Baromètre politique: le PS reprend de l’avance sur le MR en Wallonie

Véronique Lamquin, David Coppi et Bernard Demonty, « Le Soir », 25 janvier 2016

Les deux grandes familles, socialiste et libérale-réformatrice, dominent toujours en Wallonie et à Bruxelles, tandis que le CDH dévisse. Et en Flandre, l’extrême droite du Vlaams Belang se refait.

Wallonie : rouges et bleus dominent

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Les deux « grandes familles », socialiste et libérale-réformatrice, dominent. Le PS arrive en tête, devant le MR. Les socialistes grappillent 0,7 point par rapport au baromètre d’octobre 2015, mais reculent nettement (de 5,3 points) eu égard aux élections de juin 2014. Derrière, le MR obtient son résultat le plus bas depuis les élections (25,8 %) et nos baromètres successifs, mais, avec 23,1 %, il préserve sa deuxième position.

Loin derrière les deux « grandes familles », le CDH atteint, lui, une cote d’alerte : 11,1 % des intentions de vote. Avec 3,4 %, Défi, le nouveau parti d’Olivier Maingain, ne désespère pas de voir jaillir l’étincelle au sud du pays. Les verts (9,2 %) prennent un point par rapport aux élections. Le PTB grignote, il atteint 8,8 %. La droite extrême confirme : si l’on additionne le PP, la Droite et Debout les Belges, la mouvance franchit la barre des 10 %.

Bruxelles : le MR devance le PS, le CDH sombre

Deux évolutions marquantes dans les intentions de vote bruxelloises. D’abord, le MR qui reprend un leadership abandonné au PS voici un an. Les libéraux devancent les socialistes de 2,5 points, mais les deux formations sont en deçà de leur score électoral. La popularité de Didier Reynders (deuxième au hit-parade des personnalités, ex aequo avec Elio Di Rupo) explique peut-être ce bon résultat, ainsi que les mesures adoptées par le gouvernement fédéral en matière de sécurité.

A l’autre bout de l’échiquier, le CDH plonge et se voit même dépassé par le PTB, crédité de son meilleur score depuis le scrutin de 2014 – un résultat à prendre avec quelque prudence, marge de 4,2 oblige. Cette contre-performance humaniste ne profite pas à ses deux concurrents directs : tant Défi (ex-FDF) qu’Ecolo est en recul, tant par rapport à notre dernier sondage qu’au scrutin de 2014.

Flandre : la N-VA s’effrite mais reste dominante

Avec 28,5 % des intentions de vote en Flandre, la N-VA recule légèrement (– 0,3point) par rapport au sondage précédent. Et le repli est de 3,9 points par rapport aux dernières élections. C’est certes un recul, mais l’érosion, sans doute due à l’exercice du pouvoir au fédéral, reste contenue.

Les temps sont plus incertains pour le CD&V, qui passe de 17,8 % des intentions de votes lors de notre précédent sondage à 16 %. Par rapport aux dernières élections, le repli est de 2,8 points. En sièges, cela correspond à une perte de 4 unités par rapport à notre dernier sondage, soit la plus grosse perte en Flandre.

Le VLD stagne à 12,5 %.

Les pertes des partis de la majorité profitent manifestement à la gauche. Le SP.A passe de 14,5 % d’intentions de vote lors de notre précédent sondage à 15,2 %. Groen se contentait de 9 % des voix au dernier sondage, mais se trouve désormais à 10,3 %. Au rang des partis en progression, il faut évidemment citer aussi le Vlaams Belang. Il est parti d’une défaite aux élections, où il ne remportait que 5,8 % des suffrages. Selon notre sondage, il plafonne actuellement à 11,6 %.

Méthotologie

Cette vague de 2.614 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18ans et plus à raison de 1.034 en Wallonie, 1.043 en Flandre et 537 dans les 19 communes de la Région Bruxelles-Capitale, a été réalisée du 15 au 20janvier 2016. Les interviews ont eu lieu via l’Ipsos On Line Panel. La marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 % est de +/– 3,1 en Wallonie, +/– 3,0 en Flandre et de +/– 4,2 à Bruxelles.

Affiliations : ESOMAR, FEBELMAR.