Archives mensuelles : septembre 2016

CETA: l’ambassadeur du Canada entendu au parlement wallon

« Le Vif », Belga, 30 septembre 2016

L’ambassadeur du Canada en Belgique, Olivier Nicoloff, a été invité à être entendu au parlement de Wallonie dans le cadre de l’opposition que mène la Région au CETA, l’accord économique et commercial entre son pays et l’Union

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Initialement attendu le 13 octobre, il ne pourra toutefois pas venir à cette date en raison d’indisponibilités d’agenda, a indiqué vendredi soir le greffe du parlement wallon à Belga, actualisant une information publiée sur le site du parlement.

La commission des Questions européennes doit se réunir à cette date pour se pencher sur le CETA ainsi que sur l’Accord général sur le commerce des services (ACS). Ont aussi été invités l’ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne, Daniel Costello, ainsi que Michel Audet, délégué général du Québec à Bruxelles. Ce dernier n’est pas non plus disponible, tandis que M. Costello doit encore faire connaître sa réponse. Il ne faut y voir que des indisponibilités d’agenda, a souligné le greffier du parlement wallon, précisant que les contacts se poursuivent pour une audition ultérieure.

Les députés wallons – qui ont voté à une large majorité en avril une résolution demandant au gouvernement wallon de refuser les pleins pouvoirs au Fédéral pour signer le CETA – devraient se voir exposer des motifs susceptibles de leur faire changer d’avis, alors que la pression augmente sur la Wallonie pour lever son veto.

La Commission européenne a été invitée par les ministres du Commerce de l’Union à rédiger pour le 12 octobre une « déclaration interprétative » devant être annexée au CETA.

Ce document, réclamé par le gouvernement fédéral allemand chrétien/social-démocrate en réponse à des demandes syndicales, doit apporter des clarifications pour rassurer les États récalcitrants en vue d’une approbation formelle de l’accord de libre-échange lors d’un Conseil de l’UE le 18 octobre.

A Namur, des experts universitaires ont aussi été invités par les députés wallons pour examiner la portée de cette déclaration interprétative.

De son côté, le président du parlement de Wallonie, André Antoine (CDH), a encore rencontré cette semaine la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, en marge du Forum public de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Au PS comme au CDH, on répète qu’il n’est pas question de donner son feu vert au CETA, dans l’état actuel des choses.

Si nous recevions des apaisements sur les points qui posent problème, eh bien à la bonne heure, nous ne sommes pas opposés aux accords internationaux, a commenté la députée CDH Marie-Dominique Simonet, interrogée par l’agence Belga. Elle fait observer que le nouveau mécanisme d’arbitrage des conflits entre multinationales et État va dans le bon sens, même si sa mise en oeuvre est encore floue. Mais les points de conflit sont encore nombreux à ses yeux.

Interrogée sur l’option d’une majorité de rechange MR-CDH au cas où la déclaration interprétative parvenait à apaiser le CDH mais pas le PS – une telle majorité est possible en plénière -, Mme Simonet l’a jugée très théorique vu les nombreux points d’accord entre les deux partis de la majorité parlementaire wallonne dans ce dossier.

La N-VA veut une nouvelle réforme de l’Etat en 2019

« Le Vif », Belga, 30 septembre 2016

La N-VA veut ouvrir plusieurs articles de la Constitution pour révision après les élections de 2019, ressort-il d’une note interne que De Morgen a pu consulter.

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Aucune réforme ne doit être rendue impossible. L’électeur doit recevoir toutes options afin de pouvoir décider. Il est donc normal que la Constitution soit ouverte à révision, stipule le document portant sur la stratégie communautaire du parti.

Cette note, transmise à tous les cadres nationalistes via l’intranet du parti, intervient dans le contexte tumultueux du départ des députés Hendrik Vuye et Veerle Wouters.

La N-VA entend être en mesure de mener une réforme aussi large que possible, selon la note. Aucun de ses partenaires de coalition ne s’est cependant engagé à ouvrir des articles de la Constitution pour révision à l’issue de la législature.

La N-VA a-t-elle perdu son âme en se «belgicisant»?

« La Libre Belgique », 27 septembre 2016.

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La nouvelle a tétanisé l’aile flamingante de la N-VA : les députés Heindrik Vuye et Veerle Wouters ont claqué la porte du parti la semaine dernière. C’est une véritable crise doctrinale qui apparaît à la N-VA après que plusieurs figures du parti – tel le ministre-Président Geert Bourgeois- ont officiellement renoncé à l’idée d’une Flandre purement indépendante.   La N-VA a-t-elle perdu son âme en se « belgicisant »?

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Jules Gheude

NON

Essayiste politique. Auteur notamment de « Lettre à mon ami français – De la disparition de la Belgique ». Coordinateur du Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France (Gewif).

L’Article 1 des statuts de la N-VA prône toujours « une république flamande indépendante au sein de l’Union européenne ». Les francophones ne pourraient rien empêcher si la mouvance séparatiste obtenait la majorité absolue au Parlement flamand.

La N-VA est certes un parti communautaire, dans la mesure où l’Article 1 de ses statuts prône « une république flamande indépendante, Etat membre d’une Union européenne démocratique ». Mais c’est un aussi un parti qui défend un programme socio-économique de centre droit.

Bart De Wever nous a habitués jusqu’ici à une stratégie empreinte de pragmatisme.  Point de révolution, mais une approche « évolutive » impliquant l’étape d’un système confédéral, tel que le CVP Luc Van den Brande en avait lancé l’idée au début des années 90 et tel que le Parlement flamand en avait approuvé le principe en 1999.

Une stratégie empreinte de pragmatisme

Sachant qu’une réforme institutionnelle n’était pas envisageable dans l’immédiat, Bart De Wever accepta en 2014 de faire entrer son parti dans le gouvernement fédéral. Cela lui permit d’évincer le PS et d’accroître considérablement la sphère d’influence de sa formation en obtenant la gestion de ministères importants (Défense, Intérieur, Finances, Immigration), gestion dont l’objectivité nous oblige à reconnaître la qualité.

Certes, le fait que le dossier communautaire ait été placé au frigo pour cinq ans n’est pas de nature à satisfaire la mouvance flamingante la plus radicale. Aussi Bart De Wever a-t-il cru opportun de charger deux de ses parlementaires, Hendrik Vuye et Veerle Wouters, de mettre au point un projet confédéraliste, censé faire l’objet de discussions dès 2019.

Jusque-là, tout allait bien. Mais voilà que le président de la N-VA annonce qu’il n’exclut pas la reconduction de la coalition « suédoise » en 2019, précisant que le communautaire n’est plus un must.

Aussitôt, Hendrik Vue et Veerle Wouters réagissent publiquement de manière véhémente: « Pour nous, il est totalement impensable que la N-VA se présente à l’électeur en 2019 sans ambition communautaire.  Ce serait alors sans nous. »

Irrité par cette menace de rébellion, Bart De Wever annule aussitôt le mandat institutionnel des intéressés et les exclut du Comité directeur du parti.

Plus surprenant, en revanche, est cette sortie de Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, fondateur de la N-VA : « La N-VA ne voit pas l’indépendance de la Flandre dans le sens que le mot avait au XI Xe siècle. Dans les nations modernes, on n’est jamais tout seul. On fait toujours partie d’un ensemble plus grand. En Belgique, il n’y a qu’une solution : nous devons opter pour un confédéralisme avec une capitale partagée et le maximum d’autonomie et de responsabilité pour la Flandre et la Wallonie. »

Le confédéralisme ne serait donc plus une étape, mais une fin pour Geert Bourgeois ? La définition qu’il donne du concept ne correspond pas, en tout cas, à celle du droit international, à savoir des Etats souverains qui, à un certain moment et pour des raisons qui leur sont propres, acceptent de coopérer dans un certain nombre de secteurs. Avec Geert Bourgeois, on reste clairement dans le cadre belge (monarchie comprise !), même si celui-ci est réduit à l’état de coquille vide et finirait très vite par apparaître comme superflu.

Francophones si versatiles…

Un tel projet, dont la concrétisation nécessite une majorité des deux tiers, a-t-il quelque chance d’aboutir ? D’une façon générale, une Wallonie livrée à elle-même se retrouverait dans une situation budgétaire dramatique et verrait ses prestations sociales chuter sensiblement. Le ministre-président wallon, Paul Magnette, s’est d’ailleurs empressé d’apporter une fin de non-recevoir à son homologue flamand, précisant qu’il ne pouvait être question pour le PS de scinder la sécurité sociale. Quant aux Bruxellois, on les voit mal accepter d’être cogérés. Mais il vrai aussi que les francophones savent se montrer si versatiles… Que de fois n’a-t-on vu les « demandeurs de rien » dresser une barricade en papier mâché !

Après s’être longuement entretenus avec Bart De Wever, Hendrik Vuye et Veerle Wouters ont finalement décidé de quitter la N-VA. Ils siégeront dorénavant comme indépendants, tout en collaborant étroitement avec le Vlaamse Volksbeweging.

On serre les rangs à la N-VA

Au sein du groupe parlementaire N-VA, on serre les rangs et, dans une « lettre ouverte », Bart De Wever tente de rassurer ceux qui considèrent que le parti en train de perdre son âme en prenant racine dans l’establishment belge, en se « belgicisant » : « Ne doutez jamais de notre conviction flamande ! »

Nous sommes prêts à le croire. Mais, après la déclaration de Geert Bourgeois, nous aimerions savoir si l’Article 1 des statuts – « une république flamande indépendante, Etat membre d’une Union européenne démocratique » – est toujours bien de mise.

Ici, les francophones ne pourraient rien empêcher. Il suffit en effet que la mouvance séparatiste obtienne la majorité absolue au Parlement flamand pour que celui-ci, en toute légitimité démocratique, proclame unilatéralement l’indépendance de la Flandre. Selon le dernier baromètre RTBF – « La Libre », la N-VA et le Vlaams Belang récolteraient aujourd’hui ensemble 38,9 % des suffrages.

Bart De Wever a encore bien des cartes en main. A lui de savoir les placer judicieusement. Mais il ne doit surtout pas oublier que le meilleur stratège n’est jamais à l’abri d’une erreur d’appréciation qui peut se révéler fatale.

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Jan De Troyer

OUI

Chroniqueur à la « Libre Belgique » (« Vu de Flandre »).   Ancien rédacteur en chef de TV Brussel.

La N-VA a montré maintenant son vrai visage : un parti conservateur focalisé sur le pouvoir et nos problèmes budgétaires et sécuritaires.  Si De Wever prolonge la coalition actuelle en 2019, on aura assisté aux funérailles définitives de la Flandre indépendante.

OUI Paradoxalement, le Sud de la Belgique devrait dorénavant espérer une victoire électorale de l’homme qui a été présenté pendant des années comme le diable en personne et le bourreau de la Belgique. Le démon dont je parle est évidemment l’homme qui domine la politique flamande depuis dix ans : Bart De Wever. Le président de la N-VA voudrait consolider ses positions aux élections de 2019 et prolonger l’actuelle coalition fédérale. Après la petite révolte au sein de la N-VA et le départ de deux parlementaires indépendantistes, ce serait un fait historique. Cela signifierait ni plus ni moins la fin définitive du rêve d’une Flandre indépendante.

La contestation des indépendantistes au sein de la N-VA n’est évidemment pas tombée du ciel. Quand, au début du siècle, les fondateurs de la N-VA ont quitté la Volksunie, ils ne croyaient pas vraiment pouvoir créer à court terme un Etat flamand indépendant. Bien que beaucoup de francophones l’aient cru et bien que cela ait bien servi certaines stratégies politiques au Sud, l’avenir du pays n’a jamais été réellement menacé par la N-VA. Bart De Wever est assez intelligent pour savoir depuis longtemps que la Flandre indépendante est similaire à la société sans classes : un idéal irréalisable, tout simplement parce que la grosse majorité des Flamands ne soutient pas les idées séparatistes d’une minorité médiatique. D’innombrables analyses de l’opinion publique flamande l’ont démontré.

L’indépendance : un idéal irréalisable

Quand elle faisait ses débuts en politique, la N-VA a compensé son manque de poids réel par des provocations indépendantistes qui lui ont permis de capter l’attention des médias. Quand elle prophétisait la fin proche de la Belgique, elle a été aidée par l’invention au Sud de « Bye bye Belgium », du fameux plan B et par la répétition éternelle du refrain : « On n’est demandeur de rien. » Pour réaliser son ascension miraculeuse, Bart De Wever a exploité la frustration de la majorité flamande devant le blocage politique imposé par la minorité. Mais même à l’époque où Yves Leterme lui a jeté la bouée de sauvetage du cartel politique avec le CD&V, le président de la N-VA déclarait déjà ouvertement que sa principale inspiration politique ne venait pas du pèlerinage de l’Yser, mais bien du Voka, l’organisation patronale flamande. Son intelligence politique lui soufflait déjà, alors que la survie de son parti n’était toujours pas garantie, que l’indépendance flamande ne serait jamais son atout principal pour créer un grand parti populaire, parce que cette idée n’est pas partagée par la majorité des Flamands.

Remplacé par le « confédéralisme »

Aujourd’hui, la N-VA de De Wever peut finalement montrer son vrai visage : celui d’un parti avant tout conservateur qui prétend protéger les valeurs européennes et qui veut consolider son pouvoir politique en promettant des solutions miraculeuses à nos problèmes budgétaires et sécuritaires. Fin septembre, la N-VA a renoncé ouvertement à l’idée d’une Flandre indépendante pour la remplacer par le « confédéralisme », une notion qu’elle partage d’ailleurs avec le CD&V.

Pour éliminer toute ambiguïté, le ministre-président flamand, Geert Bourgeois, a déclaré que la N-VA ne veut plus d’une conception indépendantiste qui appartient au XIXe siècle et que la Flandre appartiendra toujours à un ensemble politique plus grand. Du coup, les indépendantistes convaincus ont quitté le parti. Reste à voir maintenant quel sera le résultat électoral de la N-VA confédéraliste en 2019.

Si De Wever réussit son pari et peut prolonger la coalition actuelle, on aura assisté aux funérailles définitives de la Flandre indépendante.

Les forêts wallonnes menacées de perdre leur label durable


« La Libre Belgique », Belga, 26 septembre 2016

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Les 250.000 hectares de forêt gérées par le Département nature et forêt (DNF) de la Région wallonne pourraient perdre leur label PEFC, rapporte le journal Le Soir lundi. La société d’audit Ecocert estime dans un avis que la gestion durable est non conforme au cahier des charges. Le label PEFC certifie le caractère « durable » de la gestion des ressources forestières. Des plans doivent être élaborés dans ce cadre afin, notamment, d’identifier les zones de protection des eaux et des sols.

La Région avait déjà été rappelée à l’ordre ces deux dernières années, car des plans manquent ou ne sont pas à jour. Ecocert réclame cette année un plan de réalisation des aménagements très détaillé avec des indicateurs mesurables suivant des phases précises. La Région a jusqu’au 6 octobre 2016 pour apporter les preuves concrètes de la mise en place d’actions correctives, faute de quoi elle perdrait son label.

Fedustria, la fédération du bois et de l’ameublement, rappelle que 470 entreprises belges dépendent bois PEFC et qu’une suspension des certificats serait une catastrophe pour la filière.

Le bilan de Mons 2015 est moins solide qu’annoncé

Antoine Clevers, « La Libre Belgique », 26 septembre 2016

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Mons 2015, miroir aux alouettes ? Il n’est pas question ici du succès culturel de Mons en tant que capitale européenne de la culture, mais de son bilan économique. Celui-ci est mis en doute par le chef de file du MR montois, Georges-Louis Bouchez (également agitateur d’idées officiel de son parti), et par le professeur émérite de l’ULB Victor Ginsburgh , spécialiste de l’économie des arts et de la culture.

En amont de l’événement, la Fondation Mons 2015, chargée d’organiser l’opération, et le bourgmestre Elio Di Rupo (PS) avaient avancé que chaque euro public investi dans Mons 2015 en rapporterait six à l’économie. Ce joli ratio de un pour six, disait-on alors, s’inspirait d’une formule prêtée à la maire de Lille, Martine Aubry, lorsque sa ville fut capitale de la culture en 2004.

Première et rapide mise en cause

Mais dès février 2015, dans une opinion publiée dans « La Libre », Victor Ginsburgh écrivait que ce chiffre (six pour un) est contestableUne bonne partie des visiteurs sera constituée de Montois, de Wallons, de Bruxellois et de Flamands pointait le professeur. Les dépenses que ces visiteurs font auraient probablement été faites de toute manière en Belgique. Donc ce qui est gagné par Mons est perdu pour les autres régions. Ce à quoi on assiste, dit-il aujourd’hui, c’est à un déplacement de dépenses »à l’intérieur du pays au profit de Mons. Dans son opinion, l’an dernier, il concluait : l’effet multiplicateur culturel n’existe pas.

Plus tard, le professeur de l’UMons Alain Finet, à qui sera confiée une étude sur les retombées économiques de Mons 2015, révélera une anecdote étonnante sur ce ratio de « un pour six ». Martine Aubry n’a jamais voulu parler de retombées économiques, raconte-t-il, mais plutôt de notoriété. Elle a dit que le titre de capitale culturelle avait fait gagner six ans à sa ville en termes d’image de marque et de communication. De fil en aiguille, ces propos ont été déformés…

Doutes sur la méthodologie

Exposition Van Gogh, musée du Doudou, Jardins suspendus, fêtes d’ouverture et de clôture, etc. Le public répond présent tout au long de l’année 2015. Et au mois de juin 2016, deux études sortent et donnent des résultats comparables, très proches du ratio « un pour six ». La première, commanditée par la ville de Mons, est celle d’Alain Finet. La seconde, financée par la fondation Mons 2015, est réalisée par le bureau KEA.

Leur point de départ est identique : le financement public de la Fondation Mons 2015 – 61,6 millions d’euros sur un budget total de 70,5 millions. Alain Finet calcule que ces 61 millions ont eu un effet d’entraînement oscillant entre 5,6 et 6,3 euros pour chaque euro investi au départ. Selon KEA, l’effet de levier – pour l’économie belge – est de 5,5 euros.

Bingo ? Georges-Louis Bouchez, ex-échevin montois et ex-député MR (mais toujours conseiller communal), ne le pense pas et dénonce les méthodologies employées. A côté des habituelles recettes du secteur Horeca ou de la billetterie, note-t-il, les deux études ont également intégré, dans les retombées économiques, des subsides publics, tels que les fonds européens FEDER . C’est un peu comme si l’organisateur de la Coupe du monde de foot considérait que les investissements publics dans les stades ou le métro étaient des retombées économiques… Ce qui a été fait pour Mons 2015, c’est de la malhonnêteté économique. Selon l’homme politique libéral, ce n’est que lorsque de l’argent public génère de l’argent privé que l’on peut parler de création d’activité et de croissance économique.

Capter les subsides

Georges-Louis Bouchez avait interrogé à ce propos Elio Di Rupo lors d’une réunion du conseil communal de Mons, le 14 juin dernier. Mais le bourgmestre l’avait renvoyé vers le professeur Finet.

J’ai eu une approche très financière, explique ce dernier. J’ai analysé les flux financiers qui sont passés par Mons au départ du budget de la Fondation Mons 2015. Y compris, donc, des subventions publiques. Sans le titre de Capitale européenne de la culture obtenu dès 2004, complète Anne-Sophie Charle, secrétaire générale de la Fondation, on n’aurait jamais obtenu autant de subsides. Cela dit, sur le fond, je comprends l’étonnement de Georges-Louis Bouchez. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons préféré parler d’effet de levier (ou effet d’entraînement pour M. Finet, NdlR) plutôt que d’impacts économiques.

Moi, je ne crois pas à ces études, tranche le professeur Ginsburgh. La seule méthode raisonnable pour mesurer l’impact économique d’un événement, c’est l’expérience contrôlée. Elle consiste à comparer deux situations : une avec l’événement; l’autre sans l’événement. Or, cela fait appel à des données économétriques très complexes à obtenir.

Habiller la mariée

Fabienne Leloup, professeure à l’UCL Mons, a travaillé sur l’impact économique des capitales européennes de la culture. Elle est plus nuancée que son confrère de l’ULB. Selon elle, les études d’Alain Finet et de KEA portent sur les résultats d’un événement précis. Elles mesurent ce qu’elles cherchent à mesurer… Rien de plus. En tirer comme conclusion que Mons 2015 a entraîné une augmentation de la richesse ou du PIB, ça devient effectivement complexe. Or, c’est précisément ce que reproche le patron du MR montois aux organisateurs, à Elio Di Rupo en particulier. Ils ont créé volontairement l’ambiguïté dans la tête des gens afin de rendre la mariée plus belle qu’elle ne l’était. Rendez-vous compte : un rendement de un pour six ! Si c’était vrai, ça ferait longtemps que le privé s’y serait intéressé.

Toutefois, pour Anne-Sophie Charle, de la fondation Mons 2015, il est rassurant que les deux méthodologies utilisées convergent vers le même résultat. Un gage de crédibilité, selon elle. Victor Ginsburgh a, lui, un tout autre point de vue : Les deux études ont des résultats proches parce que ce sont les résultats qu’elles avaient prévus un an et demi avant, ironise-t-il. C’est lié au cahier des charges, ajoute Georges-Louis Bouchez. Ils devaient forcément tomber sur ce résultat.

Attaque contre le bureau KEA

A qui profiterait le crime ? Si les gens disent que des investissements consentis dans le cadre d’un événement culturel vont rapporter de l’argent, c’est parce qu’ils espèrent capter de l’argent pour leur projet. C’est du marketin, répond le professeur émérite de l’ULB. En février 2015, ce dernier écrivait que l’effet multiplicateur des investissements culturels est une pure invention des consultants pour faire croire aux organisateurs d’événements qu’ils vont réaliser une affaire mirobolanteKEA est une boîte privée qui fait son business sur les études en lien avec les capitales européennes, attaque frontalement l’élu libéral. Sous-entendu : le bureau aurait intérêt à rendre des copies qui plaisent à ses clients.

Je n’ai aucun commentaire à faire, réagit Philippe Kern, directeur de KEA. Je peux simplement confirmer que nous avons travaillé en toute indépendance.

De son côté, Anne-Sophie Charle reconnaît que les études auraient été encore plus pertinentes si nous avions pu attendre 2017, voire 2018, notamment parce qu’il aurait été possible d’intégrer les recettes fiscales. Mais la pression médiatique, populaire et politique pour sortir des résultats – pression que je comprends puisque nous avions annoncé qu’il y aurait des retombées – était trop forte.

Un large débat public

Les doutes de Georges-Louis Bouchez ne se limitent pas aux deux études sur les retombées économiques de Mons 2015. L’élu MR s’interroge aussi sur les chiffres de fréquentation. Selon le bilan officiel, les festivités ont attiré 2,182 millions de visiteurs – légèrement plus que l’objectif des deux millions fixé par l’organisateur, la Fondation Mons 2015 – pour 587 557 billets vendus. Les doutes du libéral concernent les activités gratuites. Il estime que les chiffres ont été gonflés pour rendre la mariée plus belle, dans la même logique que les études économiques de KEA et du professeur Finet.

Georges-Louis Bouchez était membre du conseil d’administration de la Fondation Mons 2015 et échevin de la Ville au moment où il a été décidé de lancer les études. S’il avait des doutes, il aurait pu le dire avant qu’on ne dépense de l’argent pour ça , dit Anne-Sophie Charle, secrétaire générale de la Fondation. Elle précise tout de même que les chiffres de fréquentation aux événements gratuits ouverts ont été calculés sur base des données de la police et du trafic GSM.

Au conseil communal et au Parlement

Le libéral réclame à présent un large débat public. Les capitales européennes de la culture ont notamment pour objectif de participer au développement économique de la région. Je trouve qu’on doit pouvoir investir dans la culture pour la culture. Mais si on parle de développement économique, alors on doit connaître le rendement réel des investissements consentis dans Mons 2015. Il faut savoir si ça a rapporté de l’argent; et que l’on sorte de cette logique socialiste consistant avant tout à capter des subsides publics pour sa ville.

Georges-Louis Bouchez se pose aussi des questions sur la pérennité des lieux culturels montois dans l’après-Mons 2015. Il portera le débat au conseil communal, le 11 octobre. Olivier Destrebecq (MR) en fera de même le 13 octobre au Parlement de la Communauté française où il interrogera la ministre de la Culture, Alda Greoli (CDH).

François Perin avait bien anticipé les choses

Jules Gheude (1) nous livre ici un portrait de François Perin, qui incarnait l’imagination créatrice.

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Il y a trois ans, le 26 septembre 2013, François Perin nous quittait à l’âge de 92 ans.

Il possédait indéniablement les qualités d’un homme d’Etat, notamment  la capacité d’anticiper les choses. Son seul problème fut de naître au sein d’un pays qui, dès l’adolescence, lui apparut comme un non-Etat, une construction bâtarde et médiocre,  imposée par l’opportunité diplomatique (surtout anglaise) d’une époque révolue. Nous avons traîné toute notre vie une sorte de honte d’être Belge, confie-t-il dans ses notes personnelles.

Nommé chargé de cours à la Faculté de Droit de l’Université de Liège en 1958, François Perin se fait remarquer, deux ans plus tard, par la publication de « La Démocratie enrayée », un essai dans lequel il dénonce un régime politique paralysé par l’oligarchie des partis et propose des mesures susceptibles d’assainir le système. Ces mesures – responsabilité ministérielle, impossibilité de renverser un gouvernement sans solution de rechange, congé politique,… – il s’empressera de les mettre en œuvre sitôt devenu ministre de la Réforme des Institutions en juin 1974.

Pour François Perin, les partis devaient être des instruments d’action en raison du but qu’on poursuit et non des tribus auxquelles il faut être fidèle jusqu’à la mort et de génération en génération. Cette conception explique un itinéraire atypique, qui le mènera du socialisme au libéralisme réformateur. Quand mon parti commet des bêtises, je le quitte et j’en crée un autre, déclare-t-il.

En 1962, alors que le gouvernement de Théo Lefèvre s’emploie à fixer définitivement la frontière linguistique, François Perin considère que la Flandre est devenue un Etat dans l’Etat. Le nationalisme flamand, n’est pas la création de l’incivisme de deux occupations étrangères, précise-t-il dans « La Belgique au défi », c’est le résultat de la poussée irrésistible du peuple flamand.  Et de prévenir : Si aucune révision constitutionnelle n’intervient à temps, l’éclatement du pays pourrait se solder par (…) une formule de confédération centrifuge.

Sa vie durant, François Perin fut un Européen convaincu. En 1979, alors qu’il se présente à la première élection du Parlement européen au suffrage universel, il livre une série de réflexions dont on mesure aujourd’hui toute la pertinence : La Grande-Bretagne n’a jamais voulu créer l’Europe. (…) La vérité est que l’Europe est concentrique : le noyau continental dont l’intégration est concevable dans un avenir raisonnable et une périphérie plus hétérogène dont il serait vain et dangereux de nier la spécificité. Chaque partenaire de la périphérie mérite un statut propre.

Au chapitre « L’Europe et le monde arabo-musulman », François note également : Peuples d’extravertis, toujours excités dans la course au profit ou dans la grogne revendicative, comment les peuples d’Europe pourraient-il comprendre un musulman en prière ? Nous ne voyons que les aspects meurtriers ou les folies suicidaires des révoltes arabes et iraniennes. Comment en serait-il autrement puisque nous ne percevons plus rien de la vie intérieure, ni chez nous, ni chez les autres.

Ceci nous amène à la face cachée de François Perin, celle où l’extraverti porté par le tumulte du verbe se révèle un introverti fasciné par la religion du silence. Dans son livre « Franc-parler », publié en 1996, il plaide pour un nouvel humanisme, libéré des corsets du christianisme et du rationalisme. Le message final qu’il nous adresse dégage aujourd’hui toute sa profondeur :

Si Dieu existe, il devrait défendre formellement qu’on parlât en son nom, car tout langage humain n’a qu’une valeur contingente et relative. (…) L’humanité n’assurera sa survie que par la maîtrise d’elle-même en équilibre avec son milieu. Pour gagner cet équilibre, elle devrait être une nouvelle Grèce pacifiée où la diversité des écoles de philosophie et de sagesse était naturelle. Elle pourrait réinventer les noms des dieux, symboles nécessaires pour exprimer ce que la froide raison est impuissante à traduire. (…) Le Royaume est en nous, les vivants. Mais il nous faudra bien soulever la pierre dure qui, depuis trop longtemps, dans notre esprit, nous en bouche obstinément l’accès.

Devenu ministre de la Réforme des Institutions en 1974, François Perin s’empressa, avec la loi de régionalisation préparatoire, de mettre le fédéralisme sur les rails. Mais, très vite, il réalisa que la Belgique était irrémédiablement condamnée et il démissionna, le 26 mars 1980, de sa fonction de sénateur : Je ne parviens plus, en conscience à croire en l’avenir de notre Etat. (…) La Belgique est malade de trois maux, incurables et irréversibles. Le premier mal, (…) est le nationalisme flamand, qu’il s’avoue ouvertement ou non. Le second, c’est que la Belgique est livrée à une particratie bornée, souvent sectaire, partisane, partiale, parfois d’une loyauté douteuse au respect de la parole donnée et de la signature, mais très douée pour la boulimie, avec laquelle elle investit l’Etat en jouant des coudes, affaiblissant son autorité, provoquant parfois le mépris public. Le troisième mal, (…) c’est que la Belgique est paralysée par des groupes syndicaux de toutes natures (…), intraitables et égoïstes, irresponsables, négativistes et destructeurs finalement de toute capacité de l’Etat de réformer quoi que ce soit en profondeur. Et il n’y a rien, ni homme, ni mouvement d’opinion, pour remettre tout cela à sa place et dégager l’autorité de l’Etat au nom d’un esprit collectif que l’on appelle ordinairement la nation, parce que, dans ce pays, il n’existe plus de nation.

Dans la dernière interview qu’il accorda, le 5 août 2011, François Perin constatait : La N-VA ne va pas s’évanouir. Le nationalisme flamand est bien ancré. Et de conclure : Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre – dont il avait d’ailleurs rédigé le script en 1983, 23 ans avant le fameux docu-fiction « Bye bye Belgium » de  la RTBF ! –,  une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France.

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Biographie », Editions « Le Cri », 2015.

Le budget wallon 2017 est en déficit de 300 millions

« Le Vif », Belga, 25 septembre 2016

Le gouvernement wallon a présenté dimanche un budget 2017 en déficit de 300 millions d’euros, soit deux fois moins bien que les 150 millions d’euros de déficit qui avaient été convenus dans la trajectoire du retour à l’équilibre en 2018 fixée en 2014, mais « plus transparent » en ce que l’exercice intègre l’effet du tax shift fédéral, une première pour la coalition PS-CDH.

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L’exécutif sudiste continue de contester les effets du tax shift fédéral sur les recettes wallonnes (-117 millions d’euros en 2017) ainsi que la dotation négative du fédéral dans le conflit sur les infrastructures hospitalières (-32 millions d’euros).

On fait néanmoins un exercice de transparence budgétaire en intégrant ces éléments dans le déficit, a souligné le ministre-président Paul Magnette. Il parle d' »apaisement », pour autant que les autres gouvernements plaident auprès de l’Europe pour assouplir les règles comptables qui grèvent les capacités d’investissement des pouvoirs publics. L’effet positif de la DLU (déclaration libératoire unique) est également intégré au budget wallon, de sorte que l’impact des décisions fédérales sur les recettes régionales s’élève à 114 millions d’euros.

Sans cet impact, le gouvernement wallon aurait présenté un budget en déficit de 186 millions d’euros, davantage dans la ligne de la trajectoire budgétaire initiale, ont relevé M. Magnette et le vice-président CDH du gouvernement, Maxime Prévot.

Le retour à l’équilibre en 2018 s’éloigne quoi qu’il en soit un peu plus. Ce n’est pas un objectif en soi, a répété Paul Magnette, défendant l’équilibre entre rigueur budgétaire et capacité d’investissements.

Outre l’impact des mesures fédérales, le ministre du Budget Christophe Lacroix explique le déficit par la baisse de la croissance (1,2% au lieu de 1,5%) et la prise en compte de l’inflation. L’ensemble de ces éléments ont porté le déficit à 451 millions d’euros au début des travaux budgétaires.

Ces derniers jours, le gouvernement PS-CDH a convenu d’y ajouter 93 millions d’euros de dépenses qu’il juge incontournables en raison du contexte socio-économique: contrat d’insertion (15,5 millions), accès au logement (15 millions), pôles de compétitivité (15 millions), compétitivité énergétique des entreprises (11,5 millions), soutien à la reconversion de Caterpillar (6 millions d’euros), etc. Le tout porte le déficit à 544 millions.

Les 244 millions d’euros de mesures qui doivent permettre de réduire le déficit à 300 millions sont glanés sur des opérations techniques ou de gestion de la dette, des réductions de frais de fonctionnement, mais aussi des ventes de biens publics pour 9,5 millions d’euros (Immowal, bois domaniaux, sites à réaménager, etc.) Le gouvernement récupère aussi 4,5 millions d’euros sur la baisse du nombre des réfugiés à accueillir et 17,3 millions en évacuant l’impact budgétaire des mesures sécurité-radicalisme, comme l’autorise l’Europe.

Le déficit résiduel de 300 millions d’euros servira à couvrir les co-financements européens, les investissements dans les routes, dans la SRWT (transport en commun), les aéroports, le programme Galileo (GPS européen à Transinne) et les Cités des métiers. Paul Magnette défend cette sélection comme un message politique à la Commission européenne pour qu’elle assouplisse ses règles comptables. Il faut pouvoir dire à M. Moscovici (le commissaire européen aux affaires économiques et financières, ndlr): nous sommes en déficit, mais c’est un bon déficit.

Le gouvernement s’est aussi accordé sur la révision du plan wallon d’investissement pluriannuel, d’un peu plus d’un milliard d’euros, pour des zones économiques ou à réhabiliter (330 millions), le secteur hospitalier (240 millions), les logements nouveaux (150 millions), les aéroports (120 millions) ou encore les crèches (48 millions).

Flandre : un budget 2017 en équilibre et sans impôts nouveaux

« Le Vif », Belga, 24 septembre 2016

Le gouvernement flamand s’est accordé dans la nuit de vendredi à samedi sur le budget 2017 de la Région. Selon le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA), celui-ci prévoit un bon nombre d’investissements. Le ministre du Budget, Bart Tommelein (Open Vld) s’est, lui, réjoui qu’il ne contienne aucun impôt nouveau.

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Si le budget flamand est en équilibre, il n’intègre toutefois pas les frais de construction du projet de contournement d’Anvers, l’Oosterweel. Pour atteindre cet équilibre, l’équipe Bourgeois a livré un effort de 560 millions d’euros.

Malgré cela, quelque 400 millions d’euros d’investissements sont prévus, principalement dans des écoles, le bien-être et la recherche et le développement.

La répartition précise de ces dépenses -tout comme les mesures d’économies d’ailleurs- sont toutefois gardées secrètes afin de laisser la primeur au discours de rentrée du ministre-président prévu lundi devant le Parlement flamand.

Une chose est toutefois certaine dès à présent: il n’y aura pas d’impôts nouveaux en Flandre, selon Bart Tommelein.

La déductibilité fiscale des titres-services, que certains voyaient menacée, est elle aussi préservée.

Marcourt disposé à élaborer un examen d’entrée en médecine

« Le Vif », Belga, 22 septembre 2016

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, s’est dit jeudi disposé à élaborer, comme le lui demande le gouvernement fédéral, un mécanisme de sélection au début des études de médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles, et ce afin de garantir l’octroi d’un numéro Inami à tous les étudiants actuellement engagés dans cette filière.

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Intervenant devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui faisait jeudi sa rentrée, M. Marcourt a toutefois pressé la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, d’assurer clairement dès à présent l’attribution du précieux sésame à tous ces étudiants en cours de formation.

La semaine dernière, avant le conseil des ministres fédéraux, la libérale flamande avait en effet indiqué devant la presse vouloir donner un numéro à tous ces étudiants… avant de revoir sa position, précisant après le gouvernement que seuls les étudiants de dernière année disposeraient du précieux sésame.

Pour les cohortes suivantes de nouveaux médecins, sa décision serait prise année après année en fonction de l’efficacité du mécanisme de sélection francophone, avait-elle précisé.

Plutôt que de donner à tous un numéro Inami et tourner ainsi la page une fois pour toute, Mme De Block décidera année par année…, a déploré M. Marcourt.

Agir de la sorte, « c’est prendre notre Communauté (française) en otage! Il y a tout de même ici une question de dignité à mettre en évidence! »

Incohérence

Si M. Marcourt est prêt à se soumettre à la demande du fédéral d’élaborer un examen d’entrée aux études de médecine, le ministre socialiste ne s’est toutefois pas privé jeudi de dénoncer une incohérence méthodologique du fédéral.

En effet, organiser un examen d’entrée -où tous ceux qui réussissent sont autorisés à entamer des études de médecine- ne permet en rien de garantir le respect du contingentement du numéro Inami à l’issue de la formation, ce que demande le fédéral, a-t-il souligné.

Logiquement, il conviendrait plutôt d’introduire un concours d’entrée -où seuls un nombre précis de candidats sont autorisés à poursuivre-, ce qui permettrait de faire correspondre bien plus précisément le nombre de diplômés au volume de numéros Inami disponibles.

Mais comment baser un tel concours sur un quota dont on dit soi-même qu’il est le résultat d’un accord politique?, a-t-il pointé.

Dans les deux arrêts rendus cet été, le Conseil d’Etat avait en effet invalidé le concours organisé en fin de 1er bachelier au motif que le contingentement fédéral pour 2021 ne s’appuyait sur aucune justification adéquate.

Or, le quota pour 2022 pourrait prêter le flanc à la même critique puisque le gouvernement fédéral s’est écarté la semaine passée de l’avis de la commission de planification de l’offre médicale pour maintenir finalement la clé 60/40 entre la Flandre et la Fédération. Une décision fruit d’un compromis politique, avait d’ailleurs reconnu Maggie De Block elle-même trois jours plus tard.

Trou de 400 millions d’euros dans le budget wallon

Le déficit budgétaire de la Wallonie risque de gonfler de 440 millions d’euros l’année prochaine, selon les informations de L’Echo publiées mercredi, la veille de l’entame des consultations pour la préparation du budget 2017.

« Le Vif », Belga, 21 septembre 2016

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Le gouvernement wallon fait face à un dépassement inattendu de ses dépenses, très loin des premières estimations. Il y a plusieurs mois, le gouvernement tablait sur un déficit limité à 200 millions d’euros.

Parmi les explications avancées, la hausse de l’inflation et son impact sur des dépenses (salaires et dotations), l’impact du tax shift fédéral et les coûts liés aux infrastructures hospitalières.

Le déficit wallon risque ainsi d’avoisiner les 640 millions d’euros, ce que le cabinet du ministre du Budget, Christophe Lacroix, a refusé de commenter.