Archives mensuelles : mars 2017

Jules Gheude : Waals Testament

Nous avons le plaisir de vous informer de la sortie du livre de Jules Gheude : Waals Testament – Ongemakkelijke waarheden over de toekomst van België

Il s’agit de la version néerlandaise, adaptée, de l’essai « Un  Testament wallon – Les vérités dérangeantes », publié en  décembre dernier par « Mon Petit Editeur », à Paris.

Préfacé par le professeur Bart Maddens de la KU Leuven, l’ouvrage sera présenté officiellement au Parlement flamand (rue de Louvain, 86, à 1000 Bruxelles),   le 20 avril prochain, à 11 heures.

  • Mot de bienvenue par M. Jan Peumans, président du Parlement flamand;
  • Entretien de l’auteur avec M. Alain Mouton, journaliste à « Trends » ;
  • Conclusion par M. Karl Drabbe, responsable de Doorbraak Boeken.

Vous trouverez toutes les informations utiles (bulletin d’inscription) via le lien suivant : http://inschrijvingen.doorbraak.be/waals-testament/

 

Publifin: Claude Eerdekens réclame le remboursement des sommes indûment perçues

« Le Vif », Belga, 30 mars 2017

Premier à s’exprimer lors de l’Assemblée générale extraordinaire de l’intercommunale Publifin, le bourgmestre d’Andenne n’a pas hésité à parler de « hold-up du siècle ».

Claude Eerdekens (PS), bourgmestre d’Andenne

Claude Eerdekens (PS), bourgmestre d’Andenne, fut le premier à s’exprimer jeudi soir lors de l’Assemblée Générale extraordinaire de l’intercommunale Publifin. Il n’a pas hésité à parler de hold-up du siècle, assurant que plus de 400 millions de dividendes ont été piqués pour combler les trous de VOO. L’homme fort d’Andenne n’a pas mâché ses mots. Estimant que sa ville a été privée de 4 millions d’euros de dividendes, il a confirmé qu’une plainte sera déposée, avant l’été, devant un juge d’instruction à Liège.

Claude Eerdekens a également dénoncé la pitoyable prestation de Bénédicte Bayer, directrice générale de Publifin, devant la commission d’enquête parlementaire, faisant ainsi référence à sa « boutade » sur son salaire en comparaison à celui d’un ouvrier de l’entreprise. Estimant qu’elle ne pouvait pas ignorer le montant des rémunérations accordées à certains mandataires, il a ni plus ni moins réclamé son licenciement. Le bourgmestre d’Andenne a poursuivi son propos en demandant à André Gilles, à ce moment-là encore président du Conseil d’Administration de Publifin, de rembourser à la Province et aux communes associées « tout ce qu’il a indument perçu.

Il serait insupportable que des Gilles, Pire et d’autres continuent à être copieusement payés dans des filiales privatisées, a-t-il ajouté, réclamant la mise à l’écart de tous les politiques et autres ayant trempé dans cette affaire ainsi que l’installation d’une nouvelle génération de politiques, honnêtes et désintéressés, dont la rémunération doit cesser d’être indécente.

 

Vous avez dit Ostbelgien ?

Vous avez dit Ostbelgien ?

Une analyse de Jules Gheude (1), dont « Knack » a publié la version néerlandaise (http://www.knack.be/nieuws/belgie/politici-zijn-vaak-de-eersten-om-de-rechtsstaat-geweld-aan-te-doen/article-opinion-833473.html).

Souvent prompts à brandir la notion d’ « Etat de droit », les hommes politiques sont aussi les premiers à la violer.

Un « Etat de droit » implique prioritairement le strict respect de ce qu’il est convenu d’appeler sa « Loi fondamentale », autrement dit sa Constitution.

La Constitution belge stipule, en son article 2, que la Belgique comprend trois communautés : la communauté française, la communauté flamande et la communauté germanophone.

Aussi longtemps que cet article n’a pas été modifié selon la procédure prévue à cet effet, aucune autre dénomination ne peut être officiellement utilisée.

Or, le 25 mai 2011, les responsables francophones ont pris la décision de se regrouper dorénavant sous le vocable « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Et aujourd’hui, c’est au tour des responsables germanophones de débaptiser leur Communauté au profit de « OstBelgien ».

Chaque fois que je suis amené à prendre la parole en Flandre, une question m’est régulièrement posée : Avec cette Fédération Wallonie-Bruxelles, n’avez-vous pas une arrière-pensée en tête ? Ne serait-ce pas une façon de préparer la mise sur pied d’une Belgique sans nous ?

Dans une récente interview accordée à Doorbraak, Jan Verroken, qui amena en 1968 le gouvernement Vanden Boeynants à tomber sur l’affaire de Louvain (le fameux « Walen buiten ») déclare : Si j’étais encore au CVP, je lutterais pour faire la même chose que les Wallons. Ils font la fédération Wallobrux. J’aurais fait depuis longtemps une Fédération Flandre-Bruxelles. Il faut toujours faire la même chose que son adversaire. Ils ne peuvent tout de même pas nous reprocher de vouloir faire la même chose qu’eux ? Et c’est ainsi que nous sommes encore loin de la confédération. Mais les Flamands ne s’y connaissent pas assez en tactique.

Bien vu de la part du vieux renard. En créant à son tour une « Federatie Vlaanderen-Brussel », la Flandre aurait démontré que Bruxelles se trouvait en quelque sorte cogérée, ce que prévoit d’ailleurs le projet confédéraliste que son Parlement a adopté en 1999.

Mais il y a un hic. Bruxelles est aussi, depuis 1988, une région à part entière, avec ses frontières propres.  Et au fil des années, la spécificité bruxelloise n’a cessé de se consolider.

C’est ainsi que l’étude réalisée par Rudi Janssens de la VUB en 2013, révèle que 73,9% des Bruxellois opteraient pour l’autonomie en cas de disparition de la Belgique. Seuls 4% se tourneraient vers la Flandre, et 4,6% vers la Wallonie.

On voit donc le côté chimérique de ce Wallobrux, qualifié par François Perin de Belgique en réduction, aussi médiocre et superficielle que l’autre !

Dans son livre « De Ordelijke Opdeling van België – Quid nunc ? » (La Division ordonnée de la Belgique – Quid nunc ?), Gerolf Annemans, député européen du Vlaams Belang, écrit : Notre conclusion doit donc être la suivante : une Flandre souveraine et indépendante, en ce compris Bruxelles, est indispensable, souhaitable et réalisable, mais il faut que cela intervienne à relativement court terme.

Soucieuse d’encadrer au mieux sa minorité bruxelloise, la Flandre a opté, dès le départ, pour la fusion des échelons communautaire et régional, en établissant son unique Parlement et son unique gouvernement à Bruxelles, dont elle a, en outre, fait sa capitale. On comprend la stratégie, d’autant que Bruxelles se trouve enclavée en territoire flamand.

Mais Bruxelles, nous l’avons dit, est aussi une région clairement délimitée sur le plan géographique. Lors du démantèlement de l’ex-Yougoslavie, on a vu que les frontières administratives internes, par définition non fixées par des traités internationaux, avaient été prises en considération. Ce fut consacré dans le rapport de  la « Commission Badinter » en 1992.

Cette jurisprudence pourrait dès lors s’appliquer en cas de disparition de la Belgique. En d’autres termes, la division se ferait sur une base régionale, puisque les communautés ne peuvent être géographiquement délimitées (à l’exception toutefois de la germanophone).

Feu Xavier Mabille, le président du CRISP, a fort bien résumé les choses : La Flandre – ou du moins une majorité parmi les personnes et les institutions qui en assurent l’expression politique – pourrait décider de son autodétermination. Elle ne déciderait pas pour autant du même coup du destin de la Wallonie ni de celui de Bruxelles.

Via la légitimité démocratique de son Parlement, la Flandre pourrait donc s’ériger en Etat souverain. Mais en intégrant d’autorité Bruxelles, elle engendrerait un contentieux qui ne pourraît se régler qu’au niveau international, avec toutes les difficultés que cela comporte.

Pour en revenir à la population germanophone, ce fut, nous pensons, une erreur de l’avoir intégrée dans la Région wallonne. En choisissant l’appellation « Ostbelgien », ses responsables politiques entendent sans doute affirmer clairement une identité propre, tant sur le plan communautaire que régional. Si la Flandre devait faire sécession, il reviendrait aux Wallons, aux Bruxellois et… aux germanophones de choisir, en toute liberté, la voie de leur avenir.

(1) Dernier livre paru : « Le Testament wallon – Les vérités dérangeantes » (Mon Petit Editeur, Paris, 2016). La version néerlandise vient de sortir chez « Doorbraak Boeken », avec une préface du politologue de la KU Leuven Bart Maddens : « Waals Testament – Ongemakkelijke waarheden over de toekomst van België ».

Sondage : le PTB devance le PS en Wallonie et est troisième à Bruxelles

« Le Vif », 24 mars 2017

Le PTB enregistre une progression importante en Wallonie, où il se hisse en deuxième position en ce qui concerne les intentions de vote, dépassant le PS, et à Bruxelles, où il monte sur la troisième marche du podium, indique un sondage diffusé vendredi soir par la RTBF et La Libre Belgique.

En Wallonie, les intentions de vote pour les élections fédérales donnent le PTB à la deuxième place avec 20,5% (contre 18,4% en décembre 2016 et 5,5% aux élections de 2014) derrière le MR (qui devient le premier parti de la Région avec 22,7%, en baisse de 0,4% depuis décembre). Le PS, qui glisse de 25,4% à 20,3%, n’arrive plus que troisième, plombé sans doute par une image abîmée par la saga Publifin.

A Bruxelles, le PTB s’installe, toujours pour ce qui concerne les élections fédérales, en troisième position avec 14,1% des intentions de vote (+4,5%), en délogeant Ecolo (qui est pourtant en hausse, passant de 11,3% à 13,1%) et en laissant DéFi largement derrière lui (10,4% contre 10,5% en décembre).

Les deux premières places reviennent au PS (20,1% contre 20,4%) et au MR (18,7% contre 19%). Ce sondage a été réalisé auprès de 2.898 électeurs belges entre le 16 et le 20 mars 2017.

En Flandre, la N-VA reprend des couleurs par rapport au dernier sondage, qui date de décembre dernier. Le parti nationaliste remonte de 26,3% à 28,3% en mars. La N-VA obtient le double d’intentions de vote que le CD&V, qui glisse de 16,3% à 14,1%, alors que l’Open VLD progresse quelque peu (13,6% contre 12,4%), que le sp.a. « bégaye » (12,9% contre 13,2%) et que le Vlaams Belang et Groen régressent (11,9% et 11,5% contre 12,3% et 12,7% voici trois mois).

Ce sondage a été réalisé par Dedicated auprès de 2.898 électeurs belges entre le 16 et le 20 mars 2017. La marge d’erreur maximale est de 3% sur l’échantillon en Flandre, de 3,2% en Wallonie et à Bruxelles et de 1,8% sur l’échantillon national.

 

Le débat des candidats à la présidentielle française de 2017

On trouvera ici le lien permettant de revoir le débat télévisé du 20 mars dernier, au cours duquel 5 candidats à l’élection présidentielle (Benoit Hamon, François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon) ont pu débattre de leurs programmes respectifs.

http://www.lci.fr/elections/live-presidentiel-en-direct-debat-tf1-hamon-melenchon-macron-le-pen-fillon-2029615.html

 

 

« Il y a quelque chose de pourri en Wallonie »

 «Le Vif » 22/03/17 à 14:15 – Mise à jour à 14:15

Ne tournons pas autour du pot : il y a quelque chose de pourri en Wallonie. 

Je suis attentivement les auditions qui se déroulent à la commission d’enquête parlementaire Publifin. C’est comme si les intéressés ne réalisaient pas la gravité de la situation.

Avec leurs émoluments faramineux, tous ces mandataires vivent à côté de la réalité. En 2014, le salaire belge moyen s’élevait à 3.414 euros bruts, soit moins que ce que touchait le député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, avec les quatre mandats qu’il détenait chez Publifin et dont il vient de démissionner. En ce qui concerne Stéphane Moreau, le patron de Nethys, il a fini par dévoiler ses revenus pour l’année 2016 : 839.000 euros bruts. Pendant ce temps, les membres du peronnel de Publifin ont dû se contenter d’une prime de Noël de… 35 euros!

J’en ai marre des parvenus! Il n’y a pas de place pour les parvenus au parti socialiste! , lançait, le 4 octobre 2005, Elio Di Rupo, alors président du parti et ministre-président wallon, après la révélation des scandales à Charleroi. Douze ans plus tard, force est de constater que la gouvernance ne s’est pas améliorée. Ce climat malsain ne fait que creuser davantage le fossé entre le citoyen et le politique. Il alimente le populisme et contribue ainsi à saper les fondements mêmes de la démocratie.

Récemment encore, Elio Di Rupo a démontré que son temps était révolu et qu’il ne pouvait incarner l’avenir. En 1999 (la N-VA n’existait pas encore!), le Parlement flamand s’est clairement exprimé en faveur de l’option confédéraliste. De façon cohérente, Bart De Wever déclare donc aujourd’hui qu’un gouvernement avec le PS en 2019 n’est possible que moyennant un accord sur le confédéralisme.

Mais pour Di Rupo, il ne peut être question de s’engager sur ce terrain. Selon lui, le PS s’engagera pour renforcer notre sécurité sociale ainsi que les revenus des travailleurs et des pensionnés, et non pour négocier la fin du pays. Le PS mettra sur la table l’abaissement de l’âge de la retraite à 65 ans, le rétablissement de l’indexation des salaires, de meilleurs soins de santé et l’individualisation des droits sociaux.

Il est clair que sous la présidence d’Elio Di Rupo, le PS campera sur ses schémas idéologiques traditionnels. L’homme ne fait pas partie de ces socialistes réformistes qui s’adaptent avec pragmatisme au monde d’aujourd’hui.

Sur le plan de la réforme de l’Etat, Elio Di Rupo s’est toujours présenté, avec les autres présidents de parti francophones, comme un demandeur de rien, pour finalement céder. Il ne pouvait être question pour lui de scinder Bruxelles-Hal-Vilvorde sans extension de Bruxelles. On sait ce qu’il en est advenu.

Lorsqu’on relit l’interview que Wouter Beke a donnée au journal québécois « Le Devoir » le 22 septembre 2007, on constate que l’actuel président du CD&V est sur la même longueur d’onde que Bart De Wever : Nous voulons un véritable confédéralisme où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Ne soyons pas naïfs. La sécurité sociale constitue le fonds de commerce du PS. C’est ce qui explique l’attachement si prononcé d’Elio Di Rupo à la Belgique. Et sur ce plan, il a en effet bien des soucis à se faire. Invité, le 8 novembre 2002, sur le plateau de VTM, Karel De Gucht, alors président des libéraux flamands, s’était montré particulièrement clair : La Belgique est condamnée à terme à disparaître, à s’évaporer et, en attendant, elle n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre. Il est inacceptable que la Flandre paie davantage pour les soins de santé et reçoive moins en retour de la Wallonie.

Le récent rapport du Vlaams & Neutraal Ziekenfonds (Mutuelle flamande et neutre) ne peut que conforter le point de vue flamand. Contrairement à ce qu’affirme le ministre-président Paul Magnette – il n’y a pas de surconsommation wallonne en matière de santé -, l’étude montre que les différences entre la Flandre et la Wallonie n’ont cessé de s’accroître

On constate ainsi qu’en 2015, les dépenses en Flandre s’élevaient à 2109 euros par ayant droit; contre 2245 euros en Wallonie, soit une différence de 136 euros. En 2010, cette différene était de 50 euros. Pour ce qui est des contributions, elles représentaient en 2014 19.265 euros par ayant droit en Flandre, contre 15.061 euros en Wallonie.

L’évolution est également frappante en ce qui concerne le nombre de jours pour incapacité de travail et invalidité. En cinq ans, la différence entre la Flandre et la Wallonie est passée de 3,8 à 5,7 jours.

Selon le VNZ, ces différences s’expliquent par le fait que les deux régions n’ont pas la même approche culturelle en matière de santé. En Flandre, on compte par exemple moins de jours d’hospitalisation et on privilégie le médecin de famille en tant que gestionnaire du dossier médicam global.

Nous savons que le déclin de la Wallonie a débuté dans les années soixante, lorsque l’industrie lourde a périclité sans qu’il y ait de reconversion valable. Les programmes d’aide de l’Etat belge unitaire n’ont fait qu’accompagner le recul économique wallon, alors qu’elles ont contribué en Flandre à investir dans des secteurs qui valorisaient la croissance économique, créaient de l’emploi, encourageaient l’innovaton et la diversification, et ce dansd toutes les provinces.

Le discours du PS était toujours le même : il faut sauvegarder les droits acquis. Et la stratégie syndicale s’est avérée suicidaire, en présentant l’image d’une région prompte à déposer l’outil. La faillite de Cockeriil-Sambre en 1981 a amené la Flandre à remettre en remettre en cause la solidarité avec la Wallonie : plus un sou flamand pour l’acier wallon!

On pourrait écrire un livre sur la manière dont la pieuvre socialiste a déployé ses tentacules sur l’ensemble de la Wallonie.

Avec l’introduction de la régionalisaion en 1980, la Wallonie a pu disposer d’outils propres pour entreprendre son redressement économique. Au fil des réformes successives de l’Etat, ces outils n’ont cessé de s’accroître. Mais il ne suffit pas d’avoir de bons outils, encore faut-il pouvoir s’en servir de manière efficace. Et ce ne fut, de toute évidence, pas le cas. En octobre 2015, Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Destrée, l’a lui-même reconnu : La Wallonie n’a toujours pas décollé.

La réalité est en effet très éloignée du tableau idyllique dressé par le ministre-président Paul Magnette en avril 2016, lors de son discours annuel sur l’état de la Wallonie : Vivons-nous aux crochets de la Flandre? Je vous dis non! (…) Non, la Wallonie n’est pas à la traîne ni en retard de développement/ (…) Il n’y a pas de surconcomation wallonne en matière de santé. (…) Jamais autant d’emplois n’ont été créés. (…) Nous nous rapprochons de la moyenne européenne.

Hélas, les chiffres nous tiennent un autre discours. Nous l’avons vu déjà avec la sécurité sociale. Mais la situation reste aussi préoccupante en ce qui concerne les autres domaines. S’il est vrai que le chômage commence enfin à baisser, il reste encore très élevé, avec un taux d’environ 14%.

Un rapport de l’Institut wallon pour l’évaluation, la prospective et la statistique nous révèle que le taux de chômage en Flandre a été divisé par deux entre 1983 et 2015, passant de 10,7% à 5,2%. En 1983, moins de trois points de pourcentage séparaient le taux de chômage le plus bas, observé en Flandre (10,7%), et le plus élevé, observé en Wallonie (13,5%). En 2015, l’écart entre ces deux régions a explosé, passant à sept points, précisz Béatrice Van Haeperen, coordinatrice scientifique à l’Iweps.

Examinons à présent le tableau Eurostat 2014, relatif au PIB/habitant dans les régions européennes. Nous consatons que, pour une moyenne de 100, Bruxelles affiche 207, la Flandre 120 et la Wallonie 86. Et bien que le Hainaut ait largement bénéficié des aides européennes (30 milliards de francs belges rien que pour la période 1994-1999, dans le cadre d’Objectif 1), il se situe à 76, alors qu’il était encore à 81 en 2003. Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser!

En ce qui concerne les exportations, il est incontestable que la Flandre se taille la part du lion. En 2015, elle représentait à elle seule 79% des exportations belges, avec un chiffre de 185,8 milliards d’euros, contre 42,7 milliards pour la Wallonie. Les chiffres de la Banque Nationale nous permettent également de comparer les deux premiers trimestres de 2015 avec ceux de 2016 : hausse de 6,3% pour la Flandre, baisse de 5,3% pour la Wallonie….

La dernière étude européenne relative à l’attractivité de 263 régions montre, quant à elle, que Bruxelles (on inclut ici le Brabant flamand et le Brabant wallon) occupe la 19ème place, tandis que les provinces flamandes et wallonnes se retrouvent respectivement entre 21-58 et 121-142.

Enfin, on constate également une différence sur le plan budgétaire. Depuis plusieurs années, la Flandre parvient a présenter un budget en équilibre, alors que la Wallonie n’y arrive pas.

Dès le départ, la Flandre a fait le choix de fusionner les compétences régionales et communautaires. Les libéraux francophones étaient également favorables à cette option, mais le PS s’y est opposé énergiquement, craignant de voir ainsi son pouvoir se diluer. Sa priorité était de conserver la mainmise sur la région. Aujourd’hui, Paul Magnertte déclare, de manière assez paradoxale : sans l’enseignement et la culture, la Wallonie est comme un eunuque.

Elio Di Rupo fustige aujourd’hui Bart De Wever pour le bilan désastreux du gouvernement sur le plan budgétaire, social et économique. Mais pour ce qui est de la situation de la Wallonie, il ferait bien de faire son examen de conscience. Le PS n’a-t-il pas occupé, de 1980 à ce jour, de façon quasi ininterrompue, la ministre-présidence? Difficile, dans ces conditions, de nier l’influence majeure que ce parti a eue sur la gestion des affaires. Une gestion caractérisée par une hypetrophie politiuco-administrative, résultat d’un clientélisme effréné. Nous visons au-dessus de nos moyens et en dessous de nos capacitésconstatait feu le professeur Robert Deschamps des Facultés de Namur.

Il n’y a pas de fatalité irréversible. Mais seule la jeunesse wallonne, l’espoir de l’avenir, peut faire bouger les choses en faisant comprendre aux dirigeants politiques qu’ils doivent emprunter une autre voie.

Il est plus facile d’adopter la politique de l’autruche, mais celle-ci finit toujours par se révéler suicidaire. François Perin s’en est pris jadis à ces Wallons sans yeux et sans oreilles.

Pour ce qui est de la Flandre, elle est devenue une nation qui doit sa prospérité à une gestion rigoureuse et à un esprit entrepreneurial. Rien ne pourra contrecarrer son aspiration à l’indépendance.

Jules Gheude, essayiste politique. Son dernier livre « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes » (Mon Petit Editeur, Paris, 2015) vient d’être traduit en néerlandais par Doorbraak Boeken et sortira prochainement, avec une préface du politologue Bart Maddens de la KU Leuven.

Communiqué de presse Vlaams & Neutraal Ziekenfonds

21 novembre 2016

 

 

La Wallonie consomme nettement plus que la Flandre

Le Vlaams & Neutraal Ziekenfonds examine chaque année les différences en matière de dépenses entre la Flandre et la Wallonie sur base des données de ‘L’Union Nationale des Mutualités Neutres’ qui concernent plus d’un demi-million de personnes.

Jusqu’en 2010, le VNZ a constaté – tout comme ce fut également le cas des études de l’INAMI – que les différences de consommation diminuaient pour atteindre environ 50 euros par personne. En 2011 il y a eu toutefois une rupture significative et la différence a doublé pour atteindre 109,93 euros

Les résultats de l’INAMI pour 2015 ne sont toujours pas connus, mais nos chiffres confirment la tendance des dernières années. La différence entre les coûts de santé moyens pour un Flamand (2.108,87 euros) et un Wallon (2.244,94 euros) a augmenté de manière signficative. Elle s’élevait en 2015 à 136,07 euros par personne contre 112,46 en 2014.

Le tableau des dépenses en soins de santé pour 2015 se présente comme suit:

Nombre de membres Total des dépenses Dépenses/ membre (personne)
Vlaanderen 219.724 367.354.513 2.108,87
Wallonië 250.658 453.180.759 2.244,94
Brussel 47.728 78.859.471 2.089,24
(pas attribué) 226.400.753  
Total 518.110 1.125.795.496 2.172,89

La Wallonie a donc dépensé 6,4% de plus pour les soins de santé en 2015.

Cette fracture, qui, en outre, ne tient pas compte des contributions nettement plus élevées des Flamands à la sécurité sociale fédérale, offre un autre regard sur les nombreuses économies faites en ce moment et hypothèque lourdement  “la capacité de paiement des soins” pour les générations futures. Il est curieux que la société civile n’entrepenne aucune action à cet égard.

Sur base des contributions à la sécurité sociale en 2015, nous constatons qu’un titulaire flamand au sein de L’Union Nationale des Mutualités Neutres paie chaque année 8.756 euros, alors qu’un francophone ne paie que 6.574 euros, soit une différence de 2.180 euros.

Le tableau des contributions à la sécurité sociale pour 2015 se présente comme suit :

Nombre de titulaires Total de contributions l’ONSS[1] Contribution/ titulaire
Vlaanderen 151.687 1.328.138.939 8.755,79
Wallonië 168.025 1.104.536.911 6.573,65
Brussel 32.456 229.611.935 7.074,56
Total 352.168 2.662.287.785 7.559,71

Dans les tableaux suivants, on constate clairement que le Nord et le Sud ont une culture différente en matière de santé. En Flandre, on compte moins de jours d’hospitalisation et le rôle du médecin traitant en tant que gestionnaire du dossier médical globale est nettement privilégié. En Wallonie et à Bruxelles, la popularité du dossier médical globale est nettement plus faible.

Voici le tableau 2015 pour les jours d’hospitalisation

Nombre de titulaires Nombre de jours d’hospitalisation Jours d’hospitalisation /titulaire
Vlaanderen 219.724 627.468 2,86
Wallonië 250.658 769.682 3,07
Brussel 47.728 156.223 3,27
Total 518.110 1.553.373 3,00

 

Voici le tableau relatif aux nombre de dossiers médical global (= DMG’s) :  
Nombre de membres Total DMG’s %
Vlaanderen 219.724 141.274 64,30%
Wallonië 250.658 96.514 38,50%
Brussel 47.728 15.669 32,83%
Total 518.110 253.457 48,92%
Voici la tableau pour les VIPO[2] (= régime préférentiel) :  
VIPO %/affiliés (membres)  
Vlaanderen 25.555 11,63%  
Wallonië 55.398 22,10%  
Brussel 9.614 20,14%  
Total 90.567 17,48%  

En Wallonie, près du double de personnes jouissent le régime préférentiel (VIPO). Ce pourcentage augmente chaque année malgré la grande solidarité de la Flandre envers la Wallonie. Les chiffres sont également très alarmants pour Bruxelles, avec 20% de la population. On peut se demander s’il n’y a pas ici une responsabilité collective des dirigeants wallons et bruxellois.

Plus frappante encore est l’évolution du nombre de jours d’indemnité d’incapacité de travail ou invalidité. Alors que la différence entre la Flandre et la Wallonie était il y a cinq ans de 3,8 jours, on remarque qu’elle est aujourd’hui de 5,7 jours par titulaire :

 
Nombre de titulaires Nombre de jours d’indemnité Jours/titulaire
Vlaanderen 151.6 2.986.240 19,69
Wallonië 168.025 4.265.464 25,39
Brussel 32.456 573.793 17,68
Total 352.168 7.825.497

22,22

Avec les contrôles plus sévères dans la cadre de la réglementation du chômage, ce fossé entre la Flandre et la Wallonie risque encore de se creuser. Une raison de plus pour plaider en faveur d’une responsabilisation accrue et pour la communautarisation totale de l’assurance santé et invalidité.

Ces chiffres ont été calculés sur base des données provenant de l’Union Nationale des Mutualit’s Neutres– exercice 2015. Ils concernent un échantillon de 4,6% de la population belge (518.110 assurés); 7 mutuelles (2 en Flandre, 4 en Wallonie et 1 à Bruxelles).

[1] l’ONSS: L’Office Nationale de la Securité Sociale

[2] VIPO: veuves, invalides, pensionnés, orphelins

Les candidats à l’élection présidentielle française et leurs programmes

« Le Vif », stagiaire, 18 mars 2017

Les prétendants à la plus haute fonction de l’État français avaient jusqu’à ce vendredi pour réunir les 500 parrainages synonymes d’officialisation de leur candidature. Ce samedi, le Conseil constitutionnel a annoncé la liste définitive. Voici les hommes et femmes en course pour l’Élysée et leurs programmes.

Nathalie Arthaud (47 ans) : Lutte ouvrière (LO)

Nathalie Arthaud © REUTERS

Porte-parole du parti Lutte ouvrière depuis 2008 et candidate à la présidence depuis 2012, cette enseignante d’économie de gestion espère peser dans la balance électorale en 2017. En digne héritière Trotskyste d’Arlette Laguiller, elle ne cache pas son désir de « Faire entendre le camp des travailleurs » et n’hésite pas à pousser la chansonnette à la gloire de l’internationale. Défenseuse de la cause ouvrière, elle est également active dans la lutte pour le droit des femmes et est la seule femme à se présenter face à Marine Le Pen. Interdiction des licenciements, répartition du travail pour tous, augmentations du SMIC à 1800 euros nets et contrôles des travailleurs sur les entreprises sont les points essentiels de son programme. Pour elle, la seule souveraineté possible est celle des ouvriers par rapport à ceux qui possèdent les capitaux. Peu importe que ce soit à l’échelle de la France, de l’Europe ou du monde, le seul mot d’ordre est de permettre « l’émancipation des exploités, à l’échelle de la planète ».

 

François Asselineau (59 ans) : Union Populaire Républicaine (UPR)

François Asselineau © AFP

L’ancien énarque qui a débuté au RPF (LR) en 1999 avant de fonder l’UPR en 2007 est l’une des « surprise » de cette campagne présidentielle. Conspirationniste ancré à l’extrême-droite, François Asselineau n’était pas parvenu à réunir les 500 parrainages en 2012. Mais c’est cette fois chose faite. Et c’est très certainement grâce à son « armée de l’ombre » très présente sur internet que ce candidat méconnu du grand public a pu se faire remarquer. S’il n’a rien d’un Geek, ses cyber-militants ont investi les réseaux sociaux pour propager les idées de leur mentor dans toute la France. Après le Brexit, M. Asselineau soutient l’idée d’un « Frexit« . Anti-UE, Anti-OTAN et anti-américain, il espère assurer à la France « son indépendance nationale » en sortant de l’euro et en se désolidarisant des États-Unis en quittant l’Otan.

 

Jacques Cheminade (75 ans) : Solidarité et progrès (S&P)

Jacques Cheminade © REUTERS

Pour la troisième fois après 1995 et 2012, le fondateur du parti Solidarité et progrès est parvenu à réunir les 500 parrainages pour se présenter à la présidentielle. M. Cheminade, qui a grandi en Argentine avant de revenir en France à ses 18 ans pour étudier à HEC et à l’ENA, est le doyen des candidats de cette course à l’Élysée. Souvent qualifié de « candidat inclassable », avec des idées qui lui ont valu d’être classé à l’extrême-gauche par certain et à l’extrême-droite par d’autres, il est certainement le prétendant le plus difficile à cerner dans cette campagne. Proche de Lyndon Larouche, il défend en très grande partie les idées de cet ex-candidat à la présidence américaine très controversé. Son projet ouvertement dirigé contre les « forces financières destructrices » préconise une sortie de la France de l’UE et de l’euro pour refonder l’Europe, d’exiger un nouveau Bretton Woods, d’imposer une vraie séparation bancaire et d’instaurer un crédit national pour l’équipement de l’homme et de la nature.

 

Nicolas Dupont-Aignan (59) : Debout la France (DLF)

Nicolas Dupont-Aignan © AFP

C’est avec la droite traditionnelle que le Maire d’Yerre a démarré sa carrière politique. En 1997, l’énarque s’engage avec le RPR, devenu RPF puis UMP, avant de quitter l’appareil pour créer son propre mouvement :  » Debout la République » renommé Debout la France. Le député de l’Essonne, résolument Gaulliste, républicain et souverainiste se considère comme « anti-système » et accuse souvent l’UMP et le PS d’avoir monopolisé le pouvoir durant des décennies. M. Dupont-Aignan veut « redonner la parole aux Français« . Il préconise donc de recourir systématiquement au référendum lorsque la modification de la Constitution, l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire sont concernés. Sur le plan international, il veut « retrouver une politique étrangère indépendante », transformer l’euro de « monnaie unique » à « monnaie commune » et dénoncer les traités contraires à l’indépendance de la France.

François Fillon (63 ans) : Les Républicains (LR)

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Engagé depuis plus de quarante ans dans la politique, le Sarthois a enchaîné les postes de député et de ministre avant de devenir chef du gouvernement en 2007. Désigné outsider de la primaire de la droite et du centre derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, le candidat de « l’honnêteté » est parvenu à convaincre la majorité des 4 millions d’électeurs de droite et est devenu grand favori pour la présidence. Avant qu’une mise en examen pour l’affaire de l’emploi fictif de se femme et de ses enfants ne vienne perturber sa campagne et son image de candidat irréprochable. Son projet décliné en trois axes (libérer, protéger et réconcilier), compte des mesures-chocs telles que la suppression de 500 000 fonctionnaires, le recul de l’âge de la retraite à 65 ans, ou encore la fin des 35 heures. Sa poigne et son programme lui ont d’ailleurs valu une comparaison à la Dame de fer, Margaret Thatcher.

 

Benoit Hamon (49 ans) : Parti socialiste (PS)

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Arrivé en politique à la fin des années 80 comme assistant parlementaire du député rocardien Pierre Brana, Benoit Hamon est récemment devenu le nouvel homme fort de la gauche. Fondateur du mouvement des jeunes socialistes en 1993, le « petit Ben », comme on le surnomme au PS a rapidement grandi au sein du parti. Après avoir été porte-parole du PS et de ministre de l’Éducation en 2014, il passe dans le camp des frondeurs, à l’aile gauche du parti, pour protester contre la politique menée par le président Hollande. Bien entouré, il se présente alors aux primaires de la gauche et déjoue tous pronostics en s’imposant aux urnes face Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Les mesures phares de son projet « pour un progrès social et écologique » sont l’instauration d’un revenu conditionnel de base pour les 18-25 ans, la réduction du temps de travail, la mise en place d’une taxe pour les robots, le blocage d’un projet de loi par 49.3 citoyen, ou encore l’interdiction des perturbateurs endocriniens.

Jean Lassalle (61 ans) : Résistons!

Jean Lassalle © AFP

C’est sans parti que le centriste, ex-membre de l’UDF et du MoDem et autrefois fidèle de François Bayrou, se présente à l’élection présidentielle. Maire de sa ville à seulement 21 ans puis élu conseillé départemental à 26, le montagnard est, depuis toujours, un ovni dans le monde politique. Lui, qui se voit déjà comme « un berger à l’Élysée » et s’érige en défenseur de la souveraineté du peuple entend bien libérer les Français de l’ « oppression financière ». Grâce à son projet pour la république, le Béarnais veut notamment libérer l’écologie de la financiarisation qui la dénature,  » plus de pouvoir aux communes », passer aux énergies renouvelables et permettre à la France de « retrouver ses marges de manoeuvre au sein de l’Europe ». 

Marine Le Pen (48 ans) : Front national (FN)

Marine Le Pen, candidate FN à la présidence française. © AFP/Jean-François Monier

Entrée en 1998 au FN, fondé plus tôt par son père, Marine Le Pen est rapidement devenue la présidente du premier groupe d’extrême-droite français. Après de nombreuses années de travail de « dédiabolisation » de son camp, la députée européenne semble aujourd’hui plus proche que jamais de son objectif ultime : devenir la première femme présidente de la France. Son programme ultra-nationaliste préconise notamment la sortie de l’Europe, et par conséquent du marché unique par l’intermédiaire d’un référendum. Un autre pilier de son projet, fidèle à son idéologie souverainiste, est le renforcement des frontières de la France pour « mettre fin à l’immigration incontrôlée ». Sur les questions sociétales, la candidate a lissé son image par rapport à 2012 en se rétractant sur l’idée d’un référendum pour la peine de mort, ou encore la réécriture des critères de remboursement de l’IVG.

 

Emmanuel Macron (39 ans) : « En Marche! » (EM)

Emmanuel Macron © REUTERS

L’ex-ministre de l’Économie, parti du gouvernement de Manuel Valls pour devenir Calife à la place du Calife semble en passe de réussir son coup de force. Ancien énarque passé par chez Rothschild en tant que banquier d’affaire, M. Macron est actuellement en tête des sondages pour accéder à la présidence de la France. Son mouvement,  » En Marche !  » fondé en avril 2016 se veut  » anti-système « , loin des clivages et des jeux d’appareils.

Bâti autour de six chantiers (L’éducation et la culture, la société du travail, la modernisation de l’économie de la société, le renforcement de la sécurité, le renouveau démocratique, et les affaires internationales et européennes), son projet se veut comme son parti : « ni à gauche ni à droite « . Plutôt libéral politiquement et socialement, il est décrit par beaucoup de médias comme le plus  » pro-européen  » des candidats.

Jean-Luc Mélenchon (65 ans) : France insoumise (FI)

Leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon créera-t-il la surprise à gauche ?

C’est dans les rangs du PS que le candidat de la France insoumise a démarré sa carrière politique. Après avoir été ministre délégué à l’Enseignement professionnel sous les ordres de Jack Lang de 2000 à 2002, il quitte les socialistes en 2008 pour créer le Parti de gauche (PG). En 2009, il est élu député européen et se présente à l’élection présidentielle de 2012, où il recueille 11% des suffrages. Pour 2017, M. Mélenchon a choisi de se présenter « hors-cadre de parti » en fondant son mouvement : la France insoumise. Son projet à la fois écologique et social prévoit une augmentation du SMIC mensuel à 1300€, la retraite à 60 ans, l’interdiction des licenciements boursiers, une « règle verte » mettant en avant le principe qu’il ne faut pas épuiser les ressources naturelles, ou encore un plan de transition énergétique de 50 milliards d’euros.

 

Philippe Poutou (50 ans) : Nouveau Parti anticapitaliste

Philippe Poutou © AFP

C’est au bout du suspense que le seul candidat ouvrier à la présidentielle a reçu ses 500 parrainages. Réparateur de machines-outils chez Ford, le prétendant du Nouveau Parti anticapitaliste fondé par le postier Olivier Besancenot sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire (LCR), avait déjà recueilli 1.15% des voix lors de sa première participation en 2012. Avec pour slogan de campagne « Nos vies, pas leurs profits ! », c’est tout naturellement qu’il dénonce un système fait par les riches pour les riches. Positionné à l’extrême-gauche de l’échiquier politique, M. Poutou propose un programme anticapitaliste dans lequel il met en avant la lutte sociale en interdisant les licenciements et en augmentant le SMIC. Les autres points important sont la lutte contre les discriminations et la répression, le renforcement des solidarités en ouvrant les frontières et un basculement vers une démocratie directe, sans président.

La Société wallonne des eaux, symbole d’un certain mal wallon ?

Nicolas De Decker, « Le Vif », 18 mars 2017

Huit succursales, 224 mandataires, 720 000 euros de rétributions annuelles et un absentéisme dramatique qui atteint parfois les 40 %. Et si la SWDE, principal acteur du secteur de l’eau, résumait tous les problèmes d’un certain mal wallon ? Elle s’en défend. Et veut se réformer.

Y a-t-il du gaz, type comité de secteur, dans l’eau aux arômes wallons ? La toute récente réforme de la gouvernance à la Société wallonne des eaux (SWDE), telle que prévue par une note au conseil d’administration du 24 février dernier, pourrait le laisser penser. Eric Smit, le patron de cette entreprise publique autonome, mastodonte du captage et de la distribution d’eau – 1 400 travailleurs, 207 communes associées, deux tiers de la population desservie -, y félicite la gouvernance de sa société, fondée sur huit succursales. Mais, cherchez l’erreur, il se réjouit également que les principaux organes qui méritent ces félicitations soient appelés… à disparaître après 2018.  » Un consensus semble se dégager  » à ce sujet, explique, dans la note qui a fuité, le président du comité directeur.