Ceta: ce que les médias étrangers disent de la Wallonie (revue de presse)

« Le Soir », J.Dy, 25 octobre 2016

2016-10-30_183300Depuis une semaine, tous les regards sont posés sur la Wallonie qui dit « non » au Ceta. Si Libération célèbre la Wallonix et le Journal de Montréal tire son chapeau aux Wallons pour avoir résisté, tous les médias étrangers ne sont pas toujours aussi élogieux.

Minuscule et petite

La BBC a d’ailleurs consacré un article à la Wallonie, cette région dont  beaucoup ignoraient l’existence. Parmi les huit choses à retenir citées par le média britannique, on peut citer Magritte, qui est né à Lessines, ou encore Georges Simenon, le créateur du détective Maigret, né à Liège. La BBC ne risque pas de faire de nombreux amis chez les Belges puisque, dans son article, elle remet en question l’origine des frites. Selon une théorie controversée, les frites (French fries en anglais) viendraient de Belgique , est-il écrit.

Mais ce sont les adjectifs petite et minuscule  qui sont le plus souvent utilisés pour décrire la région wallonne, peu connue du reste du monde. CNN parle, elle, du « loup solitaire » de la Belgique. Quant au journal canadien The Globe and Mail, il décrit la Wallonie comme une minuscule enclave où on parle français en Belgique .

Les Wallons tuent le Ceta

Le magazine américain Fortune, lui, compare la décision du parlement wallon de dire « non » au Ceta à la politique de Donald Trump, qui s’est montré critique sur plusieurs traités internationaux. « Fortune » n’y va pas de main morte. Pour lui,  deux millions  de Wallons viennent de gaspiller sept années de négociations, et par la même occasion, «d’avoir réduit en cendres  les espoirs des entreprises américaines d’accéder plus facilement au marché européen.

Le Daily Express voit dans le « non au Ceta » des Wallons un mauvais présage pour le Brexit. Il parle de la perspective de voir une minuscule région comme la Wallonie rendre difficile d’obtenir un bon accord pour le Royaume-UniThe Telegraph cite même un ministre qui témoigne anonymement : Cela pourrait prendre une dizaine d’années pour obtenir un accord. Le Royaume-Uni est à la merci des Wallons.

« Pour le rattachement de la France à la Wallonie ! »

Tous les avis ne sont pas pour autant négatifs. Sur Radio Canada, Gérard Fillon dénonce cette tendance des médias à parler de la « petite Wallonie, seule contre tous ». La Wallonie défend aujourd’hui une cause plus grande qu’elle, mais qui la concerne au même titre que le Québec, la Bulgarie ou la France. (…) Si la Wallonie représente 0,6 % de la population couverte par le traité, le Québec est à 1,5 %, ce qui n’en fait pas un bien plus grand acteur dans l’histoire. J’imagine les hauts cris au Québec si la situation était inversée, que nous étions seuls à jouer les Gaulois, se faisant injurier sur la place publique, écrit-il.

Le média français d’investigation Mediapart va plus loin et publie le plaidoyer de l’association Fakir Presse pour « le rattachement de la France à la Wallonie ». En votre honneur, nous qui militons plutôt pour une GPS, Grande Picardie Socialiste, qui irait de Paris jusqu’à Bruxelles, eh bien, nous retournons notre veste. Nous acceptons votre suprématie. Nous réclamons le rattachement de la France à la Wallonie !, milite l’association, qui a d’ailleurs créé une pétition pour l’occasion. Elle récolte déjà 906 signatures.