La Wallonie va se doter de trois «cités des métiers»

Stéphane Tassin, « La Libre Belgique », 19 novembre 2015

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Si l’exercice est déjà presque une vieille habitude au niveau du fédéral, il est nouveau en Région wallonne. Chaque ministre régional doit en effet désormais réaliser, en vue des discussions budgétaires parlementaires, une note de politique générale pour l’année à venir. Un vent favorable nous a permis de consulter la note de la ministre en charge de l’Emploi et de la Formation, Eliane Tillieux (PS), justement discutée ce jeudi à Namur.

Que contient cette note ? Au-delà des inévitables espoirs en matière d’aides à l’emploi (discutés par les partenaires sociaux avant d’être validés par le gouvernement), dont on ne connaît encore rien, et de ce fameux pacte pour l’emploi actuellement plus théorique que pratique, on peut néanmoins s’arrêter sur quatre points qui, à notre connaissance, n’ont pas encore été approfondis.

1. Les cités des métiers. Les deux premières (Charleroi et Liège) sont en voie de finalisation (on annonce 2016), celle de Namur sera mise sur pied dans un second temps. L’idée est de rassembler en un même lieu l’ensemble des partenaires de la formation, de l’enseignement, de l’insertion et de l’orientation mais également ceux de l’entreprise. Cette plateforme unique doit aborder les profils métiers et les filières qui y conduisent sous tous les angles, en mettant l’accent sur la confrontation et l’acculturation aux réalités de l’entreprise, les métiers d’avenir, les métiers en évolution, les métiers en demande et les secteurs soutenus par les pôles de compétitivité. Ces deux – puis trois – « cités des métiers » sont placées sous la tutelle de la ministre de l’Emploi. Cette décision doit permettre une approche plus intégrée et plus cohérente des mesures de soutien à l’orientation professionnelle des jeunes, des demandeurs d’emploi mais aussi des travailleurs, précise la note.

2. L’offre de stages. En matière de formation en alternance, pour compléter les différents dispositifs déjà présentés (contrat d’apprentissage unique pour les IFAPME et CEFA ou la création d’un office de la formation en alternance), on apprend qu’une plate-forme d’échange de l’offre et de la demande de stages sera mise en place

3. La certification des diplômes. En matière de formation en alternance, toujours, la ministre Tillieux mettra en place une série d’expériences pilotes (la note n’en précise pas le nombre) visant à généraliser la délivrance d’une certification équivalente à celle délivrée par l’enseignement.

4. La réorganisation territoriale du Forem.La mise en œuvre d’un nouveau modèle d’organisation consécutif au transfert (6e réforme de l’état) de compétence en matière d’emploi rend nécessaire de revoir la distribution des rôles et responsabilités entre le siège central du Forem et ses services déconcentrés et d’optimiser les synergies entre les activités d’emploi et de formation. Ce nouveau cadre organique sera présenté avant juillet 2016.