Le tourisme wallon tarde à se simplifier

 Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 9 juillet 2016

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A l’énoncé du terme « tourisme wallon », beaucoup pourraient avoir tendance à rire. Pourtant ce secteur important pour le sud du pays occupe plus de 30 000 personnes. Sur ce petit territoire coexistent un trop grand nombre de structures que le ministre wallon du Tourisme, le CDH René Collin, entend bien simplifier.

Sa première annonce, en début de législature, était pour ce secteur, puisqu’il confiait son intention de diminuer drastiquement le nombre de maisons du tourisme en Wallonie, sans toucher à l’emploi. On en compte actuellement cinquante. Si on ne divisera pas ce chiffre par deux comme annoncé initialement, un tiers d’entre elles devrait néanmoins disparaître.

Deux ans après cette annonce ministérielle, le redécoupage touristique wallon est toujours en cours et en retard. Et, bien qu’il ait annoncé récemment en commission du Parlement wallon au député Ecolo, Stéphane Hazée, son intention de venir devant le gouvernement avec un projet ficelé, pour le début du mois de juillet, il n’en est rien : Les choses ont pris un peu plus de temps que prévu, mais le cabinet travaille sur ce sujet, explique le porte-parole du ministre Collin.

Manifestement, certaines maisons du tourisme tardent à définir leur périmètre géographique, si l’on en croit une décision récente du gouvernement où la fin août 2016 est renseignée comme date butoir.

Dans sa réponse à Stéphane Hazée, René Collin avait également évoqué l’avenir de WBT (Wallonie-Bruxelles Tourisme), la vitrine internationale du tourisme wallon et bruxellois que Bruxelles vient de quitter. Malgré la défection de la Région capitale, elle devrait persister.

Quant au CGT, le Commissariat général au Tourisme, s’il était question, à l’époque de l’affaire OWD (Office wallon des Déchets), de, peut-être, le rapatrier dans le giron de l’administration, nous apprenons qu’il n’en sera finalement rien.

Trois zones

Stéphane Hazée s’interroge aussi sur la volonté de la fédération touristique de la province de Namur. Celle-ci compte rediviser son territoire en trois zones distinctes, alors qu’on attend un découpage émanant du cabinet. On veut simplifier les choses et la fédération provinciale veut ajouter des couches de lasagne. C’est à n’y rien comprendre. D’ailleurs, quand j’ai évoqué cette situation en commission avec le ministre, il semblait surpris.

Depuis lors, René Collin s’est renseigné. Selon son porte-parole, un grand nombre d’administrateurs de la fédération du tourisme de la province de Namur veulent attendre la décision du ministre pour se calquer sur le découpage régional. Il n’y a donc aucune difficulté par rapport à ça.

Prenant acte de la réponse ministérielle, on constatera quand même que sur son site Internet (www.paysdesvallees.be), la fédération affiche toujours le nouveau découpage de son territoire. En Wallonie, rien n’est jamais simple et Stéphane Hazée se demande si les parts de compétences touristiques qui sont toujours du ressort des provinces ne devraient pas être rapatriées totalement vers la Région wallonne. Afin de faire avancer les réformes.