Les différences communautaires continuent à croître dans la sécurité sociale

Pieter Bauwens, « Doorbraak », 26 avril 2016 – Traduction : Jules Gheude

2016-05-08_195708Les Flamands contribuent plus et consomment moins.

Le VNZ (Vlaams & Neutraal Ziekenfonds) analyse chaque année les différences dans les dépenses entre la Flandre et la Wallonie sur base des données de leur coupole fédérale, le « Landsbond van de Neutrale Ziekenfondsen ». Un échantillon de plus d’un demi-million d’habitants.

Le VNZ a constaté que les différences de consommation entre la Flandre et la Wallonie avaient systématiquement diminué de 50 euros par tête en 2010. Cette diminution  a été alors constatée chaque fois par les études de l’INAMI, à savoir les chiffres officiels. Mais à partir de 2011, il y a eu un renversement de tendance manifeste. La différence  dans les dépenses a de nouveau augmenté de plus de la moitié, soit 109,93 euros.

Les résultats de l’INAMI pour 2015 sont encore loin d’être connus, mais les chiffres du VNZ confirment la tendance des dernières années.

Dépenses en soins de santé 2015    
  Nombre d’ayants droit Dépenses totales Dépenses/tête
Flandre 219.724 367.354.513 2.108,87
Wallonie 250.658 453.180.759 2.244,94
Bruxelles 47.728 78.859.471 2.089,24
(non attribuable)   226.400.753  
Total 518.110 1.125.795.496 2.172,89
       

 

On observe également une nette différence dans les contributions.

Contributions à la sécurité sociale (année 2014)  
  Nombre d’ayants droit Contributions totales  

Contribution/tête

Flandre 145.302 2.799.190.588 19.264,64
Wallonie 164.606 2.479.061.681 15.060,58
Bruxelles 32.422 518.558.415 15.994,03
Total 342.330 5.796.810.684 16.933,40
         

Pour ce qui est des jours d’hospitalisation, la situation se présente comme suit :

Nombre de jours d’hospitalisation en 2015    
  Nombres d’ayants droit Jours d’Hospi. Par tête
Flandre 219.724 627.468 2,86
Wallonie 250.658 769.682 3,07
Bruxelles 47.728 156.223 3,27
Total 518.110 1.553.373 3,00
       
   
       
       
       
       
       
       
   
       
       
       
       
       
       
           

Selon le VNZ, il y a une différence de culture au Nord et au Sud. En Flandre, par exemple, le rôle du médecin généraliste comme gestionnaire du dossier médical (Dossier Médical Global – DMG) est fortement implanté. En Wallonie et à Bruxelles, la popularité du DMG est nettement moins établie.

Nombre de dossiers médicaux globaux (DMG)  
  Nombre d’ayants droiit Nombre de DMG Pourcentage
Flandre 219.724 141.274 64,30%
Wallonie 250.658 96.514 38,50%
Bruxelles 47.728 15.669 32,83%
Total 518.110 253.457 48,92%
       
   
       
       
       
       
       
           

En Wallonie, près du double de personnes bénéficient de l’intervention majorée (celles qui ont un bas revenu). Elles paient moins pour leurs frais de santé et ont encore d’autres avantages financiers. Les chiffres pour Bruxelles sont tout aussi alarmants, avec 20% de la population. On doit se demander d’où cela vient. Ne s’agit-il pas ici d’une responsabilité collective des dirigeants wallons et bruxellois ?

Nombre de dossiers d’intervention majorée
     
Flandre 25.555 11,63%
Wallonie 55.398 22,10%
Bruxelles 9.614 20,14%
Total 90.567 17,48%

 

Encore plus frappante est l’évolution du nombre de jours d’indemnité. Alors que la différence entre la Flandre et la Wallonie était de 3,8 jours il y a cinq ans, elle est aujourd’hui de 5,7 jours par titulaire (indemnités pour incapacité  de travail ou invalidité).

 

Nombre de jours d’indemnité pour incapacité de travail et invalidité

 
  Nombre  personnes Jours d’indemnité Jours/tête
Flandre 146.417 2.739.531 18,71
Wallonie 165.999 4.034.001 24,30
Bruxelles 32.588 531.817 16,32
Total 345.004 7.305.349 21,17

Avec les contrôles plus sévères dans le cadre de la réglementation sur le chômage, ce fossé entre la Flandre et la Wallonie va peut-être encore s’accentuer.

Ces chiffres constituent pour le VNZ une raison de plaider en faveur d’une plus grande responsabilisation et de la communautarisation complète de l’assurance maladie-invalidité. Tout cela permet aussi de jeter un autre regard sur les nombreuses économies à faire en ce moment. Sans parler de l’hypothèque lourde qui pèse sur les générations futures.