Archives mensuelles : mai 2016

Plan de transport SNCB pour 2017 : la Wallonie présente sa liste de revendications au fédéral

« Le Vif », Belga, 12 mai 2016

Le gouvernement wallon a établi jeudi une liste de revendications qu’il a envoyées au fédéral en vue de l’élaboration du plan de transport 2017 de la SNCB. Le rétablissement du Thalys wallon y figure en 6e place.

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La première des revendications listées est l’application du principe « minimum un train par heure et par sens » pour l’ensemble des gares et points d’arrêts, afin de garantir un seuil d’attractivité minimal au transport ferroviaire, a indiqué le ministre wallon des Travaux publics Maximes Prévot.

Les deux grands axes ferroviaires de Wallonie suivent, avec la demande qu’un train supplémentaire sur la « dorsale wallonne » fasse arrêt – aux heures de pointe – à Liège, Namur, Charleroi, Mons et Tournai et, pour l’axe Namur-Luxembourg, la demande de mettre en service un train supplémentaire dans chaque sens.

Pour la zone RER, le gouvernement wallon demande deux trains par heure et par point d’arrêt. Vient ensuite la liaison Tournai/Mouscron-Lille, avec la revendication d’un train plus direct, alors que les convois actuels font arrêt dans de nombreuses gares en France.

Pour le Thalys wallon, suspendu depuis avril 2015, la demande porte sur une remise en service immédiate, à une fréquence de deux trains par jour et par sens.

D’autres revendications portent sur l’augmentation de la vitesse commerciale, une meilleure adaptation des arrêts et du matériel roulant, ainsi qu’une optimisation de la tarification combinée et transfrontalière.

700.000 euros d’argent public disparaît en poussière: voici comment la Wallonie a dépensé cette somme au… Sénégal!

Benoît Jaquemart, Sudinfo, 11 mai 2016

Voilà qui va encore faire grincer des dents, à l’heure où on parle d’économies tous azimuts. La Wallonie a dépensé 700.000 euros au Sénégal, pour rénover un bâtiment inutilisé qui tombe à nouveau en ruine.

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Près de 700.000 euros consacrés par la Wallonie à un bâtiment au… Sénégal, bâtiment qui tombe en morceaux. Voilà qui interpelle. Notamment des députés wallons. Dernière en date, la MR Magali Dock, qui interpelle le ministre en charge du Patrimoine, Maxime Prévot. «  J’ai vu l’état déplorable de ce bâtiment  », dit-elle. «  Alors qu’il a été rénové avec de l’argent wallon et d’ailleurs inauguré fin 2009 par le ministre-président Demotte. Il y a un problème de suivi de ce dossier.  »

Budget 2016 : 245 millions d’euros de déficit pour le Fédération Wallonie-Bruxelles au lieu de 200 millions prévus à l’initial

« Le Vif », Belga, 11 mai 2016

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a ajusté mercredi son budget 2016, lequel sera marqué par un déficit un peu plus prononcé: 245 millions d’euros, au lieu des 200 millions prévus à l’initial.

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Si les recettes de la Fédération seront cette année finalement un peu plus élevées (de 33 millions d’euros) qu’anticipé, de nouvelles dépenses sont toutefois venues grever davantage le budget. Il y a d’abord le dépassement de l’indice pivot dès ce mois de mois de mai, ce qui entraînera une indexation automatique des salaires des enseignants et fonctionnaires (+54 millions d’euros).

Puis, les dépenses liées à l’accueil des réfugiés (+15,5 millions). Celles générées par le boom démographique (+14 millions d’euros en frais d’encadrement et de fonctionnement dans les écoles). A quoi il convient encore d’ajouter un litige vieux de 27 ans que la Fédération vient de perdre définitivement à propos des charges sociales des enseignants (+38 millions d’euros), la mise en oeuvre du nouveau contrat d’administration de la Fédération (+4,7 millions), et les frais liés à la reconstruction de l’école du Shape.

La majorité PS-CDH a bien décidé de mener quelques économies nouvelles, notamment par une réestimation des traitements de la fonction publique (5 millions d’euros) ainsi qu’une meilleure gestion de la dette (3 millions) d’euros, mais celles-ci ne compenseront pas les dépenses nouvelles. Vu le contexte de radicalisation, l’accueil des réfugiés, nous n’avions pas d’autre solution que d’encaisser un certain nombre de coûts, a justifié mercredi le ministre-président, Rudy Demotte, lors d’une conférence de presse. Nous n’avons pas voulu tailler dans des compétences jugées essentielles.

La Fédération prévoit en conséquence d’achever l’exercice en cours sur un déficit de 245 millions d’euros, soit davantage que les 200 millions prévus à l’initial. Un dérapage qui pourrait encore s’alourdir de quelque 16 millions d’euros en fonction de l’issue (positive ou non) de discussions toujours en cours avec le fédéral concernant le financement des infrastructures hospitalières, transférées dans le cadre de la 6e réforme de l’Etat. Présente mercredi aux côtés de Rudy Demotte pour présenter l’ajustement, la nouvelle vice-ministre-présidente CDH, Alda Greoli, a défendu le résultat, fruit d’un travail de plusieurs semaines. On a vraiment retenu les investissements les plus rentables pour la population, notamment pour la construction de nouveaux bâtiments scolaires, a-t-elle ainsi souligné.

Aux critiques de l’opposition après l’arrivée d’un ministre supplémentaire au gouvernement à la suite du départ de Joëlle Milquet, la majorité PS-CDH a répété mercredi que la décision n’entraînerait aucune augmentation des dépenses de cabinets ministériels. Par ailleurs, après la récente découverte de détournements de fonds par un comptable affecté au Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération, le gouvernement a décidé de procéder à l’engagement de 8 équivalents temps-plein pour renforcer les effectifs affectés au contrôle interne. On a pris le taureau par les cornes, a défendu le ministre du Budget et de la Fonction publique, André Flahaut. « Huit équivalents temps-plein viendront renforcer la brigade de comptables (qui ne compte à l’heure actuelle que quatre personnes, ndlr).

Selon le ministre, ces comptables supplémentaires permettront d’auditer plus efficacement les différents services de la Fédération, et au besoin prodiguer des formations aux fonctionnaires qui en auraient besoin. Le projet d’ajustement 2016 sera soumis début juin devant le Parlement, pour une adoption en plénière prévue en juillet. Le budget de la Fédération se monte à quelque 10 milliards d’euros sur base annuelle, dont les trois quarts servent à financer la politique d’éducation dans la partie francophone du pays.

Paul Magnetter veut faire de la Wallonie un contre-modèle

TV5 Monde –  10 mai 2016 – Interview par Mohamed Kaci

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Il dit non à l’austérité, au gouvernement fédéral de Belgique, à l’Europe de l’austérité. Le ministre-président de la Wallonie et bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette est l’invité de 64minutes sur TV5MONDE.

http://information.tv5monde.com/info/belgique-paul-magnette-wallonie-contre-modele-106492

Oui, il y a un phénomène de djihadisme en Wallonie …, reconnaît le ministre-président de la région et bourgmestre socialiste de Charleroi, Paul Magnette.

Pour lui, l’ouverture du procès à Bruxelles de la cellule terroriste de Verviers va permettre de faire la lumière sur les derniers événements.

Citant le chercheur français Olivier Roy, Paul Magnette rappelle que l’on est aujourd’hui face à un phénomène d’islamisation de la radicalit: « Il y a un certain nombre de jeunes ne trouvant pas de sens à leur vie qui trouvent dans ce djihad quelque chose qui leur permet de s’orienter. Dans ce phénomène d’enrôlement, précise-t-il, ce sont presque des sectes qui sont allées chercher ces jeunes très fragiles.

Pour lutter contre ce phénomène qui n’est pas lié à une religion en particulier mais plus à des problèmes d’intégration sociale, de discrimination, (…) psychologique. On a des jeunes qui ont été enrégimentés, qui ont subi des lavages de cerveaux, …on doit travailler sur les foyers d’enrôlement de ces jeunes que sont Internet et les prisons.

Le traité entre UE et Canada

Paul Wagnette a défrayé la chronique en refusant les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral de Belgique dirigé par Charles Michel sur le traité de libre échange entre l’Union européenne et le Canada. « C’est en fait le petit frère et le cheval de Troie du TTIP, souligne l’élu qui explique que la société civile s’est mobilisée pour demander aux parlementaires de voter contre ce traité.

Le CETA a la même logique que le TTIP, souligne le ministre-président de Wallonie.

En anglais CETA : Comprehensive Economic and Trade Agreement; en français : Accord économique et commercial global (AECG).

Contre l’austérité européenne

Paul Magnette critique la politique d’austérité européenne. Cette politique d’austérité conduit l’Europe à la catastrophe aggravant la situation déjà difficile de nombreux pays européens.

La Wallonie est en train de venir une terre majeure en matière de biotechnologie en pointe dans la région selon l’élu. C’est un secteur qui permet une reconversion économique majeur de cette région.

Chantre d’un certain patriotisme économique, Paul Magnette explique aussi : « nous devons essayer de mieux capter la richesse que nous proposons sur notre territoire au bénéfice de nos citoyens, de la création d’emploi. C’est un enjeu qui suppose un certain patriotisme des investisseurs et des entrepreneurs.

La Région wallonne a entreposé des déchets dangereux sans permis d’environnement

Nicolas De Decker, « Le Vif », 9 mai 2016

Des boues de dragages ont été entreposées à Farciennes et à Hourpes (Hainaut) pendant trente ans par la Région wallonne. Elle le faisait sans avoir demandé de permis d’environnement. La Justice s’est saisie de l’affaire. Et la Région a dû dépolluer les sites. A ses frais…

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Le député wallon Jean-Luc Crucke (MR) a interrogé lundi soir le ministre Carlo Di Antonio (CDH), qui exerce la tutelle sur la Direction des Voies Hydrauliques qui a laissé au jusqu’à 2011 cette situation d’illégalité perdurer. De 1970 à Hourpes et à Farciennes, elle stockait des boues de dragage, dont certaines sont considérées par…sa propre législation comme des déchets dangereux (de catégorie B). Elle n’avait pas demandé, et donc pas obtenu, de permis d’environnement, comme lui impose sa propre législation. La raison est simple, selon le ministre : à l’époque, cette législation n’exigeait pas de permis pour ces activités. C’est en effet en mars 2003, a répondu Carlo Di Antonio à Jean-Luc Crucke, qu’un arrêté du gouvernement wallon a imposé ces dispositions aux boues de dragage.

Un agent de l’Unité de Répression des Pollutions (URP) s’en est aperçu en 2009. Il a dressé des procès-verbaux, en particulier sur le site de Farciennes, qui ont attiré l’attention du Parquet…bien davantage que de l’administration wallonne. Les boues de dragage y étaient entreposées de manière irrégulière, et diverses autres immondices y avaient été jetées. Saisie de l’affaire, la Justice carolorégienne a entamé les démarches. Les principaux responsables de la Direction Générale ont été interrogés, et le substitut du Procureur du Roi de Charleroi a dû menacer la Région d’une action en Justice pour la forcer à se mettre en règle, et à effectuer les travaux nécessaires. « Il a fallu beaucoup insister », nous confirme une source bien informée. En mai 2011, la Région wallonne a fait intervenir la SPAQuE (Société Publique d’Aide à la Qualité de l’Environnement) sur le site de Farciennes. Elle a terminé son travail de réhabilitation en 2012.

La question du parlementaire libéral met selon lui au jour de nouveaux dysfonctionnements dans la gestion de l’administration wallonne.

La bronca des «germanos»

Pierre Havaux, « Le Vif », 8 mai 2016

Eupen contrarie et défie Namur, hausse le ton jusqu’à Bruxelles. Les autorités fédérales et wallonnes sont priées de prendre bonne note du message que leur adresse solennellement le pouvoir germanophone : « L’allemand en Belgique, ça se respecte ! »

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Ils s’en défendent mais les germanophones sont d’humeur plutôt frondeuse en ce moment. A l’est rien de nouveau ? Faux.

Le rendez-vous électoral fixé en 2018 devrait être à nul autre pareil dans les cantons de l’Est : même jour, même heure et même endroit, l’électeur devrait y jongler entre le bon vieux crayon rouge pour sélectionner ses mandataires provinciaux et le stylo pour PC pour choisir ses élus communaux. Vote papier à la wallonne et vote électronique à la germanophone : singulière cohabitation d’un retour au passé et d’une projection dans l’avenir. A la sortie des isoloirs, la dictature de l’image risque de faire des ravages.

A Eupen, on ne perd jamais le sens de l’humour. On ne rate plus une occasion d’adresser un gentil pied de nez à l’adresse des Wallons. Le dernier pour la route : les ministres germanophones en fonction ne seront pas autorisés à se présenter aux élections locales. Voilà bien le genre d’interdit qui mettrait le feu au biotope politique wallon : de Paul Magnette (PS) à Charleroi à Maxime Prévot (CDH) à Namur en passant par Rudy Demotte (PS) à Tournai, plus d’un ministre « vrai-faux bourgmestre » ne s’en remettraient pas.

Et taquins avec ça, les « germanos ». Chercheraient-ils par hasard des poux aux Wallons en voulant se distinguer de leurs voisins ? Dans les allées du pouvoir à Namur, on serait enclin à le croire. Mis au parfum, le ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan (PS) a parlé de tentative de coup de force. C’est insensé ! Si les Wallons se vexent pour ça, où va-t-on ? s’insurge Kattrin Jadin, députée fédérale MR et présidente des libéraux germanophones.

« Parler de Wallons germanophones, c’est pris comme une agression »

Ce que veulent les Belges de l’est, c’est crier leur volonté de vivre leur vie. On les sait impatients d’enrichir leur portefeuille de nouvelles compétences, de pouvoir gérer à leur façon l’urbanisme, l’aménagement du territoire, tout leur réseau routier. Bref, d’accéder au statut plein et entier de Région et faire jeu égal avec leur voisin/partenaire wallon. C’est une question de survie, va jusqu’à prétendre Karl-Heinz Lambertz (PS), longtemps numero uno et figure emblématique de la Communauté germanophone, à présent au perchoir de son parlement : Ou bien ce sera cela, ou bien on disparaîtra comme un sous-département ou une province, comme certains parfois nous confondent au sein de la Wallonie, ce que nous ne voulons pas.

Enchâssée en territoire wallon, la Communauté germanophone se sent à l’étroit dans ses baskets. Elle est petite par la taille mais grosse par ses compétences, qui sont plus importantes que celles dont dispose la Communauté française, rappelle Frédéric Bouhon, chargé de cours à la faculté de droit de l’Université de Liège. 76 000 âmes, 9 communes, 853 km2, et une envie pressante de s’affranchir d’une « ingérence » wallonne, surtout lorsqu’elle se révèle pénalisante. A quoi s’ajoute un besoin irrépressible de mettre les points sur les i. La Communauté germanophone ne fait évidemment pas partie de la Wallonie. C’est complètement faux. La Communauté germanophone est, comme la Wallonie, une entité fédérée de la Belgique. Vous devez savoir que, chaque fois que vous employez, même à bon escient, ce concept de Wallons germanophones, nous considérons cela comme une agression, lance aux députés wallons Karl-Heinz Lambertz venu leur rendre une visite de courtoisie avec ses collègues parlementaires germanophones.

Eux c’est eux, nous c’est nous. Chacun sa route, chacun son chemin. Le désir de se singulariser se manifeste jusque dans la statistique. La Communauté germanophone, désormais responsable de l’emploi et du marché du travail, aimerait pouvoir isoler ses performances en la matière. Histoire d’apprécier à sa juste valeur la prospérité de l’est du pays sans la voir noyée dans une partie francophone de la Wallonie moins bien lotie. Ce serait un peu stigmatisant, mais il pourrait être intéressant de voir ces chiffres séparément, suggère la députée MR Jenny Baltus-Möres en revenant récemment à la charge au parlement wallon.

Pas de doute, les germanophones ont les crocs et la niaque. Depuis la longue période de crise politique que le pays a traversée de 2007 à 2012, ils sont devenus plus assertifs, décode le politologue Pierre Verjans (ULg), eux qui depuis longtemps aiment se qualifier de « derniers Belges » se sentent et se disent de plus en plus germanophones belges. Quelque chose de fort est en train de se produire du côté d’Eupen. L’accession du socialiste Karl-Heinz Lambertz à la mission hautement exposée de médiateur royal en 2008, en pleine impasse politique fédérale, aurait dopé à l’est la prise de conscience d’entrer dans la cour des grands monopolisée par les francophones et les flamands.

« Vous seriez content d’être servi en allemand quand vous êtes en Wallonie ? »

Fini de vivre cachés pour vivre heureux, de se faire tout petits, de presque s’excuser d’être là. Les germanophones s’affirment, sans complexes. Bien décidés à ce que l’allemand soit traité avec tous les égards dus à son rang de langue nationale inscrite dans la Constitution. Cela ne va pas de soi. La langue de Goethe peine toujours à s’imposer au guichet fédéral ou wallon, dans le courrier administratif ou sur les sites Internet des administrations publiques. C’est trop injuste et réellement vexant. Les germanophones savent souffrir en silence de ces discriminations flagrantes. Ils ont l’habitude de s’adapter, glisse leur unique sénateur de communauté, Alexander Miesen (MR).

Sauf que la patience a ses limites. Les « germanos » se cabrent, voire se rebiffent. Leurs quelques représentants élus aux niveaux fédéral et régional wallon, tous partis confondus, se remuent pour mettre chaque fois le doigt là où ça fait mal. Vous seriez contents d’être servis en allemand alors que vous êtes en Wallonie ?, attaque Kattrin Jadin. Plus d’une fois rue de la Loi à Bruxelles, son sang d’Eupenoise ne fait qu’un tour. Il est triste de devoir sans cesse se battre pour que les services publics fédéraux et wallons offrent aux germanophones le droit élémentaire d’être servis dans leur langue. Le vivre ensemble, cela commence aussi par l’égalité de traitement.

Tandis que l’élue libérale s’inquiète à la Chambre du bilinguisme français-allemand défaillant des conducteurs de trains qui opèrent à la frontière allemande ou s’indigne de l’insuffisance des sélections de recrutement en allemand au Selor, en bord de Meuse, Edmund Stoffels, parlementaire régional PS, s’est offusqué de panneaux installés par la Région wallonne à la frontière allemande, qui souhaitaient  la bienvenue en Wallonie sans allusion aucune à la Communauté germanophone : l’élu ne voulait pas en faire une affaire d’Etat mais il ne voulait pas laisser passer cette faute de goût. C’est aussi Jenny Baltus-Möres, au parlement wallon, qui s’insurge de voir la Région wallonne incapable de recruter depuis deux ans un collaborateur germanophone au sein de la police de l’environnement : C’est honteux. S’il s’agissait d’un poste plus important pour la Région wallonne, je suis sûre qu’il serait déjà occupé. Le Cwatup, bible de l’urbanisme wallon, sans sa version actualisée traduite en allemand ? Pure aberration !

Manque de moyens ou de volonté : allez savoir. C’est sans doute encore plus cruel que cela : Les germanophones sont tout simplement oubliés par les autres niveaux de pouvoir. Il ne faut pas s’étonner qu’ils réclament alors plus d’autonomie, reprend Kattrin Jadin. Ou que certains se détournent par dépit de cette Wallonie jugée si peu respectueuse de leurs droits : Le canton de Saint-Vith enregistre une poussée populiste et un vote protestataire vers l’extrême droite, s’inquiète cet élu germanophone.

Un texte en allemand déposé au Parlement fédéral : du jamais-vu

Poliment écoutés, trop peu entendus, les « germanos » haussent le ton. « Respect, s’il vous plaît ! » Eupen vient une fois encore de monter dans les tours en interpellant Namur et Bruxelles. Après une tentative avortée de s’émanciper de la Province de Liège, le parlement germanophone, à l’unanimité, s’est fendu en février dernier d’une mâle résolution : les autorités politiques fédérales et wallonnes sont invitées à témoigner de plus de considération vis-à-vis de la langue allemande. Est réclamé, pêle-mêle, que l’apprentissage de l’allemand soit amélioré, que les germanophones soient servis dans leur langue par les administrations, que l’allemand soit pris en compte lors des concours, que les traductions de réglementations soient réalisées plus rapidement, que l’on se montre plus respectueux de la terminologie juridique allemande. L’ombudsman germanophone est chargé de tenir à l’oeil le suivi qui sera réservé à ces doléances.

Il s’agit là de la réaction légitime d’une entité consciente de ce que sa langue pèse peu à l’échelle du pays, aux côtés du français et du néerlandais, commente Frédéric Bouhon. Le message est lancé urbi et orbi. Les élus germanophones vont se charger d’administrer cette piqûre de rappel dans leurs assemblées respectives, en bord de Meuse et rue de la Loi. Histoire de forcer le parlement wallon et la Chambre des représentants à prendre position. Egalement interpellé, le Sénat va devoir en prime se mettre à l’allemand : Alexander Miesen (MR) vient d’y déposer sa proposition de résolution dans la langue de Goethe, comme l’y autorise désormais, à son initiative, le règlement de la Haute assemblée. Un texte rédigé en allemand soumis à une assemblée fédérale : c’est du jamais vu depuis la création de la Belgique. Les « germanos » ont rendez-vous avec l’histoire. 

La Communauté germanophone après la sixième réforme de l’Etat, par Frédéric Bouhon, Christoph Niessen et Min Reuchamps, Courrier hebdomadaire du Crisp n°2266-2267, 2015.

Quatremer: «Gravement malade, la Belgique est devenue une fabrique d’irresponsables»

Dorian de Meeûs, « La Libre Belgique », 7 mai 2016

En Belgique francophone, il y a un racisme anti-Français totalement toléré, c’est ainsi que le correspondant à Bruxelles de Libération répond à ceux qui l’invitent à rentrer chez lui après ses critiques acerbes sur « l’Etat failli » de la Belgique.

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Jean Quatremer cible les conséquences des 6 réformes de l’Etat successives: Personne n’est jamais responsable dans ce pays. Les correspondants étrangers basés ici dénoncent quelque chose de pourri dans le Royaume de Belgique et sont terrifiés par l’incompétence des autorités locales.

Jean Quatremer est l’Invité du samedi de LaLibre.be.

Après la publication de votre article dans Libération sur l’Etat belge qui a failli, vous avez une nouvelles fois fait l’objet de critiques acerbes. Certains lecteurs se demandent même ‘pourquoi vous restez dans un pays sur lequel vous crachez »?

En clair, comme étranger, je n’aurais qu’un seul droit, celui de me taire ! Je suis à Bruxelles, comme plusieurs centaines de mes collègues journalistes, pour suivre les institutions européennes, puisque la capitale de la Belgique est aussi celle de l’Union, et la Belgique. Ma fonction, c’est de décrire ce que je vois, d’informer, de l’analyser, d’être critique et de pointer les dysfonctionnements, même si, et je dirais surtout, si cela déplait et fait mal. Ces attaques ont d’autant moins de sens que je n’ai pas choisi de vivre ici, pas plus que l’ensemble des journalistes et des fonctionnaires européens présents dans ce pays. Pour certains Belges, manifestement, tout étranger, pour se faire accepter, n’a d’autres choix que d’être perclus d’admiration pour la société d’accueil! Cette vision, d’un paternalisme sidérant en soi, est tout simplement intolérable dès lors que l’on prétend l’appliquer à des Européens qui n’ont pas d’autres choix que d’être au cœur de de l’Europe. Si cela en gêne certains, on peut régler le problème simplement en déménageant les institutions. Strasbourg serait ravi ! On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière…

(…)

A lire les critiques contre vous, le fait que vous soyez français énerve d’autant plus ?

Il y a un certain racisme anti-Français en Belgique francophone qui est totalement toléré et qui ne suscite guère de débat. Vous imaginez une seule seconde qu’on dise « Toi, le Marocain, va plutôt voir ce qu’il se passe à Marrakech! » ou « Toi, l’Algérien, va voir ce qu’il se passe à Alger! » ? En 2013, lorsque j’ai publié « Bruxelles, pas belle », Fadila Laanan m’a conseillé de rentrer dans mon pays pour voir si l’herbe y était plus verte. En France, cela aurait causé un scandale. Pas en Belgique. Que l’on conteste le fond d’un article, soit, mais la nationalité de son auteur, c’est proprement intolérable.

(…)

 

Vous flinguez toute une série de dysfonctionnements, mais quelle cause commune voyez-vous à cela ?

La Belgique centralisée fonctionnait très bien. Les dysfonctionnements ont commencé avec la fédéralisation du pays et une régionalisation des compétences au fil des six réformes de l’État qui n’obéissait à aucune logique d’ensemble, mais était le résultat de compromis politicien. Six réformes de l’État en moins de 50 ans, des réformes faites sans vision d’ensemble, qui pourrait survivre à un tel traitement ? Aujourd’hui, mis à part quelques juristes pointus, on ne sait plus qui est responsable de quoi et qui décide quoi. Cette lasagne institutionnelle fait que tout le monde ne cesse de se renvoyer la balle. Même à Brussels Airport, la police accuse l’État, qui lui accuse l’aéroport, qui lui-même dénonce les syndicats policiers. La Belgique est devenu une fabrique d’irresponsables.

Mais il y a bien un responsable de cette évolution ?

Qui a dépecé l’État central, si ce ne sont les nationalistes flamands ? La N-VA devrait logiquement se dire qu’il est temps de décréter un cessez-le-feu afin de remettre de l’ordre dans tout ça. Hé bien, au contraire, il accuse le fédéral d’être responsable de la situation, affirme que tout a parfaitement fonctionné au niveau régional et qu’il faut en remettre une couche afin d’en terminer avec la Belgique. Ce pays est gravement malade et est poussé dans le précipice par les nationalistes flamands. Faire ce constat, c’est ne pas aimer la Belgique ou ne pas aimer les nationalistes ? Cela étant, une Belgique scindée sera peut-être plus efficace que ce qu’elle est désormais.

Magnette à Ramallah pour encourager les investissements en Palestine

« Le Vif », Belga, 5 mai 2016

Le ministre-président wallon Paul Magnette s’est entretenu jeudi avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah à Ramallah dans le cadre de sa mission de travail en Israël et Palestine.

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Paul Magnette et Rami HamdallahIls ont abordé la situation politique dans le conflit israélo-palestinien. Le chef de l’exécutif wallon a ensuite rencontré la ministre de l’Economie Abeer Odeh qui souhaite renforcer la coopération économique avec la Belgique.

  1. Hamdallah est revenu sur le contexte politique actuel dans le conflit israélo-palestinien. Les négociations sont bloquées depuis 2014, mais nous restons en faveur d’une solution à deux Etats. Il s’est dit prêt à se remettre autour de la table, mais à certaines conditions. On est prêt à reprendre les négociations mais nous voulons qu’une échéance soit fixée, on ne peut plus discuter sans fin.

Le Premier palestinien a fait part de sa tristesse après les attentats terroristes qui ont touché Bruxelles et rendu hommage à la Belgique, un pays ami de la Palestine.

  1. Magnette a également abordé la question du développement économique palestinien avec la ministre palestinienne de l’Economie.

Face à un important taux de chômage en Palestine, Mme Odeh souhaite moderniser l’industrie pour relancer la compétitivité, mais aussi attirer les investissements des pays européens. Elle encourage ainsi la Belgique à investir en Palestine: Ce serait une situation win-win parce que nous avons un privilège d’exportation vers les pays arabes. Ça peut être une opportunité pour les pays européens de se lancer à la conquête de nouveaux marchés. La ministre pointe également une main d’oeuvre palestinienne importante et au coût abordable.

Les principaux secteurs économiques palestiniens sont l’agroalimentaire, l’ameublement, le cuir et les chaussures. Les autorités palestiniennes souhaitent également développer le secteur de l’énergie renouvelable. Nous devons nous concentrer sur le développement de l’énergie verte pour réduire les coûts de l’industrie, qui pour le moment ne sont pas assez compétitifs, parce que nous dépendons énergétiquement d’Israël, a affirmé Mme Odeh.

Le chef de l’exécutif wallon s’est montré intéressé: L’une des raisons de cette mission de travail est d’encourager les investissements et les exportations dans les deux sens entre la Région wallonne et la Palestine. Mme Odeh a par ailleurs pointé un problème dans l’étiquetage des exportations palestiniennes, qui trouve son origine en Belgique. L’organisation GS1, dont le siège se trouve à Bruxelles et qui est régie par la loi belge, refuse de fournir un code-barres palestinien aux produits en provenance de Palestine. Ils sont donc étiquetés israéliens ou jordaniens. Cela pose un véritable problème parce que nos produits étiquetés israéliens sont boycottés par de nombreux pays arabes, regrette la ministre de l’Economie. Le ministre-président a pris acte de la problématique et se renseignera sur la question, a-t-il fait savoir à la ministre.

De trop grandes capacités d’incinération en Wallonie

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 3 mai 2016

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Avec quatre incinérateurs de déchets installés sur son territoire, la Wallonie dispose d’une capacité annuelle d’incinération de plus de 950 000 tonnes. Actuellement, selon différentes sources (Région wallonne, Etopia, le centre d’étude d’Ecolo, etc.), la Wallonie incinère chaque année près de 550 000 tonnes de déchets ménagers.

Or, le 21 mars dernier, le ministre wallon en charge de l’Environnement (et donc des déchets), Carlo Di Antonio (CDH) annonçait, dans « La Libre »,  la généralisation des poubelles à puce sur les cinq années qui viennent. Ce système permettra un meilleur tri. On s’attend dès lors à une diminution du nombre de déchets à incinérer. Etopia écrivait en 2012 qu’une telle généralisation réduirait la montagne de déchets ménagers destinée aux incinérateurs à 230 000 tonnes par an.

Que va faire la Wallonie avec une capacité aussi importante d’incinération ? C’est la question. D’autant plus pertinente qu’en 2009, alors que le CDH, le PS et Ecolo négociaient la mise en place d’un Olivier en Wallonie, Benoît Lutgen (CDH), toujours ministre de l’Environnement, signait, le 8 juillet, une promesse ferme d’intervention pour la modernisation de l’incinérateur (avec ajout d’un four supplémentaire) de Thumaide (Hainaut-Occidental) engageant la Région wallonne pour un montant de près de 30 millions d’euros. Pour la petite histoire, c’est l’intercommunale Ipalle qui gère cet incinérateur et son directeur n’est autre que Gonzague Delbar, ancien conseiller au cabinet de Benoît Lutgen dans les matières liées aux déchets.

Un moment particulier

Cette décision était intervenue à un curieux moment, à quelques jours d’un accord qui limitera la capacité d’incinération (DPR 2009-2014). Mais personne ne l’avait remise en cause par la suite. Quelque temps après, l’ICDI qui gère l’autre incinérateur installé dans le Hainaut (région de Charleroi) s’était vu refuser, par le nouveau ministre de l’Environnement, Philippe Henry (Ecolo), un permis pour le renouvellement de son four. Permis qui sera finalement accordé par son successeur, Carlo Di Antonio, mais qui ne prévoit pas d’intervention de la Région. L’ICDI devra financer le montant total.

La politique des déchets en Wallonie pose question au vu des décisions contradictoires qui ont été prises ces dernières années, et même ces derniers mois. On peut s’interroger sur la curieuse répartition géographique des incinérateurs entraînant un coût de transport des déchets plus élevé dans certaines provinces (Namur et Luxembourg). On peut, de façon générale, se demander ce qu’il faut faire de ces incinérateurs en surcapacité.

Le ministre Di Antonio, explique qu’il ne faut pas oublier les autres déchets passant par les incinérateurs (encombrants, déchets communaux et hospitaliers, déchets industriels). Il considère qu’avec ces ajouts, la Wallonie est actuellement en sous-capacité. Une situation corrigée par le recours notamment à l’incinérateur de Bruxelles. Et s’il reconnaît un problème à l’avenir, il estime le risque de surcapacité à près de 110 000 tonnes seulement en tenant compte d’une hausse de la population. Il déclare vouloir adapter la capacité d’incinération aux besoins réels. On imagine que cette question sera tranchée lors des discussions prochaines sur le plan wallon des déchets en commission du Parlement wallon. On voit mal les intercommunales ne pas continuer d’utiliser à l’avenir au maximum leur capacité d’incinération alors que pour certains observateurs, les déchets autres que ménagers (encombrants, etc.) devraient aussi être traités via de nouvelles filières.

«Le PS et la CDH en résistance contre la Flandre pour sauver la Belgique : leur Belgique est donc une Belgique sans la Flandre»

Une analyse de Veerle Wouters et Henrik Vuye, députés N-VA – « Knack », 2 avril 2016. Traduction de Jules Gheude

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Le commerce extérieur est une compétence flamande, mais la Flandre est loin de disposer de tous les leviers pour pouvoir exercer pleinement cette compétence. La résistance wallonne contre le CETA et le TTIP paralyse et appauvrit la Flandre, estiment les députés Veerle Wouters et Hendrik Vuye (N-VA), coprésidents de Objectief V, Studiecentrum confederalisme

La Flandre se projette économiquement sur la carte avec des missions à Cuba et en Inde. Ce n’est pas un hasard. Dans une double interview accordée au « Standaard », le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA) et Claire Tillekaerts de Flanders Investement & Trade (FIT) soulignent l’intérêt de l’export pour la Flandre. Et la politique porte ses fruits.

Tillekaerts explique que l’enquête de satisfaction réalisée auprès des entrepreneurs révèle que 80% des contacts menés par le FIT sont positifs pour les entreprises. Un record en Europe.

L’export belge n’existe pas

Et les résultats flamands sont bons. Selon les chiffres de FIT, la Flandre a exporté en 2015 pour 288,8 milliards d’euros. La part de la Flandre dans l’export belge s’élève à 83,1%. Les exportations wallonnes représentent 14,6% et celles de Bruxelles, 2,3%. La Flandre est ainsi le sixième plus gros exportateur au sein de l’UE, après l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, le Royaume- Uni et l’Italie.

En fait, l’export belge n’existe pas. C’est de l’export flamand, une réalité que les rêveurs  de la refédéralisation ne veulent pas voir.

La Wallonie, nouvelle Madame Non

Les accords de libre-échange sont d’un intérêt capital pour la Flandre. Une économie ouverte ne peut s’en passer. La discussion politique porte depuis quelque temps sur deux traités, le traité commercial entre l’Europe et le Canada (CETA) et le traité commercial entre l’Europe et les Etats-Unis (TTIP).

En 2015, la Flandre a vu ses exportations croître de 11% en Amérique du Nord. La quasi-suppression des droits de douane et l’élimination des tarifs pour l’agriculture et l’industrie chimique et pharmaceutique peuvent avoir ici un effet bénéfique.

C’est précisément dans ces dossiers que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) et le Parlement wallon se manifestent négativement. Il y a quelques jours, le PS, le CDH, Ecolo et le PTB ont voté une résolution contre le CETA.

En Région bruxelloise aussi, il y a une opposition aux traités commerciaux. Dans son édition du week-end, « Le Soir » titrait même : « La Wallonie, nouvelle Madame non ». Le président du CDH, Benoit Lutgen, appuie encore un peu plus sur l’accélérateur lorsqu’il précise que le CDH entre en résistance pour sauver le pays.

A la Chambre et au Parlement flamand, il y a pourtant une majorité en faveur du TTIP et du CETA. Comment les choses vont-elles se passer ? La Flandre va-t-elle plier sous un non wallon ?

Commerce extérieur et traités mixtes

A court terme, l’opposition francophone n’a guère de conséquence, si ce n’est de rendre la Belgique une fois de plus ridicule, en étant le seul Etat-membre de l’UE à s’abstenir par manque de consensus interne.

Mais qu’est-ce qui nous attend ? Depuis 2001, le commerce extérieur est une compétence flamande. Seuls le Ducroire – assureur-crédit public- et Finexpo – soutien financier aux exportations – sont encore fédéraux. Ces compétences sont tellement liées au commerce extérieur qu’il vaudrait mieux les transférer aux régions.

Le commerce extérieur est aussi étroitement lié aux relations extérieures. La règle veut que celui qui est compétent en interne l’est également sur le plan international C’est ici que commence la vraie misère. Sur le plan intérieur, les compétences sont morcelées avec pour conséquence que les relations extérieures le sont aussi. De nombreux traités sont mixtes : ils concernent aussi bien les compétences fédérales que celles des entités fédérées.

« Le PS et le CDH en résistance contre la Flandre pour sauver la Belgique : leur Belgique est donc une Belgique sans la Flandre »

Les traités mixtes doivent être approuvés par le Parlement fédéral et les parlements régionaux concernés. Selon l’accord de coopération relatif aux traités mixtes, le traité ne peut avoir force de loi que s’il a été approuvé par tous les parlements concernés.

On ne sait toujours pas si le TTIP et le CETA sont des traités mixtes, mais il y a de fortes chances qu’ils le soient. La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström est en tout cas de cet avis. Un non wallon paralysera la Flandre. Incroyable, lorsqu’on sait que la Wallonie ne réalise que 14,6% de l’export belge. Où est donc la fameuse « loyauté fédérale » ? L’opposition wallonne appauvrira également la Flandre, qui produit 83,1% des exportations belges. Où est donc la fameuse « solidarité » ?

A la place de la « solidarité » et de la « loyauté fédérale », le CDH diffuse même le tweet suivant : « Nous sommes entrés en résistance pour sauver notre pays ».

Paul Magnette utilise les mêmes propos dans « Le Soir ». Il décrit la Région wallonne comme une « terre de résistance de tout temps ». En résistance contre la Flandre pour sauver la Belgique : leur Belgique est donc une Belgique sans la Flandre.

C’est le droit des Wallons de rejeter le TTIP et le CETA. Nous ne le contestons pas. Ce que nous ne pouvons en revanche accepter, c’est que l’opposition wallonne paralyse et appauvrisse la Flandre. Chaque entité fédérée doit faire ses propres choix. Il ne reste dès lors plus qu’une solution : transférer aux régions tous les leviers économiques et fiscaux pour permettre à la Flandre de remplir pleinement son rôle de pays exportateur.

La Flandre restera ainsi un pays exportateur prospère et la Wallonie pourra jouer pleinement son rôle de « terre de résistance ».

Pourquoi paralyser les autres, quand on peut faire autrement ? Les bonnes âmes qui rêvent de refédéralisation se heurtent une fois de plus ici à la dure réalité qu’ils ne veulent pas voir : le fédéralisme de coopération n’existe pas, c’est un fédéralisme d’opposition stérile.