Comment faire confiance à Paul Magnette ?

 

2015-11-03_211619On parle de plus en plus du fossé qui sépare la classe politique de l’opinion publique et qui contribue à alimenter les extrêmes.

A cet égard, l’intervention du ministre-président wallon, Paul Magnette, lors de la récente émission « L’Interview » de la RTBF, n’est pas susceptible d’améliorer les choses.

1° S’il faut en croire l’intéressé, la Wallonie sort du rouge. Voilà plus de dix ans que l’on entend ce discours. Mais nonobstant les divers plans de redressement, la Région se retrouve toujours avec un taux de chômage (16%) deux fois supérieur à celui de la Flandre et ne cesse de postposer le retour à l’équilibre budgétaire ;

2° Quel crédit accorder au soutien apporté par M. Magnette au bourgmestre déchu de Linkebeek, Damien Thiéry, et à son propos selon lequel «la démocratie n’est pas négociable »,  lorsqu’on sait comment, en 1988, le PS a laissé tomber José Happart dans les Fourons ?

3° Quand il se dit opposé à une 7e réforme de l’Etat, M. Magnette semble ignorer qu’en 2001, les francophones, « demandeurs de rien », ont fini par plier l’échine en  échange d’un maigre refinancement de la Communauté française, notamment au niveau de l’enseignement ? Parmi les contreparties accordées à l’époque à la Flandre, figure la régionalisation de la loi communale, laquelle permet aujourd’hui à la ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans, d’agir comme elle le fait à propos de Linkebeek… ;

4° La justification apportée par M. Magnette à propos du photovoltaïque est du même registre. Evoquant la polémique au sujet de l’accord interministériel sur la réduction des gaz à effet de serre, le ministre Jean-Claude Marcourt n’a-t-il pas rappelé qu’un accord était un accord ? Sur base de l’engagement pris à l’époque par le gouvernement wallon, nombre de ménages ont  investi dans le placement de panneaux. Ceux-ci ne doivent pas être aujourd’hui pénalisés par les calculs erronés des responsables politiques. Une parole donnée est une parole !

Jules Gheude