Archives mensuelles : novembre 2016

La Flandre prépare-t-elle son indépendance et la fin de la Belgique? « ‘Il faut arrêter de se dire que ça ne peut pas arriver »

RTL Info, 30 novembre 2016|

2016-12-01_214204Christophe Deborsu s’est penché sur la question de la fin de la Belgique dans une émission diffusée ce soir. L’équipe de « Dossier Taboué montre comment certaines réformes de l’Etat ont avantagé la Flandre par rapport à la Wallonie.

Ce matin sur Bel RTL, le journaliste politique Antonio Solimando, qui a vu l’émission en primeur, a levé un coin du voile sur ces réformes, les négociations houleuses pour attribuer les fonds pour construire des autoroutes, des lignes de trains, pour réformer la loi de financement et donc restreindre les transferts d’argent entre le nord et le sud. Il explique qu’on y voit aussi Bart de Wever évoquer avec un sourire sa technique de flamandiser le gouvernement belge, fédéral. Il évoque à nouveau sa volonté, dès 2019, de procéder à une réforme de l’état vers le confédéralisme, et à plus long terme, vers le séparatisme.

« Moins de Belgique » vs « un état fédéral revigoré »

Et justement, dans l’actualité de ces derniers jours, les partis flamands ont évoqué les questions communautaires.  Avec deux chemins très différents qui se profilent et des élections de 2019 qui seront essentielles dans l’évolution de la Belgique.

D’un côté la N-VA envisagerait une coalition avec l’extrême-droite, le Vlaams Belang. Deux dirigeants de la N-VA l’ont répété vendredi: l’objectif commun est de désosser l’état fédéral.

De l’autre côté, le CD&V a  au contraire, inscrit dans son programme ce week-end, la possibilité de « réfédéraliser » certaines matières. Les libéraux, les socialistes et les écologistes du nord du pays ont déjà approuvé cette idée. Alors, si une nouvelle réforme de l’état est sur la table en 2019, elle pourrait prendre des tournures diamétralement opposées selon les résultats des élections : Vers moins de Belgique ou un chaos pour former le gouvernement si la N-VA et le Vlaams Belang décrochent un bon score… Ou au contraire, vers un état fédéral un peu revigoré si les électeurs plébiscitent les partis traditionnels analyse enfin Antonio Solimando.

« Il faut arrêter de se dire que ça ne peut pas arriver »

Le journaliste Christophe Deborsu était présent ce midi sur le plateau du RTL info 13H. Est-ce qu’on peut dire que la Flandre prépare son indépendance, prépare la fin de ce pays ?, lui a demandé Luc Gilson.

Pour Christophe Deborsu, c’est le cas. On pourrait parler de 2026 comme une date un peu symbolique, on l’expliquera dans le reportage. Mais déjà en 2019, Bart De Wever va peut-être nous dire qu’il pourrait y avoir de gros soucis. Ça pourrait aller relativement vite. Je crois qu’il faut arrêter de se dire que ça ne peut pas arriver. A un moment, il faut être prévenu que c’est possible… Et agir en conséquence.

La Belgique cède quelques hectares de son territoire aux Pays-Bas

RTBF, 28 novembre 2016

La province de Liège a échangé des bouts de territoire avec les Pays-Bas ce lundi, perdant au passage dix hectares. Le tracé de la frontière Belgo-néerlandaise va en effet être redessiné par traité, afin de suivre le cours de la Meuse.

En orange, les territoires belges, cédés aux Pays-Bas – Infographie RTBF

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La province de Liège a échangé des bouts de territoire avec les Pays-Bas ce lundi, perdant au passage dix hectares. Le tracé de la frontière Belgo-néerlandaise va en effet être redessiné par traité, afin de suivre le cours de la Meuse. Le traité a été signé aujourd’hui aux Pays-Bas par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, sous le regard attentif des deux Rois. Les petits bouts de terre concernés se trouvent à Visé en bordure de Meuse et sont des zones naturelles où ne se trouvent aucune habitation.

Un problème d’accessibilité

Il s’agit de conséquences de travaux entrepris début des années 60, sur le lit de la Meuse, dans le coin de la commune de Visé, alors que le fleuve faisait office de frontière naturelle.

On a dû rectifier le cours de la Meuse et 13 hectares de terres belge se sont retrouvés rattachés géographiquement aux Pays-Bas, sans autre accès qu’en passant par chez nos voisins. Ce qui posait problème par rapport aux règles de police, explique Charles Havard, secrétaire communal de Visé

Il s’agit d’une manœuvre purement pratique, il n’y a pas une seule habitation, nous ne perdons pas d’habitants. Ce sont justes des zones naturelles. Et nous les cédons pour que la police puisse y accéder beaucoup plus aisément. Autant que cela fasse partie des Pays-Bas, on ne perd pas grand-chose finalement, assure le secrétaire communal. En retour, la Belgique récupère un petit territoire de trois hectares.

 Infographie RTBF

Infographie RTBF

L’étranger est curieux de cet accord

Certains pays étrangers et journalistes internationaux sont étonnés de cette modification de frontière. Il parait qu’il s’agit du premier traité de rectification de frontières qui ne suit pas les armes. On fait une rectification purement pacifique en bonne amitié avec nos voisins hollandais, en tout bon sens, conclut Charles Havard.

Cette modification de la frontière sur le terrain est attendue le 1er janvier de l’année qui suit la ratification du traité par les deux parlements nationaux, sans doute pas avant 2018.

Le Roi Philippe et la Reine Mathilde entament une visite d’état de trois jours au Pays-Bas. Ils seront accompagnés d’universitaires, de chefs d’entreprises et des trois ministres-présidents des régions.

En 32 ans, le chômage n’a pas baissé en Wallonie et a explosé à Bruxelles

 « Le Vif », Belga, 28 novembre 2016

Depuis 32 ans, le chômage n’a presque jamais baissé en Wallonie et a augmenté à Bruxelles, alors qu’il a été divisé par deux en Flandre, selon une étude de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) détaillée lundi dans les titres Sudpresse.

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Depuis 23 ans, le taux de chômage flamand a été divisé en deux, passant de 10,7 % en 1983 à 5,2 % en 2015. En Wallonie, il est resté à un niveau similaire. A Bruxelles, il a augmenté de 43%.

« En 1983, moins de trois points de pourcentage séparaient le taux de chômage le plus bas, observé en Flandre (10,7 %) et le plus élevé, observé en Wallonie (13,5 %), pour 12,2 % à Bruxelles. En 2015, l’écart entre ces deux régions a explosé, passant à sept points. Pire, l’écart le plus élevé – entre la Flandre et la région de Bruxelles – atteint désormais plus de douze points » constate Béatrice Van Haeperen, de l’Iweps.

L’Iweps note un fort chômage structurel en Wallonie et à Bruxelles, donc lié aux conditions structurelles de l’économie : niveau trop élevé des salaires, compétences des travailleurs ne répondant pas aux attentes des entreprises, manque de mobilité de la main-d’oeuvre, système d’indemnisation incitant peu au retour à l’emploi, etc. Une crise économique ou une mauvaise conjoncture ont donc des effets nettement plus violent dans ces régions.

Bye Bye Belgium, hello Jules Gheude !

Thierry Fiorilli, “Le Vif/L’Express”, 25 novembre 2016

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Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes, c’est le titre du nouvel essai de l’infatigable Jules Gheude, ancien collaborateur et proche de Jean Gol, Louis Michel et François Perin.

L’ouvrage, édité chez Mon Petit Edfiteur, est publié à l’occasion du 10e anniversaire du docu-fiction de la RTBF Bye Bye Belgium. Il s’agit d’une synthèse des réflexions menées depuis près de dix ans par celui qui prône le rattachement de la Wallonie à la France, articulées autour de trois chapitres : ce qui distingue fondamentalement Wallonie et Flandre ; « comment, après 2019, la fiction (d’une scission du pays) pourrait rejoindre la réalité » ; comment peut s’opérer le partage de la dette, la fixation des frontières, quid du sort de la Wallonie, de Bruxelles, de la Communauté germanophone, etc.

PS, MR et CDH renoncent à faciliter le cumul des mandats en Wallonie

« La Libre », Belga, 24 novembre 2016

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PS, MR et cdH se sont engagés jeudi dans un communiqué commun à ne pas toucher aux règles de cumul des mandats en Wallonie, au terme de deux journées marquées par des rumeurs de rétropédalage, confirmées au moins implicitement par plusieurs responsables régionaux de ces partis. La décision des trois présidents de parti est de ne pas modifier les règles relatives au cumul des mandats en Wallonie, affirme ce communiqué peu courant des présidents des trois partis.

Le Soir avait annoncé mercredi la proximité d’un accord entre les trois partis pour réduire considérablement la portée du décret « décumul » de 2010, estampillé Ecolo, en limitant ce décumul aux seules entités de plus de 50.000 habitants, soit neuf à peine sur les 262 communes wallonnes.

Des représentants des trois partis au parlement wallon n’avaient pas démenti cette annonce, certains d’entre eux la défendant même, d’autres mettant en garde sur l’absence de tout accord formel. Ecolo et le PTB quant à eux, avaient réagi avec virulence, tandis que les réseaux sociaux et la presse stigmatisaient, majoritairement, ce que beaucoup considéraient comme un recul de la bonne gouvernance peu à même de réconcilier le citoyen avec la politique.

En fin de journée de mercredi, les réticences du PS wallon se faisaient de plus en plus nettes. Il n’y a pas même la première ligne d’un texte rédigé ; le décret décumul est là, il convient à certains. Les réactions ont fusé comme si l’information était actée, mais on en est très très loin, avait commenté une source socialiste régionale à Belga, sous couvert d’anonymat.

La décision repose entre les mains des présidents du PS, du MR et du cdH, dont les forces sont nécessaires pour atteindre une majorité des deux tiers nécessaire pour toute modification d’un décret connexe, celui sur la reconfiguration des circonscriptions électorales wallonnes réclamée par un arrêt de la Cour constitutionnelle.

Le trio présidentiel se rencontre « à intervalles réguliers en vue de dégager un accord visant à mettre la législation wallonne en conformité avec l’arrêt de la Cour constitutionnelle 169/2015 du 26 novembre 2015 », ont confirmé les trois éminences jeudi.

Par cet arrêt, la Cour a déclaré anticonstitutionnel l’article 5 et l’annexe 1 de la loi ordinaire du 16 juillet 1993 visant à achever la structure fédérale de l’État. Cet article définit les circonscriptions, arrondissements et cantons électoraux wallons et la répartition des sièges à pourvoir au Parlement wallon. Plus particulièrement, la Cour a considéré comme discriminatoires les circonscriptions qui disposent de moins de quatre sièges à pourvoir.

En marge de ces discussions, les présidents de parti ont évoqué les questions relatives au décumul. Dans ce contexte, plusieurs pistes ont été abordées, admettent-ils, avant de conclure à l’absence de modification des règles en la matière.

Enseignement : le Pacte d’excellence

2016-11-25_093058Il paraît que le fameux Pacte d’excellence est en phase de décollage.

Mais, comme l’écrit Pierre Bouillon dans « Le Soir » de ce 22 novembre, les impatients seront déçus.

Et d’expliquer : concrétiser le Pacte prendra des années. Parce que l’argent manque. Parce que le Pacte suppose un travail législatif impossible à réaliser d’un coup.

Décumul des mandats: la Wallonie fait marche arrière

« Le Soir », 23 novembre 2016

2016-11-25_092855PS, CDH et MR se sont entendus pour remplacer le décret qui limite la possibilité de cumuler les mandats des élus.

En 2010, la Wallonie adoptait un décret interdisant pour les trois quarts des membres de chaque groupe politique de cumuler un mandat de parlementaire régional et un mandat au sein d’un collège communal.

Une période transitoire, accordant un peu de souplesse aux élus, avait été instaurée jusqu’en 2018. Le décret ne vivra sans doute pas jusque-là.

Les présidents du PS, du CDH et du MR ont décidé de remplacer ce texte qui avait été porté principalement par les écologistes. Le nouveau décret limite l’interdiction de cumul aux seuls élus provenant d’une entité de plus de 50.000 habitants (neuf localités seulement sont dans le cas).

Pour être adopté, le texte devra faire l’objet d’une majorité des deux tiers, ce qui explique que les libéraux, pourtant dans l’opposition à la Région wallonne, se soient entendus avec les socialistes et les humanistes.

La Flandre veut conclure des accords sans la Wallonie

« Le Vif », Belga, 22 novembre 2016

La Flandre veut être en mesure de conclure des accords d’investissement en partenariat avec le Grand-Duché de Luxembourg mais sans la Wallonie, a indiqué mardi le ministre-président flamand, Geert Bourgeois,  devant le parlement en réponse à une question de Karl Vanlouwe (N-VA).

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Le ministre nationaliste n’accepte pas que la Wallonie bloque des accords d’investissement que la Belgique et le Luxembourg concluent ensemble avec d’autres pays. La Wallonie retient ces accords depuis plus d’un an, avec des conséquences graves pour nos entreprises, comme par exemple les sociétés de dragage au Panama, a-t-il expliqué.

Le Luxembourg aurait déjà décidé de conclure seul un accord avec l’Iran, dont nos entreprises flamandes ne bénéficieront pas.

Sans ces accords, les entreprises perdent certaines garanties et doivent, par exemple, soumettre leurs litiges aux juridictions locales.

A ses yeux, la Flandre, le pouvoir fédéral et le Luxembourg devraient être en mesure de conclure de tels accords sans les autres entités fédérées qui s’y joindraient éventuellement plus tard.

Les démocrates chrétiens flamands égaux à eux-mêmes…

Une analyse de Jules Gheude

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Partenaire de la coalition suédoise, le CD&V se préparerait-il à lui donner le coup de grâce ? Certains signes attestent, en tout cas, dans le chef des démocrates chrétiens flamands, d’une tendance à se démarquer de certaines orientations adoptées.

On se souvient de la mini-crise survenue lors de l’élaboration du budget 2017. Le fait de ne pas avoir obtenu l’introduction de la taxe sur les plus-values a manifestement provoqué une vive frustration au sein du parti. D’autant que les derniers sondages ne lui sont guère favorables.

Jeudi dernier, la députée CD&V Griet Smaers s’est fait applaudir par l’opposition, après avoir déclaré à la tribune de la Chambre : Je reste sur ma faim à propos de la collaboration avec la Commission européenne au sujet des 3% de déficit. (…) Je regrette que le tax-shift ne soit pas financé. (…) Les réformes fiscales sont nécessaires mais pour installer la confiance, il incombe de mettre le budget en ordre.

Aujourd’hui, c’est son collègue Eric Van Rompuy qui prend le relais en s’en prenant vivement, sur son site internet, au partenaire N-VA.

L’intéressé constate notamment qu’en matière budgétaire, la promesse de la N-VA de réduire les dépenses publiques ne s’est traduite que par une réduction d’1% du PIB en deux ans, dont la moitié en raison de la baisse des taux. Quant au déficit budgétaire, il reste aussi élevé que sous le gouvernement précédent. Aucun changement donc.

Eric Van Rompuy fustige également le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) pour avoir sous-estimé les recettes fiscales. Alors que le tax-shift reste impayé à hauteur de plusieurs milliards d’euros, c’est avec 9 milliards d’économies à aller rechercher pour atteindre l’équilibre en 2018 que le ministre envisage en 2017 une baisse de l’impôt des sociétés de 2 milliards. Et de conclure : La discipline budgétaire est manifestement le moindre des soucis de la N-VA, par rapport à ses promesses fiscales. Les charges sont reportées à plus tard. Typique des populistes.

Il est clair que le CD&V ne se sent plus à l’aise au sein du gouvernement Michel.

Voilà qui fait songer à ce qui se passa en 1978, lorsque le Premier ministre CVP Léo Tindemans provoqua la chute de son gouvernement, après être parvenu à mettre la Volksunie et le FDF d’accord sur le projet institutionnel dit d’Egmont-Stuyvenberg.

Un sentiment de réticence à l’égard de ce projet, qui prévoyait notamment le droit d’inscription pour les francophones de certaines communes de la périphérie bruxelloise, ne tarda pas à germer en Flandre ; réticence que le « Comité d’Egmont » se chargea de transformer en hargne, épaulé en cela par une presse flamande littéralement déchaînée.

Face à cette évolution, Léo Tindemans se mit à temporiser. Et François Perin de dénoncer le stratagème : Quand il renvoie au Parlement, ce n’est pas à l’opposition qu’il pense. Sinon, il l’aurait déjà reçue pour l’associer aux travaux. (…) En langage clair, cela veut dire ceci à l’adresse de certains parlementaires du CVP, grands torpilleurs de gouvernements et praticiens expérimentés de la déloyauté à l’égard de l’autre communauté : « Vous savez, ces gens du Stuyvenberg n’ont qu’une importance relative ; vous ferez ce que vous voudrez de leur œuvre ; personnellement, je n’y tiens pas tellement ; si vous torpillez l’affaire, je n’en ferai pas une maladie ; après tout, ces francophones bruxellois m’énervent ; je ne les aime pas plus que vous. Et l’Etat unitaire, si nous, Flamands, nous le dominons, ce n’est pas une mauvaise affaire. ».

De fait, la machine CVP se mit en mouvement. Envoyé en éclaireur, le député Jan Verroken déclara : Le pacte est cent fois pire que ne l’imaginent ses plus grands détracteurs.

Vinrent ensuite les groupes parlementaires du parti, estimant ne pouvoir passer outre aux objections d’anticonstitutionnalité soulevées par le Conseil d’Etat.

Enfin, superbe dans le premier rôle, Léo Tindemans  jouera l’indignation devant la nervosité de certains présidents de parti de la majorité qui souhaitaient l’interroger, et s’en ira remettre sa démission au Roi.

En renvoyant, nus devant leurs électorats respectifs, la Volksunie et le FDF qui avaient fini par s’entendre au prix de compromissions importantes, Léo Tindemans révélait ainsi toute sa perfidie.

Si la Volksunie se retrouva sérieusement écornée aux élections législatives, le FDF, lui, renforça sa position, au point de se retrouver à nouveau au gouvernement, avec les socialistes et les sociaux-chrétiens.

Mais très rapidement, Eric Van Rompuy, le fougueux président des CVP-Jongeren, fit comprendre que la situation ne pouvait durer : Chez les militants, il y a une énorme aversion contre le FDF, que l’on veut absolument voir en dehors du gouvernement. Nous devrons donc déployer une tactique pour congédier le FDF.

De fait, quelques mois plus tard, les ministres FDF se voyaient  « accorder leur démission » sans même l’avoir offerte…

On le voit, Eric Van Rompuy est resté fidèle à lui-même. Comme hier, il agit en éclaireur pour le compte de son parti.

Mais tout cela manque de cohérence.

Dans son dernier message, il semble se réjouir du fait que la N-VA ne pourra réaliser en 2019 sa promesse de confédéralisme, même si cela n’empêche pas Bart De Wever d’essayer, à chaque interview, de maintenir la tension avec les Wallons.

Faut-il rappeler à Eric Van Rompuy ce que Wouter Beke, l’actuel président de son parti, avait déclaré au journal québécois « Le Devoir », le 22 septembre 2007 : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

On a beau être chrétien, on n’en est pas moins fourbe…

Six Flamands sur dix rejettent la monarchie actuelle

« Le Soir », 15 novembre 2016

20161125Le soutien des Belges à l’institution royale ne cesse de s’éroder. La confiance au Roi s’effondre dans tout le pays.

A la question de savoir s’il faut maintenir la monarchie dans sa forme actuelle ou la rendre purement protocolaire, la Flandre répond clairement (59 %) pour le changement. La Wallonie, par contre, est nettement plus favorable au statu quo (11,5 % de républicains et 23,8% de partisans d’une monarchie sans pouvoir).

C’est une étude publiée ce mardi par l’Institut d’enquête d’opinion sociale et politique et le Centre d’enquête sociologique de la KUL qui dresse ce portrait d’un Royaume de moins en moins monarchiste. L’université louvaniste fait des enquêtes sur le sujet depuis vingt-cinq ans déjà. Depuis 1990, le nombre de citoyens estimant un roi nécessaire à la Belgique ne cesse de chuter.

L’étude de la KUL s’intéresse à différents aspects de la fonction royale. Il en est un qui convainc encore majoritairement de part et d’autre du pays : 59,4% des Flamands et 76,1% des Wallons estiment que le souverain est important pour le prestige international de la Belgique.

Cette note positive ne suffit pas à masquer la défiance croissante des citoyens pour leur monarque : en dix ans, la proportion de Wallons qui accordent leur pleine confiance au souverain est ainsi tombée de 65,3 % à 37,9 %.

L’étude dresse également le portrait type du royaliste : c’est une femme wallonne, croyante et peu diplômée.