Archives mensuelles : février 2016

Surréalisme belge

Jean-Claude Marcourt pense encore comme les économistes du 18ème siècle.

Nous livrons ici la version française de l’analyse de Jonas Naeyaert, porte-parole du Vlaamse Volksbeweging, publiée sur le site de « Doorbraak », le 27 février 2016 : http://www.doorbraak.be/nl/nieuws/belgisch-surrealisme

Les belgicistes prennent quelque liberté avec la réalité pour présenter leur projet comme plausible
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Il faut parfois beaucoup d’imagination pour rectifier quelque chose de bancal. Mais on ne peut s’empêcher de tomber de sa chaise devant l’absurdité de certaines affirmations qui sont faites pour sauver cette construction belge.

C’est ainsi que l’on a pu lire, dans « De Standaard » du 24 février, que la Wallonie était le poumon économique de la Flandre. C’est du moins ce que prétend Jean-Claude Marcourt (PS), le ministre wallon de l’Economie.

J’ai d’abord cru lire « écologique », étant donné les forêts ardennaises. Mais non, c’était bien « économique ».

Le ministre PS a fait cette audacieuse déclaration à l’occasion d’un nouveau rapport sur la situation économique de la Wallonie. Rapport dans lequel il est écrit noir sur blanc que la Wallonie dépense 24 milliards d’euros pour les biens et services flamands.

Le rapport concède que la croissance économique de la Wallonie est plus faible que celle de la Flandre. Cela signifie que la disparité économique entre la Wallonie et la Flandre ne fera que croître. Curieux poumon.

Face à la Flandre, la Wallonie présente aussi une balance commerciale négative (parce que la Région wallonne produit moins). Les Wallons la financent avec les transferts financiers flamands (quelque 12 milliards d’euros, environ la moitié des choses achetées chez nous).

En d’autres termes, la Wallonie a une économie qui clopine, avec de sérieux déficits budgétaires, mais nous devons être reconnaissants envers nos voisins du sud, parce qu’ils achètent nos produits avec notre argent.

Excellence Marcourt, ce n’est pas un poumon économique, mais un ténia économique.

Le ministre Marcourt va plus loin. Parce que la Wallonie et la Flandre sont aussi étroitement « liées », nous devons tout faire pour accorder nos activités économiques. Car se faire une trop grande concurrence nuit à tout le monde.

On aura alors un « zero sum game ». Manifestement, le ministre wallon croit au mercantilisme économique du 18ème siècle, plutôt qu’à la science économique moderne qui montre précisément que la concurrence permet d’accroître la prospérité pour toutes les parties. La concurrence permet d’agrandir le gâteau et empêche que l’un ne prenne une plus grande part au détriment de l’autre.

La Flandre devrait donc adapter son économie sur les restes d’une industrie wallonne archaïque du 19ème siècle, celle de l’acier et des armes, qui  est encadrée par des décideurs politiques qui pensent manifestement de façon encore plus archaïque.

Encore heureux que le consommateur wallon puisse se féliciter de l’économie flamande performante. Celle-ci lui permet d’acheter des produits meilleurs et moins chers que ceux que l’économie et le pouvoir wallons peuvent lui offrir.

Et les choses ne pourraient qu’aller mieux si la Wallonie et la Flandre allaient chacune de leur côté, car elles font toutes deux partie de la zone de libre-échange qu’est l’Union européenne.

Avantage : l’économie wallonne ne serait plus bercée par les transferts Nord-Sud, qui permettent manifestement des fantaisies économiques absurdes.

Le ministre Marcourt n’est pas le seul à afficher son « spinning » belge. La ministre Milquet s’est dit abasourdie de voir deux Flamands (Veerle Baetens et Wim Willaert) décrocher le prix du « meilleur acteur » lors de la cérémonie francophone des Magritte du Cinéma.

Pour la ministre Milquet, il s’agit d’un signal d’ouverture vers d’ « autres » talents (précisons ici que Baetens et Willaert jouent en français), tout en se demandant si un tel signal était bien nécessaire.

Dans la foulée, la ministre ajouta qu’il faudrait peut-être penser à associer les remises de prix flamands (les Ensor) avec les francophones. Smooth.

Deux Flamands remportent un prix en Wallonie et c’est « un signal ». N’ont-ils pas tout simplement gagné à cause de leur talent, parce qu’ils excellent dans ce qu’ils font ? Et il y a bien plus d’acteurs flamands qui sont capables de parler couramment le français que l’inverse…

Il n’y a vraiment pas de conspiration nationaliste flamande dans la remise des prix wallons. Veerle Baetens, bon Dieu ! Cette dame a lancé  spontanément, en 2013, aux European Film Awards, un appel émotionnel pour le maintien de la Belgique.

Comme on peut déformer les choses pour sauver le visage de la Belgique ! Nous savons de qui cela vient. Mais, chers politiques wallons, allons-nous convenir que vous avez de meilleures performances que la Flandre et que vous n’avez plus besoin des Flamands comme raison d’exister pour la Belgique ? Vous mettez maintenant nos nationalistes flamands dans l’embarras. Merci.

Faire des économies

Courrier des lecteurs, « Vers l’Avenir » , 27 février 2016

2016-03-03_202511 On ne cesse de mettre l’accent sur la nécessité de réduire les dépenses publiques.

La Flandre a fait le choix, dès 1980, de fusionner sa Communauté et sa Région. Aujourd’hui, pour gérer l’ensemble de ses compétences, elle ne dispose que d’un seul Parlement et d’un seul gouvernement (9 personnes, dont le ministre-président).

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La Communauté française et la Région wallonne ont, quant à elles, préféré suivre des chemins distincts, avec deux infrastructures parlementaires et deux gouvernements (12 personnes au total, dont les deux ministres-présidents).

Il n’est pas difficile de comprendre le gain financier énorme qui aurait pu être réalisé si le pragmatisme l’avait emporté. Un gain qui aurait pu profiter à accroître le bien-être et la prospérité !

Plusieurs économistes, dont le professeur Robert Deschamps des Facultés universitaires de Namur, ont pourtant sonné le tocsin à de multiples reprises : Nous vivons au-dessus de nos moyens et en dessous de nos capacités…

Jules Gheude

Fraude à l’Office wallon des déchets : bientôt le grand déballage ?

Thierry Denoël, « Le Vif/L’Express », 26 février 2016

Dans le cadre des deux millions d’euros volés par un comptable de l’Office wallon des déchets (OWD), des auditions sous haute tension sont prévues lundi au Parlement wallon. On y parlera entre autres des audits de la cour des comptes dont voici de nouveaux extraits édifiants qui laissent penser qu’il n’y avait vraiment que très peu de contrôle au sein de cet OIP. Un laxisme de plus en plus suspect, au vu de l’affaire actuelle…

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On a reproché à la Cour des comptes de n’avoir pas su détecter la fraude du comptable de l’OWD, toujours en cavale, qui a détourné sur son propre compte bancaire deux millions d’euros, depuis 2006. Mercredi, le premier président de la Cour, Philippe Roland, a expliqué que, dans le cas d’espèce, il était impossible de déceler la fraude. Entre les lignes, on comprend que le fraudeur de l’OWD a trafiqué la comptabilité de l’Office de telle manière que l’auditeur de la Cour des comptes ne puisse suspecter un détournement. Philippe Roland a néanmoins affirmé que son institution avait plusieurs fois mis en garde l’OWD de risques de fraude. Nous avons déjà fait des remarques en 2004, a souligné le premier président.

C’est vrai. Et mieux encore : la Cour a adressé des remarques lourdes de sens à l’OWD, plus récemment, dans ses cahiers d’observation du 21 décembre 2011 et du 12 février 2013, alors que, selon l’enquête judiciaire d’aujourd’hui, le comptable véreux s’en mettait plein les poches depuis plusieurs années déjà. Dans le Cahier de 2011, la Cour des comptes observe, dans le chapitre « comptabilisation », que l’OWD a payé 18 factures, relatives à l’achat de matériel ou service informatique, pour un montant total de 43 786 euros, qui ne lui étaient pas destinées. Elle a ensuite transmis ces factures à la direction informatique du SPW (Service public de Wallonie) qui a également procédé au payement… Le montant, deux fois honoré donc, n’est pas dérisoire. Cela démontre qu’il y avait, pour le moins, un défaut de vérification au sein de l’OWD.

Plus significatif : dans son Cahier de 2013, la Cour relève que, dans quelques cas, des paiements (il s’agissait de remboursement de taxes trop perçues à des contribuables) ont été effectués par l’OWD, sans la signature du directeur compétent ou avec la signature d’un directeur qui n’était pas habilité à le faire vu le montant en jeu. La Cour des comptes recommande également que ces remboursements soient inscrits dans la comptabilité budgétaire de l’OWD et pas seulement dans la comptabilité générale, comme cela doit se faire pour toute comptabilité publique. On comprend que le fait de ne pas les inscrire dans la comptabilité budgétaire rend ces opérations moins visibles.

Au vu de ces remarques et recommandations, on se dit que la direction de l’OWD aurait dû être alertée. Or on sait que, de 2013 à 2016, le comptable voleur a détourné un million d’euros. Il le faisait en se versant de l’argent directement sur son compte. Le député MR Jean-Luc Crucke, qui a dénoncé l’affaire, dispose de copies d’extraits de virement qui le prouvent. Et personne n’aurait rien vu pendant tout ce temps à l’OWD ? Le laxisme de la direction, souligné dans les rapports de la Cour, est étrange. D’autant que, selon le député Crucke, le comptable poursuivi par la justice aurait été dénoncé par un collègue à qui il aurait fait une promesse qu’il n’aurait pas honorée. Ce qui laisse penser que ce collègue était au courant du manège.

Y aurait-il eu un système frauduleux bien rôdé à l’OWD, qui concerne plusieurs fonctionnaires ? Bientôt le grand déballage ? Lundi après-midi, les auditeurs de la Cour des comptes ainsi que des responsables de l’administration wallonne seront auditionnés sur ce dossier par la commission Environnement du Parlement wallon. En fonction de leurs réponses, certains députés sont prêts à demander qu’on ouvre une commission d’enquête spéciale.

Quand Thierry Bodson se trompe de cible

Jules Gheude

2016-02-25_194423Le refrain est bien connu. Du côté flamand, on affiche son ras-le-bol de devoir transférer des milliards d’euros vers une Wallonie qui tarde à se redresser. Du côté wallon, on fait observer que la solidarité fut, durant de nombreuses décennies, dirigée en sens inverse.

Le balancier de la prospérité a fortement oscillé à l’aube des années soixante. Agricole par tradition, la Flandre offrait désormais un visage tourné vers une industrie novatrice et dynamique, tandis que les vieilles structures économiques wallonnes s’effondraient

Analysant les aides de l’Etat pour la période 1959 à 1977, l’économiste Michel Quévit observe un déséquilibre structurel : En Wallonie, elles sont destinées à affronter les problèmes soulevés par le désinvestissement du privé  qui se désintéresse des secteurs traditionnels. (…) En Flandre, elles servent à des investissements dans des secteurs inducteurs de croissance économique, créateurs d’emplois, d’innovation, de diversification et de développement des activités et cela dans toutes les provinces flamandes à cette époque.

Que n’a-t-on pas entendu les responsables wallons se plaindre de ces gouvernements belges sous influence flamande qui encourageaient les investisseurs étrangers à venir s’implanter au Nord du pays !

Il est vrai qu’après la grande grève de l’hiver 60-61, le discours flamand ne manqua jamais l’occasion de souligner la propension wallonne à déposer l’outil. Le 22 novembre 1982, en pleine crise de Cockerill-Sambre, une caricature de Pil, publiée dans « De Standaard », montrait une terre parsemée de petites fleurs sur laquelle un personnage avec une mallette « investisseur » se tenait devant un panneau portant l’inscription « Attention ! Vous quittez le secteur flamand ! ». De l’autre côté, un paysage de désolation avec des casseurs à l’œuvre sur fond d’usine…

Pour remédier au déclin wallon, le syndicaliste liégeois wallon André Renard fonda, en 1961, le Mouvement Populaire Wallon, dont le programme prônait l’instauration du fédéralisme et des  réformes de structures. Mais il se heurta à l’opposition virulente des pontes « unitaires » du PSB.

Il fallut attendre la réforme de l’Etat de 1970 pour que, en contrepartie de l’autonomie culturelle revendiquée par la Flandre, la Wallonie puisse obtenir la régionalisation. Et dix années furent encore nécessaires pour que celle-ci devînt effective.

Selon les pays où il est appliqué, le fédéralisme présente des aspects différents. Mais il ne peut se concevoir sans la notion de « solidarité réversible ». Celle-ci joue en faveur des entités fédérées qui sont amenées à connaître une passe difficile.

Si la Flandre ne conteste pas cette notion, elle reproche en revanche à la Wallonie de ne pas prendre les mesures adéquates pour s’en sortir. Elle a donc le sentiment de manifester sa solidarité en pure perte.

Force est de constater que depuis 1980 – cela fait donc aujourd’hui 35 ans ! – et en dépit de compétences de plus en plus étendues et de divers plans de redressement, la Wallonie n’est toujours pas parvenue à décoller, pour reprendre l’expression même de Philippe Destatte, le directeur de l’Institut Jules Destrée.

Entre le Nord et le Sud, le fossé ne cesse de se creuser. Le récent rapport économique de l’IWEPS précise que la Wallonie reste à la traîne au niveau de son PIB et que pour rattraper la Flandre,  il faudrait dix années successives d’une croissance annuelle réelle de 5% sous l’hypothèse que la Flandre ne connaîtrait qu’une croissance de 1,5%. Autant rêver !

Aujourd’hui, les responsables wallons ne peuvent plus dire : « C’est la faute à la Flandre ! ». Il faut donc trouver un autre bouc émissaire.

Pour Thierry Bodson, le leader de la FGTB wallonne, c’est  évidemment la politique de centre-droit menée par le gouvernement fédéral qui handicape la Wallonie.

Il devrait toutefois rappeler que c’est l’ex-Premier ministre, le socialiste Elio Di Rupo, qui s’est félicité d’avoir sauvé la Belgique en mettant sur pied cette sixième réforme de l’Etat, dont il apparaît aujourd’hui  qu’elle handicape financièrement la Wallonie. Car des compétences importantes ont été transférées sans que les moyens suivent.

Reste que, depuis 1980, la Wallonie n’a cessé de subir la mainmise politique du PS. A l’exception du libéral André Damseaux (1982) et du social-chrétien Melchior Wathelet (1985-1988), elle n’a connu que des ministres-présidents socialistes.

Pour la Flandre, il ne fait aucun doute que c’est cette politique de gauche, source d’un clientélisme effréné, qui compromet le redressement de la Wallonie. Celle-ci souffre d’une évidente hypertrophie politico-administrative.

En dépit de la crise financière de 1998, la Flandre est parvenue, cinq années de suite, à réaliser l’équilibre budgétaire que la Wallonie ne cesse de postposer. Outre cette gestion rigoureuse, le Nord affiche un sens entrepreneurial très aigu qui lui permet, grâce  à un tissu dense de PME innovantes et dynamiques, de réaliser plus de 80% des exportations belges.

Au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain, le général de Gaulle avait déclaré : Un peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui est reste.

Il n’y a, en effet, pas de fatalisme. Il suffit d’avoir la volonté politique de prendre les mesures adéquates.

Expliquant leur notion du confédéralisme, les députés N-VA Hendrik Vue et Veerle Wouters mettent l’accent sur l’importance de la responsabilité : chaque entité fédérée est responsable de ses revenus. Elle doit donc  porter aussi la responsabilité de la politique menée.

C’est à ses coreligionnaires socialistes que Thierry Bodson doit poser la bonne question : Etes-vous prêts à assumer la responsabilité financière des choix politiques que vous faites? Et n’est-ce pas contre ceux-ci que la FGTB devrait plutôt se mobiliser ?

Une FGTB qui devrait faire aussi son mea-culpa. Car au lieu d’encourager les réformes indispensables, elle a souvent préféré mener des actions suicidaires. Comme le dénonçait François Perin : On va défendre des droits acquis devant le vide, comme le serpent se mord la queue. C’est une situation kafkaïenne !

Les Wallons appelés à donner leur avis sur la Stratégie de développement durable

« La Libre Belgique », Belga, 23 février 2016

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Le ministre wallon de l’Environnement et du Développement durable, Carlo Di Antonio, appelle les Wallons à donner leur avis sur la Stratégie wallonne de développement durable, projet central de la déclaration de politique régionale.

Il a lancé mardi à Namur en présence de plusieurs associations la consultation populaire durant laquelle les citoyens pourront remettre leur avis sur la centaine d’actions concrètes en faveur du développement durable. Cette méthode est une première. Tout peut être dit, modifié ou amélioré dans ce texte, insiste Carlo Di Antonio.

Le développement durable a pour objectif l’amélioration continue de la qualité de vie et du bien-être humain. Sa réalisation implique la prise en compte du renouvellement des ressources naturelles et du maintien de la biodiversité. La colonne vertébrale de la Stratégie wallonne de développement durable s’articule autour de trois thématiques: l’autonomie alimentaire, l’autonomie énergétique et l’autonomie des ressources.

La Stratégie wallonne de développement durable permettra notamment de coordonner les forces de chacun. Elle se développe autour de quatre chapitres: une vision à long terme (l’avenir que nous voulons en Wallonie d’ici 2050), un diagnostic des acquis, des progrès déjà réalisés et des défis, les objectifs à court et à moyen terme (objectifs intermédiaires à mettre en oeuvre d’ici 2030 qui jalonnent le chemin vers la vision à long terme du développement durable), et enfin un plan d’actions qui implique de nombreux domaines et acteurs du secteur public, privé, et de la société civile.

Le gouvernement wallon a approuvé en première lecture la Stratégie de développement durable. Le ministre a été chargé de coordonner ces consultations en vue de l’adoption définitive de la Stratégie par le gouvernement wallon et le parlement wallon.

La consultation populaire est disponible jusqu’au 1er mai sur www.wallonie.be/fr/strategie-wallonne-de-developpement-durable.

Douze bâtiments de la Région wallonne restent inoccupés

« La Libre Belgique », Belga, 23 février 2016

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Douze bâtiments appartenant à la Région wallonne, soit plus de 21.000 m2, sont actuellement inoccupés, indique mardi le quotidien l’Echo. Le département de la gestion immobilière de l’administration wallonne vient de fournir au ministre de la Fonction publique, Christophe Lacroix (PS), un inventaire complet et détaillé du parc immobilier de la Région. Sur les 434 bâtiments qui lui appartiennent, le cadastre relève que 12 sites sont inoccupés à plus de 70%.

Ces douze bâtiments (administratifs et techniques) représentent une surface totale de plus de 21.000 m2. Un immeuble de 2.500 m2 situé avenue Bovesse, à Jambes, est notamment vide depuis 1998. Un autre bâtiment, localisé à Verviers, de 1.200 m2 et ne nécessitant pas de travaux pour son exploitation, est lui dans l’attente d’occupants depuis 2012.

Ces immeubles ne peuvent plus rester vides. L’administration doit faire les travaux nécessaires pour remettre ces lieux en ordre et les occuper ou les vendre, a commenté la porte-parole du ministre.

Belgique, le pays kitsch

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Nous reproduisons ici la version française de la chronique de Jules Gheude, publiée sur le site de l’hebdomadaire flamand «Knack», ce 22 février: http://www.knack.be/nieuws/belgie/al-van-bij-het-ontstaan-van-belgie-zat-de-klad-erin/article-opinion-668805.html

Qu’est en réalité la Belgique? Randonnée à travers un pays, qui n’est ni un Etat de droit, ni un Etat, ni une nation.

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Un Etat de droit?

Certains politiques francophones invoquent volontiers le concept d’Etat de droit, par exemple lorsque la nomination d’une personne légitimement élue est contestée ou refusée (José Happart, Damien Thiéry).

Le 29 février, la liste linkebeekoise LB (93,85%) proposera son candidat-bourgmestre. Damien Thiéry, avec 1.200 voix, a été plébiscité et les nouvelles élections ont été organisées d’une manière totalement légale. Mais la ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans (N-VA)  a fait savoir qu’il n’était pas question de nommer Damien Thiéry durant la présente mandature.

Le nom d’Yves Ghequiere (958 voix) est d’ores et déjà avancé. Le MR sacrifiera-t-il Damien Thiéry, comme le PS le fit avec José Happart en 1988 ? Ou bien cette situation engendrera-t-elle un casus belli au sein du gouvernement fédéral ?

Le concept d’Etat de droit suppose que la Constitution, la loi fondamentale, soit scrupuleusement respectée.

Celle-ci stipule notamment que le mariage civil devra toujours précéder la bénédiction nuptiale. Tel ne fut pas le cas lorsque Léopold III se remaria en 1941 avec Liliane Baels.

Aujourd’hui, nous apprenons que le prince Amadeo a reçu l’autorisation royale de se marier… seize mois après la célébration du mariage. Une nouvelle entourloupette pour régulariser la chose rétroactivement !

La Constitution fut également malmenée lorsque le roi Baudouin, en 1990, fut placé par le gouvernement dans l’impossibilité de régner, alors que chacun savait qu’il était bien portant.

Ce fut encore le cas lorsque les responsables francophones décidèrent de débaptiser la Communauté française de Belgique pour l’appeler « Fédération Wallonie-Bruxelles ».

Je voudrais, à ce sujet, ouvrir une parenthèse.

Lorsque je suis amené à faire des conférences en Flandre, la question suivante m’est régulièrement posée : est-il exact que les francophones ont, avec ce concept de Fédération, un Plan B en tête ?

Ma réponse est claire. Si la Belgique se démantèle, une majorité de Wallons (63%) souhaitent constituer une « Belgique résiduelle » avec les Bruxellois. C’est ce qui ressort d’un sondage RTL-Ipsos-Le Soir réalisé en 2013. Mais 68% des Bruxellois se prononcent en faveur d’un statut indépendant. Une enquête faite par Rudi Janssesns (VUB) en 2013 confirme la chose. Les formules où Bruxelles s’associe à une autre région ne sont nullement populaires : 4% en faveur de la Flandre, 4,6% en faveur de la Wallonie.

On voit donc que le WalloBrux est une chimère, une pure illusion. Si la Wallonie devait reprendre 35% de la dette publique belge, elle serait confrontée, avec un ratio dette/PIB de plus de 150%, à un scénario à la grecque. On comprend dès lors que les Bruxellois n’ont nulle envie de se montrer solidaires d’une telle situation. Ce WalloBrux souffrirait d’emblée d’un déficit chronique et sa dette ne ferait que s’accroître.

Fermons la parenthèse et revenons à notre sujet.

Un Etat ?

L’aventure manquée de l’équipe B-Fast au Népal, la Belgique qui se voit décerner le prix du « fossile du jour » dès l’ouverture de la COP21 à Paris, les fissures dans les centrales nucléaires, la manière bancale dont les autorités belges ont communiqué lors des actions antiterroristes à Bruxelles, la jungle molenbeekoise, la fermeture des tunnels bruxellois, la sage du RER…  Autant d’événements qui amènent à poser la question : la Belgique est-elle encore un Etat ?

Le journal français « Le Monde » y répond de manière négative, tandis que divers médias américains parlent de failed state.

En 1981, François Perin avait déjà souligné ce manque de crédibilité : La Belgique est un Etat si peu fiable que ses partenaires ne seraient peut-être pas fâchés de la voir disparaître. Il s’agissait ici des engagements de la Belgique envers l’OTAN, avec une armée dont le général Close avait dit qu’elle n’était jamais prête, jamais disponible.

Perin avait également comparé la Belgique à un souk…

Une nation ?

En fait, la Belgique est un artifice des grandes puissances de 1830, qui voulaient ainsi se protéger contre la France. Quinze ans après Waterloo, le spectre de Napoléon rôdait toujours…

Talleyrand, qui était alors ambassadeur de France à Londres, était très sceptique quant aux chances de viabilité de ce nouveau royaume. Lors d’une conversation avec la princesse de Lievin, il déclara : Les Belges ? Ils ne dureront pas. Tenez, ce n’est pas une nation, deux cents protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays. Cela ne peut tenir.

Dès le départ, le ver était dans le fruit. Comment une telle construction pouvait-elle évoluer sereinement, lorsqu’on lit cette lettre de Charles Rogier à Jean Raikem : Les premiers principes d’une bonne administration sont basés sur l’emploi exclusif d’une langue et il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d’apprendre le français, et l’on détruira ainsi peu à peu l’élément germanique.

Les francophones, dans leur grosse majorité, ignorent à quel point le Mouvement flamand a dû lutter pour obtenir les premières lois linguistiques, qui allaient permettre à la Flandre d’obtenir ses lettres de noblesse sur l’échiquier politique belge. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours de l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française. Pour lui, le flamand était la langue des servantes et des valets.

Tout cela a laissé des traces durables et engendré un sentiment national flamand très fort. Aujourd’hui, la Nation flamande existe, ce qui rend le fédéralisme impossible.

Un Etat kitsch, qui s’évapore lentement

En 2010, la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française a chargé deux de ses membres (l’un de la majorité, l’autre de l’opposition) de s’enquérir de la situation belge. La conclusion du rapport est claire : les deux groupes linguistiques diffèrent trop pour se comprendre, ce qui rend l’existence du pays de moins en moins probable

Dans une récente chronique publiée sur le site « Knack », Hendrik Vuye et Veerle Wouters, députés N-VA, ont expliqué comment les bastions unitaires (universités, partis, Ordre National des Avocats, ABVV/FGTB Métallurgie, syndicats du rail, exécutif des musulmans) se sont scindés spontanément. Cela montre que la Belgique s’évapore petit à petit.

Lorsqu’il présidait le parti libéral flamand, Karel De Gucht avait tenu le même langage : La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre (VTM, 6 novembre 2002).

Les leaders francophones se refusent à voir cette évolution. Tout se passe pour eux comme si la Belgique était vouée à l’ éternité. Le réveil risque de faire mal.

Eric Defoort a un jour utilisé le mot kistch pour décrire la Belgique. Mais une chose est sûre : que peut-on trouver de valorisant à vivre dans un tel contexte, où la méfiance réciproque entraîne d’interminables querelles ? C’est épuisant et malsain.

(1) Dernier ouvrage paru : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri, 2015

«Dès que nous aurons la majorité politique pour l’indépendance flamande, nous y allons!»

« Doorbraak », Christophe Bostijn,  15 février 2016

C’est incontestablement l’une des déclarations fortes que le député fédéral Peter Luykx (N-VA a faites, lors d’un entretien avec le magazine catalan « Vilaweb, la semaine dernière. Résumé de l’article signé Diana Coromines.

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Les bonnes relations entre la Flandre et la Catalogne

L’entretien a eu lieu à Barcelone, après la rencontre d’une délégation de la N-VA avec des représentants du gouvernement catalan, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères, Raül Romeva (indépendant, ex-parlementaire européen du parti écosocialiste ICV-EUiA).

Peter Luykx se félicite des bonnes relations entre la Flandre et la Catalogne et souligne l’intérêt de la Flandre pour l’évolution du processus de l’indépendance catalane. Il exprime son soutien et son admiration pour ce processus et voit la région espagnole comme un « laboratoire pour atteindre l’autonomie comme alternative à la décentralisation classique ».

Realpolitik

Luykx sait que les choses ne sont pas aussi simples pour les Catalans. A Bruxelles, « la majorité des politiques ne veulent pas s’enflammer pour la question catalane, de peur de heurter Madrid ». Il constate toutefois beaucoup de similitudes entre les bons résultats économiques des régions flamande et catalane. Pour ce qui est du processus d’indépendance, il voit peu de points communs. Il y voit surtout une source d’inspiration, à présent que chacun a les yeux tournés vers Barcelone après le référendum écossais.

Les députés de la N-VA,  estime Luykx, peuvent jouer un rôle important dans l’éveil de l’opinion publique à l’égard de la Catalogne, dont on dit peu de chose en général. Ils sont bien décidés à alimenter le débat sur l’indépendance et la question de l’appartenance à l’UE.

Selon Luykx, il serait tout à fait logique que la Catalogne soit automatiquement reprise en tant que membre de l’UE. « Conformément au Traité de Lisbonne, l’UE doit honorer trois principes : l’égalité démocratique, la démocratie représentative et,surtout, la démocratie participative.

Si l’UE devait rejeter des régions qui veulent devenir indépendantes via un référendum, elle méconnaîtrait ces principes.

Selon Luykx, « la Belgique doit également respecter ces principes et soutenir la Catalogne pour qu’elle fasse automatique partie de l’UE. La réunification de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest est un bon exemple de l’attitude pragmatique de l’UE. Il serait dès lors absurde que l’UE dénie à des citoyens le droit de réorganiser en interne un Etat membre. Cela signifierait que l’on ôte aux citoyens le droit de décider de leur propre avenir. »

« Que feriez-vous en Flandre ? »

Même si le gouvernement espagnol utilise tous les moyens juridiques pour empêcher l’indépendance catalane, Luykx suit l’approche catalane : aller le plus loin possible dans le cadre de la législation espagnole existante et faire ensuite le saut final vers l’indépendance en organisant des négociations politiques.

La journaliste catalane fait remarquer que ce souci des Catalans de rester à l’intérieur de  la loi va parfois très loin et elle souhaite savoir comment cela se passerait en Flandre.

Luykx admet qu’il y a également en Flandre des partisans d’une scission immédiate et d’autres qui sont pour une approche modérée et progressive. « La N-VA souhaite une évolution permettant de faire d’abord une réforme confédérale de l’Etat fédéral. Après quoi, le niveau belge pourra s’évaporer. Pour certains, l’indépendance est la dernière phase, d’autres doutent de la liquidation de l’Etat belge. »

L’accord du gouvernement catalan stipule que la transition vers la création d’un Etat catalan indépendant doit se faire après 18 mois, une période que certains mettent en doute. La possibilité de réaliser l’indépendance pourrait peut-être ne pas être saisie, observe la journaliste.

Luykx en est bien conscient et il déclare « que les choses iraient sans doute plus vite en Flandre ». « Si, comme vous, nous devions avoir une majorité parlementaire qui nous légitime, nous irions résolument de l’avant. »

Il considère qu’il reste encore beaucoup à faire en Flandre pour convaincre les citoyens des avantages d’une indépendance flamande. C’est la raison pour laquelle la N-VA a mis sur pied un thing tank pour étudier le processus.

La Catalogne fait ce qu’il faut

Pour la Catalogne, Peter Luyks a bon espoir. Il voit aboutir le plan par étapes et fait confiance au nouveau ministre-président Carles Puigdemont (du CDC libéral), qui est un indépendantiste convaincu.

Après les phases plus émotionnelles  des manifestations de masse et des élections, le temps est maintenant venu de bâtir rationnellement les structures de l’Etat et la légalité catalane, estime le député fédéral.

Renouveau démocratique en Wallonie : de la parole aux actes !

Chronique de Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement de Wallonie

«Le Vif », 15 février 2016

Le fossé entre les citoyens et leurs représentants politiques se creuse depuis des années. Pour Ecolo, il est urgent que les citoyens se réapproprient leur avenir et que les hommes et les femmes politiques se fassent le relais de leurs préoccupations réelles.

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C’est notamment la raison pour laquelle nous avions de grandes attentes par rapport à la Commission spéciale relative au Renouveau Démocratique. Mise en place par le Parlement de Wallonie au printemps dernier, elle visait à réduire cet écart entre citoyens et politiques, entre autres par le biais de la consultation populaire et, plus largement, par plus et mieux de démocratie participative et citoyenne. La participation active des citoyens dans le débat politique est un sujet qui nous tient à coeur depuis de nombreuses années. A notre grand dam, nous ne pouvons que constater que les discussions ne démarrent pas et que la Commission s’éloigne peu à peu de son objectif, sous couvert de pragmatisme…

Fin janvier en effet, certains points de discussion ont purement et simplement été écartés. Le débat sur la démocratie citoyenne n’aura pas lieu. Des auditions intéressantes se sont pourtant déroulées, la Commission peut pourtant formuler des recommandations, le débat peut pourtant se révéler utile, au bénéfice de tous nos citoyens. Mais il semble que ce n’est pas l’avis du président de la Commission André Antoine et des autres partis, qui se retranchent derrière des questions de procédures pour avancer sur leurs propres agendas. Dans les priorités du MR par exemple, des thèmes liés au cumul des fonctions ministérielles et d’exécutif local ou encore à l’effet dévolutif de la case de tête et des suppléants. Cela pourrait presque être drôle si cela ne reflétait pas justement l’écart flagrant entre les préoccupations des partis au pouvoir et celles des citoyens, qui méritent plus.

Si les discussions sur la consultation populaire se poursuivent, d’autres avancées doivent être débattues et tranchées, comme les panels citoyens, les budgets participatifs ou encore le droit d’initiative législative citoyenne. Ces outils permettraient de donner la parole à tout le monde, sur tout ce qui fait débat de société, sur les enjeux à moyens et longs termes, pour évaluer les politiques publiques. Par exemple : sur le climat, la lutte contre le radicalisme ou les transports en commun… Au niveau local, l’amplification des budgets participatifs pourrait permettre, comme le souhaite la commune d’Olne, de placer une part importante du budget d’investissement de la Commune en débat entre les citoyens et les politiques. Pour nous, écologistes, la société de demain doit se construire avec les citoyens. La Commission du Renouveau démocratique nous a été présentée comme ‘un lieu ouvert à la discussion, sans clivage, et qui permettrait d’aborder ces thèmes de façon plus approfondie’.

Il semble désormais qu’il s’agisse d’un écran de fumée, d’un coup de comm’. Ecolo ne peut approuver ces méthodes d’un autre âge, à l’heure où notre société a plus que jamais besoin de se réinventer et de se réapproprier son avenir. Nous continuerons de peser dans les débats, pour qu’ils aient lieu, pour que demain, les citoyens puissent enfin faire entendre leur voix en dehors des élections.

Marcourt: «Il faut pouvoir remettre à plat les compétences entre francophones»

« La Libre Belgique », Belga, 14 février 2016

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Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), estime qu’il faut « pouvoir remettre à plat » les compétences entre francophones, a-t-il déclaré dans « L’invité » sur RTL-TVI dimanche. « Il faut préparer l’avenir et aucune institution ne doit être défendue pour elle-même », a indiqué le ministre socialiste, souhaitant que « l’on fasse fonctionner les institutions mais qu’on puisse aussi les faire évoluer. »

Il juge à cet égard qu’il faut « pouvoir remettre à plat, entre francophones, les compétences des uns et des autres ». M. Marcourt s’oppose toutefois à une 7e réforme de l’Etat.

Tirant le bilan de l’économie wallonne, le ministre se félicite que tant l’Union wallonne des entreprises que celle des classes moyennes aient produit des études établissant que  » »a modernisation économique de la Wallonie est relancée ».

« La Wallonie est aujourd’hui dans la moyenne européenne, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. Nous sommes sur le bon chemin mais il y a encore beaucoup de travail à faire ». Il note le taux de chômage excessif et le nombre d’entrepreneurs trop peu élevé, mais aussi le fait que « la conscience de la Wallonie était trop faible pendant longtemps ».

Interrogé sur le transfert de 4,6 milliards d’euros par an des ménages flamands aux ménages wallons, mis en lumière dans le récent Rapport sur l’économie wallonne de l’Institut wallon de la statistique (IWEPS), le ministre a fait valoir que la Wallonie était le troisième client de la Flandre après l’Allemagne et les Pays-Bas. « Nous sommes donc les troisièmes contributeurs à la richesse flamande. »

« Moi je ne cours pas derrière la Flandre. La Flandre et la Wallonie vont progresser simultanément et j’espère en parallèle », a encore pointé Jean-Claude Marcourt qui souhaite que « la Wallonie trouve un produit intérieur brut suffisant pour réellement assurer le développement de sa population ».

« La Wallonie n’a plus de raison à longe terme de rester dans Brussels Airlines 

Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), se dit « disponible pour sortir du capital de Brussels Airlines ». « Nous n’avons plus de raison à long terme de rester dans cette compagnie », a-t-il affirmé dimanche sur le plateau de RTL-TVI. « Je suis disponible pour sortir du capital de Brussels Airlines », a confirmé M. Marcourt dimanche, rappelant que la Wallonie avait été « patriote » en investissant « pour sauver de l’emploi d’abord », après la faillite de la Sabena.

Il a précisé que la Lufthansa, compagnie allemande qui détient actuellement 45% du capital de la compagnie belge, a une option de rachat des actions de Brussels Airlines et que « si elle l’exerce, nous sortirons ». « Nous n’avons plus de raison à long terme de rester dans cette compagnie », a encore ajouté M. Marcourt, qui a glissé par ailleurs que « Brussels Airlines est profondément flamand ».

Lufthansa envisagerait notamment d’intégrer Brussels Airlines dans Eurowings, sa filiale low cost. Les Allemands avaient déboursé 65 millions d’euros pour acquérir, en 2009, 45% du capital de SN Airholding, le groupe gérant Brussels Airlines.