Le Wallon se sent d’abord belge

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 15 septembre 2016

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Le Wallon est fier de l’être. Mais il est belge aussi et de ça aussi, il est très fier. C’est ce qui ressort du nouveau Baromètre social de la Wallonie qui, comme en 2013 et en 2007, s’est notamment penché sur l’identité wallonne – un baromètre qui a été réalisé par l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) auprès de 1 400 citoyens wallons en face à face.

Pour Rébécca Cardelli, attachée scientifique de l’Iweps et responsable du Baromètre social, on ne trouve pas de trace d’un quelconque nationalisme au sud du pays : Il est important de souligner que ce sentiment de fierté d’être wallon ne s’inscrit pas en concurrence avec le sentiment de fierté d’être belge, explique-t-elle.

Un sentiment d’appartenance particulier

Mais de quoi sont-ils fiers, ces Wallons ? Essentiellement des gens, de la nature, de la qualité de vie quotidienne ou encore du dynamisme wallon : C’est surtout le sens de l’accueil, et la solidarité informelle dont peuvent faire preuve les Wallons qui sont mis en évidence dans les propos des répondants lorsqu’ils parlent de ce qui fait la fierté d’être wallon. D’autres qualités citées par les répondants ont été rassemblées dans cette thématique, notamment l’indépendance d’esprit et le sens de la dérision des Wallons, explique encore Rébécca Cardelli.

Pour Sébastien Brunet, administrateur général de l’Iweps, ce sentiment identitaire wallon est très différent de ce que l’on peut trouver ailleurs dans le monde : L’analyse du contenu de ce qui fait la fierté des citoyens en Wallonie a montré que cette appartenance n’a rien à voir avec ces excès émotionnels qui caractérisent trop souvent une forte appartenance nationale dans bien des régions du monde. Comparant le sentiment identitaire wallon à celui qui existe en Flandre ou dans d’autres régions du monde, nous sommes ici face à une appartenance forte mais non exclusive, complète-t-il.

Contre la séparation du pays

Enfin, et pour rebondir sur un sujet très à la mode, l’Iweps a également sondé son panel sur une régionalisation plus accrue. On constate que si seulement 40 % des Wallons sont pour ou plutôt pour une autonomie plus grande des régions du pays, ils sont par contre farouchement opposés (93 %) à la séparation du pays. Un vrai plébiscite.