Archives mensuelles : septembre 2015

La Wallonie va se doter d’un parcours d’intégration obligatoire

Eric Deffet, « Le Soir », 29 septembre 2015

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A l’instar de la Flandre, la Wallonie va se doter d’un parcours d’intégration complet et obligatoire pour l’ensemble des primo-arrivants. L’annonce en a été faite ce mardi au parlement par Maxime Prévot (CDH), le ministre régional de l’Action sociale. Un projet de décret sera déposé au gouvernement ce jeudi, il devrait être adopté définitivement à la fin de l’année.

Le parcours d’accueil pour primo-arrivants en Wallonie, qui ne prévoit d’obligation que dans son volet d’accueil, évoluera en un véritable parcours d’intégration en rendant obligatoires trois autres volets: une formation de 120 heures de français, de 20 heures de cours de citoyenneté, et une insertion socio-professionnelle pour les personnes qui en ont besoin.

Cette décision est surprenante. Elle rejoint les exigences formulées de longue date par l’opposition MR. Elle va surtout au-delà de la déclaration de politique régionale conclue à l’été 2014 par les partenaires PS et CDH. Il n’était alors question que de cours de français obligatoires, et encore à condition de dégager les moyens nécessaires, au-delà bien sûr de la phase initiale d’accueil imposée à tous les primo-arrivants.

La crise actuelle de l’asile pousse l’exécutif wallon à accélérer le pas. Les négociations budgétaires en cours devraient permettre de dégager une dizaine de millions d’euros qui iront au tissu associatif en charge de l’accueil, des cours de langue et de citoyenneté ainsi que du suivi de l’insertion socio-professionnelle. Une centaine d’emplois pourraient être créés pour faire face à la demande. Des sanctions financières sont prévues pour ceux qui ne s’inscriraient pas dans ce parcours.

Catalogne: les indépendantistes obtiennent la majorité absolue

« Le Soir », 28 septembre 2015

Ils obtiennent 47,3 % des suffrages après dépouillement de 97 % des bulletins de vote.

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72 sièges sur 135

Les deux listes indépendantistes ca-talanes ont obtenu dimanche soir la majorité absolue des sièges au parlement régional, un score qu’elles estiment suf-fisant pour lancer le processus indépen-dantiste, selon des résultats quasi-définitifs.

La liste de la coalition « Junts pel Si », rassemblant des partis de gauche, de droite et des associations pro-indépendance, a obtenu 62 sièges, après dépouillement de plus de 97 % des bulletins de vote, selon les résultats officiels diffusés par la région. La liste de La CUP (candidature d’unité populaire) a obtenu de son côté dix sièges. À elles deux, elles totalisent 72 sièges sur 135.

« L’indépendantisme l’a emporté »

Le président sortant de la Catalogne (nord-est de l’Espagne), l’indépendantiste Artur Mas a revendiqué la victoire de son camp dimanche, après la publication de résultats partiels des élections régionales faisant état d’une majorité absolue en sièges pour les séparatistes.

« Nous avons gagné », a clamé Artur Mas en quatre langues – catalan, espagnol, anglais, français – devant près de 2.000 partisans rassemblés au centre de Barcelone qui scandaient « un seul peuple ».

« Aujourd’hui l’indépendantisme l’a emporté et nous avons une majorité plus que suffisante pour aller de l’avant avec notre projet », a dit aussi, avant lui, l’autre grand dirigeant indépendantiste catalan, Oriol Junqueras, dirigeant d’Esquerra republicana de Catalunya (gauche indépendantiste).

© Reuters

© Reuters

Une participation record

Le taux de participation a atteint des records ce dimanche. Près de 75 % des Catalans sont venus voter, en 2012 ils étaient 67,76 %.

Une foule de près d’un millier de personnes s’était rassemblée dans le centre de Barcelone dimanche soir devant un ancien marché, le Born, où s’est installé l’état-major de campagne de « Junts pel si » (Ensemble pour le oui), la principale liste indépendantiste. Ils scandaient « In-de-pen-den-cia » et agitaient des drapeaux rouge, jaune et bleu des sécessionnistes.

© AFP

© AFP

Un des directeurs de la campagne de Junts pel si, Francesc Homs, s’est adressé à la foule de sympathisants, en se montrant prudent, mais plein d’espoir. «Notre impression, en fonction des données dont nous disposons, c’est qu’il y a une majorité souverainiste claire et nette en faveur de l’indépendance ».

Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Pardon, de la Communauté française de Belgique!

Jules Gheude Essayiste politique OPINION

Jules Gheude
Essayiste politique
OPINION

« Le Vif », 27 septembre 2015

En ce 27 septembre, nous fêtons la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pardon, la Communauté française de Belgique, seule appellation légitime selon la Constitution! Elle m’a d’ailleurs toujours convenu dans la mesure où elle traduit fort bien notre identité française de langue et de culture. Cette réalité, on ne peut la nier.

La Fédération Wallonie-Bruxelles est un concept qui, dans l’esprit de certains, permettrait, en cas de largage des amarres par la Flandre, de prolonger la Belgique sous une forme résiduaire: le fameux Wallobrux! Mais c’est une illusion, car lorsqu’on interroge les Bruxellois, il apparaît qu’une majorité d’entre eux se prononcent clairement pour une forme d’indépendance. Ils ne sont que 4% environ à vouloir s’unir soit avec la Wallonie, soit avec la Flandre.

Ne faut-il pas, dès lors, s’interroger sur l’utilité de maintenir la Communauté française? Elle était indispensable aussi longtemps que l’existence de Bruxelles comme troisième région à part entière n’était pas assurée. Désormais, le fait bruxellois est incontestable et force est de constater que la cause flamande ne progresse pas à Bruxelles.

« Communauté française » reste la seule appellation légitime selon la Constitution, elle traduit d’ailleurs bien notre identité française de langue et de culture.

On me rétorquera que la Flandre a fait de Bruxelles sa capitale et que le risque existe de la voir un jour tomber définitivement dans l’escarcelle flamande. Certes, mais la Flandre devrait pour cela recourir au coup de force. Ce n’est pas dans son intérêt si elle souhaite obtenir, en tant qu’Etat souverain, la reconnaissance internationale.

Le socialiste flamand Louis Tobback avait évoqué en son temps, pour Bruxelles, l’idée d’un district européen. Mais il faudrait pour cela que l’Europe fédérale existe et que les Etats-membres marquent leur accord à l’unanimité. On en est loin! En revanche, Bruxelles pourrait fort bien s’ériger en Ville-Etat, dont l’ensemble des habitants définiraient la gouvernance par le truchement des élections. Ce qui n’est pas le cas des habitants de Washington DC. En tant que Cité-Etat, Bruxelles pourrait continuer à abriter le siège des institutions européennes et internationales. Et elle serait tout à fait viable sur le plan financier. Je note d’ailleurs que ce statut de Ville-Etat est également prôné aujourd’hui par Remi Vermeiren, l’ex-patron de la KBC et l’un des initiateurs, il y a dix ans, du fameux manifeste séparatiste de la Warande. Les choses, manifestement, bougent en Flandre.

Du récent sondage organisé par le MR, il ressort qu’une majorité de Wallons sont favorables à la régionalisation de l’enseignement. Voilà qui me semble aller dans la logique des choses, puisque la Région wallonne et la COCOF à Bruxelles dépannent déjà financièrement la Communauté française dans ce secteur. Je l’ai dit, tant que le fait régional bruxellois n’était pas établi, la Communauté française était nécessaire pour ne pas déployer le tapis rouge aux Flamands à Bruxelles. Cela étant, la Flandre tient comme à la prunelle de ses yeux à la notion de Communauté, qui lui permet d’encadrer la minorité flamande à Bruxelles.

La régionalisation de l’enseignement permettrait de mieux mettre celui-ci en adéquation avec les besoins du monde économique. En Allemagne, l’enseignement relève d’ailleurs de la compétence des Länder, avec une conférence commune pour assurer une certaine cohésion de l’ensemble.

J’ai évoqué, tout au début, notre identité française de langue et de culture. Et l’identité wallonne? me dira-t-on.

En Wallonie, on dénombre plusieurs dialectes wallons, en plus du picard et du gaumais. Ce n’est pas cela qui unit les Wallons, mais bien l’utilisation du français dans tous les actes de la vie quotidienne. Nous sommes, en fait, des Français, que les hasards de l’histoire ont contraints de vivre en dehors de l’Hexagone. Et, comme toute région de France, nous avons nos propres spécificités: dialectes, folklore, traditions culinaires… Mais notre identité est éminemment française!

Jean Gol, dont je fus proche au début des années 80, avait, comme on le sait, lancé le concept de « Nation francophone ». Il savait que la Nation flamande existait et il a voulu, par stratégie, lui opposer cette Nation francophone. Mais j’ai eu suffisamment de discussions avec lui pour savoir que, dans l’hypothèse de l’implosion de la Belgique, il n’envisageait qu’un avenir français.

Dans l’un de ses livres (2), Paul-Henry Gendebien, ancien Délégué de la Communauté française à Paris, confirme d’ailleurs la chose au départ d’un entretien qu’il eut avec Jean Gol dans la capitale française: « (…) nous en arrivâmes bien vite à calculer le nombre de départements, de conseillers généraux et régionaux, de députés qui reviendraient à la Wallonie. Sa férocité se déchaîna quand nous évoquâmes ceux de ses amis politiques qu’il faudrait recaser à l’Assemblée nationale. « De toute manière, ajouta-t-il, ils seront fiers de porter l’écharpe tricolore et quelques décorations feront le reste… » Nous évoquâmes aussi diverses formes d’association ou de réintégration dans la République, le précédent de l’Alsace-Lorraine n’étant pas sans intérêt. »

(1) Dernier livre paru: « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », préface de Michel Hermans, Les Editions de la Province de Liège, 2015.

(2) « Splendeur de la liberté », Quorum, 1999.

L’argent et le pouvoir des syndicat

En mars 2012, le GEWIF a comparé, dans un Cahier (n° 11, que l’on peut toujours consulter sur ce site) le rôle des syndicats, mutuelles et organisations patronales en France et en Belgique.

Nous vous invitons à revoir ici l’émission de la RTBF « Questions à la Une »  du 23 septembre 2015 consacrée à l’argent et au pouvoir des syndicats :

http://www.rtbf.be/video/detail_questions-a-la-une?id=2045459

 

Le fédéral reconnaît de nouvelles erreurs, la Wallonie récupère 15 millions d’euros

Source : Belga | « Le Vif », Belga, 23 septembre 2015

Le fédéral a reconnu de nouvelles erreurs commises dans les chiffres qu’il a transmis lundi aux régions pour l’élaboration du budget 2016, a affirmé mercredi le ministre wallon du Budget Christophe Lacroix. La Wallonie a ainsi d’ores et déjà récupéré 15 millions d’euros, selon son cabinet.

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Une première erreur signalée mardi par le représentant wallon concerne la non-intégration dans l’estimation des centimes additionnels de la mesure d’abattement des frais forfaitaires, une mesure fédérale qui aurait un coût de 43 millions pour la Région wallonne.

La seconde erreur tient à la non prise en compte des mesures wallonnes en matière de dépenses fiscales (titres-services, sécurisation des habitations), représentant cette fois un gain pour la Région de 58 millions d’euros. Soit d’ores et déjà 15 millions d’euros au profit de la Wallonie, alors que la Flandre et Bruxelles seraient perdantes, selon le cabinet du ministre.

D’autres questions ont été soulevées par les représentants des trois régions concernant l’estimation du coût du bonus logement. Les régions continuent en effet à s’interroger quant à la prise en compte ou non de la disparition en 2015 de la majoration qui s’applique à tous les contrats conclus en 2005.

Le fédéral reconnaît les erreurs pointées par notre représentant, et je l’en remercie. Nous attendons maintenant les réponses, a indiqué le ministre PS, en réponse à des questions de Joëlle Kapompole (PS) et Georges-Louis Bouchez (MR).

Le Service public fédéral (SPF) Finances avait déjà dû revenir sur ses estimations lors du précédent exercice: en mars dernier, pour l’ajustement du budget 2015, il avait annoncé aux Régions que leurs recettes au titre de l’IPP (impôt des personnes physiques) seraient réduites de 750 millions d’euros, avant de rectifier en juillet en réduisant cet écart à seulement 157 millions.

Concernant les données de ce lundi, ces chiffres erronés ont été transmis en Comité de monitoring et les erreurs n’y ont pas été soulevées, s’étonnait-on dans l’entourage du ministre. « C’est parce que le représentant du cabinet soulève des anomalies et des erreurs que le fédéral se penche sur la question et procède à des vérifications… Si ces chiffres avaient été transmis dans un délai raisonnable, ce n’était pas trop problématique, mais à l’avant-veille d’un conclave budgétaire, et après des semaines d’attente, on pouvait s’attendre à recevoir des chiffres qui avaient été vérifiés préalablement à leur envoi ».

Quant au tax shift – la réforme fiscale fédérale – et ses implications sur les Régions, c’est toujours le brouillard, selon M. Lacroix. Le Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie a récemment évalué que l’impact maximal pourrait monter à 300 millions d’euros pas an pour la région. Le ministre Lacroix, lui, observe que l’État fédéral n’a toujours pas décidé des mesures qu’il comptait prendre et que, si le sujet a bien été abordé au Comité de concertation, le fédéral refuse à ce stade tout dialogue.

Le Comité de concertation a décidé de renvoyer le point à une Conférence interministérielle Finances et Budget dont la date n’a pas été fixée. Le conclave budgétaire wallon débutera vendredi et se prolongera pendant le week-end. Les ministres wallons partiraient à la recherche de quelque 300 millions d’euros, un chiffre très approximatif qui doit encore être affiné.

Le Pacte scolaire n’est plus intouchable

Bosco D’Otreppe, « La Libre Belgique », 22 septembre 2015

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Le CDH a donc bien assuré son coup.

Malgré l’avis du Conseil d’Etat regrettant une différence de traitement entre les élèves du réseau officiel et du libre confessionnel dans l’instauration du décret « citoyenneté », les cours de religion dans l’enseignement catholique ne seront pas touchés, a confirmé ce lundi le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Comme nous l’annoncions samedi, les valeurs de citoyenneté seront déclinées dans différents cours de la grille horaire de l’enseignement catholique, alors qu’un cours en tant que tel sera mis sur pied dès 2016 dans l’officiel. Des inspections spécifiques à la citoyenneté seront bien organisées dans le libre, l’éducation à la citoyenneté interviendra dans la certification de la réussite de l’élève sur la base d’un référentiel commun, mais les deux heures de cours de religion sont intégralement maintenues.

La question du Pacte

Le CDH expliquera qu’il ne s’agit pas d’une victoire, mais qu’il s’est simplement conformé à la déclaration de politique gouvernementale et à l’analyse des recommandations du Conseil d’Etat.

Il s’avère cependant que le PS n’avait pas exactement la même lecture de cette analyse et souhaitait aller plus loin. Si un accord a pu donc être trouvé, ce dossier prouve que le Centre d’action laïc (Cal), le PS ou la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (Fapeo) entendent maintenir la pression sur la légitimité du cours de religion et celle du Pacte scolaire de 1959 qui contraint notamment l’enseignement officiel à organiser des cours de religion.

L’arrêt de la Cour constitutionnelle du 12 mars 2015 qui permet aux parents ne souhaitant pas que leur enfant suive un cours philosophie de demander une dispense fut considéré comme une victoire par beaucoup, explique un observateur très averti. Il est certain qu’ils espèrent aller plus loin et demander l’annulation de l’obligation du cours de religion catholique dans le réseau libre confessionnel.

Un consensus qui s’élargit

Les associations en question réfutent toute stratégie et lobbying, mais il faut bien admettre que nous sommes désormais un peu seuls, explique un membre du CDH. Tout doucement l’idée d’une réforme du Pacte scolaire fait son chemin dans les différents partis. Ce n’est plus une question taboue. Et puis, contrairement au monde laïc très organisé, le réseau catholique n’est plus assez soudé et convaincu pour défendre ses acquis.

La machine est en route, confirme, toujours en off, un avocat impliqué dans ces dossiers. Il ne faudrait donc pas y voir un complot, mais simplement la volonté de beaucoup d’enfin accorder le Pacte scolaire avec les valeurs du vivre ensemble mises en avant dans l’école d’aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, acquiesce Françoise Bertieaux (MR), qui observe cela depuis les bancs de l’opposition, la future mise sur pied d’un cours de citoyenneté et les débats qui s’ensuivent deviennent le grand sujet qui ravive les passions. Je reçois énormément de mails de tous bords. A ce point, cela ne m’était plus arrivé depuis longtemps.

Spécialistes de droit public, Marc Uyttendaele et Christian Behrendt insistent et rappellent qu’une réforme de la Constitution n’est pas évoquée pour l’instant. C’est cela qui nous sauve, mais cela ne présage pas de l’avenir, s’inquiète un cadre du CDH.

Magnette en appelle à la fierté collective et au patriotisme économique

« Le Vif », 19 septembre 2015

Le ministre-président wallon Paul Magnette a tenu un discours identitaire fort, samedi lors des cérémonies officielles des Fêtes de Wallonie, appelant les citoyens à la « fierté collective » et les investisseurs au patriotisme économique » pour accompagner le redressement économique, à l’encontre d’un « discours public de lamentation.

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La Wallonie, dont nous fêtons les trente-cinq années d’existence officielle, appartient incontesta-blement au groupe de ces nations jeunes qui savent que la fierté collective qu’elles peuvent générer tient certes à leur histoire, mais plus encore au destin collectif qu’elles sont en train de forger, a affirmé M. Magnette devant un parterre de personnalités réunies au Théâtre de Namur.

Le chef de l’exécutif wallon a cité plusieurs indices économiques qui selon lui traduisent un nouvel enthousiasme, en termes de croissance économique, d’emploi, d’investissements, de dialogue constructif entre universités et entreprises, syndicats et entrepreneurs, majorité et opposition politique, etc.

Mais le paradoxe, c’est que les Wallons, eux, tardent à mesurer la révolution tranquille qui est en train de s’accomplir. Le discours public dominant reste encore trop souvent dans le registre de la lamentation, la morosité ou le défaitisme, selon M. Magnette.

Il en appelle à se montrer fiers de notre petite patrie, sans chauvinisme.

A ses yeux, cette fierté régionale doit se doubler d’un patriotisme économique. Nos banques ont la responsabilité de soutenir davantage les projets de création et d’extension des activités économiques de notre Région. Il en appelle aussi à un partenariat avec les grandes familles d’investisseurs. La Flandre n’aurait pas atteint la prospérité qu’elle connaît aujourd’hui si ses familles les plus fortunées n’avaient pas, par engagement envers leur communauté, massivement investi en elle. Un mouvement semblable se développe aujourd’hui en Wallonie, mais il est encore timide et nous devons l’encourager.

Photovoltaïque: le Wallon paiera encore plus

« La Libre Belgique », 19 septembre 2015

2015-10-05_194653Aujourd’hui, le consommateur wallon paie trois fois pour le solaire sur sa facture. Une fois via la « cotisation verte » (88 euros), qui permet de financer le développement du renouvelable de manière contrôlée, une deuxième fois via une légère augmentation des frais de réseau, et une troisième fois via la « surcharge Elia », symbole de la mauvaise gestion du dossier photovoltaïque en Wallonie.

Le nom de cette surcharge vient du fait qu’Elia, le gestionnaire de réseau, est contraint de racheter à 65 euros pièce les certificats verts dont personne ne veut sur le marché. Et il y en a plusieurs millions… Mais la société ne doit pas assumer ce surcoût, qu’elle peut logiquement refacturer à l’ensemble des ménages wallons. Cette surcharge tarifaire représente un surcoût annuel de 58,5 euros par ménage, en moyenne. Et tout indique que malgré les différentes mesures prises depuis ces derniers mois pour atténuer le coût de l’explosion de la « bulle photovoltaïque », la facture va continuer à s’alourdir.

Le régulateur wallon de l’énergie, la Cwape, a analysé l’avenir du marché des certificats verts. Ses conclusions sont sans appel : d’ici 2024, 11 millions de certificats ne trouveront pas preneur. Si Elia les rachète au tarif actuel, il lui en coûtera 715 millions, qui seront répercutés sur la facture des ménages. La Cwape a calculé que cela représenterait un surcoût annuel moyen de 53 euros en 2017.

Culture : le Wallon, trois fois moins gâté

P.J., « Le Vif », 18 septembre 2015

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A la veille de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un chiffre a particulièrement retenu notre attention : celui du montant moyen consacré, par la Fédération, à ses citoyens en matière de culture.

En 2014, celle-ci a déboursé quelque 170 euros par habitant : 45 euros par Wallon contre… 125 euros par Bruxellois. Du simple au triple ! Une différence énorme qui ne semble étonner ni choquer personne, à commencer par les artistes eux-mêmes.