Maxime Prévot envisage une 7e réforme de l’Etat

« La Libre Belgique », Belga, 2 août 2016

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Le vice-président CDH du gouvernement wallon, Maxime Prévot, en charge de la santé, envisage une 7e réforme de l’Etat afin d’homogénéiser davantage certaines compétences, a-t-il expliqué mardi sur les ondes de Bel-RTL. Mais une telle opération ne doit pas être mise en oeuvre maintenant.

La priorité va à l’application de la 6e réforme de l’Etat. Interrogé dans « Le Soir » ce week-end, le secrétaire général des Mutualités chrétiennes, Jean Hermesse, n’a pas mâché ses mots à l’égard de la 6e réforme de l’Etat et de ses conséquences en termes de politique de santé. Les responsables de ce secteur perdent leur temps dans de la tuyauterie institutionnelle et les budgets qui doivent venir du pouvoir fédéral ne suivent pas, accuse-t-il. Selon lui, il faut oser remettre en question les choix faits lors de la 6e réforme de l’Etat, négociée sous la législature précédente. Parce que la régionalisation ne rend pas le système plus efficace, bien au contraire, lance-t-il.

Ca ne sert à rien de pleurer sur le lait répandu, répond M. Prévot.

Une refédéralisation des compétences implique une nouvelle réforme institutionnelle. Or, mettre ce projet sur la table des discussions aujourd’hui pourrait avoir l’effet inverse, avertit le ministre, en amplifiant la régionalisation, notamment des soins de santé.

  1. Prévot reconnaît toutefois que le modèle actuel est loin d’être parfait. Ce qui est vrai, c’est qu’on a trop de compétences partagées, un pied du côté wallon, un pied du côté fédéral. Je suis pour des compétences beaucoup plus tranchées. Je pense qu’il faudra, par souci d’efficacité de l’action publique, poser la question à un moment donné de la 7e réforme de l’Etat pour que ce soit plus clairement assumé du côté fédéral ou du côté régional. Mais en tout cas, ce n’est pas le moment: pas de tuyauterie, mettons en oeuvre la 6e réforme, a-t-il expliqué.

Parmi les matières transférées aux Régions figure l’organisation des soins de première ligne et les instruments aux professionnels de ce secteur. Lors de sa dernière réunion avant les vacances, le gouvernement wallon a approuvé une note-cadre réorganisant cette première ligne, a indiqué le ministre wallon dans un communiqué diffusé dix jours plus tard. Il veut encourager une prise en charge intégrée des patients et une collaboration multidisciplinaire, développer l’offre de soins dans les zones en pénurie et mieux informer les citoyens.

Un modèle « Assisteo » verra le jour pour renforcer la complémentarité entre le médecin et l’infirmier. Le premier pourra plus se concentrer sur son rôle tandis que l’infirmier se chargera davantage de prévention ou de certains actes médicaux délégués (prises de sang, vaccination, surveillance de la glycémie, etc). Dans le cadre d’un plan conjoint fédéral-entités fédérées, un appel à projets a déjà permis de sélectionner six projets-pilotes en Wallonie afin d’assurer une prise en charge globale des malades chroniques. M. Prévot tient par ailleurs à favoriser le développement des maisons médicales et à pérenniser le financement du secteur palliatif.

La Wallonie souffre d’une pénurie de médecins, singulièrement de généralistes. Une carte des zones touchées à été réalisée. Pas moins de 123 communes se trouvent dans une zone de pénurie, principalement en milieu rural. Le gouvernement wallon maintient le dispositif Impulseo hérité du fédéral (intervention dans les charges d’un employé administratif ou de télésecrétariat). Il mobilisera aussi les moyens du plan wallon de développement rural pour encourager encore plus les maisons médicales et soutenir les communes dans la création de logements accueillant des stagiaires et des assistants médecins généralistes.

Toutes ces mesures ne suffiront néanmoins pas à résoudre le problème de pénurie. Depuis plusieurs années, le contingentement des numéros Inami est remis en cause au sud du pays. Le dossier contient une charge communautaire hautement explosive, dont témoignent les réactions flamandes à l’annonce d’une nouvelle clé de répartition Nord-Sud des quotas, pourtant proposée sur base de données objectives par la Commission de planification médicale.

On doit surtout éviter que la politique de santé ne soit l’otage d’une politique communautaire, a averti M. Prévot.