Archives mensuelles : décembre 2015

L’administration wallonne flingue le plan de transport de la SNCB

2016-01-01_190508

La Cellule ferroviaire wallonne estime que le plan 2014 de la SNCB pénalise particulièrement les navetteurs wallons, rapporte mardi l’Echo. Alors que la SNCB annonce une augmentation moyenne de la durée de parcours de 3,3% sur les 100 couples origine/destination les plus fréquentés, on constate que les temps de parcours entre les grandes villes wallonnes et la première gare bruxelloise (Nord, Luxembourg, Midi) se sont allongés dans des proportions plus importantes, l’augmentation moyenne étant de 10%, soit environ 5 minutes, indique la Cellule dans son analyse transmise au ministre Maxime Prévot (CDH).

L’administration indique qu’on « s’éloigne inexorablement des demandes formulées par le gouvernement wallon lors des négociations relatives au Plan pluriannuel d’investissement 2001-2012 du groupe SNCB ». Elle estime aussi qu’on atteint dorénavant sur certains axes des seuils psychologiques défavorables à l’utilisation du train par rapport à la voiture.

La Wallonie est prête pour le contrôle des chômeurs

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 29 décembre 2015

2016-01-01_185925Officiellement, c’est ce vendredi 1er janvier 2016 qu’un nouveau paquet de compétences en matière d’emploi sera transféré aux régions (Forem, Actiris et VDAB). Un paquet qui concerne pour un peu plus d’un milliard d’euros d’aides à l’emploi, les titres-services, les ALE ou encore le contrôle des chômeurs qui était jusqu’à présent exercé par l’Onem (qui dépend du fédéral).

En Wallonie (la Région bruxelloise a reporté de six mois), un Wallon bénéficiant d’une allocation de chômage doit se rendre au Forem où il a droit à un accompagnement par un conseiller. Ce dernier doit mettre en place, avec lui, un plan capable de lui faire retrouver le chemin d’une activité professionnelle. Ces personnes sont par ailleurs contrôlées par un agent Onem garant du maintien ou non de cette allocation de chômage. Désormais avec ce transfert de la compétence de contrôle, ce dernier sera réalisé par le Forem.

Le 29 octobre dans « La Libre », la patronne du Forem, Marie-Kristine Vanbockestal précisait qu’un certain nombre de détails devaient être réglés pour assurer un accueil optimal aux agents de l’Onem transférés. Mais aussi pour qu’un nouveau système informatique soit mis en place. Aujourd’hui, elle nous l’assure, tout roule. Et si certains détails techniques devront être réglés dans les mois qui viennent, les agents transférés pourront travailler dès leur arrivée, à savoir le lundi 4 janvier afin que le citoyen ne souffre en aucun cas de ce changement.

Les sacs en plastique interdits en Wallonie dès 2016

« Le Vif », Belga, 26 décembre 2015

© BELGA

© BELGA

L’interdiction des sacs plastiques devrait être applicable au second semestre 2016 pour les sacs de caisse.

Le projet de décret du ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio allant dans ce sens a été adopté en seconde lecture la semaine dernière au Parlement wallon, révèle La Dernière Heure samedi.
L’interdiction devrait être applicable au second semestre 2016 pour les sacs de caisse, et en 2017 pour les autres types de sacs, comme les emballages pour fruits et légumes en vrac.
Le décret doit encore être définitivement approuvé par le gouvernement, en troisième lecture, et ensuite voté au parlement wallon. Le cabinet du ministre précise qu’il est favorable à une mise en oeuvre progressive, en concertation avec les différents secteurs concernés.

Recul du nombre de chômeurs complets indemnisés de 10 % sur un an en novembre

« Vers l’Avenir », Belga, 23 décembre 2015

2016-01-01_185109On a enregistré 411.326 chômeurs complets indemnisés en Belgique le mois passé, soit 10% de moins qu’il y a un an. Sur base annuelle, le nombre de chômeurs complets indemnisés a baissé partout…
Le mois dernier, on dénombrait 411.326 chômeurs complets indemnisés en Belgique, soit 10% de moins qu’en novembre 2014, indique ce mercredi l’Onem. Sur base annuelle, le nombre de chômeurs complets indemnisés a baissé partout: 172.273 unités en Flandre (-5,4%), 169.479 unités en Wallonie (-14,3%) et 69.574 unités à Bruxelles (-9,9%).
La Wallonie comptait toujours, en novembre, le plus grand nombre de chômeurs de moins de 25 ans (21.823). Mais leur nombre a toutefois reculé de 5.680 unités sur base annuelle. En Flandre, 17.604 jeunes étaient au chômage (-2.980) et 4.109 à Bruxelles (-1.123).
Par ailleurs, la Belgique comptait en novembre 189.078 chômeurs de longue durée (2 ans et plus) dont 82.161 en Wallonie (-12.625), 67.665 en Flandre (+84) et 39.252 à Bruxelles (-3.528).
Toujours en novembre, le chômage temporaire a reculé de 22.692 unités sur une base annuelle. Le nombre de travailleurs en chômage temporaire s’élève à 117.650 personnes. Cette baisse est en grande partie à attribuer à la diminution du chômage temporaire pour raisons économiques.

La Communauté française de Belgique remise en question

Jules Gheude, essayiste politique (1)

2015-07-12_185159Après les députés wallons MR Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Jeholet et leurs collègues PS Christophe Collignon, Pierre-Yves Derwagne et Nicolas Martin, après Thierry Bodson, le patron de la FGTB wallonne, voilà que l’ancien ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe monte à ton tour au créneau pour revendiquer l’octroi des compétences « enseignement » et « culture » à la Région wallonne. Le maintien de la Communauté française se voit ainsi remis en question.

Dans la mesure où la Région wallonne intervient déjà, avec la Cocof à Bruxelles, pour soutenir financièrement la Communauté française en matière d’enseignement,  cette revendication peut se comprendre. En République fédérale d’Allemagne, chaque Land assume d’ailleurs la gestion de l’enseignement, tandis qu’un organisme central veille à garantir une certaine cohérence à l’ensemble.

Derrière l’objectif consistant à mieux mettre en adéquation le secteur de l’enseignement avec la situation économique spécifique de chaque Région, on trouve également la volonté d’affirmer l’identité wallonne. Le débat est récurrent depuis 35 ans.

Pour Philippe Bodson, il s’agit notamment de revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire au combat mené jadis par le syndicaliste liégeois André Renard pour remédier, via le fédéralisme et les réformes de structures, au déclin wallon.

On sait qu’André Renard se heurta à la vision unitariste du Parti socialiste et qu’il fallut attendre l’intervention inattendue du député libéral liégeois Gérard Delruelle – le parti libéral avait, en effet, campé sur ses positions unitaristes jusqu’en 1968 -, lors des débats du Groupe des 28, en 1969, pour que la décentralisation économique soit enfin prise en considération, en contrepartie de l’autonomie culturelle revendiquée par la Flandre.

Pour François Perin, qui avait secondé André Renard au Mouvement Populaire Wallon, en 1961 et 1962 – Renard décéda brutalement le 20 juillet 1962 -, il était impératif de confier aux régions un pouvoir normatif de décision dans un certain nombre de secteurs à caractère économique. Le soutien que lui apporta Gérard Delruelle fut décisif : La Wallonie doit recevoir quelques chose sur le plan économique en échange de l’autonomie culturelle que réclame la Flandre. Donnez aux régions des milliards pour régler leurs problèmes prioritaires ! Et « La Libre Belgique » de titrer, le 25 septembre 1969 : « M. Perin mène le bal et le PLP entre dans la danse ».

La réforme de l’Etat sera ainsi engagée sur la base des nouveaux articles 107quater (reconnaissance des régions wallonne, flamande et bruxelloise) et 59bis (conseils culturels français et néerlandophone) de la Constitution.

Réticente à l’idée de voir Bruxelloise s’ériger en troisième région à part entière, la Flandre, après s’être empressée d’appliquer le 50 bis, fera tout pour freiner la mise en œuvre du 107quater. Bruxelles ne deviendra région qu’en… 1989 !

En 1974, les ministres de la Réforme des Institutions, François Perin (RW) et Robert Vandekerckhove (CVP) engendrèrent un système de régionalisation préparatoire, que le Parti socialiste, alors dans l’opposition, boycotta. De retour au pouvoir, en 1977, il supprima carrément cette disposition provisoire. La Flandre et la Wallonie n’accèderont à la régionalisation définitive qu’en 1980.

La mouvance socialiste, au sein de laquelle on trouve aujourd’hui les régionalistes les plus pointus, aura ainsi fait perdre, par ses manœuvres bassement politiciennes, de précieuses années à la Wallonie.

En 1988, le PS n’hésita pas à sacrifier José Happart en tant que bourgmestre de Fourons. Cela permit d’obtenir la communautarisation de l’enseignement, de nouvelles compétences pour la Wallonie et la mise sur pied définitive de la Région bruxelloise.

Très vite, la Communauté française se trouva budgétairement exsangue, obligeant les responsables francophones, pourtant demandeurs de rien, à négocier un maigre refinancement en contrepartie de concessions importantes à la Flandre : surreprésentation forfaitaire abusive pour  la minorité flamande au Parlement régional bruxellois, présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les conseils communaux, régionalisation de la loi communale,… C’est cette dernière mesure qui a d’ailleurs permis à la ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans (N-VA d’écarter Damien Thiéry du maoïrat de Linkebeek.

Avec la 6ème réforme de l’Etat, adoptée en 2011, Elio Di Rupo s’est félicité d’avoir sauvé la Belgique. Quatre plus tard, les répercussions financières viennent handicaper lourdement la Wallonie. Le journaliste de « Trends », Alain Mouton, parle de bombe à retardement…

Bien que le ministre-président wallon Paul Magnette déclare qu’il n’est pas favorable à un nouveau chantier institutionnel, il apparaît d’ores et déjà évident qu’il ne pourra éviter une énième négociation communautaire.  En échange de moyens financiers supplémentaires, il permettra ainsi à la Flandre de s’engager dans la voie confédérale, ultime étape avant l’objectif final : l’indépendance. A moins que Bart De Wever n’entende accélérer la cadence…

Dans l’état actuel des choses, on voit mal comment la Wallonie pourrait assumer correctement la gestion de l’enseignement. Le ministre Jean-Claude Marcourt a d’ailleurs déclaré que le moment n’était pas opportun. Quant à Philippe Van Muylder, l’homologue bruxellois de Thierry Bodson, il considère que la régionalisation de l’enseignement ne correspond pas à la réalité bruxelloise. Elle obligerait la Cocof (Commission communautaire française) à prendre en charge la gestion de ce secteur, alors qu’elle est une structure trop petite et manquant de budget.

Force est également de reconnaître qu’en dépit des compétences de plus en plus étendues dont elle dispose depuis 1980, la Région wallonne n’est toujours pas parvenue à opérer son redressement. Et ici, il s’agit clairement d’un problème de gouvernance.

En 1980, la Flandre a eu l’intelligence d’user immédiatement de la faculté que lui offrait le législateur pour fusionner les institutions de sa Communauté et sa Région. Les francophones ne sont pas engagés dans cette voie. Ce fut une erreur.

En tant que ministre-président de la Région wallonne, Rudy Demotte a joué la carte de l’identité wallonne, allant même jusqu’à évoquer l’idée nationaliste. Aujourd’hui à la tête de la Communauté française, il défend bec et ongles le maintien de cette institution. La fonction, comme on dit, crée l’organe…

Depuis 1988, Bruxelles existe en tant que région à part entière. La Communauté française aura contribué à vaincre l’opposition flamande à cet égard. Lorsqu’on interroge aujourd’hui les Bruxellois sur la manière dont ils conçoivent leur avenir en cas de disparition de la Belgique, une majorité se dégage clairement en faveur d’une forme d’autonomie. Ils ne sont que 4% à peine à vouloir s’associer soit à la Wallonie, soit à la Flandre.

L’hypothèse d’une Fédération Wallonie-Bruxelles transformée en Etat est donc une chimère. Tout comme l’est celle d’un Etat wallon indépendant, qui verrait rapidement ses prestations sociales chuter de 10 à 15%.

Bruxelles, par contre, pourrait fort bien s’y retrouver avec un statut de Ville-Etat.  Certains économistes parlent même de « jackpot ». De son côté, la Wallonie pourrait rejoindre la France via un statut particulier qui lui permettrait de maintenir ses outils actuels d’auto-administration. Ses compétences seraient même élargies, puisque la Communauté française aurait alors cessé d’exister. Bref, tout le monde s’y retrouverait !

En attendant ce scénario, il est inconcevable d’imaginer une révision de de la Constitution qui supprimerait la notion de Communauté. Car c’est cette  notion qui permet à la Flandre d’encadrer sa minorité bruxelloise du berceau à la tombe.

(1) Vient de paraître : « François Perin – Biographie », Editions Le Cri

170 millions destinés aux routes dorment dans les caisses communales

« Le Vif », 17 décembre 2015

Une somme de 170 millions d’euros destinée à la rénovation de la voirie des communes wallonnes dort sur les comptes communaux, révèle une étude de la Fédération wallonne des Entreprises de Voiries que rapporte la Dernière Heure jeudi.

 

2015-12-18_195757

Depuis 2013, plus de deux tiers des communes du sud du pays n’ont ainsi pas engagé de travaux de rénovation des routes et chaussées.

Ce montant provient de subsides versés en 2014 par le Fonds d’investissement des communes. Ces fonds ne couvrent en fait que la moitié des coûts des travaux, l’autre partie devant être déboursée par la commune elle-même. Les entités wallonnes rechigneraient ainsi à dépenser des fonds propres afin de rester dans les clous budgétaires.

La Wallonie va lutter contre le dumping social

« Le Soir », 16 décembre 2015

2015-12-16_215016

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS), veut autoriser les pouvoirs locaux à s’attaquer au dumping social. Dans une circulaire qu’il va bientôt leur transmettre, il recommande aux communes de se doter d’une charte intégrant cette ambition dans le cahier des charges des marchés publics. «De plus en plus de communes sont confrontées à des chantiers où tous les travailleurs sont étrangers. Certaines situations sont légales quoique interpellantes. D’autres cas sont en dehors de la légalité, constate le ministre.

Or, pour le moment, les communes aimeraient agir mais elles ne peuvent pas le faire juridiquement. Paul Furlan propose donc que toutes les entreprises soumissionnaires doivent s’engager à respecter la charte locale contre le dumping social. Plus fort encore, la tutelle régionale s’engage à couvrir les autorités locales qui prendraient la décision de ne pas attribuer un marché selon le seul critère du prix.

En Wallonie, la facture « déchets » coûtera 6 euros de plus par habitant dès 2017

« La Libre Belgique », Belga, 15 décembre 2015

2015-12-16_214755

La Région wallonne octroiera moins de subsides dès l’année prochaine aux centres de déchets wallons. Ces coupes budgétaires auront des répercussions sur le citoyen. Il s’en suivra une hausse du coût des déchets estimée à 6 euros par habitant. La facture « poubelle » va donc gonfler en moyenne de 10% dès 2017, a rapporté jeudi la RTBF dans son JT de 19H30.

Rien que pour le BEP Environnement qui gère les déchets pour la province de Namur, la perte avoisine les 3 millions d’euros. En 2016, nous serons très clairement en déficit. Et il faudra donc dès 2017 que les citoyens compensent, a expliqué le président du BEP Environnement, Grégory Chintinne, sur les antennes de la RTBF.

Toutes les intercommunales wallonnes seront concernées par ces coupes budgétaires. Mais au final, c’est bien le citoyen qui devra passer à la caisse, confirme la présidente de la conférence permanente des intercommunales des déchets. Nous n’avons pas le choix. Nous les intercommunales, nous devons appliquer le coût-vérité aux communes. Et les communes de leur côté sont soumises à la même obligation, explique-t-elle à la RTBF.

La hausse du coût est estimée à 6 euros par habitant. La facture déchet va donc gonfler en moyenne de 10% dès 2017.

Et cette baisse des subsides régionaux devrait se poursuivre dans les années à venir, ajoute le président du BEP Environnement. On est parti dans une tendance qui n’est vraiment pas favorable. Et c’est évidemment très difficile pour nous d’expliquer au citoyen que plus il fait d’effort, plus il trie, plus ses poubelles coûtent chères, souligne M. Chintinne.

Pour Carlo Di Antonio (CDH), ministre wallon de l’Environnement, la hausse s’explique aussi par une taxe du fédéral sur les intercommunales. Et du côté wallon, l’argent débloqué permettra de réaliser de nouveaux investissements. Nous nous sommes engagés à ne pas prélever de nouvelles taxes. Et ce n’est pas une nouvelle taxe. Mais voilà, les coûts sont effectivement de plus en plus importants et nous devons l’impacter, il n’y a pas de miracle, a indiqué le ministre à la RTBF.

Elections régionales : victoire historique des nationalistes en Corse

Antoine Albertini, « Le Monde », 14 décembre 2015

Comme un mauvais réflexe hérité des années de plomb, un cordon de CRS a été déployé derrière les grilles de la préfecture de Corse, dimanche 13 décembre au soir, à Ajaccio. Mais cette inutile démonstration de force a laissé de marbre des centaines de sympathisants nationalistes, tout occupés à communier dans la victoire quelques centaines de mètres plus loin, devant le siège de l’Assemblée de Corse.

2015-12-15_203043

Trente-cinq pour cent des suffrages exprimés dans l’île ont propulsé 24 de « leurs » candidats sur les bancs de l’hémicycle territorial. Soit deux sièges de moins que ne le réclame l’arithmétique électorale pour obtenir la majorité absolue.

En Corse, cette conquête inespérée du pouvoir territorial témoigne sans conteste du franchissement d’une nouvelle étape dans l’histoire politique locale, qui traduit un « avant » et un « après »-13 décembre 2015. Nul, à vrai dire, n’avait prédit un tel raz­-de-­marée. A commencer par les nationalistes eux-mêmes, persuadés que le second tour de ces élections territoriales très disputées ne départageraient qu’à la décimale près la liste « Pè a Corsica » (« Pour la Corse ») qui unissait nationalistes et indépendantistes, et « Prima a Corsica » (« La Corse d’abord »), la formation conduite par Paul Giacobbi, député (DVG) de la Haute-­Corse et président sortant du conseil exécutif. Une institution propre, à l’organisation spécifique, de la collectivité territoriale de la Corse, sorte de mini-gouvernement de l’île.

Mais au sortir des urnes, dimanche soir, la courte avance espérée par les plus optimistes s’est muée en franche victoire à mesure qu’étaient proclamés les résultats officiels, d’Ajaccio à Bastia en passant par les minuscules communes de l’intérieur de l’île. A Bastia, le maire nationaliste Gilles Simeoni, tête de la liste « Pè a Corsica » rafle 45 % des suffrages et arrive en première position dans la totalité des 26 bureaux de vote. A Ajaccio, sa liste améliore son score du premier tour de plus de 2 000 voix.

Pour l’ensemble de l’île, ses résultats enregistrent un bond spectaculaire, de près de 20 000 voix, et les nationalistes s’affirment comme la première force politique corse, y compris dans des dizaines de communes rurales acquises de longue date aux forces politiques traditionnelles – le « clan », dans la terminologie militante nationaliste.

Des scènes de liesse ont accueilli la proclamation officielle des résultats engrangés par la liste « Pè a Corsica ». A Bastia, après avoir été porté en triomphe sur le parvis de l’ancien hôtel de ville, siège du bureau centralisateur de la ville, M. Simeoni a été rejoint par Jean­-Guy Talamoni, son colistier indépendantiste, pour recevoir les acclamations de plusieurs centaines de personnes massées aux abords de la place du Marché, où des chants patriotiques corses ont ponctué les vivats et un défilé de bandere, le drapeau corse frappé de la tête de Maure.

Après avoir dédié leur victoire « aux femmes et aux hommes qui ont sacrifié leur liberté et parfois leur vie pour [leur] idéal », MM. Simeoni et Talamoni, opposés au premier tour avant la signature d’un pacte d’union au second, ont multiplié les appels à la concorde, en affirmant vouloir œuvrer« en faveur du peuple corse dans son ensemble et pas seulement de [leurs] électeurs ».