Autant savoir: «Comment les choses se présentent-elles aujourd’hui pour ce qui est de l’indépendance flamande?»

Jules Gheude nous livre ici la traduction de l’article de Pieter Bauwens, publié sur le site de « Doorbraak », le 6 août 2016, et consacré au livre de Gerolf Annemans (Vlaams Belang) « De Ordelijke Opdeling van België – Quid nunc ? » (Editions Egmont).

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Quand Gerolf Annemans publie un livre sur l’indépendance de la Flandre et comment réaliser celle-ci, alors nous sommes prêts. Le meilleur livre sur l’indépendance fla-mande  et son approche sur le plan juridique et international est celui d’Annemans (et Steven Utsi), « De Ordelijke Opdeling van België » (la division ordonnée de la Belgique »), paru en 2010. Un livre qui méritait d’être édité par une grande maison, mais personne ne voulait ou n’osait. Même Pelckmans  a finalement reculé. Dommage, car le livre est trop intéressant, au niveau de la discussion sur l’indépendance, pour être enfermé dans le cordon sanitaire et condamné à sortir chez Egmont, les éditions du Vlaams Belang. Attention, « De Ordelijke Opdeling », en tant que livre, a bien marché,  mais il aurait été nettement mieux diffusé en librairie si une maison normale s’en était occupé.

Le livre est sorti en octobre 2010. Le 13 juin, il y avait eu les élections et il avait fallu attendre 541 jours pour avoir un gouvernement. Pendant tout ce temps, on avait parlé d’indépendance plus ouvertement qu’aujourd’hui, constate Annemans. Après les élections de 2014, la N-VA ne s’est pas empressée d’imposer des réformes institutionnelles. Ils ont choisi de participer au gouvernement, sans programme communautaire. Il y eut une pause communautaire, alors qu’un parti communautaire était devenu le plus grand du pays. Puis, il y eut un cafouillis de langage babylonien et une discussion sémantique sur le « confédéralisme ». Cela a inspiré à Annemans une suite à son livre : « De Ordelijke Opdeling van België – Quid nunc ? ». Selon l’auteur, l’expression latine est un clin d’œil à Bart De Wever, dont on connaît la passion pour la langue classique.

Confédéralisme

(…) Dans « Quid nunc ? », Annemans prend largement le temps de s’arrêter à la problématique du terme « confédéralisme ». A la fin du livre, il présente une annexe avec vingt définitions du mot et 59 déclarations sur le confédéralisme, faites par les hommes politiques et les politologues ou extraites des programmes électoraux. Dans le livre même, il s’y réfère régulièrement. C’est surtout le cas au premier chapitre où Annemans explique pourquoi, selon lui, le confédéralisme est un « malentendu soigneusement organisé ». Pour lui, ce malentendu offre aux partis de pouvoir le confort de l’imprécision. Le confédéralisme reste de la coopération et est toujours une unité. Ce n’est pas une solution pour la situation belge ; au contraire. Les partis flamands doivent résolument préparer l’indépendance. Les francophones font comme s’ils pouvaient prendre l’initiative et la Flandre devrait alors payer un lourd tribut. La Flandre doit faire d’abord une déclaration de souveraineté. Le plaidoyer d’Annnemans est donc le suivant : arrêtons de parler de confédéralisme, venons-en au fait et parlons d’indépendance. Et oui, l’indépendance est possible d’une manière ordonnée.

Bruxelles

Quand on évoque l’indépendance, le problème de Bruxelles vient rapidement sur le tapis. A ce sujet, Annemans écrit un second chapitre dans « Quid Nunc ? ». Annemans veut ancrer Bruxelles en Flandre. La Flandre ne doit pas avoir peur du défi que représente Bruxelles. Bruxelles est située en Flandre et est notre capitale. Elle peut très bien être la fenêtre de la Flandre sur le monde. Le chapitre bruxellois est nappé d’une sauce volontariste forte : la Flandre doit et peut rectifier la situation bruxelloise. Et elle le fera.

Europe

Et quelle doit être la place de l’Europe dans le discours indépendantiste ? Quelle est la vision de l’Europe ? Annemans voit l’Union européenne comme une coopération d’Etats. C’est là-dessus qu’il faut mettre l’accent, non sur la grosse tête non élue qu’est la Commission. (…) Avec une série de questions-réponses issues du Parlement européen, il montre comment l’on y observe les aspirations d’indépendance de l’Ecosse, de la Catalogne et de la Flandre. Mais comme le montrent les événements (voir par exemple le changement d’attitude à l’égard de l’Ecosse après le Brexit), la Commission n’est pas à la hauteur de la réalité.

Stratégie et tactique

Dans un dernier chapitre, Annemans explique que les esprits doivent mûrir d’urgence en Flandre et que l’action doit venir. Les politiques flamands doivent oser décider. Si nous attendons trop longtemps pour réaliser l’indépendance, la réalité socio-économique et démographique, peut apparaître de manière tout à fait différente. Alors, il ne restera plus grand-chose de la Flandre. (…) « Notre conclusion doit être la suivante : une Flandre souveraine et étatiquement indépendante, Bruxelles comprise, est indispensable, souhaitable et réalisable, mais il faut que cela se fasse à relativement court terme. » (p. 198). (…)