La raison, après le cœur

Jules Gheude, « Vers l’Avenir », 6 décembre 2016

Charles Michel parviendra-t-il à aller jusqu’au terme de la législature ? Rien n’est moins sûr. Des divergences de vues sont apparues ces derniers temps entre les partenaires de la majorité (taxe sur les plus-values, taxe Tobin, mobilité,…). Sans parler du Kazakhgate, qui constitue pour le MR un élément de fragilisation.

Le dernier baromètre politique de « La Libre » révèle qu’aucune tripartite – et, a fortiori, aucune bipartite – ne serait possible sans le concours de la N-VA qui, avec 26,3%, apparaît comme la première force politique du pays. Si l’on ajoute le résultat du Vlaams Belang (12,3%), on constate que la mouvance séparatiste flamande est créditée de 38,6%.

La N-VA va-t-elle rompre le « cordon sanitaire » autour du Vlaams Belang ? La question se pose à l’occasion des prochaines élections communales à Anvers. Quant à Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, il a déclaré que si son parti obtenait une majorité avec le Vlaams Belang, il exigerait l’indépendance de la Flandre.

Pas question, en tout cas, pour Louis Michel que le MR s’allie avec une N-VA qui conclurai un partenariat avec l’extrême-droite flamande.

On le voit : la Belgique pourrait devenir ingouvernable. Et le docu-fiction de la RTBF « Bye bye Belgium » de décembre 2006 pourrait rejoindre la réalité.

Nous l’avons déjà dit : une Wallonie indépendante serait confrontée à une situation financière intenable, qui affecterait sensiblement les prestations sociales. Le scénario d’un WalloBrux n’est soutenu que par… 4,6% des Bruxellois (enquête VUB 2013). Seule une union-intégration à la France, avec un statut particulier que pourrait aisément envisager la Constitution française, serait de nature à garantir l’avenir wallon.

Au Congrès wallon de Liège d’octobre 1945, le cœur avait battu au rythme de l’Hexagone. La raison finira-t-elle par s’imposer ?