Archives mensuelles : septembre 2016

Geert Bourgeois renonce à l’indépendance « façon 19e siècle »

Olivier MoutonWalter Pauli – « Knack » / « Le Vif », 20 septembre 2016

2016-09-26_195624Pour le ministre-président flamand (N-VA), le confédéralisme n’est plus une étape intermédiaire vers l’indépendance, mais bien une fin en soi.

Dans une interview croisée avec son collègue wallon Paul Magnette (PS), accordée au Vif/ L’Express et à Knack, le ministre-président flamand Geert Bourgeois ne laisse pas planer de doutes sur les ambitions communautaires de la N-VA. A la question de savoir quelles sont les ambitions institutionnelles de son parti pour 2019, il répond : Nous dévoilerons la stratégie du parti plus tard. Vous connaissez notre programme. Mais je veux encore une fois insister sur le fait que le terme ‘indépendance’ qui se trouve dans nos statuts, ce n’est pas l’indépendance au sens du XIXe siècle. Une nation moderne fait partie d’un plus grand ensemble. En Belgique, il s’agit donc d’aller vers un confédéralisme avec des Etats fédérés ayant une capitale partagée et un maximum d’autonomie et de responsabilités.

Cela signifie que Bourgeois ne considère plus le confédéralisme comme une étape intermédiaire vers l’indépendance, mais bien que l’indépendance flamande correspond au fond à un confédéralisme « maximal », au sein de la Belgique.

Nouveau record de vente d’armes wallonnes à l’Arabie saoudite en 2015

« Le Vif », Belga, 20 septembre 2016

2016-09-26_195412L’Arabie saoudite a acheté 60% des armes wallonnes vendues en 2015, selon le rapport de la sous-commission ‘armes’ du parlement wallon sur les licences d’exportation octroyées ou refusées l’an passé, rapporte Le Soir mardi. La Wallonie n’a jamais exporté autant d’armes vers Riyad.

L’Arabie saoudite ne représente que 34 licences sur les 1.369 délivrées pour 68 pays sur l’ensemble de l’année mais ces contrats représentent un montant total de 575,8 millions d’euros, soit 60 % du chiffre d’affaires wallon dans le secteur (955 millions), détaille le quotidien. Il s’agit d’un nouveau record, le précédent ayant été atteint en 2014 avec 396,9 millions de vente d’armes à Riyad.

Les achats additionnés des autres pays du Moyen-Orient (Émirats Arabes Unis pour 19,3 millions et Oman pour 15,76 millions) pèsent 65% des exportations d’armes wallonnes.

Dans le détail, les exportations vers l’Arabie saoudite, impliquée dans le conflit au Yémen, concernaient en 2015 des armes à feu (396 millions), des canons ou mortiers (7,6 millions), des munitions (105 millions), des roquettes (5,18 millions), des tanks et véhicules blindés ou pièces détachées (58 millions).

Pour la N-VA, « il est plus difficile de rester grand que de grandir »

« Le Vif », Belga, 20 septembre 2016

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L’été a été chaud à la N-VA, avec beaucoup d’initiatives personnelles de membres du parti. À peine la pause estivale terminée, le CD&V descendait en flammes le plan sécurité de la N-VA.

Entre-temps, le président de la N-VA a dû admettre que son parti ne se cramponnerait pas à l’équilibre budgétaire qui lui était autrefois si cher, et aujourd’hui Hendrik Vuye et Veerle Wouters ont été suspendus après leurs déclarations sur la ligne communautaire du parti.

« Ce n’est pas uniquement une question communautaire, mais aussi une question d’autorité », déclare le politologue Carl Devos. « De Wever avait déjà appelé à garder les discussions en interne, car il y avait déjà eu beaucoup d’irritation à cet égard. »

La N-VA doit-elle laisser tomber le volet communautaire ?

Carl Devos: C’est déjà le cas depuis les élections. À peine 10 à 11% des électeurs trouvent que c’est un thème important. La N-VA est devenue un grand parti, mais rester grand est plus difficile que grandir.

En matière de sécurité et de budget aussi, le parti a du mal. Le CD&V a soumis son propre plan de sécurité, et au sein du gouvernement l’Open VLD est soudain le seul parti encore attaché à l’équilibre budgétaire.

En ce qui concerne le plan de sécurité, la casse n’est pas si grande. Le parti voulait surtout montrer qu’il est différent des autres partis. À cet égard, il a réussi. Le budget, c’est d’autre chose : c’est incontestablement une défaite. Il faut admettre que la machine s’enraye.

À quel point la demande d’une réforme de l’état d’ici 2019 de Vuye et Wouters est-elle réaliste ?

Si c’est ce qu’ils veulent, ce sera avec le PS, et le PS ne sera probablement pas demandeur. Mais en Flandre non plus, ce ne sera pas simple. Ni l’Open VLD, ni le CD&V ne souhaitent une réforme de l’état pour l’instant. Ce sera très difficile.

Il est probable que la N-VA devra faire la même évaluation que lors des élections fédérales précédentes. Soit, elle mise complètement sur le communautaire, mais dans ce cas elle se retrouve probablement dans l’opposition, soit elle part à la recherche de compromis, pour revendiquer le pouvoir du gouvernement. Et alors ce sera la deuxième option. »

La N-VA deviendra-t-elle un parti de pouvoir classique?

Elle l’est déjà depuis un petit temps. Il est vrai que la N-VA ne provient pas d’un pilier de la société, comme les autres grands partis, mais c’est néanmoins un parti classique qui trouve des compromis, entérine des nominations, et qui vote des lois. Cependant, la N-VA est beaucoup plus sensible aux contradictions internes. Au sein du CD&V et de l’Open VLD il y a eu toujours eu plusieurs courants. La N-VA en revanche est née d’un éclatement de la Volksunie et n’avait pas ce problème. Il faut maintenant qu’elle apprenne à le gérer.

Paul Magnette : pas de discussion sur le confédéralisme

« Le Vif », Belga, 20 septembre 2016

« Le PS n’ouvrira pas de discussion sur le confédéralisme. La N-VA veut par ce biais scinder la sécurité sociale, et cela le PS ne le permettra jamais », a affirmé mardi le ministre-président wallon Paul Magnette, à l’occasion d’une séance inaugurale de la faculté d’économie de l’université de Hasselt, aux côtés du ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA).

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© Belga

Nous avons eu la sixième réforme de l’Etat et sommes désormais à trois ans des élections de 2019. Cela n’a pas de sens de se lancer dans une discussion communautaire. Les gens en rue n’en veulent pas, ils veulent l’emploi, a commenté le socialiste francophone. M. Bourgeois a rejeté l’argument avancé par M. Magnette selon qui, au-delà des transferts financiers nord-sud, la balance commerciale de la Wallonie transférait chaque année 5 milliards d’euros vers le nord du pays (ménages et entreprises). Ce sont bien les transferts dans la sphère publique qu’il faut prendre en compte, selon M. Bourgeois, qui réclame la transparence. Mon plus grand souhait serait qu’il n’y ait plus de transferts, a assuré M. Magnette, évoquant le redressement de la Wallonie. M. Bourgeois a aussi accusé le gouvernement wallon de mener une opposition purement idéologique en s’opposant aux traités de libre échange transatlantiques (CETA, TTIP), ce à quoi M. Magnette a répliqué que l’opposition était portée non tant par son exécutif que par la société civile au sud du pays. Les deux chefs de gouvernement ont encore échangé sur plusieurs sujets politico-économiques, laissant apparaître peu d’accords, sinon sur la nécessité que l’Europe assouplisse les règles comptables qui gênent les investissements publics. (INT, POL, DRM, BPE, OCH, fr)

Le Wallon se sent d’abord belge

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 15 septembre 2016

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Le Wallon est fier de l’être. Mais il est belge aussi et de ça aussi, il est très fier. C’est ce qui ressort du nouveau Baromètre social de la Wallonie qui, comme en 2013 et en 2007, s’est notamment penché sur l’identité wallonne – un baromètre qui a été réalisé par l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) auprès de 1 400 citoyens wallons en face à face.

Pour Rébécca Cardelli, attachée scientifique de l’Iweps et responsable du Baromètre social, on ne trouve pas de trace d’un quelconque nationalisme au sud du pays : Il est important de souligner que ce sentiment de fierté d’être wallon ne s’inscrit pas en concurrence avec le sentiment de fierté d’être belge, explique-t-elle.

Un sentiment d’appartenance particulier

Mais de quoi sont-ils fiers, ces Wallons ? Essentiellement des gens, de la nature, de la qualité de vie quotidienne ou encore du dynamisme wallon : C’est surtout le sens de l’accueil, et la solidarité informelle dont peuvent faire preuve les Wallons qui sont mis en évidence dans les propos des répondants lorsqu’ils parlent de ce qui fait la fierté d’être wallon. D’autres qualités citées par les répondants ont été rassemblées dans cette thématique, notamment l’indépendance d’esprit et le sens de la dérision des Wallons, explique encore Rébécca Cardelli.

Pour Sébastien Brunet, administrateur général de l’Iweps, ce sentiment identitaire wallon est très différent de ce que l’on peut trouver ailleurs dans le monde : L’analyse du contenu de ce qui fait la fierté des citoyens en Wallonie a montré que cette appartenance n’a rien à voir avec ces excès émotionnels qui caractérisent trop souvent une forte appartenance nationale dans bien des régions du monde. Comparant le sentiment identitaire wallon à celui qui existe en Flandre ou dans d’autres régions du monde, nous sommes ici face à une appartenance forte mais non exclusive, complète-t-il.

Contre la séparation du pays

Enfin, et pour rebondir sur un sujet très à la mode, l’Iweps a également sondé son panel sur une régionalisation plus accrue. On constate que si seulement 40 % des Wallons sont pour ou plutôt pour une autonomie plus grande des régions du pays, ils sont par contre farouchement opposés (93 %) à la séparation du pays. Un vrai plébiscite.

Après Caterpillar, la Wallonie doit miser sur ses secteurs d’excellence

Thierry Fiorilli, « Le Vif », 9 septembre 2016

La claque reçue pour Gosselies doit servir de déclic pour l’ensemble de la Wallonie, qui doit se relever et miser sur ses compétences, dans ses domaines d’excellence, comme la chimie, la pharmacie, l’agroalimentaire, la biotechnologie ou le numérique.

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Je refuse de considérer que les responsables politiques doivent simplement subir, partager des émotions, émettre des analyses sous forme de diagnostics. Je pense au contraire que nous sommes mandatés pour inverser le cours des choses. Dans le dossier Caterpillar, comme dans d’autres dossiers industriels,  il y a plusieurs actions à mener, et vite.  Nous devons forcer la création d’un label’ « made in Europe ».  En consommant européen, on accepte parfois de payer un peu plus cher, mais on soutient une activité qui crée de l’emploi, de la prospérité et de la sécurité sociale en Europe.

Paroles de Charles Michel. Le Premier ministre.

Mais elles datent de mars 2013.  Lorsque Charles Michel était président du MR, pas encore chef de gouvernement. Lorsque Caterpillar, à Gosselies, se voyait imposer par sa direction américaine la suppression de 1400 emplois, après qu’ArcelorMittal, à Liège, était contraint par son patron indien de liquider 1300 postes et qu’à Detroit, aux Etats-Unis, on n’avait pas laissé à Ford Genk d’autre choix que de remercier 4000 travailleurs.  Charles Michel clamait, haut et fort, au Vif/L’Express, qu’il refusait l’impuissance.  Et qu’il fallait réagir, et vite, au niveau européen.

Vite ? Inverser le cours des choses ?

Trois ans et demi plus tard, on ferme tout à Gosselies, sans que personne ne puisse empêcher quoi que ce soit ; et le fameux « made in Europe » relève toujours du vœu pieux. Le propos, ici, n’est pas tant d’accabler Charles Michel. Mais de rappeler que, après chaque drame social, la plupart du temps assez prévisible, les dirigeants politiques, fédéraux et régionaux, flamands et wallons, font savoir leur consternation, puis hurlent à la trahison, enfin avertissent qu’on va voir ce qu’on va voir, parce qu’ils sont « déterminés ». Mais personne, à l’autre bout du monde, ne revient jamais sur sa décision. Alors on sauve ce qu’on peut sauver, vaille que vaille, et puis on retourne aux affaires courantes. Dont les missions économiques internationales, au cours desquelles on va convaincre que la Belgique est attractive.

Jusqu’au séisme suivant. Toujours pareillement justifié : le marché souffre, les bénéfices ou les dividendes baissent, les chiffres ne sont pas à la hauteur des objectifs des actionnaires et/ou de la direction. Donc le patron taille dans les coûts. Et s’il doit virer des gens, il vire. Et s’il faut fermer la boutique, il ferme. Qu’il soit Américain, Indien, Zambien ou Belge. Et si, en plus, on peut faire de mieux en mieux avec des machines, des robots, du digital, qu’on soit dans le bancaire, dans l’assurance, la sidérurgie, l’automobile ou la construction, on emploiera de moins en moins d’humains. C’est la règle de l’économie qu’on a instituée comme modèle : s’il y a moyen de perdre moins d’argent ou de s’en faire davantage ailleurs qu’ici, on part là-bas.

La gifle pour Gosselies doit dès lors faire office, enfin, de déclic pour la Wallonie. De planche de salut, en fait : il n’y a guère plus d’autres entreprises de cette taille, aux mains de patrons étrangers. Plus d’autres secteurs industriels à l’âge d’or révolu. Plus d’autres alternatives, donc, que de miser sur ses compétences, ses champs d’excellence, comme la chimie, la pharmacie, l’agroalimentaire, la biotechnologie, le numérique… En encourageant et soutenant les PME, en poussant à la création et à l’épanouissement de start-up. C’est déjà le cas, dans plusieurs provinces de la Région. Avec des résultats pas si nuls.

Ça ne sauvera pas forcément les 6 000 emplois menacés par la désertion de Caterpillar. Mais ça devrait accélérer une diversification et un redéploiement économiques wallons déjà bel et bien à l’oeuvre.

Bruxelles est de moins en moins néerlandophone

 Laurent Gérard, « Le Soir », 8 septembre 2016

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Faute de recensement linguistique à Bruxelles, la proportion exacte de francophones et de néerlandophones dans la capitale reste inconnue. Les résultats des élections donnent certes un indice intéressant : aux élections législatives de 2014, les listes flamandes à Bruxelles ont récolté un peu moins de 10 % des voix. Mais il s’agit là d’un indice imparfait : il faut par exemple y ajouter les voix récoltées par la liste unique (PTB-PVDA) dont une partie des électeurs sont néerlandophones. Et il faut également supposer que les électeurs francophones votent pour des listes francophones et que les électeurs néerlandophones votent pour des listes francophones, ce qui n’est pas nécessairement toujours le cas.

Mais il existe une autre façon de sonder l’usage des langues à Bruxelles. Comment ? En se penchant sur la langue dans laquelle sont envoyés les avertissements-extraits de rôle aux personnes domiciliées dans les 19 communes.

Lentement mais sûrement

Et selon les chiffres que vient de communiquer le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), en réponse à une question parlementaire écrite, la part de déclarations d’impôts francophones augmente ces dernières années, lentement mais sûrement.

Pour l’exercice d’imposition 2015 (revenus de l’année 2014), 93,15 % (739 000) des 793 000 avertissements ont été envoyés en français. Ce pourcentage était de 92,52 % en 2010 et a augmenté régulièrement chaque année : 92,68 % en 2011; 92,78 % en 2012; 93,03 % en 2013; 93,11 % en 2014 et donc 93,15 % en 2015.

Egalement dans les communes à facilités

L’an dernier, seuls 6,85 % des contribuables bruxellois ont donc utilisé le néerlandais pour leur déclaration à l’impôt des personnes physiques.

A noter que dans la même réponse, le ministre nationaliste fournit ces mêmes données pour les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise (Drogenbos, Crainhem, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem). On y constate, là aussi, que la part des déclarations d’impôts faites en néerlandais a chuté, et de façon plus nette qu’en Région bruxelloise. En 2010, 70,36 % des avertissements avaient été envoyés en français. En 2015, on en était à 72,98 %. Soit, en cinq ans, une augmentation de près de 3 % de l’utilisation de la langue française.

L’enseignement wallon beaucoup moins numérique qu’en Flandre

« Le Vif », Belga, 6 septembre 2016

Les établissements scolaires wallons souffrent d’un gros retard par rapport à la Flandre en matière de numérique, ressort-il d’une enquête du think tank Itinera .

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Alors que trois quarts des écoles flamandes disposent de 25 ordinateurs pour 100 élèves, leurs homologues wallons ne comptent que 8,5 appareils par 100 écoliers, rapportent Le Soir et L’Echo.

L’enseignement néerlandophone possède également un avantage en termes de compétences humaines, puisque 97% des écoles y emploient un coordinateur ICT, contre seulement la moitié des établissements wallons.

Un des points positifs de l’étude est l’enthousiasme des enseignants par rapport aux nouvelles technologies. Plus d’un tiers des professeurs estiment ainsi que le numérique favorise l’auto-évaluation des élèves, et que celui est une source de motivation supplémentaire.

Caterpillar ferme son unité belge et supprime plus de 2 000 emplois

« Le Vif », Afp, 2 septembre 2016

Le constructeur d’engins de chantier américain Caterpillar s’apprête à fermer son unique usine de Belgique, à Gosselies, dans la banlieue de Charleroi (sud), entraînant la suppression de quelque 2.000 emplois, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

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Caterpillar a annoncé la fermeture totale du site au cours d’un « conseil d’entreprise extraordinaire », a dit à l’AFP Antonio Cocciolo, représentant local de la Fédération Générale des Travailleurs de Belgique (FGTB).

Le groupe a pour sa part publié un communiqué dans lequel il dit seulement envisager d’allouer les volumes produits dans cette usine à d’autres sites, notamment à Grenoble, en France, et à d’autres usines en dehors de l’Europe.

Cela impliquerait un licenciement collectif de quelque 2.000 salariés et la fermeture du site de Gosselies, ajoute-t-il.

Cette annonce est liée au plan mondial de restructuration et de réduction des coûts annoncé par Caterpillar en septembre 2015, précise-t-il.

Environ 1.400 emplois avaient déjà été supprimés dans cette usine en 2013, dans le cadre d’un « plan industriel ».

C’est une situation d’écoeurement total, a affirmé M. Cocciolo. Ce n’est même pas la direction locale qui est venu faire l’annonce, mais un responsable américain, en anglais.

Caterpillar, fabricant de matériel de chantier et d’extraction, souffre de la crise du secteur minier et de la faible croissance économique mondiale.

Il a présenté fin juillet des résultats toujours en baisse mais a affirmé que ses efforts de restructuration portaient leurs fruits.

Réforme fiscale et téléredevance: tensions à venir au gouvernement wallon

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », Belga, 1er septembre 2016

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La réforme fiscale wallonne, c’est un peu l’Arlésienne. Mardi, alors que les ministres du gouvernement wallon (PS-CDH), se retrouvaient au château de La Hulpe pour un séminaire destiné à discuter de ce qui doit encore être fait avant la fin de la législature, les questions qui tenaillaient les journalistes présents sur place avaient pour objet la mise en place d’une vraie réforme fiscale annoncée il y a quelques mois déjà par certains ministres du gouvernement emmené par Paul Magnette. Une réforme qui doit notamment permettre de peut-être, enfin, supprimer la téléredevance, qui n’est plus l’Arlésienne depuis longtemps déjà, mais plutôt, le monstre du Loch Ness.

Entre les deux composantes du gouvernement, on n’est déjà pas tout à fait d’accord sur le timing. Alors que le CDH, par la voix de Maxime Prévot, annonce 2017, Paul Magnette, pour le PS, évoque 2018. C’est un travail de longue haleine, il n’y a aucune urgence. Il vaut mieux une réforme fiscale bien réfléchie en 2018 que de précipiter les choses, a-t-il indiqué à l’agence Belga.

C’est manifestement au PS, pour l’heure, que les choses bloquent puisqu’il semble que les ministres socialistes ne sont déjà pas d’accord entre eux quant aux pistes qu’il faudra exploiter pour mener cette réforme fiscale à bien. Il s’agit bien, précisait le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS), d’agir sur la capacité contributive de chacun, en tenant compte des revenus les plus faibles, dans des domaines tels que la fiscalité automobile, le précompte immobilier, les additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP), une taxe sur les plus hauts revenus, etc.

Une redevance injuste et obsolète

La suppression de la téléredevance, évoquée plus haut et jugée obsolète et injuste parce que forfaitaire, par le même Christophe Lacroix, sera aussi au menu, avec la question de savoir comment les 110 millions d’euros qu’elle génère seront remplacés. Rappelons qu’avant la crise de 2008, le gouvernement de l’époque et son inénarrable ministre du Budget d’alors, feu Michel Daerden (PS), avaient annoncé la suppression de la redevance télé. Son maintien, au moment de la crise, avait été expliqué comme une mesure permettant d’atténuer les effets de la crise économique sur les finances wallonnes. Huit ans après, la redevance télé semble toujours jouer ce rôle.

Ces dossiers, pour lesquels M. Lacroix annonce une proposition en novembre 2016, généreront immanquablement des tensions avec le partenaire humaniste. Le vice-président CDH de l’exécutif wallon, Maxime Prévot, insiste de son côté sur le soutien aux entreprises et le portefeuille des citoyens.

S’il rappelle que la réforme fiscale wallonne avait été envisagée pour le printemps dernier puis annoncée pour cet automne, il reconnaît que l’essentiel n’est pas tant de jouer contre la montre que de faire quelque chose de qualitatif, juste et raisonnable. L’horizon à ses yeux peut être 2017.