Histoire d’un fiasco

Edito de Philippe Martin dans « Vers l’Avenir » du 13 août 2016

2016-08-13_195332Comment qualifier la situation actuelle ? Imbroglio ? Cafouillage ? Gâchis ? Ce qui est certain, en tout cas, c’est que le ministre Marcourt, les universités et les étudiants francophones qui ont entamé des études de médecine se retrouvent dans une belle impasse.

Pour résumer : le ministre Marcourt, responsable de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, s’était engagé à régler l’accès aux études de médecine pour satisfaire au contingentement imposé par le fédéral. Formule proposée par le ministre socialiste, un concours au terme de la première année, qui vient d’être organisé en juin pour la première fois. Mais le Conseil d’Etat vient de recaler le concours en question, considérant que le quota de 605 étudiants autorisés à passer en deuxième baccalauréat était arbitraire et que seuls les résultats des examens de première année – et non du concours – devaient être pris en compte.

Conclusion, dans l’immédiat : un immense vide juridique et, pour le ministre francophone, l’obligation de trouver une solution, dans l’urgence, pour les étudiants qui viennent de terminer leur première année de médecine mais aussi pour tous ceux qui vont entamer ces études en septembre.

L’incertitude (pour ne pas dire le cauchemar) ne s’arrête pas là. L’attribution d’un numéro Inami, à l’ensemble des étudiants francophones qui sont déjà plus avancés dans leur cursus, n’avait été garantie par Maggie De Block que dans la mesure où la Fédération Wallonie-Bruxelles instaurait un système de filtre pour éviter le surnombre des médecins. Le filtre mis en place par le ministre Marcourt étant devenu caduc, c’est donc la garantie de cette obtention d’un numéro Inami qui le devient à son tour. Et voilà donc comment quelques milliers d’étudiants en médecine se retrouvent aujourd’hui sans garantie de pouvoir exercer leur art. Bref, le fiasco dans toute sa splendeur !

Au-delà de l’incapacité des différents niveaux de pouvoir à s’entendre pour trouver une solution à la fois juridiquement et humainement acceptable, il est aussi permis de s’interroger : pourquoi le ministre Marcourt s’est-il entêté de la sorte à ne pas vouloir instaurer un examen d’entrée, comme cela existe en Flandre, avec succès, depuis tant d’années ?