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La dette belge ? Un boulet wallon !

Pierre Havaux, « Le Vif », 14 décembre 2015

C’est ce qui se colporte avec insistance dans les milieux nationalistes flamands exaspérés : la Wallonie endette le pays et la Flandre paie systématiquement la note. D’où une envie folle de refiler au sud cette facture aussi astronomique qu’impayable.

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Fauché. Depuis ce 1er décembre, l’Etat belge est virtuellement sans ressources. Il lui restait 31 jours à vivre à crédit pour nouer les deux bouts en 2015, à croire les projections de l’institut économique français Molinari. Rien de mortel. L’emprunt public n’a jamais rebuté la Belgique. Elle en use, après en avoir abusé. Début septembre, l’Etat belge en a d’ailleurs repris pour cent ans. Rendez-vous est fixé au 9 septembre… 2115 pour rembourser une tranche de 50 millions d’euros.

La Belgique voit loin, très loin. Jamais jusqu’ici elle n’avait encore refinancé sa dette publique sur une si longue échéance et à un taux aussi bas. Parole d’experts : emprunter à du 2,5 % sur une telle période était une affaire en or.

Un siècle. Une éternité pour un Etat naguère déclaré politiquement mort, considéré comme quasi perdu faute d’être capable durant 541 jours de trouver un gouvernement à propulser aux commandes fédérales. Et voilà que des investisseurs osent à nouveau parier sur sa longévité. Quoique : le risque pris est incorporé dans le taux d’intérêt. Cela ne veut pas dire que l’investisseur considère que l’Etat belge sera toujours là dans 50 ou 100 ans, cadre Giuseppe Pagano, spécialiste des finances publiques à l’Université de Mons.

Reste la charge symbolique du signal, soulignée par l’économiste Bruno Colmant (Banque Degroof Petercam) : cet emprunt traduit implicitement la conviction du maintien à long terme de l’Etat belge : la dette publique, c’est la représentation ultime et la plus aboutie de l’Etat. Plus un Etat est en mesure d’emprunter à long terme, plus il se montre crédible dans sa formulation socio-politique.

La dette publique, ciment de la Belgique plus résistant qu’une tête couronnée

Longue vie à la dette publique belge. Ce boulet qui pèse aujourd’hui près de 400 milliards d’euros et que la Belgique traîne au pied depuis 40 ans, adore relancer le compteur avec une cruauté sans bornes. Après avoir culminé à 134 % du produit intérieur brut en 1993, être retombé à 84 % en 2007, le taux d’endettement flirte avec les 107 % du PIB. Relâchement de la discipline budgétaire, crise financière et sauvetage des banques, gros revers de fortune économique : quelques « bricoles » ont suffi à redonner tout son éclat à la dette publique. Et à l’inscrire durablement au patrimoine national.

Il se dit en effet que la dette serait un des piliers les plus solides du régime. Fait d’un ciment autrement plus résistant que celui du palais royal qui tend à s’effriter dangereusement. Puisqu’on est tous débiteurs et créanciers de l’Etat, la dette est un outil de cohésion sociale qui tient tout l’ensemble plus sûrement que n’importe quelle tête couronnée, confirme Bruno Colmant.

La Flandre indépendantiste en conçoit un vif dépit. Elle tient le coupable de cette infortune. Il est wallon. C’est lui, incorrigible dépensier qui se plaît à jeter par les fenêtres l’argent flamand, qui ne cesse d’alimenter ce puits sans fond. Cette dette publique, toujours grande et belge, serait en réalité wallonne et les charges d’intérêts versées pour la financer intégralement flamandes.

C’est l’affreuse vérité mise en lumière par Remi Vermeiren, ex-patron de la KBC, chantre influent et à temps plein de l’indépendance flamande, dans son dernier opus en faveur de la mise à mort de la Belgique : La Flandre est un pays de surplus, la Wallonie un pays de déficits. La dette publique, essentiellement apparue à partir de 1970, s’est totalement construite à partir des déficits wallons qui n’ont pu être qu’insuffisamment compensés par des surplus budgétaires flamands quasi permanents. On pourrait même dire que la Flandre a une part négative dans la dette publique et que plus de 100 % de cette dette appartient à la Wallonie.

L’ancien banquier ne craint pas d’être contredit par la production du think tank économique dont il est une cheville ouvrière : Vives, le Vlaams Instituut voor Economie en Samenleving adossé à la KUL, passe pour être la machine à calculer de la N-VA, du Vlaams Belang et de la grande mouvance nationaliste flamande. Or, ce que l’un de ses chercheurs révèle dans sa thèse de doctorat a de quoi nourrir l’aigreur ambiante au-delà de toute espérance.

Les transferts nord-sud issus de la dette fédérale en 2002 : 14,6 milliards…

Geert Jennes est remonté jusque 1970, au temps où la Belgique des Régions et des Communautés n’existait pas encore, pour dévoiler l’ampleur de ce scandale permanent. Et d’exhiber un chiffre choc : Les transferts budgétaires issus de la dette fédérale et que la Flandre fournit à la Belgique francophone représentaient 5,6% du PIB belge en 2002. Soit 14,6 milliards d’euros pour cette seule année. Sous le coup d’une telle découverte, l’économiste avoue ne pas avoir osé pousser l’exercice au-delà : Ce montant, en 2002, est astronomique, de sorte que le résultat des calculs aurait sans doute été encore plus astronomique si on poursuivait la désagrégation régionale du budget fédéral pour les années qui suivent. On peut supposer que les parties régionales dans le budget fédéral n’ont pas fondamentalement changé depuis 2002.

Les liens étroits de Geert Jennes avec la N-VA, à laquelle il fournit son expertise au sein du service d’études, ne doivent rien enlever à la rigueur et à l’objectivité de sa méthodologie ni à la justesse du raisonnement : Comme la Flandre fournit la plus grande part des recettes fiscales fédérales, elle paie par conséquent la plus grande part des charges d’intérêt que la Wallonie aurait dû en fait payer si elle avait été un Etat indépendant. De plus, sans cette dette belge, la Flandre aurait tiré des revenus des intérêts dégagés par ses surplus budgétaires. Bonjour le manque à gagner.

11,5 milliards en 2014, 10,6 milliards en 2015, 10,3 milliards en 2016. Les charges d’intérêts versées ou à verser sur la dette fédérale présente et à venir tombent avec la régularité d’un métronome. Et c’est la Flandre qui systématiquement régale.

Trop is te veel. La patience du mouvement flamand est à bout. Comment rester de marbre devant ce fardeau financier faussement commun aux Flamands, Wallons et Bruxellois ? Il est plus que temps de briser cette mécanique infernale. De régionaliser, même partiellement, cette dette qui n’a de fédérale que le nom.

L’idée flotte dans l’air du nord du pays depuis longtemps. Le Parlement flamand l’intégrait dès 1999 dans ses résolutions qui balisent sa longue marche à l’autonomie. Elle a déjà piqué la curiosité des députés flamands, qui lui consacrent tout un débat au printemps 2011, alors que la Belgique s’enfonce durablement dans l’impasse politico-communautaire. Il ne s’en dégage pourtant pas un fol enthousiasme, même sur les bancs nationalistes.

Kris Peeters en 2011 : nous ne voulons pas évacuer le débat sur la dette

Non pas qu’un tel partage ne soit pas jugé digne d’intérêt pour la santé financière de la Flandre. Mais tout cela est à méditer, à affiner tant la question est techniquement complexe à épuiser. Kris-Peeters (CD&V), alors ministre-président flamand, clôt la discussion parlementaire sans fermer la porte : Nous ne voulons pas évacuer ce débat sur la dette. Il faut en parler. D’ici là, encourage le numero uno de Flandre, il est bon de garder l’option dans un coin du cerveau, et toute étude supplémentaire sur le sujet sera bonne à prendre. Message reçu par son successeur : Geert Bourgeois (N-VA) a lancé une nouvelle recherche afin de monitorer les flux financiers qui s’écoulent ainsi du nord au sud. Résultats attendus pour la mi-2017.

La Flandre demande à y voir clair. Longtemps, elle s’est limitée à s’offusquer de voir son argent filer continuellement au sud à partir de la sécu, de la loi spéciale de financement ou du budget fédéral. Mais ce canal d’alimentation par la dette, moins évident à détecter, avait tendance à échapper à ses radars. On pouvait compter sur le Vlaams Volksbeweging pour charger la barque. Début octobre, l’organisation flamingante en a fait un morceau de choix d’un colloque au parlement flamand. En présence d’élus N-VA tout ouïe.

Pourtant, même au nord du pays, la ficelle est jugée un peu grosse et la thèse éminemment tendancieuse. Tout l’art de la mystification consisterait à transformer fictivement les trois Régions du pays en Etats pleinement indépendants depuis une époque indéterminée, et de les rendre ainsi responsables depuis des lustres de leur situation budgétaire. Du cousu main pour enfoncer la Wallonie dans les dettes. Il y a déjà longtemps que ce petit jeu aurait cessé pour cause de banqueroute à la grecque de la Wallonie, ironise ce spécialiste flamand de la sécu pourtant peu suspect d’être belgicain.

Cauchemar pour la Wallonie, conte de fées pour la Flandre. Que rétorquer à cela du côté francophone ? Pas grand-chose, si ce n’est nier en bloc. A l’université de Namur, l’équipe du CERPE (Centre de recherche en économie régionale et politique économique) a aussi potassé la question des transferts interrégionaux. Sa sentence est irrévocable : le paiement des intérêts de la dette publique fédérale n’y a pas sa place, car dans un Etat fédéral solidaire, il est contradictoire au principe de solidarité d’imputer à chaque région la charge de l’endettement qu’elle aurait accumulé en l’absence de cette solidarité.

Voilà comment, au regard de la même rubrique, 0 euro francophone peut voisiner avec 14,6 milliards d’euros flamands. La base de discussion est plus qu’étroite et augure d’un dialogue de sourds. Mais ce qui paraît inimaginable aujourd’hui finit souvent par couler de source demain. Le même raisonnement n’a pas empêché la scission de l’université de Louvain et le partage de son précieux patrimoine en 1968, rappelle utilement l’économiste Etienne de Callataÿ.

Vu de Flandre, tout est ainsi envisageable. Jusqu’au scénario de l’extrême : solder intégralement les comptes en partageant entre nord, centre et sud du pays le poids de la dette accumulée sous la bannière tricolore. Ce ne sont plus là simples paroles en l’air. Des simulations circulent, livrables clé sur porte pour n’importe quelle table de négociations.

Que les Wallons se rassurent : le moment venu, la Flandre saura se montrer bon prince en prenant à sa charge plus que sa part normale du fardeau. Le sud aura droit à un plan d’accompagnement financier. Il serait naturellement impossible d’attribuer toutes les dettes et les charges d’intérêts qui y sont liées à une Wallonie indépendante. Cela conduirait à une situation absurde, avec un déficit budgétaire de 19 % et un taux d’endettement supérieur à 200 % », admet volontiers Remi Vermeiren, qui a sa formule de partage de la dette en poche : 55 % à charge de la Flandre, 35 % à la Wallonie, 10 % à Bruxelles.

La Flandre n’a aucune intention d’achever de ruiner ses voisins, quand bien même ils l’auraient mérité. Ceux-ci n’imaginent d’ailleurs pas un instant se faire ainsi lessiver sans opposer de résistance. Question de vie ou de mort : la Wallonie sait qu’elle ne se relèverait pas d’un tel choc. A l’ère du « tout aux Régions », la dette et ses charges feront partie des ultimes exceptions. A moins de toucher au coeur même de la centrale belge. La dernière réforme de l’Etat ne s’y est pas hasardée. Et la suivante ?

« La Wallonie n’a rien à gagner à diminuer la dette publique » : info ? Intox

Retour (provisoire ?) à la case départ. Au noeud du problème. A cette colossale dette publique toujours fédérale, moins coûteuse à refinancer pour l’instant mais qui poursuit néanmoins son ascension. Dernier pronostic en date, validé par la Commission européenne : vingt ans au bas mot seront nécessaires pour rallier à un rythme soutenu le cap mythique d’un taux d’endettement à 60 % du PIB.

Pour la N-VA, il est impératif que la dette publique belge diminue, afin que l’indépendance de la Flandre puisse intervenir dans les meilleures conditions

Et si ce rabiot n’était pas pour déplaire au partenaire wallon ? Une bonne grosse dette, cela peut ôter l’envie au couple le plus mal assorti de songer à divorcer. Le lourd soupçon se répand au nord : les francophones s’accommoderaient d’un endettement public élevé comme d’une assurance-vie. C’est tout le problème de la Belgique : la Wallonie ne contribue pas au paiement des intérêts de la dette publique et n’a donc rien à gagner à la diminuer. Mais elle a beaucoup à perdre d’une baisse des allocations, raisonnait, en 2013, l’ex-avocat d’affaires et président de la Vlerick Business School, Louis Verbeke, à l’intention des lecteurs de la N-VA qui lui ouvrait les colonnes de son magazine interne. Le plus fidèle ami de la dette publique ? C’est le PS pardi : Le PS obtient beaucoup de voix chez les bénéficiaires d’allocations. Si nous diminuons le taux d’endettement, les socialistes francophones craignent non seulement de perdre l’accès à toutes ces sources de revenus, mais aussi de perdre le pouvoir.

Pascal Delwit ne peut croire à des calculs aussi machiavéliques : La preuve, commente le politologue à l’ULB, des périodes de grosses tensions communautaires et la présence des socialistes au pouvoir fédéral durant un quart de siècle n’ont pas empêché la dette publique de diminuer significativement.

Miracle. L’empêcheur de désendetter en rond a été bouté hors du gouvernement fédéral. Exit le PS, place à la N-VA. La voie est enfin libre, le bout du tunnel envisageable. Nous quittons le sentier de l’endettement perpétuel, assure le ministre des Finances, le N-VA Johan Van Overtveldt, en prenant ses fonctions à l’automne 2014. Les jours de cet obstacle majeur sur la voie d’une Belgique confédérale ou en fin de vie seraient donc comptés.

Pour la N-VA, il est aussi indispensable et impératif que la dette publique belge diminue, afin que l’indépendance de la Flandre puisse intervenir, le moment venu, dans les meilleures conditions possibles, analyse l’essayiste politique Jules Gheude, calculette en main. Partager hic et nunc la dette fédérale sur la base de la population des trois Régions ne ferait que des perdants. Cette scission ne serait ni profitable à la Flandre, qui deviendrait aussi endettée que la Belgique aujourd’hui (107 % du PIB). Ni souhaitable pour la Région bruxelloise qui hériterait d’un taux d’endettement de 10 % du PIB. Et proprement insoutenable « pour la Wallonie, confrontée à un endettement de 144 % du PIB… Ces chiffres nous aident à comprendre pourquoi Bart De Wever entend assainir la situation budgétaire de la Belgique, avant de permettre à la Flandre de larguer les amarres. Et d’envoyer par la même occasion la Wallonie par le fond ?

Remi Vermeiren, België, de onmogelijke opdracht. Vlaamse onafhankelijkheid. Recht, behoefte en noodzaak, éd. Pelckmans, 2014. Geert Jennes, The political geography of fiscal transfers : evidence using data on Belgium, VIVES- KUL, 2015.

Le baromètre politique RTBF/ La Libre Belgique

« Le Vif », Belga, 11 décembre 2015

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Le PS reste le premier parti en Wallonie en termes d’intentions de vote, même s’il recule de 4,8 points par rapport aux élections fédérales et régionales de mai 2014, devant le MR et le CDH, alors que le PTB dépasse les 10%, devançant Ecolo et se hissant à la 4ème position, indique un sondage diffusé vendredi soir par la RTBF et La Libre Belgique.

En Wallonie

Le PS, s’il reste toujours le premier parti en Wallonie, a reculé en terme d’intentions de vote, poursuivant sa descente par rapport au dernier sondage similaire, qui remonte à septembre. Des 32% sortis des urnes en mai 2014, il n’en conserve que 27,2, soit une chute de 4,8 points.

Le MR, deuxième au podium, perd un peu également (-1,1) et obtient 24,7%, soit à peu de choses près son score du dernier baromètre réalisé par Dedicated.

Le troisième parti de Wallonie reste le CDH, avec 13,5%.

C’est un statu quo absolu par rapport au dernier baromètre et une baisse d’un demi-point par rapport au dernier scrutin. Selon ce sondage, le résultat « le plus spectaculaire » est celui enregistré par le PTB. Il dépasse 10,3%, ce qui représente un bond de 4,8 points. En mai 2014, le PTB n’était qu’à 5,5%.

En Wallonie, Ecolo se retrouve en 5ème position, derrière l’extrême gauche. Il atteint 9,5%, en hausse, comme Groen en Flandre, mais ici, de 1,3 points.

Quant au Parti populaire (PP), il franchit la barre des 5% en Wallonie, atteignant 5,4% (+0,9).

DéFI (ex-FDF), gagne 0,8 points pour rester au score fort modeste de 3,2%.

Le parti La Droite atteint 2,8%.

A Bruxelles

Selon ce sondage, le PS y repasse – de justesse – en tête, devant le MR, alors qu’il était deuxième au baromètre précédent. Mais, comme en Wallonie, le Parti socialiste est en baisse (-3,8) par rapport à mai 2014, atteignant 21,8% des intentions de vote. Deuxième parti, le MR n’est qu’à 0,8% du parti dominant. Il atteint 21% (-0,9). Défi (ex-FDF) reste 3e avec un score identique à celui de mai 2014 (10,8%) mais à égalité avec Ecolo. Avec 10,8% également, les Verts bruxellois sont stables par rapport à leur score électoral (+0,3). Le CDH est 5ème, en très légère baisse (-0,8) par rapport au résultat des dernières élections. Il se situe à 8,6%. A Bruxelles, tout comme en Wallonie, le PTB est en forte hausse (+3,7) et double presque son score de 2014 pour atteindre 7,7%. La N-VA ne progresse que de 0,7% et reste modeste, avec 3,3% des intentions de vote. Un peu plus que le Parti populaire (3%) et l’Open Vld (2,7%), qui enregistre le même score que le Vlaams Belang bruxellois. Le SP.A suit avec 2,7%.

En Flandre

En Flandre, le même sondage indique que la N-VA recueille 29,2% des intentions de vote, soit une baisse de 3,2 points par rapport aux dernières élections fédérales. C’est néanmoins une remontée de 1,7% par rapport au baromètre de septembre. Le Vlaams Belang repasse quant à lui pour la première fois depuis bien longtemps la barre des 10%, à 11,9%, soit une remontée de 6,1 points en regard des élections de 2014. Deuxième parti, derrière la N-VA, le CD&V recule à 15% (-3,6). Le SP.A est troisième avec 14,1%, soit un score similaire à celui des dernières élections. L’Open VLD est 4ème, mais en chute de 2,9 points (à 12,6%), ainsi qu’en baisse par rapport au dernière baromètre.

Ce sondage a été réalisé par Dedicated sur internet auprès de 2.811 électeurs belges, du jeudi 3 au lundi 7 décembre, soit après le passage de la région de Bruxelles-Capitale en niveau 4 de menace terroriste, mais aussi après le retour au niveau 3. La marge d’erreur maximale est de ± 3,2% sur les échantillons de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre et de ± 1,8% sur l’échantillon total.

Rudy Demotte: «Non à la régionalisation de l’enseignement et de la culture»

David Coppi et Bernard Demonty, « Le Soir », 9 décembre 2015

2015-12-15_201432Des parlementaires (Collignon, Dermagne, Martin), le secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, Jean-Claude Van Cauwenberghe… Ils disent en gros : tout aux Régions ! Et exit la Communauté française. Vous en pensez ?

Chez moi, l’attachement aux Régions est une évidence : jusqu’en 2014, j’ai opéré comme ministre-président wallon, en même temps que ministre-président de la Communauté, et en 2008, avec Charles Picqué, nous avions lancé la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui apportait une forme de reconnaissance supplémentaire du fait régional bruxellois… Pour le reste, je rappelle qu’il n’y a pas de contiguïté territoriale entre Bruxelles et la Wallonie, et on se souvient que cela avait fait l’objet de spéculations fantaisistes sur la création d’un « couloir », d’un « tunnel »… Au-delà de la fantaisie, cela traduisait la crainte de voir Bruxelles mise dans une position insulaire. Cela vaut aussi au plan institutionnel. On ne sait pas ce qu’il adviendra de la Belgique demain. Je veux mettre la Fédération au service des Régions, et préserver un lien permanent de coordination. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Avons-nous intérêt à faire disparaître une institution pour reconstruire des liens uniquement via des accords de coopération, comme certains le souhaitent, alors que les Flamands, eux, ne font pas la même chose de leur côté ? Vont-ils renoncer à la fusion Communauté-Région pour se replacer, eux aussi, dans l’option du tout aux Régions ? Faire cela seuls de notre côté, ce serait un recul, nous affaiblir.

C’est un raisonnement défensif.

Offensif ! La défense, c’est de se recroqueviller, l’attaque, c’est d’avoir une stratégie de moyen et long terme. Je suis dans une démarche dynamique, je n’exclus pas des aménagements, mais il faut garder un pont, je veux dire une coordination structurée et stratégique. Nous n’avons pas de lien territorial, alors, ne nous affaiblissons pas, c’est stratégique.

Les régionalistes ultras soutiennent que sans enseignement et sans culture, une entité politique ne connaît pas d’essor.

Si l’on prend le raisonnement sur l’enseignement, ils disent qu’il faut le rapprocher des bassins scolaires, plus proches des réalités socio-économiques… Qui a conçu les bassins ? Qui a créé le premier bassin d’enseignement technique ? Qui a ouvert la collaboration entre formation et enseignement ? Votre serviteur. En fait, le raisonnement concerne avant tout l’enseignement technique et professionnel… Qui est entre les mains de qui ? Essentiellement des provinces. L’argument de la proximité territoriale est donc déjà rencontré. Il faut distinguer ces questions de fonctionnement, de pouvoirs organisateurs, de celles relatives au « normatif », s’agissant ici des statuts des profs, des programmes scolaires, de l’inspection, du pilotage pédagogique… Faudrait-il s’orienter vers des statuts différents pour les enseignants à Bruxelles et en Walllonie ? Ou des programmes d’enseignement général différents ? Avec les mathématiques bruxelloises et les maths wallonnes ? Le cours de français bruxellois et le français wallon ? Qui soutient cela sérieusement ?

J’ajoute : si l’on va jusqu’à remettre en cause le normatif, alors on pourra tenir le même raisonnement par rapport à d’autres secteurs, je pense à la sécurité sociale, et ce n’est pas précisément dans l’ADN socialiste, me semble-t-il.

Transférer la culture ?

La politique culturelle, c’est d’abord la réponse à une série de problèmes d’organisation : nombre de maisons de la culture, financement des associations, etc. Les Régions sont déjà présentes à cet égard, je pense à la politique patrimoniale, une série d’aides matérielles. Mais la culture c’est aussi la langue, elle dépasse les frontières de Bruxelles et de la Wallonie, et il faut garder un organe qui puisse la porter à l’intérieur comme à l’extérieur. Cet organe, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté française reconnue dans le monde.

Même chose pour l’aide à la presse : régionaliser ? Et la RTB : faut-il une RTBB, une RTBW, et une RTBWG, pour les germanophones ?

Reste la politique sportive, l’aide à la jeunesse : transférables ?

Sport ? Tout ce qui a trait aux infrastructures est déjà transféré, pour le reste, par exemple en matière de dopage, faut-il des règles différentes en Wallonie et à Bruxelles ? Aide à la jeunesse : un jeune a des difficultés à Bruxelles, il doit être accueilli dans un centre en Wallonie, va-t-on créer des entraves à sa mobilité ?

Reste qu’au PS, certains visent un « congrès wallon ». Chaud ! Opportun ?

C’est une question qui relève du parti, je ne me prononcerai pas.

Mais vous vous sentez soutenu par votre parti ?

Dans la mesure où le débat est ouvert et les problématiques ne sont pas tranchées officiellement, ma ligne est celle-ci : la défense de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mieux : la promotion institutionnelle des intérêts communs des francophones.

Parmi les régionalistes, on n’utilise quasiment plus ce mot, « francophone »…

… Alstublieft ?

Le ministre-président de la Communauté se sent-il menacé ?

Au contraire, il est exalté car il aime bien les débats. En faisant parler d’elle, la fédération Wallonie-Bruxelles démontre qu’elle est un enjeu. C’est un peu cynique comme raisonnement, mais je me sers du cynisme contre ceux qui l’utilisent.

Tout de même, voir le leader de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, s’avancer comme il l’a fait, c’est important…

Oui, je le connais depuis des années, il est en phase avec ce qu’il a toujours dit.

Oui, mais là, il le redit très fort.

Pour les sourds, peut-être parce que ce n’était pas audible.

Jean-Claude Van Cauwenberghe (dans « Le Soir », mercredi), a exalté l’« identité wallonne ». Et vous ?

Mon grand-père, Raoul Demotte, avait milité à Wallonie libre. Voilà d’où je viens. On ne fait pas des chiens avec des chats. Alors, oui, il est important de cultiver une vision positive de l’identité wallonne. Je ne veux pas pour autant que cela devienne un élément de dilution de l’autre identité, celle des francophones de Belgique, qui est elle-même, d’ailleurs, la meilleure base pour cultiver les identités wallonne et bruxelloise. Au passage, je rappelle qu’un chantier des idées du PS sera consacré à ces questions. Donc, comme Jean-Claude Van Cauwenberghe, je vois une identité wallonne ouverte et progressiste, contraire à la logique fermée et conservatrice de la N-VA au nord, où l’identité colle à la nation.

Oui, mais lui, Van Cau donc, juge que le maintien de la Communauté empêche la Wallonie d’advenir…

Ce que la Communauté apporte de plus, c’est le commun dénominateur de la langue, qui nous permet notamment de nous manifester et d’être reconnus à l’échelle internationale, j’en fais l’expérience lors de mes déplacements, cela avec un message qui valorise nos territoires, et Bruxelles et la Wallonie.

Cela étant, vous aviez parlé de « nationalisme wallon » dans une interview il y a plus d’un an…

Un emportement, un mésusage du vocabulaire, j’avais précisé tout de suite ce que j’avais voulu exprimer, c’est-à-dire l’importance qu’à un moment donné, en plus des plans Marshall et toutes ces choses, il y ait une communauté de valeurs positives qui fasse bouger les gens ensemble.

Les ventes d’armes wallonnes à l’Arabie saoudite explosent

« Le Vif », Belga, 9 décembre 2015

Le gouvernement wallon a accordé l’année dernière pour près de 400 millions d’euros de licences de vente, dont la majorité portaient sur des armes à feu et des munitions, à destination de l’Arabie saoudite, indique mercredi l’Echo.

2015-12-15_194348Le plus grand Etat du Golfe est ainsi le deuxième partenaire commercial de la Wallonie, derrière le Canada mais largement devant les Etats-Unis, en ce qui concerne les ventes d’armes, ressort-il de la lecture du rapport 2014 sur ces ventes approuvé il y a une dizaine de jours par la sous-commission du Parlement wallon sur le contrôle des licences d’armes.

L’année dernière, le gouvernement wallon a accordé à l’Arabie saoudite 49 licences dont la valeur commerciale est estimée à 397 millions d’euros, soit quatre fois plus qu’en 2013.

Derrière le royaume saoudien, on trouve le Qatar (11 licences) et les Emirats arabes unis (13 licences).

A côté du cas saoudien, la lecture du rapport parlementaire montre une véritable explosion dans la vente des armes wallonnes. Au total, la Région wallonne a accordé 1.251 licences d’exportation et de transfert l’année dernière. Si toutes ces autorisations de vente n’ont pas encore fait l’objet d’un échange commercial avec livraison et paiement à la clé pour les entreprises wallonnes durant l’année 2014, ces licences devraient représenter tôt ou tard un montant commercial global de plus de 3 milliards d’euros, soit une augmentation de 838% par rapport à 2013.

Marcourt dépose 8 premières mesures pour l’émergence d’un islam de Belgique

« La Libre Belgique », Belga, 7  décembre 2015

2015-12-07_200610Le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, a annoncé lundi le dépôt prochain devant le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de huit premières mesures devant concourir à l’émergence d’un islam de Belgique afin de contrer le radicalisme.

Le ministre entend notamment organiser dès février 2016 si possible des formations -qu’il souhaite obligatoires- à destination des imams afin que ceux-ci maîtrisent davantage la langue française, ainsi qu’une formation théologique pour les conseillers islamiques qui oeuvrent dans les prisons et les hôpitaux du pays.

Des contacts ont à cet effet déjà été noués avec l’exécutif des musulmans de Belgique ainsi qu’avec le ministre de la Justice, Koen Geens, a-t-il indiqué lundi lors d’une conférence de presse.

  1. Marcourt compte également mettre en place dès l’année prochaine une certification obligatoire pour les professeurs de religion islamique officiant des les écoles.

Par ailleurs, un institut de promotion et de coordination des initiatives relatives aux formations sur l’islam verra également le jour dans les mois à venir.

Ce nouvel organe, qui sera composé de représentants des musulmans de Belgique ainsi que d’experts du monde universitaire, aura pour mission d’identifier et d’inventorier les différentes formations déjà existantes à destination des cadres islamiques, voire d’en suggérer de nouvelles, soutenues par un financement public au besoin.

Cet institut devra aussi se pencher sur les modalités pratiques pour créer, si possible en concertation avec la Flandre, une faculté de théologie musulmane.

Le ministre veut également qu’une chaire inter-universitaire puisse voir le jour à moyen terme pour développer une analyse critique et réflexive de la pensée arabo-musulmane.

Pour permettre une meilleure compréhension réciproque entre les différentes communautés, Jean-Claude Marcourt, également en charge de l’audiovisuel en Fédération, souhaite que la communauté musulmane de Belgique puisse, comme les autres courants convictionnels reconnus chez nous, disposer dès l’automne prochain d’une émission concédée sur les antennes de la RTBF.

Enfin, le ministre entend parvenir à une meilleure représentation des femmes dans les organes gérant les différentes mosquées établies à Bruxelles et en Wallonie. Il prendra à cette fin contact avec les autorités régionales compétentes, a-t-il annoncé lundi.

Pour mettre en oeuvre ces premières mesures, M. Marcourt a rappelé que la Fédération avait dégagé quelque 470.000 euros dans son budget 2016.

Le ministre a fait ces propositions sur base du rapport final de la commission d’experts chargée de faire des propositions en vue de favoriser un islam de Belgique en Fédération qui lui a été remis vendredi dernier. Celle-ci avait été mise sur pied à son initiative en mars dernier.

Effort climatique : les Régions et le fédéral aboutissent à un accord

« Le Vif », Belga, 4 décembre 2015

Les quatre ministres de l’Energie et de l’Environnement ont abouti vendredi soir à un accord sur la répartition de l’effort climatique à produire d’ici 2020, ont-ils annoncé. Cet accord porte sur la réduction des de gaz à effet de serre, la production d’énergie renouvelable, le produit des enchères de quotas CO2, et l’engagement sur le financement international.

2015-12-07_200109L’accord conclu au sein de la Commission nationale du Climat est le résultat de longues discussions entamées en janvier 2015, après des tentatives infructueuses sous les législatures précédentes. Pour atteindre l’objectif belge de réduction de gaz à effet de serre, les Régions réduiront d’ici 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 15,7% pour la Flandre, de 14,7% pour la Wallonie et 8,8% pour Bruxelles. La Belgique s’est engagée à atteindre un niveau de 13% d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie brute en 2020. En valeur absolue, l’engagement pour la Flandre s’élèvera à 2,156 tonnes d’équivalent pétrole (Mtep), à 1,277 Mtep pour la Wallonie, à 0,073 Mtep pour Bruxelles et à 0,718 Mtep pour le pouvoir fédéral.

Pour ce qui est des enchères de quotas CO2, les 326 millions d’euros disponibles seront répartis à 10% pour Fédéral, 53% pour la Flandre, 30% pour la Wallonie et à 7% pour Bruxelles. Pour ce qui est des enchères à venir jusqu’en 2020, le fédéral recevra 9,05%, la Flandre 52,76%, la Wallonie 30,65% et Bruxelles 7,54%. L’engagement sur le financement international s’élève à 50 millions d’euros, dont 25 millions seront assumés par le fédéral, 14,5 millions par la Flandre, 8,25 millions par la Wallonie et 2,25 millions par Bruxelles.

Remerciant chacun de ses collègues et partenaires de négociation, la ministre bruxelloise Céline Fremault (cdH), qui préside actuellement la Conférence nationale sur le climat, n’a pas caché sa satisfaction de voir ce dossier aboutir et la capacité collective d’entendre les préoccupations de chacun par rapport aux dernières discussions. « Nous retrouvons à présent une place légitime à la table des négociations internationales pour tracer les contours d’un accord international ambitieux », a-t-elle ajouté.

« Un compromis équilibré »

Comme celle-ci, le ministre wallon Paul Furlan (PS) a souligné qu’entre les quatre négociateurs, l’entente avait toujours été franche et animée de la volonté d’aboutir. L’accord permettra de faire baisser la température intra-belge des deux degrés nécessaires, a-t-il ironisé, dans une allusion à peine voilée aux péripéties survenues au cours des négociations des dernières semaines.

Pour le gouvernement fédéral, Marie-Christine Marghem (MR) a remercié la présidente de la conférence pour le travail franc, constructif et honnête réalisé au cours des négociations. La ministre fédérale n’a pas caché que la session de négociations avait été longue et compliquée dans un dossier qui ne l’est pas moins et dans le contexte institutionnel belge. Mais à ses yeux, le plus important est de pouvoir se rendre à Paris avec un accord qui, sans être la huitième merveille du monde, était important pour les ministres autour de la table, les gouvernements mais aussi pour tous les Belges. Heureuse que la Belgique puisse enfin avoir un accord, chacun ayant mis de l’eau dans son vin, Joke Schauvliege (CD&V) a estimé qu’un compromis équilibré avait pu être atteint.

Un accord « ambitieux et équilibré », selon Geert Bourgeois

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) s’est réjoui de la conclusion vendredi de cet accord sur la répartition de l’effort climatique qu’il a qualifié d’ ambitieux et équilibré. S’exprimant auprès de l’agence BELGA, ce dernier a même osé le qualificatif historique après des années de tentatives infructueuses. Il fallait arriver à un tel accord et nous sommes arrivés à un accord équilibré en dépit des critiques, a-t-il précisé.

Mercredi dernier, le ministre-président N-VA appelait encore à obtenir plus de garanties à propos de l’énergie renouvelable. Ces garanties ont été obtenues, a-t-il souligné vendredi et l’accord est parfaitement défendable. Le texte est également ambitieux pour la Flandre, a-t-il fait observer. Nous voulons nous engager en matière d’énergie renouvelable. Ainsi, voulons-nous passer de 380 à 500 éoliennes d’ici 2020. Et si cela ne dépend que de moi, on peut même miser sur 600.

Geert Bourgeois a tenu à féliciter tous les protagonistes et particulièrement la ministre CD&V de son gouvernement Joke Schauvliege qui avait été quelque peu déshabillée par le partenaire N-VA après une première tentative d’accord. On a travaillé intensément. Cet accord devait aboutir. Je ne suis pas d’accord avec les critiques qui nous ont visés. Pendant six ans, il n’y a pas pu y avoir d’accord. A présent, il y a un accord sur la table qui est parfaitement défendable.

Une faible traduction des objectifs européens (Greenpeace)

L’accord belge conclu est tout sauf ambitieux et n’est qu’une traduction minimaliste des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’émissions de CO2 pour 2020, estime l’organisation environnementaliste Greenpeace-Belgique. Et même ces objectifs-là, la Belgique pourrait ne pas les atteindre, souligne-t-elle.

La Belgique a agi comme un élève désintéressé qui remet un travail uniquement parce qu’il a été sommé de le faire. Nos ministres se sont rendus ridicules au niveau international: il leur a fallu des années pour finalement accoucher d’un accord climatique qu’on ne peut que qualifier de faible, a commenté la chargée de campagne « Climat » à Greenpeace Belgique, Juliette Boulet, ancienne députée fédérale Ecolo.

Réduire les émissions de CO2 est un geste positif pour notre santé, notre portefeuille et l’avenir de nos enfants. Mais nos ministres continuent à voir la politique climatique comme un fardeau. Chacun essaie de s’en débarrasser autant que possible« , juge-t-elle. « Le véritable travail commence maintenant, conclut-elle.

L’ONG rappelle qu’une étude réalisée notamment à sa demande montre que d’ici 2020, la Belgique pourrait produire 33% de son électricité au départ de sources renouvelables, voire 54% d’ici 2030.

Effort climatique : «Un veto wallon ? Michel ment comme il respire», selon Magnette

« Le Vif », Belga, 3 décembre 2015

Le Premier ministre Charles Michel a indiqué jeudi à la Chambre que c’est le gouvernement wallon qui, dimanche soir, a repoussé la dernière proposition sur la répartition de l’effort climatique entre entités du pays. Il ment comme il respire, a aussitôt réagi le ministre-président wallon Paul Magnette à l’agence Belga

2015-12-07_195734D’après le Premier ministre, interrogé à la Chambre, les négociations sont dans la dernière ligne droite après de nombreux échecs six années durant, et notamment sous l’égide de Jean-Marc Nollet, ministre wallon de l’Energie. Beaucoup a été fait ces dernières heures pour rapprocher les points de vue mais il y a eu une proposition refusée par le gouvernement wallon dimanche soir, ensuite par le gouvernement flamand lundi soir, ce sont les faits, a-t-il dit.

Quand j’entends cela, je suis furieux, hors de moi. Charles Michel ment comme il respire. Je peux fournir toutes les preuves et je le mets au défi, lui, de prouver ce qu’il avance. Je suis hors de moi et ceci ne va pas aider, a réagi Paul Magnette. Ce dernier a dit avoir suggéré de manière constructive dès dimanche soir à Charles Michel de solder la discussion en renvoyant à une évaluation en 2017, vu les délais impartis. De nombreux échanges ont encore eu lieu avec Geert Bourgeois et une proposition a été formulée lundi matin à la cheffe de cabinet de la ministre fédérale de l’Energie Marie Christine Marghem. Sans nouvelle du fédéral, nous avons alors appris que Mme Marghem était dessaisie du dossier, a poursuivi M. Magnette.

Vous réécrivez l’histoire, vous vous êtes fait mettre tout nu par la N-VA, avait déjà indiqué à la Chambre la cheffe de groupe CDH Catherine Fonck qui interrogeait le Premier ministre à la Chambre. Votre problème, c’est votre majorité qui n’est pas entièrement derrière vous,  avait constaté Olivier Maingain (DéFI), Karin Temmerman (SP.A) évoquant une réponse à pleurer du Premier ministre. Heureusement que le ridicule ne tue pas, selon Daniel Sensael (PS).

Charles Michel a par ailleurs appelé à faire une distinction entre les négociations intrabelges et la position de la Belgique défendue à la COP 21 à Paris à l’égard de laquelle il n’est pas juste de dire qu’elle est ridicule. M. Michel a notamment une nouvelle fois suggéré que la remise d’un prix fossile par les ONG à la Belgique pour la qualité de sa politique climatique a été orchestrée, alors qu’un proche du SP.A en est à l’initiative.

Mais pour le chef de groupe Ecolo Groen Jean-Marc Nollet, c’est précisément le manque d’ambition de la Belgique à Paris qu’il convient de souligner aujourd’hui. Ce dernier a notamment opposé les 50 millions d’euros (contre 95 millions en 2015) de participation belge au financement international de la lutte contre le réchauffement à l’horizon 2020 aux 500 millions d’euros annoncés par la Suède, un pays à la population comparable.

Le député Egbert Lachaert (Open VLD) a dénoncé le mauvais théâtre qui s’est joué jeudi au parlement en renvoyant dos à dos le fédéral et les entités fédérées à leurs responsabilités. Au nom de son groupe, il a dit attendre une stratégie énergie à long terme en vue notamment de préparer la sortie du nucléaire.

Charles Michel appelle à « garder son sang-froid »

Le Premier ministre Charles Michel a appelé jeudi soir à garder son sang-froid dans l’intérêt du climat après cet échange tendu via dépêches Belga avec le ministre-président wallon Paul Magnette au sujet de la responsabilité du dernier échec dans la négociation sur la répartition de l’effort climatique. Selon le Premier ministre, avec un peu de bonne volonté, on doit pouvoir trouver un accord au plus tard avant la fin de la COP 21 à Paris.

J’appelle plus que jamais l’ensemble des représentants des gouvernements respectifs à prendre pleinement leurs responsabilités, a indiqué jeudi soir Charles Michel à l’agence Belga. Tout est sur la table, le travail technique a eu lieu. Il y a eu de nombreuses propositions et contre-propositions durant ces derniers jours, a-t-il précisé, rappelant l’intérêt de tous les Wallons et tous les Flamands à trouver un accord entre les différentes entités.