Louis Michel au Soir: «En Wallonie, le PS et le MR doivent travailler ensemble»

David Coppi et Dirk Vanoverbeke, « Le Soir », 30 avril 2016

Parlementaire européen, ex-président du MR, Louis Michel livre un entretien engagé pour le Premier mai 2016, où il défend son libéralisme social, qui reste parfaitement d’actualité, dit-il.

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Pour le Premier mai 2016 – tout comme Paul Magnette (PS) – Louis Michel livre au Soir un entretien engagé où il défend son libéralisme social, qui reste parfaitement d’actualité, dit-il. Au passage, il redoute l’effacement du politique, et plaide en faveur d’un « dialogue » MR-PS en Wallonie…

Louis Michel, un Premier mai « libéral », est-ce bien cohérent ? Les gens ne s’y retrouvent plus en politique. Où sont les repères ?

Ah, ça !, on avait créé la surprise la première fois que nous avions fait ça, c’était à Mont-de-l’Enclus, le bourgmestre Callebaut avait été irrité parce que la CGSP organisait le Premier mai dans sa commune, où il dominait depuis longtemps avec une majorité absolue… Il m’avait dit : Louis, il faut que tu viennes ! Effectivement, on a attiré du monde, un monde fou, les gens de la FGTB étaient là aussi, je suis rentré de là avec mon costume plein de jus d’orange… C’était en 1982, je crois. Je n’étais pas allé là avec l’intention d’organiser une fête du Premier mai chaque année, mais comme il y avait eu de l’ambiance, en rentrant avec Richard Miller, qui était mon attaché de presse à l’époque, j’ai dit : Mais Richard, il n’y a pas de raison que le PS garde comme ça le monopole des travailleurs ! On a rédigé un communiqué de presse. C’était parti, on allait faire le Premier mai tous les ans…

Un peu une provocation…

Non ! Je ne comprenais pas pourquoi il fallait laisser la fête du travail à un parti, qui ne représente pas, loin s’en faut ; tous les travailleurs. Je ne conteste pas la légitimité du PS de faire la fête le Premier mai, mais je ne peux pas accepter que l’on conteste ma légitimité de l’organiser. Au départ d’ailleurs, chez moi, dans mon parti, tout le monde n’avait pas saisi. Ils étaient un peu surpris. Mais c’était important aussi de ne pas laisser l’adversaire seul sur le terrain.

Le Premier mai, c’est quand même Quaregnon, tout ça…

La fête du travail n’appartient à aucun parti, la valeur travail est portée aussi par des gens qui ne sentent pas du tout représentés par le PS. Beaucoup d’indépendants, des enseignants, des agriculteurs, des professions libérales…

Oui, mais eux disent que les luttes, historiquement, furent celles du mouvement socialiste…

Oui, et moi par exemple je ne dis jamais que celui qui a inventé la sécurité sociale c’est Beveridge, un libéral. Je ne dis jamais que tous les débats sur le suffrage universel ont été portés d’abord par de grands libéraux. Je ne dis pas que le POB, l’ancêtre du PS, a été créé par des dissidences libérales. Je ne dis pas tout ça… Bon, moi, je n’ai jamais contesté l’apport du socialisme historiquement dans l’émancipation et la reconnaissance des droits des travailleurs.

C’est vrai encore aujourd’hui aussi ?

Non. Je n’ai pas l’intention d’être caricatural. Je pense que tous les partis politiques à un moment donné doivent se refonder, le monde est évolution, la société évolue, il y a de nouveaux besoins, de nouvelles incertitudes, de nouveaux fléaux, de nouveaux défis, et tous les partis démocratiques doivent se refonder, faire leur autocritique aussi.

Retour en Belgique : les syndicats disent que le gouvernement met à mal la sécurité sociale…

Jusqu’ici, je n’ai pas vu la « mise à mal », mais des réformes qui visent à sauver la pérennité de la sécurité sociale.

Vous étiez le chantre du « libéralisme social ». La séquence est passée ?

Non. Rien n’a changé. J’observe que ceux qui m’ont succédé ont continué à défendre un principe fondamental : les épaules les plus larges doivent prendre le plus le poids, ce qui n’exclut pas que tout le monde doive être responsable. Au sein de la coalition gouvernementale, sur le plan social, mon parti est souvent plus proche des thèses du CD&V.

« Les épaules les plus larges », dites-vous… On a plutôt le sentiment que les nantis ne sont pas inquiétés. Faux ?

Le fait est que l’on observe depuis pas mal de temps des dérives insupportables, non éthiques, vulgaires, injustes, avec une puissance logistique, voire parfois culturelle, que j’appelle le financiérisme… Là, dans le fond, on joue artificiellement avec des mécanismes pour dégager des profits (je ne parle même pas de bénéfices). Cela vient flouter la perception des gens. C’est un des gros problèmes. C’est difficile d’expliquer aux gens qu’il faut faire des réformes structurelles pour permettre la préservation des acquis sociaux au moment où ils sont les témoins de dérives comme celles-là. Des dérives que, du reste, on ne peut corriger que si on se place au minimum au plan européen. Cela étant, chez nous, la loi Caïman n’est pas quelque chose de creux. Mais je reconnais que nous sommes au cœur d’un problème fondamental.

On pourrait imaginer un impôt sur les grosses fortunes.

Si on le fait en Belgique, ça rapportera quoi ? Personnellement, je ne serais pas du tout opposé à un ISF pour financer des politiques européennes. Pour autant que ça rapporte. Si c’est pour faire fuir ceux qui investissent encore chez nous. Si l’on veut être intellectuellement, philosophiquement honnête, on peut accepter ce genre de débat. Il ne faut pas se réfugier dans la non-faisabilité de certaines choses, il faut parfois prendre le risque de s’ouvrir à certaines idées, mais un risque calculé, car l’enjeu de cela c’est quand même la prospérité de nos économies, donc des emplois.

Cela étant, votre « libéralisme social », vous ne trouvez pas qu’il s’éteint un peu dans la Suédoise ?

Je ne le crois pas du tout. Au contraire, le MR est le gardien systématique de la ligne à ne pas franchir, notamment dans cette majorité. Les libéraux sont pour l’économie de marché, mais encadrée par le politique, par la démocratie, par des systèmes de redistribution qui visent à ne laisser personne au bord du chemin. Et quand nous dépensons, nous aimerions savoir comment on construit cette richesse. Ce que je reproche très souvent à ce qui se passe à gauche, c’est qu’on veut bien dépenser mais qu’on ne dit jamais quels sont les moyens avec lesquels on crée la richesse pour payer tout ça. Le problème, c’est qu’on n’est pas en autarcie, et on est entourés par des pays qui ont une vision anti-sociale, populiste…

Précisément, cette Europe-là ne risque-t-elle pas de dominer et tout emporter ?…

Oui, sauf que la valeur ajoutée du retour en arrière n’existe pas, c’est une valeur négative, et je continue donc à penser que, même en difficulté, l’Europe continue à avancer et à tirer tout le monde vers le haut.

Ce à quoi on assiste c’est quand même à l’essor du populisme, pensez à l’Autriche… On atteint la cote d’alerte.

J’ai sans doute vu clair avant beaucoup d’autres… Quand j’avais critiqué l’Autriche de Jorg Haïder en 2003… Je rappelle que pendant de longs mois on avait quasiment isolé le pays dans l’Europe… On a changé l’article 7 du Traité pour permettre des sanctions dans certaines circonstances. J’observe que la crise dont j’avais parlé, on est en plein dedans…

Prenez aussi les Etats-Unis aussi, on a l’impression qu’il y a un grand mouvement anti-establishment… L’homme de la rue a le sentiment qu’il n’y a pas d’alternative, les gens en ont assez des assainissements, quel espoir ?

Et si on parlait un peu du rôle des médias dans tout ça ? Bon, ça n’est pas une critique, mais ce que je crois, c’est qu’au fil du temps, ce qu’on constate, c’est que le politique a été débordé. Aujourd’hui, il ne convainc plus de son autorité morale. Les Facebook, tout ça… Quand je vois ce qu’on peut lire là-dessus, c’est effrayant, c’est très inquiétant. J’ajoute : quand je vois que des politiques n’ont plus comme ressource que de proposer de tirer au sort des citoyens pour réinventer nos valeurs…

L’objet, c’est de rédiger le préambule à la Constitution.

Mais nos valeurs sont là, intemporelles, la tolérance, le respect du droit à la différence… Moi aussi je veux inscrire la laïcité dans les textes, ce serait un signal fort, mais vous n’allez pas me dire qu’il faut demander de rédiger ça à 100 citoyens tirés au sort ! On se moque de qui ?

N’est-ce pas là une forme de démocratie directe ?

On a la consultation populaire, le référendum, et bien sûr on peut imaginer d’autres formes. Par exemple, moi j’ai toujours été très critique quand on a supprimé la possibilité de coopter des parlementaires. L’esprit de cela, c’était d’amener au parlement des personnalités extérieures aux partis. On l’a d’ailleurs fait avec certains, Robert Henrion, Jacques Brotchi… Oui, ça avait du sens, on pouvait aller chercher des belles personnes, des gens qui pouvaient transcender les clivages classiques… On a supprimé ça ! Je préférerais de loin qu’on rétablisse une dose de cooptation à la Chambre plutôt que de dire que la vérité va sortir de cent citoyens tirés au sort… Attention, dans l’idée même, il y a du bon. Le G1000 par exemple, c’était intéressant, on a constaté que les recommandations étaient bien plus modérées, réalistes, que ce que l’on imaginait.

Vous disiez : le politique perd pied, et les médias y contribuent…

Les médias sont dans la même position que le politique, ils sont soumis au défi de l’immédiateté. Un événement chasse l’autre. Même si je ne suis pas toujours d’accord sur le fond avec votre journal, je vois bien que vous faites un effort d’explication, de pédagogie, qui est réel, et ce ne doit pas être facile de gérer une telle ambition. Quand je lis tout, il y a une pluralité d’opinions, et ça m’aide quand même à me forger la mienne. Mais j’imagine que pour faire ça, il faut des moyens colossaux, que les médias n’ont pas toujours. Alors, il y a une lutte déloyale : plus on fait simple, plus on fait populiste, plus ça marche… Tout le monde est obligé de jouer dans ce jeu. Un politique capitalise, en termes de notoriété positive, au moment de l’effet d’annonce, mais qui regarde la cohérence, le volontarisme qu’il a mis à suivre son idée ? Tout le monde court après tout le monde, tout le monde court après tout.

Notez ceci encore… Quand Jambon dit ce qu’il a dit sur les musulmans, avec le mot « significatif », ça fait les gros titres, mais quand, une semaine plus tard, au parlement européen, il dit qu’une immense majorité de musulmans partagent nos valeurs et qu’il se fait applaudir… Je ne défends pas Jambon, mais là, vous voyez le problème quand même. Peut-on enfin accepter l’idée qu’un homme politique, comme un journaliste, ou un citoyen, peut évoluer, intégrer un certain nombre de choses ? Moi, si je suis devenu libéral social, c’est aussi une maturation. Et puis, il y a cette question : est-ce bon de fermer comme ça tout débat ? Bien sûr, il faut condamner des discours qui attisent la haine, mais au-delà, on doit quand même encore permettre de prendre des raccourcis pour se faire comprendre… Ce qui m’inquiète, c’est que quand vous condamnez si vite des propos un peu vigoureux ou simplifiés, vous ne faites qu’une chose : indiquer aux gens que vous confisquez le débat. Souvent, celui qui emploie des mots énergiques ou excessifs exprime ce que beaucoup de gens pensent tout bas.

Cela n’exonère pas de tenir des propos corrects…

Mais peut-on encore parler ? A force de condamner le moindre propos un peu fort, vous poussez les politiques à devenir des aseptisés, à dire tout et n’importe quoi mais de façon politiquement correcte. Là, la politique perd son autorité morale.

Tout simplement, Jan Jambon ne court-il pas après l’extrême droite ?

Je suis convaincu que c’est beaucoup moins ça que le fait de traduire ce qu’il ressent, et ce que l’opinion ressent. L’homme politique peut-il encore exprimer son ressenti immédiat ? Les gens savent eux-mêmes où mettre le curseur.

Sûr ?

Oui. Moi, j’adorais quelqu’un comme André Cools, reprenez un peu tout ce qu’il a balancé ! C’est salutaire à un moment donné ! Si on reste dans la politiquement correct, on ouvre un boulevard aux extrêmes. En Europe, l’extrémisme de droite est en train de proliférer. Si les gens de temps en temps pouvaient s’identifier à des discours qui correspondent à leur ressenti, ça leur ferait du bien.

La « classe » politique est déconnectée de la réalité ?

C’est un mauvais procès en Belgique. Ce n’est pas le cas ici. Une grosse partie des politiques ont commencé leur carrière par l’échelon communal. Mais on a fait la guerre aux permanences sociales ! Tout le monde disait que c’était du clientélisme ! Moi, j’étais à la disposition des gens, ils étaient entendus, je m’impliquais. Une anecdote : j’avais un voisin qui était socialiste, un inspecteur aux pensions, André Hollemans, et quand je faisais mes permanences, il faisait hurler un mégaphone, avec des bandes enregistrées de l’Internationale, pour m’emmerder… Bon, je veux simplement dire que tout ça, c’était un travail de cohésion sociale. Moi, tous les samedis matin, on recevait entre 50 et 70 personnes, mon épouse faisait du café, elles venaient expliquer leurs problèmes, des mamans dont les maris ne payaient plus la pension alimentaire, des jeunes sans diplôme qui cherchaient un emploi… On écoutait. Et ils disent clientélisme !

Finalement, ce Premier mai ne se déroule-t-il pas, en plus d’une crise économique et sociale, dans une crise morale, une déstabilisation ? Il y a comme un danger, à nouveau, en Europe…

Le sentiment que vous exprimez n’est pas étranger à mon adhésion à la Fondation « Ceci n’est pas une crise », avec Jean-Pascal Labille. Les partis démocratiques doivent songer à se refonder. Je serai toujours pour l’économie de marché, car je crois, comme disait Robert Henrion, que la liberté n’est pas divisible : si vous avez la liberté économique, vous avez toutes les chances d’avoir la politique, si vous n’avez pas la liberté économique, vous avez toutes les chances de ne pas avoir la liberté politique. Mais ayant dit cela, je considère que la liberté ne peut être garantie que par l’Etat. Donc, la liberté sans l’Etat, l’économie de marché sans contrôle et régulation, ce n’est pas mon choix. Je pense très sincèrement qu’il y a un « floutage » résultant du financiérisme dont je vous ai parlé, et que les notions mêmes d’économie de marché et d’entreprenariat sont atteintes, totalement injustement. Alors que ceux qui entreprennent sont, comme les travailleurs, les victimes de cette dérive. Ils sont sur le même bateau. Le financiérisme n’a rien à voir avec le libéralisme. Certains entretiennent la confusion évidemment ! Moi, je ne dis pas que le parti socialiste c’est le parti communiste ! Alors !

Vous évoquiez « Ceci n’est pas une crise ». Il y a un besoin de refondation de la politique ?

L’intérêt, c’est de faire débattre entre elles des personnes d’origines et de sensibilités politiques différentes pour rechercher un fond commun, au niveau de l’analyse et des réponses à apporter. C’est la recherche d’un consensus fort.

La politique s’est laissée déborder par des pouvoirs qui sont moins légitimes qu’elle. Je le vois comme parlementaire européen : il y a de véritables stratégies méthodologiques pour inonder les parlementaires avec des centaines de milliers de mails… Un lobby qui est orchestré dans des groupes de pression. Qui poussent les parlementaires dans un sens ou dans un autre.

Ils ont pris le pouvoir ?

D’une certaine manière. Ils ont en tout cas écorné le pouvoir réel des politiques. Ils l’ont en partie discrédité. Le politique doit s’organiser pour canaliser cela et regagner sa vraie place.

N’est-il pas trop tard ?

Non. Je pense que la volonté politique est à réinventer. Cela repose sur le respect que se doivent les démocrates d’opinions différentes. On est malheureusement trop souvent dans la diabolisation. Personne, aujourd’hui, ne peut prétendre détenir la vérité tout seul. Ce qui ne veut pas dire que je plaide pour un consensus mou. Tout ce que je demande, c’est qu’avant un consensus, il y ait un vrai débat dans lequel on ne se retranche pas derrière le « politiquement correct ». Aujourd’hui, par exemple, je suis plongé dans le dossier de l’allocation universelle…

Et ? Vous êtes pour ?

Je trouve positif d’en débattre. Mais qu’on arrête de faire croire qu’on peut mettre en place une allocation universelle de 1.000 euros par citoyen – y compris pour celui qui gagne bien sa vie – sans dire comment on la paie. Je ne suis pas contre mais si j’étais à la place des syndicats, je me poserais quand même la question de savoir comment on fait pour préserver l’essentiel des acquis de la sécurité sociale. Et je voudrais savoir ce qui, dans le scénario de la création d’une telle allocation, ne sera plus pris en charge par la Sécu. Que fait-on alors avec les gens qui n’ont pas la capacité d’assurer leur responsabilité personnelle ? C’est un peu le retour du vieux débat entre l’assurance privée et la solidarité collective. Prétendre que l’assurance privée doit se substituer au mécanisme de solidarité, c’est se retrouver dans le système américain. Et cela, je n’en veux pas. Parce que ce système n’est pas libéral. Le système libéral doit conduire à l’égalité de chances assortie de la notion de justice sociale.

C’est très « de gauche » comme définition, non ?

Un jour, on a parlé de cela lors d’un débat avec Philippe Busquin. Et j’ai abouti à ce constat. Jusque-là, j’étais plutôt un tenant de l’égalité des chances. Mais elle ne suffit pas. Imaginons un monde idyllique, où tout le monde bénéficierait de cette égalité. Très rapidement, ce sont les plus forts qui l’emporteront. Il faut donc que tous les différentiels naturels soient pris en compte. Il y a une alternative, celle qui réunit les avantages de la philosophie de l’allocation universelle et en contourne les inconvénients. C’est l’impôt négatif. Permettre de ne pas payer d’impôt jusqu’à un certain niveau de revenus. Imaginons quelqu’un qui gagne 5.000 euros par mois. Va-t-on lui octroyer en plus une allocation de 1.000 euros par mois ?

Retour au gouvernement fédéral, au choix détonnant du MR de participer à cette majorité inédite. Vous en pensez quoi aujourd’hui ?

Le MR n’avait pas d’autre choix que d’entrer dans ce gouvernement, sauf à accepter sans broncher une nouvelle crise de plus de 500 jours ou d’accepter une majorité-miroir dans les régions et au fédéral. C’était cela le calcul des socialistes. Moi, je n’ai jamais entendu un socialiste affirmer que jamais, il ne ferait un gouvernement avec la N-VA.

En attendant, les majorités asymétriques actuelles génèrent de fameux blocages, non ?

Moi, je constate que l’on avance, que ce gouvernement réalise des réformes importantes et que les compromis se nouent plutôt en faveur des propositions MR.

Pour l’avenir, souhaiteriez-vous voir advenir des convergences sociales-démocrates ?

Je pense profondément que si certaines personnalités du PS évoluaient, donnaient au parti une inclinaison un peu plus réaliste, en assumant une fois pour toutes qu’il n’y a pas d’alternative à l’économie de marché, mais qu’elle doit être encadrée, je pense que les convergences seraient assez naturelles. Je pense qu’il est inscrit dans les astres que si on veut sortir la Wallonie de ses difficultés et lui impulser l’élan décisif, nous devrons nécessairement nous reparler. La Wallonie ne se redressera pas sans une vraie politique en faveur des indépendants, des classes moyennes, des petites entreprises, des travailleurs qui prennent le risque de créer leur entreprise. Que l’on cesse au PS d’avoir cette attitude de retenue suspicieuse à l’égard de ceux qui entreprennent. En rejetant le MR après sa victoire électorale, le PS a commis une erreur qui préjudicie la Wallonie. Nos deux courants politiques, lorsqu’ils s’associent, couvrent tout le champ de la population. Il est plus facile alors d’attendre des citoyens qu’ils s’approprient la politique. La Wallonie a besoin d’une majorité qui réhabilite le politique aux yeux des gens. Pour cela, il faut être représentatifs.