de mort, ou encore la réécriture des critères de remboursement de l’IVG.

 

Emmanuel Macron (39 ans) : « En Marche! » (EM)

Emmanuel Macron © REUTERS

L’ex-ministre de l’Économie, parti du gouvernement de Manuel Valls pour devenir Calife à la place du Calife semble en passe de réussir son coup de force. Ancien énarque passé par chez Rothschild en tant que banquier d’affaire, M. Macron est actuellement en tête des sondages pour accéder à la présidence de la France. Son mouvement,  » En Marche !  » fondé en avril 2016 se veut  » anti-système « , loin des clivages et des jeux d’appareils.

Bâti autour de six chantiers (L’éducation et la culture, la société du travail, la modernisation de l’économie de la société, le renforcement de la sécurité, le renouveau démocratique, et les affaires internationales et européennes), son projet se veut comme son parti : « ni à gauche ni à droite « . Plutôt libéral politiquement et socialement, il est décrit par beaucoup de médias comme le plus  » pro-européen  » des candidats.

Jean-Luc Mélenchon (65 ans) : France insoumise (FI)

Leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon créera-t-il la surprise à gauche ?

C’est dans les rangs du PS que le candidat de la France insoumise a démarré sa carrière politique. Après avoir été ministre délégué à l’Enseignement professionnel sous les ordres de Jack Lang de 2000 à 2002, il quitte les socialistes en 2008 pour créer le Parti de gauche (PG). En 2009, il est élu député européen et se présente à l’élection présidentielle de 2012, où il recueille 11% des suffrages. Pour 2017, M. Mélenchon a choisi de se présenter « hors-cadre de parti » en fondant son mouvement : la France insoumise. Son projet à la fois écologique et social prévoit une augmentation du SMIC mensuel à 1300€, la retraite à 60 ans, l’interdiction des licenciements boursiers, une « règle verte » mettant en avant le principe qu’il ne faut pas épuiser les ressources naturelles, ou encore un plan de transition énergétique de 50 milliards d’euros.

 

Philippe Poutou (50 ans) : Nouveau Parti anticapitaliste

Philippe Poutou © AFP

C’est au bout du suspense que le seul candidat ouvrier à la présidentielle a reçu ses 500 parrainages. Réparateur de machines-outils chez Ford, le prétendant du Nouveau Parti anticapitaliste fondé par le postier Olivier Besancenot sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire (LCR), avait déjà recueilli 1.15% des voix lors de sa première participation en 2012. Avec pour slogan de campagne « Nos vies, pas leurs profits ! », c’est tout naturellement qu’il dénonce un système fait par les riches pour les riches. Positionné à l’extrême-gauche de l’échiquier politique, M. Poutou propose un programme anticapitaliste dans lequel il met en avant la lutte sociale en interdisant les licenciements et en augmentant le SMIC. Les autres points important sont la lutte contre les discriminations et la répression, le renforcement des solidarités en ouvrant les frontières et un basculement vers une démocratie directe, sans président.