Réforme fiscale et téléredevance: tensions à venir au gouvernement wallon

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », Belga, 1er septembre 2016

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La réforme fiscale wallonne, c’est un peu l’Arlésienne. Mardi, alors que les ministres du gouvernement wallon (PS-CDH), se retrouvaient au château de La Hulpe pour un séminaire destiné à discuter de ce qui doit encore être fait avant la fin de la législature, les questions qui tenaillaient les journalistes présents sur place avaient pour objet la mise en place d’une vraie réforme fiscale annoncée il y a quelques mois déjà par certains ministres du gouvernement emmené par Paul Magnette. Une réforme qui doit notamment permettre de peut-être, enfin, supprimer la téléredevance, qui n’est plus l’Arlésienne depuis longtemps déjà, mais plutôt, le monstre du Loch Ness.

Entre les deux composantes du gouvernement, on n’est déjà pas tout à fait d’accord sur le timing. Alors que le CDH, par la voix de Maxime Prévot, annonce 2017, Paul Magnette, pour le PS, évoque 2018. C’est un travail de longue haleine, il n’y a aucune urgence. Il vaut mieux une réforme fiscale bien réfléchie en 2018 que de précipiter les choses, a-t-il indiqué à l’agence Belga.

C’est manifestement au PS, pour l’heure, que les choses bloquent puisqu’il semble que les ministres socialistes ne sont déjà pas d’accord entre eux quant aux pistes qu’il faudra exploiter pour mener cette réforme fiscale à bien. Il s’agit bien, précisait le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS), d’agir sur la capacité contributive de chacun, en tenant compte des revenus les plus faibles, dans des domaines tels que la fiscalité automobile, le précompte immobilier, les additionnels à l’impôt des personnes physiques (IPP), une taxe sur les plus hauts revenus, etc.

Une redevance injuste et obsolète

La suppression de la téléredevance, évoquée plus haut et jugée obsolète et injuste parce que forfaitaire, par le même Christophe Lacroix, sera aussi au menu, avec la question de savoir comment les 110 millions d’euros qu’elle génère seront remplacés. Rappelons qu’avant la crise de 2008, le gouvernement de l’époque et son inénarrable ministre du Budget d’alors, feu Michel Daerden (PS), avaient annoncé la suppression de la redevance télé. Son maintien, au moment de la crise, avait été expliqué comme une mesure permettant d’atténuer les effets de la crise économique sur les finances wallonnes. Huit ans après, la redevance télé semble toujours jouer ce rôle.

Ces dossiers, pour lesquels M. Lacroix annonce une proposition en novembre 2016, généreront immanquablement des tensions avec le partenaire humaniste. Le vice-président CDH de l’exécutif wallon, Maxime Prévot, insiste de son côté sur le soutien aux entreprises et le portefeuille des citoyens.

S’il rappelle que la réforme fiscale wallonne avait été envisagée pour le printemps dernier puis annoncée pour cet automne, il reconnaît que l’essentiel n’est pas tant de jouer contre la montre que de faire quelque chose de qualitatif, juste et raisonnable. L’horizon à ses yeux peut être 2017.