La « bulle européenne » s’étonne du laxisme belge

François Brabant, « La Libre Belgique », 24 novembre 2015

2015-11-25_194209

Pendant que toutes les unités policières traquent Salah Abdeslam, l’homme le plus recherché du Royaume, les milieux eurocrates de Bruxelles s’enflamment pour un article. Son titre : « Belgium is a failed state » (La Belgique est un Etat raté). Publié par l’édition européenne du média américain « Politico », il analyse les raisons qui ont fait de la Belgique, et en particulier de Molenbeek, un nid de djihadistes. Le diagnostic est d’autant plus sévère que le terme « failed state » est d’ordinaire réservé à des pays comme la Somalie ou l’Afghanistan.

Pour l’auteur, le journaliste Tim King, il est trop facile d’accuser certaines mosquées ou l’ex-bourgmestre Philippe Moureaux. Les failles molenbeekoises trahissent un mal plus profond. Suit la description d’une contrée où les structures étatiques n’ont jamais pu se substituer aux anciennes allégeances locales, où l’autorité est partout défiée, et où les manquements politiques, judiciaires et autres s’additionnent – le tout créant un vide exploité par les terroristes.

L’article évoque une culture de non-respect de la loi et une importante économie noire. Les nouveaux arrivants à Bruxelles sont souvent ébahis en découvrant à quel point les règles de circulation routière sont violées, indique-t-il. La conclusion est impitoyable : Pour les expatriés, reconnaissons-le, ces caractéristiques font de la Belgique un endroit agréable à vivre. L’Etat n’est pas intrusif. On peut compter sur les habitants, au besoin en s’appuyant sur les réseaux informels. Mais quand surviennent des événements comme ceux de Paris, le reste de l’Europe doit payer le prix des dysfonctionnements belges.