Archives mensuelles : janvier 2017

Scandale Publifin : ORES supprime sept intercommunales et plus de 300 mandats

« Le Vif », Belga, 31 janvier 2017

En quatre ans, ORES aura supprimé sept intercommunales, indique l’entreprise au terme de l’assemblée qui s’est tenue ce mardi, et qui a réuni les conseils d’administration des deux sociétés qui composent le groupe ORES (ORES Assets scrl et ORES scrl). Elles ont approuvé de nouvelles mesures de rationalisation de la gouvernance de l’entreprise.

ORES, qui emploie 2.300 collaborateurs, est responsable de l’ensemble des activités de gestion et d’exploitation des réseaux de distribution d’électricité et/ou de gaz naturel dans 197 villes et communes wallonnes. Ces réseaux couvrent au total près de 50.000 km en électricité et plus de 9.300 km en gaz naturel. Elle assure les raccordements aux réseaux de distribution, les travaux liés à l’entretien, au développement et au dépannage de ces derniers, ainsi que la pose des compteurs et les relevés d’index de consommation. Elle mène aussi de nombreuses missions de service public à caractère social et a en charge l’exploitation et l’entretien de l’éclairage public dans les communes associées, soit 446.000 luminaires. Ce mardi, les conseils d’administration respectifs d’ORES Assets et d’ORES, réunis à Louvain-la-Neuve, ont approuvé les principes de la suppression des comités de secteur, la mise en place de mécanismes de concertation destinés à consolider l’ancrage local de l’entreprise en terme de politique tarifaire, de dividendes et d’investissement, et la mise en place de conseils d’administration « miroir » dans les deux sociétés. Cela signifie que les mêmes personnes composeront les deux conseils.

Elles seront rémunérées pour un seul de ces deux mandats en fonction de leur présence effective aux réunions et conformément aux limites de rémunération prescrites par le Code de la Démocratie locale et de la Décentralisation, l’autre mandat s’exerçant à titre gratuit. Les modalités de composition et de fonctionnement du conseil intégreront les recommandations du groupe d’experts qui sera mis en place sous l’égide du gouvernement wallon.

A également été décidée, la mise en oeuvre des règles applicables aux sociétés cotées en matière de transparence des rémunérations. Cette réforme sera proposée à l’assemblée générale de juin prochain, afin d’entrer en vigueur dès le 1er juillet prochain. A l’issue des élections communales d’octobre 2012, le secteur mixte de la distribution d’énergie comptait huit intercommunales actionnaires d’ORES scrl, avec huit conseils d’administration et un total de 330 mandats.

Au début 2013, la décision a été prise de réduire le nombre de structures et de mandats. En moins de quatre années, sept intercommunales sur huit et plus de 300 mandats sur 330 auront été supprimés.

 

La Flandre parle de «mafia wallonne»: Magnette refuse de répondre en néerlandais

J.Dy, « Le Soir », 26 janvier 2017

Paul Magnette n’a pas apprécié la manière dont la Flandre a traité l’affaire Publifin, et certainement pas que les médias flamands parlent de « mafia wallonne ». Et il leur fait savoir.

Interrogé par VTM sur la démission de Paul Furlan, Paul Magnette décide de répondre en français. Le journaliste, Dirk Van den Bogaert, lui demande s’il ne serait pas possible de faire l’interview en néerlandais. Le ministre-président wallon répond alors en néerlandais mais sa réponse n’est certainement pas celle à laquelle s’attendait le journaliste.

« Non, pas en néerlandais. En français. J’en ai marre des critiques sur la mafia et autres qu’il y a en Flandre. Donc non, je ne vais pas répondre cette fois-ci en néerlandais, voilà. Je fais une exception aujourd’hui », a-t-il déclaré.

 

La Wallonie décollera le jour où…

Dans « Le Soir » du 26 janvier 2017

PAR JULES GHEUDE, ESSAYISTE POLITIQUE (1)

Les chiffres qui mesurent le fossé séparant le Nord et le Sud du pays démontrent que la politique menée pour le redressement de la Wallonie n’a pas été efficace. Et ceci n’est pas une question de fatalité, mais de choix !

Il paraît que la Wallonie va mieux. Il est vrai que Jean-Claude Van Cauwenberghe l’affirmait déjà en… 2004 !

Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Voilà ce qu’avait répondu, à la fin des années soixante, le président français Charles de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain, qui venait de lui évoquer la situation de la Wallonie.

Paul Magnette est jeune. Mais il ne dit pas la vérité et, face aux défis majeurs qui attendent la Wallonie, la population reste d’une inquiétante apathie.

La méthode Coué et les chiffres tiennent des langages diamétralement opposés.

La première nous dit : La Wallonie n’est pas à la traîne ni en retard de développement. Elle ne vit pas aux crochets de la Flandre. Il n’y a pas de surconsommation wallonne en matière de santé. Jamais autant d’emplois n’ont été créés. Nous nous rapprochons de la moyenne belge.

A cela, les chiffrent répondent :

  1. En 2015, la Flandre a exporté 79 % du total des exportations belges, la Wallonie 18 % et Bruxelles 3 %. Cela représente 185,8 milliards d’euros pour la Flandre contre 42,6 milliards pour la Wallonie.

En comparant les deux premiers trimestres de 2016 avec ceux de 2015, on constate que la Flandre connaît une hausse de 6,3 % et la Wallonie une chute de 5,3 %.

Il s’agit ici des statistiques de la Banque Nationale de Belgique, les plus fiables.

  1. Certes, le chômage wallon est en train de baisser légèrement. Mais il atteint toujours un taux de quelque 14 %, soit plus du double qu’en Flandre.

Coordinatrice scientifique à l’Institut wallon pour l’Evaluation, la Prospective et la Statistique, Béatrice Van Haeperen nous explique : En 1983, moins de trois points de pourcentage séparaient le taux de chômage le plus bas, observé en Flandre (10,7 %), et le plus élevé, observé en Wallonie (13,5 %). En 2015, l’écart entre ces deux régions a explosé, passant à sept points.

  1. Une étude du Vlaams & Neutraal Ziekenfonds (mutuelle flamande et neutre) révèle que l’écart communautaire n’a cessé de croître.

En 2015, les dépenses par ayant droit en Flandre s’élevaient à 2.109 euros, contre 2.245 en Wallonie, soit une différence de 136 euros. En 2010, l’écart était de 50 euros. Il a donc plus que doublé en cinq ans.

En ce qui concerne les contributions, elles représentaient, en 2014, 19.265 euros par ayant droit en Flandre, contre 15.061 en Wallonie.

L’évolution est également frappante en ce qui concerne les journées d’hospitalisation pour incapacité de travail ou invalidité. Alors que la différence entre la Flandre et la Wallonie était de 3,8 jours il y a cinq ans, elle est aujourd’hui de 5,7 jours.

  1. Contrairement à la Flandre, la Wallonie ne parvient pas à réaliser l’équilibre budgétaire. Son budget 2017 a été bouclé avec un déficit de 300 millions d’euros.
  2. Paul Magnette a déclaré que sans la culture et l’enseignement, la Wallonie est eunuque. Mais c’est son parti, le PS, qui refusé, en 1980, de suivre l’exemple flamand de la fusion régional-communautaire.

En attendant, le dernier rapport Pisa révèle l’écart entre les performances des élèves flamands et francophones.

Avec un résultat de 483 points en lecture, la Communauté française arrive en 35e position, soit en retrait de 10 points par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (493) et loin derrière la Flandre qui, avec 511 points, se classe 10e. En mathématiques, la Flandre totalise 521 points, contre 493 pour la Wallonie.

Le déclin industriel de la Wallonie a débuté à la fin des années 50. Que n’a-t-on entendu dire que la Belgique unitaire, sous emprise flamande (l’Etat CVP !), n’a pas fait le nécessaire pour redresser la situation. De fait, jusqu’en 1977, les aides de l’Etat n’ont fait qu’accompagner le recul économique de la Wallonie, tandis que tout était mis en œuvre pour investir en Flandre dans des secteurs porteurs d’avenir et créateurs d’emplois.

Mais depuis 1980, la régionalisation est intervenue et, à travers les réformes successives de l’Etat, n’a cessé d’amplifier ses effets. Depuis 1980, force est aussi de constater que la ministre-présidence du gouvernement wallon a été confiée, de façon quasi ininterrompue, au PS. Difficile donc de nier l’influence que ce parti a pu avoir sur la conduite des affaires.

Il est clair que la politique menée n’a pas été efficace. Il ne faut pas, en effet, 35 ans pour qu’un pays ou une région en difficulté puisse se redresser. Il n’y a pas de fatalité. Ce n’est qu’une question de choix politique, comme l’a bien montré Gerhard Schröder en Allemagne.

Invité sur le plateau de France 2 en 2014, Guy Verhofstadt a précisé : «  J’ai été pour la première fois ministre du Budget au moment où nous avions 137 % de dette publique. C’était un record historique. Et on a réussi à diminuer jusqu’à 80 %. Avec de la croissance ! »

Le mal wallon est bien connu. Il a pour nom « hypertrophie politico-administrative » et est causé par l’affairisme et le clientélisme. Le scandale Publifin en est l’exemple le plus récent.

La Wallonie décollera vraiment le jour où ses dirigeants auront mis en place un réseau dense de PME innovantes et offert aux entrepreneurs l’oxygène nécessaire pour aller franchement de l’avant. Il faut également jeter un magistral coup de pied dans cette fourmilière des intercommunales, abroger le cumul des mandats, opérer les rationalisations et dégraissages nécessaires. On pense ici aux filières du TEC, aux réseaux d’enseignement, à l’institution provinciale. Sans discipline budgétaire, point de salut possible !

Nous vivons au-dessus de nos moyens et en dessous de nos capacités, disait l’économiste Robert Deschamps, qui vient de nous quitter.

Aux Wallons de faire entendre leur voix pour amener les dirigeants à emprunter enfin la bonne voie !

(1) Dernier livre paru : Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes, Mon Petit Editeur, Paris, 2016.

 

Emissions de «La pensée et les Hommes» consacrées à François Perin

 

Suite à la publication de sa biographie consacrée à François Perin, Jules Gheude a été invité au micro de « La Pensée et les Hommes ».

 

Trois émissions ont été programmées. Nous avons déjà eu l’occasion de présenter la première.

Voici les liens vous permettant de visionner les deux autres, intitulées respectivement « Le défenseur de la Wallonie » et « Le Penseur laîtque »

http://www.lapenseeetleshommes.be/?Pod_Radio:2017:10150

http://www.lapenseeetleshommes.be/?Pod_Radio:2017:10151

 

 

Magnette suite à la démission de Furlan : «C’est une vraie Révolution»

« Le Vif », Belga, 26 janvier 2017

Le gouvernement wallon a annoncé jeudi une batterie de mesures destinées à révolutionner la gouvernance et l’éthique en Wallonie, à la suite du scandale Publifin qui a emporté le ministre Furlan.

 

 

Des centaines de mandats vont disparaître, la rémunération de nombreux mandats sera fortement diminuée ou tout simplement supprimée, a annoncé le ministre-président Paul Magnette, entouré des vice-présidents Maxime Prévot et Jean-Claude Marcourt. Ce renforcement du cadre juridique en Wallonie passera aussi par la suppression des structures inutiles, l’extension des incompatibilités de mandats et le renforcement des contrôles et sanctions. MM. Magnette et Prévot ont tous deux rappelé que la Wallonie avait déjà pris des mesures en ce sens par le passé, et ont dénoncé la manière dont certains les avaient détournées. Parmi les mesures prises, toutes les rémunérations seront publiées nominativement, a affirmé M. Magnette. Nous vivons à une époque où les impératifs de transparence ont balayé les impératifs de protection de la vie privée.

Paul Furlan n’a commis aucune faute politique

Le ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan, qui a démissionné jeudi du gouvernement wallon pour assurer la sérénité de son travail,n’a commis aucune faute politique et n’était pas en position de conflit d’intérêts, a assuré le ministre-président Paul Magnette à l’entame d’une conférence de presse sur les mesures que s’apprête à prendre son gouvernement en matière de gouvernance et d’éthique.

Mais vu les vifs débats, c’est personnellement et en âme et conscience qu’il m’a signalé ce matin son intention de démissionner, ce que j’ai accepté. C’est un geste rare, spontané, qui honore la politique. Je suis convaincu qu’une fois la poussière retombée, on reconnaîtra qu’il aura été un excellent ministre, a ajouté M. Magnette. Le nom du successeur de M. Furlan devrait être annoncé dans le courant de l’après-midi, selon le chef de l’exécutif wallon.

Tecteo a encaissé 140 millions en 7 ans grâce à des mesures portées par Magnette

« Le Vif », 26 janvier 2017

En 2008, Paul Magnette a pris à son compte la rédaction, en tant que ministre en charge du Climat et de l’Énergie au sein du gouvernement Leterme I, d’un arrêté royal qui a permis par la suite aux distributeurs de gaz et d’électricité de faire exploser leur cagnotte.

 

 

Grâce à cette mesure, Tecteo (aujourd’hui Publifin) a engrangé annuellement de 2008 à 2014, année de la régionalisation de cette compétence, 20 millions d’euros supplémentaires, écrit L’Echo jeudi.

Tecteo aurait d’ailleurs à l’époque fait un lobbying intense auprès de Magnette, fraichement arrivé au fédéral, selon un expert. Les différentes sources interrogées par L’Echo et présentes à la Creg à cette époque pointent Christine Declercq, directrice de cabinet adjointe en charge de l’Énergie. Elle a trifouillé dans tous les paramètres de fond en comble au profit des distributeurs wallons, selon une source anonyme. Tous les distributeurs énergétiques ont d’ailleurs finalement profité de l’intervention de Paul Magnette, qui se rapportait à la fixation des tarifs de l’énergie et à la maîtrise des coûts par les gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité. Les mesures, approuvées par le conseil des ministres, établissaient entre autres un facteur « Bêta » pour le calcul de la prime de risque des distributeurs. Selon des calculs de la Creg datant de 2010, elles ont eu pour effet d’augmenter de 53 euros par an la facture d’électricité d’une famille de 4 personnes et de 65 euros celle du gaz.

Magnette dément toute politique favorable à Tecteo quand il était ministre

Paul Magnette a démenti jeudi toute mesure prise en faveur de Tecteo alors qu’il était ministre fédéral de l’Energie. En 2008, il a veillé à prendre en compte les obligations de service public auxquelles étaient contraints les distributeurs dans la fixation des tarifs, a-t-il expliqué.

Le ministre a fait à l’époque le tour des distributeurs d’énergie au nord et au sud du pays. Les obligations de service public établies par les Régions pesaient alors lourdement sur leurs coûts. A l’issue de cette concertation, certaines de ces obligations ont été prises en compte, mais pas toutes, souligne l’actuel ministre-président wallon. Par ailleurs, les distributeurs se sont vus imposer des économies par le biais d’un coefficient de productivité. M. Magnette conteste donc les 20 millions d’euros engrangés par Tecteo chaque année étant donné que le calcul ne se fonde que sur les recettes et non les coûts. Or, quand on calcule le bénéfice d’une entreprise, on doit soustraire les coûts des recettes. Le but n’a jamais été de hausser un bénéfice, a-t-il ajouté.

 

Grand Baromètre: Ecolo reverdit, le MR pâlit

Ce sont deux des principaux enseignements de notre sondage Ipsos / Le Soir / RTL.

Pierre Bouillon, « Le Soir », 23 janvier 2017

En Wallonie, Ecolo se réveille

Le volet wallon de notre sondage Ipsos / Le Soir / RTL est marqué par le recul des deux grands partis francophones – le PS et le MR.
Accroché à la 3e position, le PTB est en statu quo par rapport à notre dernier sondage. C’est un événement en soi. C’est la première fois depuis longtemps que l’extrême gauche ne progresse pas.

Le sondage signale un bond d’Ecolo – il gagne 3,7 points par rapport à notre dernier sondage (septembre 2016). C’est le seul parti à progresser avec le CDH (lequel s’améliore, plus modestement, de 1,4 point). De toute évidence, les verts profitent de leur travail de sape parlementaire, que celui-ci s’exerce au Parlement fédéral ou au Parlement wallon.

A Bruxelles, le mano a mano PS/MR continue

La lutte continue, à Bruxelles, entre socialistes et libéraux – cette fois, le mano a mano tourne à l’avantage du PS (qui monte) et au désavantage du MR (qui baisse). Comme en Wallonie, Ecolo progresse mais de façon beaucoup moins significative (+ 1 point par rapport à notre dernier sondage). Défi (ex-FDF) est pointé en baisse (- 1,6 point). Bref : des variations peu significatives. Plus significatif, l’état de santé du CDH. Dans le peloton des « poids moyens » (où se bousculent le PTB, Ecolo, Défi…), il traîne à l’arrière et il semble s’enraciner dans cette position.

 

 

 

 

En Flandre, la N-VA reprend des couleurs

C’est mécanique. Quand la N-VA décline, le Vlaams Belang va mieux. Quand la N-VA va mieux, le Vlaams Belang décline. Notre sondage confirme ce vase-communicant, cette fois, au profit de la N-VA, qui fait oublier le coup de fatigue qui avait marqué notre sondage de juin dernier. Elle met 13 points d’écart entre elle et ce peloton compact où se bousculent les autres partis flamands. A relever : le recul de du CD&V. Par rapport à notre dernier sondage, il dévisse de 17,6 à 14,9 %.

 

 

Le tableau idyllique de Paul Magnette et la réalité

Opinion – « La Libre Belgique », 20 janvier 2017

CONTRIBUTION EXTERNE Publié le vendredi 20 janvier 2017 à 18h30 – Mis à jour le vendredi 20 janvier 2017 à 18h31

Une opinion de Jules Gheude, essayiste politique (1)

Dans son discours du 13 avril 2016, le ministre-Président Paul Magnette explique aux Wallons qu’ils ont toutes les raisons d’être optimistes quant à leur avenir. Les faits, hélas, contredisent ces paroles. Il faut dire la vérité aux Wallons.

S’il faut en croire le ministre-Président Paul Magnette (son discours sur l’état de la Wallonie du 13 avril 2016), les Wallons ont toutes les raisons d’être optimistes quant à leur avenir : la région ne vit pas aux crochets de la Flandre. Elle n’est pas à la traîne ou en retard de développement. On n’enregistre aucune surconsommation en matière de santé. Il n’y a jamais eu autant d’emplois et l’on rattrape la moyenne belge.

Les faits, hélas, s’empressent de rectifier ce tableau idyllique.

Emploi

L’emploi, d’abord. Un rapport de l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de prospective et de la statistique) nous révèle que de 1983 à 2015, le taux de chômage flamand a été divisé en deux, passant de 10,7 % à 5,2 %. « En 1983, moins de trois points de pourcentage séparaient le taux de chômage le plus bas, observé en Flandre (10,7 %), et le plus élevé, observé en Wallonie (13,5 %). En 2015, l’écart entre ces deux régions a explosé, passant à sept points », précise Béatrice Van Haeperen, coordinatrice scientifique à l’Iweps.

L’Iweps s’est également penché sur les variations d’une année à l’autre du PIB/volume. On obtient ainsi, en 2015, 1,2 en Wallonie contre 1,4 en Belgique et 2,0 dans la zone euro. En 2016, la situation est de 1,2 en Wallonie, 1,5 en Belgique et 1,7 pour la zone euro. Où voit-on que la Wallonie rattrape la moyenne belge ?

PIB et exportations

Si l’on examine à présent le tableau Eurostat 2014 du PIB/habitant pour les régions d’Europe, on remarque que, pour une moyenne de 100, Bruxelles se situe à 207, la Flandre à 120 et la Wallonie à 86. Alors qu’il a largement bénéficié des aides européennes, (30 milliards de francs belges rien que pour la période 1994-1999 dans la cadre d’Objectif 1), le Hainaut se situe à 76, alors qu’il était encore à 81 en 2003. On le voit, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser. Pour ce qui est des exportations, il n’y a pas photo avec la Flandre qui, en 2015, totalisait à elle seule 83,1 % des exportations belges, avec un chiffre de 300,6 milliards d’euros (6e meilleure performance au sein de l’Union européenne).

Sécurité sociale

Pour ce qui est de la sécurité sociale, une récente étude du Vlaams&Neutraal Ziekenfonds (VNZ) révèle que les différences communautaires n’ont cessé de croître.

Ainsi, en 2015, les dépenses par ayant droit en Flandre s’élevaient à 2 109 euros, contre 2 245 en Wallonie. En 2010, l’écart était de 50 euros. Il a donc doublé en cinq ans. En ce qui concerne les contributions, elles représentaient, en 2014, 19 265 euros par ayant droit en Flandre, contre 15 061 en Wallonie.

On constate également une évolution pour ce qui concerne les journées d’indemnisation pour incapacité de travail ou invalidité. Alors que la différence entre la Flandre et la Wallonie était de 3,8 jours il y a cinq ans, elle est aujourd’hui de 5,7 jours.

Pour le VNZ, Flandre et Wallonie ont des approches différentes de la santé. Au Nord, on enregistre, par exemple, moins de jours d’hospitalisation et le rôle du médecin traitant en tant que gestionnaire du dossier médical global est nettement privilégié.

Budget et enseignement

Pour Paul Magnette, sans l’enseignement et la culture, la Wallonie est eunuque. Ignore-t-il donc que c’est son parti, le PS, qui s’est opposé, en 1980, à ce que la Wallonie fusionne, à l’instar de la Flandre, les institutions régionale et communautaire ? Non seulement le gouvernement flamand réalise l’équilibre budgétaire pour 2017, mais il a conclu un accord qualifié d’historique en matière d’allocations familiales, d’enseignement et de dégraissage de l’institution provinciale.

La Wallonie et la Communauté française sont, quant à elles, en déficit budgétaire, respectivement de 300 et de 200 millions d’euros. Une situation qui risque d’handicaper fortement la mise en œuvre des réformes dans l’enseignement, dont la nécessité s’impose urgemment à la lecture du mauvais bulletin Pisa obtenu par les élèves francophones.

Avec un résultat de 483 points en lecture, la Communauté française arrive en 35e position, soit en retrait de dix points par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (493), et loin derrière la Flandre qui, avec 511 points, se classe 10e. En mathématiques, les élèves francophones se situent dans la moyenne de l’OCDE (493), avec un score de 489 points, mais ici aussi loin derrière la Flandre (521). Pour les sciences, la Communauté française obtient un résultat de 485 points, en léger retrait par rapport à la moyenne de l’OCDE (493).

Quant aux révélations faites sur l’intercommunale Publifin, elles viennent réveiller le souvenir des sombres années marquées par les « affaires ».

La Flandre est devenue une nation

Il est une autre vérité que Paul Magnette ne dit pas au peuple wallon : c’est que la Flandre est devenue une nation et que rien ni personne ne pourra l’empêcher, via la légitimité de son parlement, de proclamer unilatéralement son indépendance. Il suffit tout simplement qu’une majorité absolue se dessine dans ce sens.

L’hypothèse de la scission de la Belgique n’a rien de fantaisiste. Feu Xavier Mabille, le président du CRISP, dont la sagesse était unanimement reconnue, écrivait en 2007 : « Hypothèse dont je dis depuis longtemps qu’il ne faut en aucun cas l’exclure. »

Dire la vérité aux Wallons, c’est aussi leur dire que ni une Wallonie indépendante ni un Etat wallo-bruxellois ne seraient des options d’avenir réalistes et viables. Tous les sondages indiquent qu’une large majorité de Bruxellois francophones privilégient un statut autonome en cas de disparition de la Belgique. On sait aussi, chiffres à l’appui (voir l’analyse de Jules Gazon, professeur d’économie émérite de l’ULg), qu’une Wallonie indépendante se trouverait dans une situation budgétaire infernale, comparable à celle de la Grèce en 2009. Bain de sang social garanti !

« J’ai la conviction que seule la prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’avenir à vos trois à quatre millions de Wallons », avait confié le président français Charles de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain.

Le fait est que la Constitution française est d’une grande souplesse et qu’elle pourrait aisément garantir un statut particulier à la Wallonie. Quant à l’impact budgétaire, il serait, au sein de l’Hexagone, marginal. Comme l’explique Jules Gazon : « Le PIB de la France augmentée de la Wallonie serait égal à 24 fois le PIB wallon. L’amplitude des effets en termes de déficit public et de dette publique par rapport au PIB serait donc divisée par 24. »

(1) Dernier livre paru : « Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes », Mon Petit Editeur (www.monpetitediteur.com), 2016.

Wallonie: près de 240 millions d’euros déjà engagés dans le Plan Infrastructures

« La Libre Belgique », Belga, 20 janvier 2017

 

Déjà 240 millions d’euros de chantiers ont été engagés et des emplois pour 2.600 équivalents temps plein ont été créés dans le cadre du Plan Infrastructures 2016-2019, un an après son lancement, s’est réjoui vendredi Maxime Prévot, ministre wallon des Travaux publics, lors d’une conférence de presse à Namur. 

Le plan vise à moderniser les infrastructures routières et fluviales en Wallonie pour favoriser le développement socio-économique et doper la création d’emplois. Il prévoit au total 640 millions d’euros, soit la plus grosse enveloppe jamais débloquée afin d’améliorer les réseaux routier et fluvial, d’après Maxime Prévot (CDH).

Ce montant se ventile autour de quatre axes: poursuivre la réhabilitation et le développement des autoroutes, rénover et sécuriser des voiries régionales du réseau dit « secondaire », développer les routes de l’emploi (celles menant aux zones d’activités économiques, aux hôpitaux, etc), et investir dans le réseau fluvial.

Sur 253 dossiers « localisés », 14 chantiers ont été réalisés en un an ou sont en cours de réalisation et 49 chantiers débuteront en 2017. A cela s’ajoutent 79 dossiers en cours d’étude et 111 dossiers à étudier. Il s’agit d’écrans antibruit, de la rénovation des équipements des tunnels, de l’entretien des aires autoroutières, de la construction de nouveaux parkings de covoiturage, de la rénovation et la modernisation des feux tricolores, des cabines haute-tension, des éclairages des ronds-points et des carrefours ou encore de la réfection des bassins d’orage.

Pour la partie « voies hydrauliques », cela concerne notamment le canal Charleroi-Bruxelles, le plan incliné de Ronquières, le barrage de Monsin, l’écluse d’Ampsin-Neuville, le canal du centre historique, le réseau RTE-T avec la partie wallonne du projet « Seine-Escaut-Est ». Après un an, déjà près de 240 millions d’euros ont été investis (59 millions pour les chantiers réalisés ou en cours et 180 millions pour les dossiers dont les travaux vont débuter). L’objectif final est l’engagement de tous les dossiers pour fin 2019.